« Le Plan B comme Broutille » Frédéric Lordon appelle à la sortie de l’euro !

Blog Médiapart d’Annie STASSE

25 JANVIER 2016

https://blogs.mediapart.fr/annie-stasse/blog/250116/le-plan-b-comme-broutille-frederic-lordon-appelle-la-sortie-de-l-euro


Les idées claires c’est de savoir pourquoi on se met en mouvement et pourquoi on lutte. S’il ne veut pas être B comme broutille ou B comme Bricolage, le plan B ne peut pas viser moins que l’objectif maximal qui n’est en fait que le minimum admissible, l’objectif de la pleine démocratie.

« Si elle n’avait pas peur de son ombre, c’est la Gauche qui pourrait porter une différence politiquement digne. La différence de la sortie de l’euro, la différence de la souveraineté démocratique restaurée, la différence du verrou à toute politique progressiste possible enfin tiré, la différence de l’internationalisme réel. Si elle se libère de tous les interdits imaginaires, et de toutes les inconséquences qui ont jusqu’ ici terriblement pesées sur la question de l’euro, le plan B n’a pas d’autre sens que d’être le porteur historique de cette différence, et au point où nous en sommes disons le avec emphase le seul restaurateur possible de la démocratie. Mais encore faut il qu’il aie les idées un peu claires, et moins au ventre cette pusillanimité qui a conduit Tsipras à tous les renoncements  à toutes les défaites et malheureusement pour finir à toutes les humiliations.

Les idées claires c’est de savoir pourquoi on se met en mouvement et pourquoi on lutte. S’il ne veut pas être B comme broutille ou B comme Bricolage, le plan B ne peut pas viser moins que l’objectif maximal qui n’est en fait que le minimum admissible, l’objectif de la pleine démocratie. La pleine démocratie, c’est la déconstitutionalisation intégrale de toutes les dispositions relatives à la politique économique et leur rapatriement dans le périmètre de la délibération politique ordinaire. Mais c’est cette chose même qui est radicalement impossible. Si bien que l’euro démocratisé est une entité qui a à peu près autant de réalité qu’un cercle carré. L’expérience décisive pour s’en convaincre serait celle qui consisterait à aller demander simplement aux électeurs allemand s’ils accepteraient que le statut de la banque centrale la nature de ses missions la possibilité du financement monétaire des déficits, le niveau de ces déficits, le niveau des dettes, la possibilité de les annuler, que toutes ces choses soient remises à la délibération ordinaire d’un parlement européen et moyennant bien sûr le risque que les positions allemandes en cette manière soient mises en minorité, car en première approximation c’est cela la démocratie, et bien la réponse ne devrait pas tarder à venir. Et elle ne sera probablement pas celle qu’escompte les amis de « l’euro démocratique » ou ceux du parlement de l’euro. Car je le dis en passant voila bien une des aberrations paradoxale et caractéristique du pouvoir d’intimidation de l’euro que l’on y voit des représentants de la gauche radicale et des représentants de la social démocratie la plus inoffensive faire cause commune autour des mêmes illusions et se retrouver dans le même effarouchement à mettre en question ce qui doit l’être. Le plan B comme broutille se serait de mollir sur le seul engagement qui vaille, celui de démocratie totale et de monter une machine de guerre en carton pâte pour récupérer quelques annulations de dettes ou bien l’autorisation d’un point supplémentaire de déficit budgétaire. En laissant bien évidemment intact tout le reste de la structure antidémocratique.

Alors on peut bien si on veut faire comme Tsipras et d’autres après lui hélas, et repousser le plus longtemps possible le moment où les contradictions sont mises à nues. Ne plus avoir l’austérité et rester dans l’euro, avoir l’euro et la démocratie, ces promesses là sont intenables. Car elles sont contradictoires. Et pire que contradictoires, sans compromis possibles.

Mais si elle veut sortir de l’inanité la Gauche va devoir guérir de cette plaie d’époque qui est l’inconséquence. C’est à dire apprendre à vouloir les conséquences de ce qu’elle veut. Veut elle vraiment la démocratie ? alors elle ne peut pas vouloir rester dans l’euro. On ne sauvera rien en concédent sur les principes les plus fondamentaux de la politique car on n’a jamais rien sauver au prix de la démocratie. En général, avant de partir en guerre il vaut mieux être au clair sur les buts de guerre. Sauf pour les ramasseurs de tisanes, le ramassage des queues de cerises n’a aucun intérêt. Il appartient donc désormais à la gauche du plan B de savoir si elle veut faire dans l’infusion de type « Bonne nuit » ou bien savoir si elle a enfin retrouver le gout de la vraie politique.

Frédéric Lordon – 23 janvier 2016 – sommet du plan B »

Note à propos de cette vidéo : elle est l’unique vidéo qui nous permette d’entendre « en direct » Frédéric Lordon, elle a été mise en ligne par le PRCF, je n’en fais pas leur propagande et pas suffisamment alerte pour supprimer la fin. Le principal étant de pouvoir entendre Lordon. J’informe aussi que le texte est lui aussi trouvable dans son entier sur le site du PRCF précédé d’un texte qui a mon accord. Qu’y puis-je si c’est le seul parti en France qui soit cohérent avec l’idée « être de gauche » ?

Plan B comme broutille

Frédéric Lordon appelle à la sortie de l’Euro
© Pôle de Renaissance Communiste en France

 

Rappel d’un billet de Lordon écrit le 1er octobre 2015 :

Plan A, plan B ? Plan C !

qui critiquait le manque de clarté du plan que Mélenchon initia à l’époque prônant un plan A… qui se serait transformé en plan B au cas où l’Europe refuserait de discuter. C’était d’une énorme naïveté, vu ce que les Grecs ont vécu.

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