Le Pentagone fait le tour du monde

suivi de

Petit tour en Turquie de trois parlementaires français

Manlio Dinucci


Aujourd’hui arrive en Italie le chef du Pentagone Ash Carter qui, au nom de l’administration sortante Obama, est en train de faire « le tour du monde pour remercier les troupes USA déployées en Asie, Moyen-Orient et Europe et rencontrer d’important partenaires et alliés ».
Le tour a commencé le 3 décembre en Californie, où Carter a tenu le discours de clôture au « Forum Reagan », qui lui a remis le prix « La paix à travers la force ».
  Carter s’est ensuite rendu au Japon, où il a passé en revue les troupes USA et rencontré le ministre de la défense Inada. Le Japon, qui contribue avec 1,6 milliards de dollars annuels à la permanence de 50 mille soldats étasuniens sur son territoire, est particulièrement important comme base avancée des systèmes de missiles USA dirigés contre la Chine dans un «but défensif » et, précise le Pentagone, est un allié « en mesure de défendre d’autres pays qui puissent être attaqués ».
Du Japon Carter s’est envolé pour l’Inde, devenue le second acquéreur mondial d’armes étasuniennes après l’Arabie Saoudite : un résultat de la stratégie de Washington qui vise à affaiblir les rapports de l’Inde avec la Russie, minant le groupe Brics attaqué en même temps par le putsch « institutionnel » au Brésil.
  Le chef du Pentagone est ensuite allé au Bahrein, où il a participé au « Dialogue de Manama » organisé par l’Institut international d’études stratégiques, influent think tank britannique financé par l’émirat avec plus de 38 millions de dollars. Intervenant sur la « logique de la stratégie américaine au Moyen-Orient », Carter a précisé que dans cette région sont basés plus de 58 mille militaires USA, dont plus de 5 mille sur le terrain en Irak et Syrie : « pas seulement pour se battre contre des terroristes comme ceux de l’Isis (Etat islamique), mais aussi pour protéger nos intérêts et ceux de nos alliés » (raison pour laquelle les USA et les monarchies du Golfe, comme il a été amplement documenté, ont secrètement soutenu l’Isis, fonctionnel à leur stratégie en Syrie et Irak). Carter a accusé la Russie de ne pas combattre l’Isis en Syrie, mais de n’avoir qu’ « enflammé la guerre civile et prolongé les souffrances du peuple syrien ». Il a ensuite ajouté que, comme « l’Iran continue à déployer des missiles », les USA sont en train de réaliser avec leurs alliés « une défense de missiles régionale », comprenant un puissant radar au Qatar, des missiles Thaad aux Emirats et d’autres systèmes de missiles (en réalité non pas de défense mais d’attaque, étant donné que les mêmes tubes de lancement peuvent être utilisés pour des missiles d’attaque y compris nucléaire).
Du Bahrein Caret est allé en Israël, où hier il a participé avec le ministre de la défense Lieberman à la cérémonie de l’arrivée des deux premiers chasseurs F-35 pour l’aéronautique israélienne, symbole du partenariat militaire de plus en plus étroit avec les USA, « porté à des niveaux sans précédents par l’accord décennal d’assistance signé en septembre dernier ».
D’Israël le chef du Pentagone arrive aujourd’hui en Italie, pour une visite de deux jours aux troupes USA stationnées ici dans le but -déclare un document officiel- de « soutenir les opérations des USA et de leur coalition à échelle mondiale, dont la dissuasion à l’agression russe en Europe orientale et le renforcement du flanc sud de l’Otan ».
Le tour mondial, qui se confluera à Londres le 15 décembre par une réunion de la « coalition anti-Isis », a un but politique bien précis : réaffirmer à la veille de le remise du pouvoir la stratégie de l’administration Obama, qu’aurait dû poursuivre la démocrate Clinton, pour que restent ouverts les fronts de tension et de guerre au Sud et à l’Est que le démocrate Obama laisse en héritage au républicain Trump.
Qui a au moins le mérite de ne pas être Prix Nobel de la paix.
Edition de mardi 13 décembre 2016 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

 
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« Pour combattre le terrorisme, éteignons le feu en Syrie »

Marc BOTENGA, Parti du travail de Belgique, 25 mars 2016

http://ptb.be/articles/pour-combattre-le-terrorisme-eteignons-le-feu-en-syrie


Le gouvernement belge envisage d’étendre ses bombardements, actuellement limités à l’Irak, à la Syrie. Après les attentats de Bruxelles, ce serait le pire chemin à prendre. Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations Unies en Syrie : « La tragédie de Bruxelles nous rappelle que nous n’avons plus de temps à perdre. Nous devons éteindre le feu de la guerre en Syrie. Pour combattre le terrorisme, la meilleure formule est de trouver une solution politique en Syrie. »

Daech a pu grandir grâce au chaos en Syrie. Afin d’éradiquer le terrorisme en Syrie, une solution politique pour la longue guerre qui ravage le pays est donc une condition sine qua non. Or, le 18 janvier, Staffan de Mistura a révélé dans un rapport secret au Conseil de Sécurité des Nations Unies que ce sont des groupes armés soutenus par l’Occident et l’Arabie saoudite qui empêchent une solution politique pour le conflit en Syrie. Ce n’est pas un détail. Empêcher une telle solution signifie contribuer à la prolifération du terrorisme.

Nos alliés en Syrie ont d’autres priorités que Daesh

Depuis le début de la guerre en Syrie, les alliés occidentaux sur le terrain, regroupés maintenant pour la plupart dans le « Haut comité pour les négociations » (HCN), trouvent une série d’excuses pour ne pas négocier. D’abord, il fallait que le président syrien Bachar Al-Assad démissionne avant toute négociation. Exiger de son ennemi qu’il capitule avant de négocier est absurde et contreproductif. Mais ce n’est pas tout. L’opposition pro-occidentale voulait aussi être la seule représentante officielle de l’opposition aux négociations, en excluant de nombreuses autres forces sur le terrain.

Comment est-il possible d’encore poser des conditions à des négociations ? C’est une question de priorités. Mohammed Alloush, principal négociateur du Haut Comité pour les Négociations, et son Armée de l’Islam, veulent – tout comme Daesh – installer un état islamique. L’Armée de la Conquête et Ahrar-Ash-Sham ont des objectifs semblables. Le groupe Al Nosra partage l’agenda d’Al Qaeda. L’objectif premier des groupes que l’Occident soutient n’est pas la lutte contre Daesh. Ils veulent surtout renverser le régime, même si l’armée syrienne avance sur le terrain contre Daesh.

En 2013, Didier Reynders (MR), alors ministre des Affaires étrangères, rêvait qu’un jour, un monument à la gloire des jeunes belges partis se battre en Syrie avec l’un ou l’autre groupe « modéré » serait érigé.1 Le temps des rêves est révolu. Les armes que nos pays ont livré à ces groupes « modérés » ont été directement dans les mains de terroristes. De Mistura a raison : il faut maintenant négocier une solution politique. Cela voudra dire mettre la pression sur nos supposés alliés en Syrie pour qu’ils s’asseyent autour de la table en leur coupant l’oxygène : l’argent et les armes. La Belgique a bien convoqué une réunion d’urgence des ministres européens sur les failles sécuritaires européennes, elle doit maintenant exiger d’urgence un arrêt de tout soutien européen à ces groupes.

Arrêter notre collaboration avec des États liés aux groupes terroristes

Mais ces groupes reçoivent aussi un soutien de nos dits alliés régionaux. Avec l’Arabie saoudite en tête du peloton. Certes, le pays fait aujourd’hui officiellement partie de la coalition contre Daech, mais sa priorité reste le départ d’Assad dans l’espoir de prendre le contrôle de la Syrie.

Le jugement de l’ancien sénateur démocrate américain Bob Graham, qui a codirigé la commission d’enquête du Congrès sur les attentats du 11 Septembre 2001, est sans appel : « L’Arabie saoudite n’a jamais mis fin à sa volonté de répandre le wahhabisme (mouvement fondamentaliste de l’Islam, NdlR) extrême. Il y a un lien direct entre la diffusion de cette idéologie et la création de Daesh. Daesh est un produit des idéaux saoudiens, de l’argent saoudien et du soutien organisationnel saoudien, bien que ce pays prétende actuellement être très anti-Daesh. Ils sont comme des parents qui ne veulent plus rien avoir à faire avec un enfant qu’ils ne contrôlent plus. »

Le Parlement européen a d’ailleurs appelé, en raison de la guerre saoudienne au Yémen, à un embargo européen sur les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite. Mais, pendant que les Pays-Bas et la Suède ont arrêté le commerce d’armes avec l’Arabie saoudite, notre gouvernement refuse toujours de défendre un embargo au niveau européen. En France, tout récemment, le neveu du roi et ministre saoudien de l’Intérieur a, au contraire, reçu la légion d’honneur pour ses bons et loyaux services. Si on veut combattre le terrorisme, il faut maintenant mettre la pression sur l’Arabie saoudite, qui finance, par exemple, toujours des entités religieuses en Belgique.

Nos bombes fabriquent des terroristes

Ne doit-on pas tout simplement aller bombarder demandent certains ? C’est ce que le gouvernement entend faire. Mais c’est depuis 2001 que nos gouvernements mènent une « guerre contre le terrorisme ». A coup de bombes, les pays occidentaux n’ont fait qu’apporter de la destruction et du chaos en Afghanistan, Irak, Libye et Syrie. Depuis, la situation n’a fait que s’empirer. Aujourd’hui l’experte italienne Loretta Napoleoni confirme que pour Daesh, « les bombes occidentales sont la meilleure formule pour consolider leur pouvoir et attirer de nouvelles recrues. »

Au Parlement, le député PTB Raoul Hedebouw avait, en septembre 2014 déjà, mis en garde contre l’impact potentiel d’une intervention belge en Irak : « Quel sera le bilan d’une nouvelle intervention en Irak ? Selon Phyllis Bennis, de l’Institute for Policy Studies, cela devrait être désormais très clair : “Chaque bombe leur amène davantage de partisans.” Logique, puisque tout conflit entraîne des dommages collatéraux, fait des victimes innocentes dans des familles, dans des fêtes de mariage, et touche des cibles civiles imprévues. Chacune de ces personnes brutalement frappées ont soudainement une raison de haïr l’Occident. » Jacques Baud, ancien officier des Services de renseignements suisses, note : « Les revendications des terroristes de Daesh ont systématiquement parlé de ces victimes civiles. Nous les ignorons complètement. » Il constate qu’« après les attentats de Madrid en 2004, le nouveau gouvernement (espagnol, NdlR) a décidé de se retirer de la coalition. L’Espagne est totalement sortie de la menace terroriste et ils n’ont plus eu d’attentat depuis. »

L’action militaire belge opaque au Moyen-Orient

Quelques mois de bombardements russes auraient fait des centaines de morts civils, selon la presse. Le journal britannique The Independent comptait au moins 1 000 civils tués par des bombes occidentales début mars. D’autres experts parlent de 2 000 à 4 000 morts innocents. Des milliers de familles, des milliers de vies détruites. La veille des attentats à Bruxelles, des avions de chasse de la coalition internationale, dont fait partie la Belgique, bombardaient encore l’université de la ville de Mosoul, en Irak. Officiellement, il s’agissait de s’en prendre à Daesh. Selon une académicienne irakienne, ces bombes américaines auraient, en deux jours, tué plus de 200 civils et fait 600 blessés.

Selon l’armée belge elle-même, la Belgique ne fait pas de victimes civiles. Mais est-ce crédible ? Déjà en octobre 2014, le député PTB Marco Van Hees avait interrogé le ministre de la Défense N-VA Steven Vandeput sur la mission belge en Irak. Vandeput avait simplement refusé de répondre à toute question pertinente. En mars 2015, Van Hees a reposé la question. Réponse du ministre : ces chiffres restent derrière le huis clos. Le collectif d’investigation « Airwars », qui suit les actions militaires pour combattre Daesh, a dressé un tableau comparatif de la transparence et de la responsabilité des pays dans leur intervention. Il s’avère que la Belgique fait partie des pires élèves en matière de transparence. Notre pays se situe au même niveau que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie. Combien de victimes l’opération belge a-t-elle causées ? Pourquoi notre gouvernement refuse-t-il de répondre ? Qu’a-t-il à cacher ? Que nos bombes fabriquent des terroristes au quotidien?

Le gouvernement belge ne veut néanmoins investir des milliards dans de nouveaux avions de chasse. C’est un non-sens. Il faut arrêter nos interventions et l’achat de ces avions.

Principes pour une politique étrangère anti-terroriste

Il n’existe pas de solutions faciles dans la lutte contre le terrorisme. Mais on ne peut pas se battre contre le terrorisme sans changer fondamentalement de politique étrangère.
Aujourd’hui, on ne peut plus tergiverser. Il faut tirer toutes les conclusions de la faillite de nos ingérences dans d’autres pays. Près de quinze années de « guerre contre le terrorisme » n’ont fait qu’étendre le terrorisme, de la Libye jusqu’au Pakistan. L’approche militaire qui peut se résumer en « Bombardons les tous » s’est avérée contreproductive. Plus de bombes belges et occidentales signifie plus de terroristes. La Belgique a aussi œuvré en faveur d’un changement de régime en Libye et en Syrie. Qu’un tel changement soit désirable ou non, il est maintenant clair que s’il est soutenu par l’étranger, il mène au désastre. Aujourd’hui en Syrie, les gouvernements européens se trouvent ainsi alliés de groupes violents voulant instaurer un état islamique. Nos gouvernements doivent arrêter de se mêler des affaires intérieures d’autres pays mais soutenir une solution locale négociée comme de Mistura essaie de faciliter.

En septembre 2015 déjà, le PTB avait proposé son « Plan pour une politique active de paix », basé sur trois piliers : assécher financièrement Daech, s’en prendre aux ressources humaines de Daech notamment en Irak, et investir dans la diplomatie, pas dans les bombes. Cela implique de couper les liens militaires avec l’Arabie saoudite et d’exiger un contrôle strict des flux d’argent en provenance de cet État pétrolier. Et de mettre la pression sur la Turquie pour qu’elle ferme sa frontière avec la Syrie et n’y intervienne plus. Le gouvernement belge a fait la sourde oreille. On collabore toujours et encore avec une série d’États qui créent un terreau fertile pour des groupes terroristes. L’Europe doit arrêter la vente d’armes à l’Arabie saoudite et doit d’urgence faire pression sur toutes les autres monarchies du Golfe et la Turquie pour qu’elles facilitent les négociations et abandonnent toute ingérence en Syrie.

1. Didier Reynders veut « suivre à la trace » les Belges revenus de Syrie, Belga, 26 avril 2013

La recolonisation de la Libye

Manlio Dinucci, Il manifesto

8 mars 2016

Dans la comédie des équivoques pour le petit théâtre de la politique, le premier acteur Renzi a dit qu’en Libye « l’Italie fera sa part », ainsi -dès que le Pentagone a déclaré que l’Italie assurera le « rôle guide »- a-t-il déclaré : «La mission militaire italienne en Libye n’est pas à l’ordre du jour » alors qu’en réalité elle a déjà commencé avec les forces spéciales que le parlement a mis aux ordres du premier ministre. Celui-ci, pour donner le feu vert officiel, attend que se forme en Libye « un gouvernement super-solide qui ne nous fasse pas refaire les erreurs du passé ». En attendant que dans le désert libyen on fasse apparaître le mirage d’un « gouvernement super-solide », jetons un regard au passé.
En 1911, l’Italie occupa la Libye avec un corps expéditionnaire de 100mille hommes. Peu après le débarquement, l’armée italienne fusilla et pendit 5mille Libyens et en déporta des milliers. En 1930, sur ordre de Mussolini, la moitié de la population de la Cyrénaïque, environ 100mille personnes, fut déportée dans une quinzaine de camps de concentration, pendant que l’aviation, pour écraser la résistance, bombardait les villages avec des armes chimiques et que la région était entourée de 270 km de barbelés. Le chef de la résistance, Omar al-Mukhtar, fut capturé et pendu en 1931. On commença la colonisation démographique de la Libye, en séquestrant les terres les plus fertiles et en reléguant les populations dans des terres arides. Au début des années quarante, l’Italie vaincue fut remplacée en Libye par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. L’émir Idris al-Senussi, placé sur le trône par les Anglais en 1951, concéda à ces puissances l’utilisation de bases aériennes, navales et terrestres. Wheelus Field, aux portes de Tripoli, devint la principale base aérienne et nucléaire étasunienne en Méditerranée.
Avec l’Italie le roi Idris conclut en 1956 un accord, qui la disculpait des dégâts causés à la Libye et permettait à la communauté italienne de conserver son patrimoine. Les gisements pétrolifères libyens, découverts dans les années 50, finirent dans les mains de la britannique British Petroleum, de l’étasunienne Esso et de l’italienne Eni. La rébellion des nationalistes, durement réprimée, déboucha sur un coup d’Etat sans effusion de sang opéré en 1969, sur le modèle nassérien, par les « officiers libres » dirigés par Muammar Kadhafi.
La monarchie fut abolie, la République arabe libyenne obligea les USA et la Grande-Bretagne à évacuer les bases militaires et nationalisa les propriétés étrangères. Dans les décennies suivantes, la Libye rejoignit, selon la Banque mondiale, « de hauts indicateurs de développement humain », avec une croissance du PIB de 7,5% annuelle, un revenu par habitant moyen-haut, l’accès universel à l’instruction primaire et secondaire et pour 46% à l’enseignement supérieur. Plus de 2 millions d’immigrés africains y trouvaient du travail. Cet Etat, qui constituait un facteur de stabilité et de développement en Afrique du Nord, avait favorisé avec ses investissements la naissance d’organismes qui auraient créé l’autonomie financière et une monnaie indépendante de l’Union africaine.
Etats-Unis et France -comme le prouvent les emails d’Hillary Clinton- décidèrent de bloquer « le plan de Kadhafi de créer une monnaie africaine », en alternative au dollar et au franc CFA. Pour cela et pour s’approprier le pétrole et le territoire libyens, l’Otan sous commandement étasunien lançait la campagne contre Kadhafi, à laquelle en Italie participait au premier rang l’ « opposition de gauche ». Elle démolissait ainsi par la guerre l’Etat libyen, en l’attaquant aussi de l’intérieur avec des forces spéciales et des groupes terroristes. Le désastre social consécutif, qui a fait plus de victimes que la guerre elle-même surtout chez les migrants, a ouvert la porte à la reconquête et au partage de la Libye. Où remet les pieds cette Italie qui, piétinant la Constitution, revient à son passé colonial.
Edition de mardi 8 mars 2016 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

La guerre par procuration contre Daech en Syrie a atteint son point culminant

Escalade militaire menant à une invasion terrestre commanditée par les USA et l’Otan?

Prof Michel Chossudovsky, Mondialisation.ca, 13 février 2016

http://www.mondialisation.ca/la-guerre-par-procuration-contre-daesh-en-syrie-a-atteint-son-point-culminant-escalade-militaire-menant-a-une-invasion-terrestre-commanditee-par-les-usa-et-lotan/5507662


Chossudovsky

Prof Michel Chossudovsky

La stratégie de Washington consiste à être le fer-de-lance d’une guerre régionale élargie en amenant la Turquie et l’Arabie saoudite, ainsi qu’Israël, à faire « le sale boulot à notre place ».

Jusqu’à tout récemment, les forces armées du gouvernement syrien et leurs alliés (la Russie, l’Iran et le Hezbollah) combattaient les soi-disant « rebelles de l’opposition », pour la plupart des terrorises « modérés » et des mercenaires qui comptent dans leurs rangs des éléments des services secrets et des forces spéciales des USA et de l’Otan agissant en secret.

Les terroristes affiliés à Al-Qaïda et les forces de l’État islamique (Daech) sont soutenus par les USA, l’Otan, Israël et leurs alliés membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). La Turquie et l’Arabie saoudite, en étroite collaboration avec Washington, ont joué un rôle central dans le recrutement, la formation et le financement des terroristes.

Jusqu’ici, cette guerre par procuration s’est poursuivie sans confrontation directe entre les forces alliées des USA et de l’Otan et les forces armées du gouvernement syrien, qui sont soutenues militairement par la Russie et l’Iran.

Une transition majeure est en cours dans la conduite de la guerre en Syrie. Les terroristes sont en passe d’être vaincus par les forces armées du gouvernement syrien avec le soutien de la Russie. La guerre par procuration (sous la bannière officielle de « guerre contre le terrorisme ») a atteint son point culminant.

Nouvelle étape et rôle de la Turquie et de l’Arabie saoudite

Les forces turques sont maintenant directement impliquées dans des opérations de combat en territoire syrien.

stop_israel_us_saudi_arabia_turkey_qatar_supporting_isis_terroristsPour sa part, l’Arabie saoudite, un État qui commandite le terrorisme, a annoncé son intention de déployer des militaires en Syrie, prétendument pour combattre les terroristes de Daech, qui sont en fait soutenus par l’Arabie saoudite.

Le brigadier général Ahmed Al-Asseri a déclaré, au nom de Riyad, que les forces armées saoudiennes :

« vont combattre avec les alliées de la coalition dirigée par les USA pour défaire les militants de Daesh en Syrie, en ajoutant que Washington est davantage en mesure de répondre aux questions relatives aux détails de toute opération terrestre à venir. » (Al Arabyia)

Que signifie cette affirmation?

Que la guerre par procuration contre Daech est terminée?

Une nouvelle guerre par procuration impliquant directement la Turquie et l’Arabie saoudite dans des opérations terrestres se trame, avec les USA et l’Otan qui tirent les ficelles derrière. Riyad a confirmé qu’un organisme de coordination militaire turco-saoudien a été également créé.

L’Arabie saoudite planifie maintenant d’envahir la Syrie sous les ordres de Washington :

« Le royaume est prêt à participer à toute opération terrestre que la coalition (contre l’État islamique) pourrait convenir de mener en Syrie, (…)

Asseri a indiqué que l’Arabie saoudite est un membre actif de la coalition dirigée par les USA dans son combat contre l’État islamique depuis 2014, et qu’elle a effectué plus de 190 missions aériennes.

(…)

« S’il y a consensus parmi les dirigeants de la coalition, le Royaume est disposé à participer à ces efforts, car nous croyons que les opérations aériennes ne constituent pas la solution idéale et qu’il doit y avoir un jumelage d’opérations aériennes et terrestres », a déclaré Asseri. (Reuters, le 4 février 2016)

Les opérations aériennes céderont la place à des opérations terrestres amenant le déploiement de militaires saoudiens à l’intérieur de la Syrie.

« Pourparlers de paix » en prévision de la prochaine étape de la guerre en Syrie

Récemment, le vice-prince héritier et ministre de la Défense saoudien Mohammed ben Salmane était à Bruxelles, dans les quartiers généraux de l’Otan, pour « discuter de la guerre civile en Syrie ». Cette réunion a eu lieu sur l’initiative du Pentagone et non de l’Otan. Elle visait à planifier la prochaine étape de la guerre en Syrie.

Fait notable, le prince ben Salmane a rencontré à huis clos le secrétaire à la Défense des USA Ashton Carter.

Pendant ce temps à Munich, John Kerry et Sergei Lavrov discutaient de la mise en œuvre d’unecessation des hostilités à la grandeur de la Syrie.

Selon le scénario diabolique du Pentagone, les forces engagées sur le théâtre des opérations seront saoudiennes et syriennes, soutenues par les USA et l’Otan d’une part, et par la Russie et l’Iran d’autre part.

Des rapports confirment que les terroristes commandités par les USA et l’Otan et soutenus par l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie et d’autres ont été en grande partie vaincus. Vont-ils être remplacés par des forces armées conventionnelles saoudiennes et turques, avec le soutien de nouveaux membres des forces spéciales des USA et de l’Otan sur le terrain en Syrie?

Dans ce scénario en évolution, il y a aussi le risque que les forces armées turques et saoudiennes agissant pour le compte des USA et de l’Otan soient confrontées militairement avec la Russie et l’Iran, ouvrant ainsi une dangereuse boîte de Pandore, une porte vers une escalade militaire.

Le brigadier général saoudien Ahmed Al-Assiri a également fait une menace voilée à l’Iran, en disant que « si Téhéran est sérieux dans sa lutte contre Deash, il doit cesser de soutenir le terrorisme en Syrie et au Yémen ». (Al Arabyia)

La stratégie de Washington à cet égard consiste à être le fer-de-lance d’une guerre régionale élargie en amenant la Turquie et l’Arabie saoudite, ainsi qu’Israël, à faire « le sale boulot à notre place ».

Cette guerre commanditée par les USA est en définitive dirigée contre la Russie et l’Iran.

Michel Chossudovsky

Article original en anglais : The Syria Proxy War against the Islamic State (ISIS) Has Reached its Climax. Military Escalation, Towards a US-NATO Sponsored Ground Invasion?, 12 février 2016.

Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur d’économie à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).

Avancée Otan à l’Est et au Sud

Manlio Dinucci, Il manifesto, 16 février 2016


Les ministres de la défense Otan ont décidé de « renforcer la présence avancée dans la partie orientale de notre Alliance ». Cela sert à « nous défendre des menaces élevées provenant de la Russie », a clarifié le secrétaire étasunien à la défense, Ash Carter. Dans ce but, les USA quadruplent les financements pour l’ «Initiative de réassurance de l’Europe » qui, avec une rotation de forces (environ 6mille soldats), permettra davantage d’exercices militaires Otan (les plus de 300 effectués en 2015 n’ont pas suffi), la potentialisation d’aéroports, le pré-positionnement d’armements lourds, le déploiement permanent à l’Est d’unités cuirassées. Cela, a souligné Carter,  « permettra aux USA de former en Europe une force armée à haute capacité, à déployer rapidement dans le théâtre régional».
En accusant la Russie de « déstabiliser l’ordre de la sécurité européenne », USA et Otan ont rouvert le front oriental, entraînant l’Europe dans une nouvelle guerre froide, voulue surtout par Washington pour briser les rapports Russie-Ue dommageables pour les intérêts étasuniens.
En même temps USA et Otan préparent d’autres opérations sur le front méridional. A Bruxelles le chef du Pentagone a « accueilli » (en considérant l’Europe comme chez lui) les ministres de la défense de la « Coalition globale contre l’Isis », dont font partie sous commandement étasunien, avec l’Italie, l’Arabie Saoudite et autres sponsors du terrorisme de « marque islamiste ». La réunion  a lancé un non plus précisé « plan de la campagne militaire » en Syrie et Irak. Là-bas les choses vont mal pour la coalition, non pas parce que l’Isis (Daech) est en train de vaincre mais parce qu’elle en train de perdre : soutenues par la Russie, les forces gouvernementales syriennes sont en train de libérer des parties croissantes du territoire occupé par Isis et d’autres formations, qui reculent aussi en Irak. Après avoir fait semblant pendant des années de combattre l’Isis, tout en l’approvisionnant en sous-main en armes à travers la Turquie, les USA et alliés demandent à présent un cessez-le-feu pour des «raisons humanitaires». En substance ils demandent que le gouvernement syrien cesse de libérer de l’Isis son propre territoire, parce que – a déclaré le secrétaire d’Etat John Kerry en renversant les faits- « plus Assad conquiert de territoire, plus il arrive à créer de terroristes ». En même temps l’Otan renforce les « mesures de réassurance » de la Turquie, qui vise à occuper une bande de territoire syrien dans la zone frontalière.
En Afrique du Nord, la coalition sous conduite USA se prépare à occuper, sous prétexte de les libérer de l’Isis, les zones côtières de la Libye les plus importantes économiquement et stratégiquement. L’intensification des vols depuis le hub aérien de Pise, limitrophe à la base étasunienne de Camp Darby, indique que l’opération « sous conduite italienne » a déjà commencé avec le transport d’armes dans les bases d’où elle sera lancée.
Dans le même cadre stratégique se place la décision des ministres de la défense, « sur requête conjointe de l’Allemagne, de la Grèce et de la Turquie », de déployer en Egée le Second groupe naval permanent de l’Otan, aujourd’hui sous commandement allemand, qui vient à peine de conclure « des opérations étendues avec la marine turque ».
La mission officielle de la flotte de guerre « n’est pas d’arrêter ou repousser les embarcations des réfugiés, mais de fournir des informations contre le trafic d’êtres humains », en collaborant avec l’agence Frontex de l’Ue. Dans le même objectif « humanitaire », sont aussi envoyés, à la demande des USA, des avions radar Awacs, centres de commandement volants pour la gestion du champ de bataille.
« La mobilisation atlantique est un bon signe », commente Il Fatto Quotidiano (12 février), en rappelant que «ce n’est pas la première fois que l’Alliance s’engage dans une action humanitaire ». Exactement comme en Yougoslavie, Afghanistan et Libye.
Edition de mardi 16 février 2016 de il manifesto
(Site inaccessible au moment de cette diffusion, NdT)
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Il Fato Quotidiano est considéré comme « un journal de gauche » . NdT à la demande de l’auteur.

Libye, le plan de la conquête

Manlio Dinucci, Il Manifesto

 12 janvier 2016


 

«L’année 2016 s’annonce très compliquée au niveau international, avec des tensions diffuses y compris chez nous. L’Italie est là et fera sa part, avec le professionnalisme de ses femmes et de ses hommes et avec l’engagement des alliés » : ainsi Matteo Renzi a-t-il communiqué aux inscrits du Pd la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première.

Le plan est en acte : des forces spéciales Sas -rapporte le Daily Mirror– sont déjà en Libye pour préparer l’arrivée d’environ 1.000 soldats britanniques. L’opération -«dans un accord États-Unis, Grande-Bretagne, France et Italie »- impliquera 6.000 soldats et marines étasuniens et européens avec l’objectif de « bloquer environ 5.000 extrémistes islamistes, qui se sont emparés d’une douzaine des plus grands champs pétrolifères et, depuis le repère Isis de Syrte, se préparent à avancer jusqu’à la raffinerie de Marsa el Brega, la plus grande d’Afrique du Nord ». La gestion du champ de bataille, sur lequel les forces Sas sont en train d’instruire des « commandants militaires libyens » non mieux identifiés, prévoit l’emploi de « troupes, chars d’assaut, avions et navires de guerre ». Pour bombarder en Libye, la Grande-Bretagne envoie des avions supplémentaires à Chypre, où sont déjà basés 10 Tornado et 6 Typhoon pour les attaques en Syrie et Irak, tandis qu’un contre-torpilleur se dirige vers la Libye. Sont aussi déjà en Libye -confirme Difesa Online – certains groupes de Navy Seal étasuniens.

L’ensemble de l’opération sera formellement « sous conduite italienne ». En ce sens que l’Italie endossera la charge la plus lourde et coûteuse, en mettant à disposition des bases et des forces pour la nouvelle guerre en Libye. Ce qui ne lui donnera pas le commandement effectif de l’opération. Qui sera en réalité exercé par les États-Unis à travers leur propre chaîne de commandement et celle de l’Otan, toujours sous commandement étasunien.

Un rôle clé sera tenu par le U.S. Africa Command, le Commandement Afrique des États-Unis : celui-ci vient à peine d’annoncer, le 8 janvier, le « plan quinquennal » d’une campagne militaire pour « affronter les menaces croissantes provenant du continent africain ». Parmi ses principaux objectifs, « concentrer les efforts sur l’État failli de Libye, contenant l’instabilité dans le pays ». Ce fut le Commandement Afrique des États-Unis, en 2011, qui dirigea la première phase de la guerre, ensuite dirigée par l’Otan toujours sous commandement étasunien, qui avec des forces infiltrées et 10.000 attaques aériennes démolit la Libye en la transformant en un «État failli ».

A présent, le Commandement Afrique est prêt à intervenir pour « contenir l’instabilité dans le pays », comme l’est aussi l’Otan qui, a déclaré son secrétaire général Stoltenberg, «est prête à intervenir en Libye ». Et de nouveau, l’Italie sera la principale base de lancement de l’opération. Deux des commandements subordonnés de l’U.S. Africa Command se trouvent en Italie : à Vicence celui du U.S. Army Africa (Armée USA pour l’Afrique), à Naples celui des U.S. Naval Forces Africa (Forces navales USA pour l’Afrique). Ce denier est aux ordres d’un amiral étasunien, qui est aussi à la tête des Forces navales USA en Europe, du Jfc Naples (Commandement Otan avec quartier général à Lago Patria) et, tous les deux ans, de la Force de riposte Otan.

L’amiral est lui-même aux ordres du Commandant suprême allié en Europe, un général étasunien nommé par le Président, qui est en même temps à la tête du Commandement européen des États-Unis.

C’est dans ce cadre que se déroulera la « conduite italienne » de la nouvelle guerre en Libye, dont le but réel est l’occupation des zones côtières économiquement et stratégiquement les plus importantes. Guerre qui, comme en 2011, sera présentée comme « opération de maintien de la paix et humanitaire ».

Edition de mardi 12 janvier 2016 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/libia-il-piano-della-conquista/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Ukraine : Heil mein Nato !

Manlio Dinucci, Il Manifesto

5 janvier 2015


 

La feuille de route pour la coopération militaire Otan-Ukraine, signée en décembre, intègre désormais pratiquement les forces armées et l’industrie guerrière de Kiev dans celles de l’Alliance sous conduite USA. Il ne manque plus que l’entrée formelle de l’Ukraine dans l’Otan. Le président Poroshenko a annoncé à cet effet un « référendum » dont la date est à définir, en pré-annonçant une nette victoire des « oui » sur la base d’un «sondage» déjà effectué. De son côté l’Otan garantit que l’Ukraine, « un des plus solides partenaires de l’Alliance», est « fermement engagée à réaliser la démocratie et la légalité ».

Les faits parlent clair. L’Ukraine de Poroshenko – l’oligarque qui s’est enrichi avec le saccage des propriétés d’Etat, duquel le premier ministre Renzi loue le « sage leadership » – a décrété par loi en décembre la mise au ban du Parti communiste d’Ukraine, accusé d’ « incitation à la haine ethnique et violation des droits humains et des libertés ». Sont interdits par loi même les symboles communistes : chanter l’Internationale comporte une peine de 5 à10 ans de réclusion.

C’est l’acte final d’une campagne de persécution analogue à celle que marquèrent l’avènement du fascisme en Italie et du nazisme en Allemagne. Sièges de parti détruits, dirigeants lynchés, journalistes torturés et assassinés, militants brûlés vifs dans la Bourse du Travail à Odessa, civils sans armes massacrés à Marioupol, bombardés au phosphore blanc à Slaviansk, Lougansk et Donetsk.

Un véritable coup d’état sous régie USA/Otan, avec l’objectif stratégique de provoquer en Europe une nouvelle guerre froide pour frapper et isoler la Russie et, en même temps, renforcer l’influence et la présence militaire des Etats-Unis en Europe. Comme force d’assaut ont été utilisés, dans le putsch de Place Maïdan et dans les actions successives, des groupes néo-nazis entraînés et armés à cet effet, comme le prouvent les photos de militants Uno-Unso entraînés en 2006 en Estonie. Les formations néo-nazies ont ensuite été incorporées dans la Garde Nationale, entraînée par des centaines d’instructeurs étasuniens de la 173ème division aéroportée, transférée de Vicence en Ukraine, accompagnés par d’autres de l’Otan.

L’Ukraine de Kiev est ainsi devenue le « vivier » du nazisme renaissant au cœur de l’Europe. A Kiev arrivent des néo-nazis de toute l’Europe (Italie comprise) et des USA, recrutés surtout par Pravy Sektor et par le bataillon Azov, dont l’empreinte nazie est représentée par l’emblème calqué sur celui des SS Das Reich. Après avoir été entraînés et mis à l’épreuve dans des actions militaires contre les Russes d’Ukraine dans le Donbass, on les fait rentrer dans leurs pays avec le «laissez-passer » du passeport ukrainien. Simultanément on diffuse en Ukraine l’idéologie nazie parmi les jeunes générations. Dont s’occupe en particulier le bataillon Azov, qui organise des camps d’entraînement militaire et de formation idéologique pour enfants et adolescents, auxquels on enseigne avant tout à haïr les Russes.

Cela advient avec la connivence des gouvernements européens : par initiative d’un parlementaire de la République Tchèque, le chef du bataillon Azov, Andriy Biletsky, aspirant « Führer »  de l’Ukraine, a été accueilli au parlement européen en tant qu’ « orateur invité ». Le tout dans le cadre de l’ « Appui pratique de l’Otan à l’Ukraine », comprenant le « Programme de potentialisation de l’éducation militaire » auquel ont participé, en 2015, 360 professeurs ukrainiens, instruits par 60 experts Otan. Dans un autre programme Otan, « Diplomatie publique et communications stratégiques », on enseigne aux autorités à «contrecarrer la propagande russe» et aux journalistes à « générer des histoires factuelles depuis la Crimée occupée et l’Ukraine orientale ».

 Edition de mardi 5 janvier 2016 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/ucraina-heil-mein-nato/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio