A qui sert leur guerre?

Aucune interprétation monolithique, aucune explication mécaniste n’élucidera les attentats. Faut-il pour autant garder le silence ? Beaucoup jugent – et nous les comprenons – que devant l’horreur de l’événement, seul le recueillement serait décent. Mais nous ne pouvons pas nous taire, quand d’autres parlent et agissent pour nous : nous entraînent dans leur guerre. Faut-il les laisser faire, au nom de l’unité nationale et de l’injonction à penser comme le gouvernement ?

Car ce serait la guerre, désormais. Auparavant, non ? Et en guerre pour quoi : au nom des droits de l’homme et de la civilisation ? En réalité, la spirale dans laquelle nous entraîne l’Etat pompier-pyromane est infernale. La France est en guerre continuellement. Elle sort d’une guerre en Afghanistan, lourde de civils assassinés. Les droits des femmes y sont toujours bafoués, tandis que les talibans regagnent chaque jour du terrain. Elle sort d’une guerre en Libye qui laisse le pays ruiné et ravagé, avec des morts par milliers et des armes free market qui approvisionnent tous les djihads. Elle sort d’une intervention au Mali. Les groupes djihadistes liés à Al-Qaida ne cessent de progresser et de perpétrer des massacres. A Bamako, la France protège un régime corrompu jusqu’à l’os, comme au Niger et au Gabon. Les oléoducs du Moyen-Orient, l’uranium exploité dans des conditions monstrueuses par Areva, les intérêts de Total et de Bolloré ne seraient pour rien dans le choix de ces interventions très sélectives, qui laissent des pays dévastés ? En Libye, en Centrafrique, au Mali, la France n’a engagé aucun plan pour aider les populations à sortir du chaos. Or il ne suffit pas d’administrer des leçons de prétendue morale (occidentale). Quelle espérance d’avenir peuvent nourrir des populations condamnées à végéter dans des camps ou à survivre dans des ruines ?

La France prétend détruire Daech ? En bombardant, elle multiplie les djihad‎istes. Les « Rafale » tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Comme en Irak, certains de ces civils finiront par se solidariser avec les djihadistes : ces bombardements sont des bombes à retardement.

Daech est l’un de nos pires ennemis : il massacre, décapite, viole, opprime les femmes et embrigade les enfants, détruit le patrimoine mondial. Dans le même temps, la France vend au régime saoudien, pourtant connu pour financer des réseaux djihadistes, des hélicoptères de combat, des navires de patrouilles, des centrales nucléaires ; l’Arabie saoudite vient de commander trois milliards de dollars d’armement ; elle a réglé la facture des deux navires Mistral, vendus à l’Egypte du maréchal Al Sissi qui réprime les démocrates du printemps arabe. En Arabie saoudite, ne décapite-t-on pas ? N’y coupe-t-on pas les mains ? Les femmes n’y vivent-elles pas en semi-esclavage ? Engagée au Yémen au côté du régime, l’aviation saoudienne a bombardé les populations civiles, détruisant au passage des trésors architecturaux. Bombardera-t-on l’Arabie Saoudite ? Ou bien l’indignation fluctue-t-elle selon les alliances économiques de l’heure ?

La guerre au Djihad, dit-on martialement, se mène en France aussi. Mais comment éviter que ne sombrent des jeunes issus en particulier des milieux populaires, s’ils ne cessent d’être partout discriminés, à l’école, à l’embauche, dans l’accès au logement ou dans leurs croyances ? Et s’ils finissent en prison. En les stigmatisant davantage ? En ne leur ouvrant pas d’autres conditions d’existence ? En niant leur dignité revendiquée ? 

Nous sommes ici : la seule manière de combattre concrètement, ici, nos ennemis, dans ce pays devenu le deuxième vendeur d’armes mondial, c’est de refuser un système qui, au nom du profit à courte vue, produit partout plus d’injustice. Car la violence d’un monde que Bush junior nous promettait, il y a quatorze ans, réconcilié, apaisé, ordonné, n’est pas née du cerveau de Ben Laden ou de Daech. Elle pousse et prolifère sur la misère et les inégalités dont, année après année, les rapports de l’Onu montrent qu’elles s’accroissent, entre pays du Nord et du Sud, et au sein des pays dits riches. L’opulence des uns a pour contrepartie l’exploitation et l’oppression des autres. On ne fera pas reculer la violence sans s’attaquer à ses racines. Il n’y a pas de raccourcis magiques : les bombes n’en sont pas.

Lorsque furent déclenchées les guerres d’Afghanistan et d’Irak, nos mobilisations ont été puissantes. Nous affirmions que ces interventions sèmeraient, aveuglément, le chaos et la mort. Avions-nous tort ? La guerre de F. Hollande aura les mêmes conséquences. Il est urgent de nous rassembler contre les bombardements français qui accroissent les menaces et contre les dérives liberticides qui ne règlent rien, mais contournent et nient les causes des désastres. Cette guerre ne se mènera pas en notre nom.

Pour signer cet appel:

https://www.change.org/p/a-toutes-et-tous-a-qui-sert-leur-guerre?source_location=petitions_share_skip

Premiers signataires: Ludivine Bantigny (historienne), Emmanuel Barot (philosophe), Jacques Bidet (philosophe), Déborah Cohen (historienne), François Cusset (historien des idées), Laurence De Cock (historienne), Christine Delphy (sociologue), Cédric Durand (économiste), Fanny Gallot (historienne), Eric Hazan (éditeur), Sabina Issehnane (économiste), Razmig Keucheyan (sociologue), Marius Loris (historien, poète), Marwan Mohammed (sociologue), Olivier Neveux (historien de l’art), Willy Pelletier (sociologue), Irène Pereira (sociologue), Julien Théry-Astruc (historien), Rémy Toulouse (éditeur), Enzo Traverso (historien)

Ce que les attentats nous font et ce que nous en faisons

http://lmsi.net/Ce-que-les-attentats-nous-font-et

Réflexions sur la semaine de l’après 13 novembre 2015

par Clément L

Ce 17 novembre, dans le lycée dans lequel je travaille, un gosse d’une quinzaine d’année est entré à la vie scolaire, le regard grave, la mine complètement défaite. Il est d’abord resté silencieux un long moment. Puis, en sanglotant, il a fait référence aux attentats et a alors prononcé cette phrase : « Je ne rêve que d’une seule chose, c’est de tous les exterminer »

Ce gosse n’a pas de proches qui sont morts dans l’attentat. Il vit à plus de 300 kilomètres de Paris, dans une ville de taille modeste où l’on peut objectivement penser que le risque d’attentat est moindre. Mais nous en sommes là. Après plus de cinquante heures d’édition spéciale sur des chaines d’information en continu que même la publicité n’a exceptionnellement pas interrompue, un gosse de 15 ans pleure en disant que son seul rêve, c’est d’exterminer des gens.

« Cette fois, c’est la guerre »

Le lendemain des attentats, Le Figaro titrait :

« La guerre en plein Paris »

Et le Parisien :

« Cette fois, c’est la guerre ».

Ce dernier titre est incorrect dans le sens où la France est en guerre depuis longtemps. Depuis 2010, la France a été en guerre au Libye, en Centrafrique, au Mali, en Syrie et en Irak. Pour ces trois derniers pays, les conflits sont encore en cours.

Mais ces guerres ont pour point commun, pour nous occidentaux qui les avons menées, de n’avoir eu aucune conséquence concrète (si ce n’est les pertes militaires) et de s’être déroulé loin de nos yeux, tout au plus quelques minutes du JT sur nos écrans télévisés.

Ce sont pourtant des guerres de l’Occident contre des pays du moyen-orient qui sont à l’origine de l’Etat islamique notamment la guerre d’Irak, dont la page Wikipédia du conflit précise qu’aucun décompte officiel des victimes n’a été effectué mais qu’il est estimé autour du million.

L’Etat français avait eu l’intelligence de ne pas intervenir dans ce conflit et l’on sait désormais que les « preuves » de présence d’armes de destruction massive présentées par les Etats-Unis étaient fausses. Le Royaume-Uni et l’Espagne n’avaient pas fait ce choix, et ils ont subi des attentats terroristes quelques mois après leur engagement en Irak, qui ont fait respectivement 56 et 191 morts.

Depuis son arrivée au pouvoir, François Hollande a décidé de se montrer en véritable chef de guerre, en rupture avec l’image d’une France moins belliqueuse qui avait été incarnée par Dominique De Villepin. Ce fût particulièrement le cas au Mali et en Centrafrique, ce qui avait, phénomène suffisamment rare pour être souligné, fait augmenter sa popularité.

Alors qu’il conviendrait donc de s’intéresser aux logiques impérialistes qui poussent les pays occidentaux à entreprendre des conflits qui ont largement contribué à la création puis au succès de l’EI, et dont le nombre bien plus élevé de morts ne nous émeut guère, notre premier réflexe a été, sous le coup de l’émotion, de « rentrer » instinctivement en guerre, en oubliant même que nous l’étions déjà. Cette manière de répondre à un effet par sa cause devrait nous interroger.

On pourrait aussi s’attarder sur le nombre de combattants de l’Etat islamique, ce devrait même être de l’ordre du réflexe que d’évaluer quantitativement la menace qui nous fait face. Un article du Monde avance le nombre de 100 000 à 125 000. À titre de comparaison, l’armée française compte plus de 200 000 militaires.

Il ne s’agit évidemment pas de minimiser les attentats ou d’établir un lien dont on prétendrait qu’il soit mécanique et unique. Mais si l’on veut réfléchir aux évènements graves qui ont eu lieu ce week-end, il est important de s’intéresser aux origines de l’État islamique, à ce qui les pousse généralement à commettre des attentats, et aux forces dont il dispose. Mais l’émotion collective occulte ces dimensions pourtant essentielles pour essayer de comprendre ce qui se passe.

L’engrenage sécuritaire

Au contraire, l’attention a été concentrée sur des instincts guerriers et sécuritaires. Un sondage nous dit que 84% des Français sont prêts à accepter de restreindre leurs libertés pour plus de sécurité. Ce même sondage nous dit que 98% des français estiment la menace terroriste élevée, comme pour souligner le besoin impérieux de plus de « sécurité ».

Ce besoin de sécurité se traduit par une présence militaire et policière accrue pour tous, au quotidien. Pourtant, cette présence n’a objectivement pas permis d’empêcher les attentats alors que l’Ile-de-France était au niveau écarlate du Plan Vigipirate au moment des faits – autrement dit : alors que nous étions au maximum des capacités sécuritaires que prévoit ce plan.

Mais surtout, cette présence policière et militaire dans notre quotidien renforce en nous ce sentiment de peur, nourrissant ainsi des réflexes sécuritaires, ce qui aboutit donc inévitablement à un cercle vicieux.

Ce cercle vicieux sécuritaire et ce vocabulaire guerrier ont été ultra-présents dans le marathon médiatique que nous avons vécu, couplé à une émotion bien décryptée dans un article d’Acrimed. On a aussi beaucoup entendue des phrases comme :

« Il va falloir s’habituer aux attentats, il y en aura d’autres ».

Il est à ce titre contestable pour nous Français de dire que les attentats sont « désormais dans notre quotidien » quand on sait que c’était littéralement le cas en Irak en 2005, avec plus d’une attaque suicide par jour, et qu’aujourd’hui encore beaucoup de pays sont bien plus touchés que nous par des attentats.
Je pense que tout cela n’est pas sans lien avec l’inquiétude de l’élève dont je parlais au début de cet article.

L’extrême-droite au plus haut

Dans ce contexte, le gouvernement a, entre-autres, fermé les frontières, autorisé les policiers à porter leur arme en dehors de leur service et augmenté ces dotations en armes des policiers municipaux.
Ces trois propositions figurent dans le programme du Front National depuis bien longtemps, de quoi accorder à ce parti une crédibilité sans faille : Ces mesures étant celles prises par le gouvernement pour éviter un autre attentat, on peut facilement penser que ce sont celles que nous aurions dû prendre avant, pour éviter ce qu’il s’est passé au Bataclan. Le FN étant le seul parti qui défendait ces trois propositions, cela peut donc insinuer qu’il aurait fallu voter pour ce parti, ou qu’il va falloir le faire.

Quelles que soient nos réactions face aux attentats, on peut s’accorder sur le fait qu’ils adviennent dans un contexte d’augmentation forte de l’influence des idées d’extrême-droite. Non seulement certaines de ses idées-clé sont reprises par le gouvernement sans que l’on ne puisse y opposer le moindre débat (l’interdiction des manifestations initiée par l’état d’urgence est à ce titre assez explicite), mais ces idées d’extrême-droite se traduisent aussi par des actes.

À Lyon, un jeune de 17 ans a été lynché au sol par une dizaine d’identitaires sous les cris de « Islam, hors de France ». À Pontivy pendant une manifestation d’extrême-droite, un quadragénaire a été frappé :

« Six personnes l’ont mis à terre. C’était un défoulement sur lui » explique un article, dans lequel il est précisé que des jeunes ont dû se réfugier chez des habitants pour ne pas être frappés et que quatre plaintes ont été déposées.

À Cambrai le conducteur d’une voiture a tiré sur un homme, parce qu’il « avait une couleur de peau qui ne convenait pas au tireur », a indiqué le Parquet.

À Marseille, une femme a été victime de coup de poing et de cutter parce qu’elle portait un voile.

En Gironde et en Seine-Maritime, des kebabs qui ont été pris pour cible.

À Ermont, Creteil, Aubagne, Oloron, Pontarlier et Brest, des mosquées ont été attaquées ou vandalisées.

Paris-luttes.info recense ces agressions islamophobes.

En plus de ce racisme en acte, les musulmans ont été et risquent d’être encore victimes d’un racisme en parole exacerbé. On ne fera pas la revue de presse des horreurs, allant de Philippe De Villiers mettant les attentats sur la dos de la « mosqueïsation de la France » ou Nadine Morano s’offusquant de la présence d’une femme voilée sur son poste de télévision [1]. Il y a eu aussi Mathieu Kassovitz exigeant des musulmans qu’ils se désolidarisent de Daesh, « faites vous entendre sinon méritez l’amalgame dont vous êtes victimes ». (avant de rapidement présenter ses excuses pour cette injonction déplacée : lorsqu’on estime que quelqu’un doit se désolidariser de quelque chose, c’est que l’on part du principe qu’il en est solidaire).

Et puis il y a eu aussi ce discours ultra-dominant sur les réseaux sociaux, repris par des milliers d’anonymes, appelant les français à boire ou à faire une « Partouze géante place de la République ». Je ne dis pas que toutes les personnes qui ont partagé ce type de statut sur nos libertés alcooliques et sexuelles sont des racistes déclarés, mais ce type de réponses rejoint qu’on le veuille ou non la thèse du « choc des civilisations ».

Bien-sûr, les terroristes se sont attaqués à des bars ou des lieux de loisirs, mais on peut penser que si c’était seulement la consommation d’alcool ou la liberté sexuelle qu’ils voulaient attaquer, une grande partie des pays du monde auraient pu être ciblés au même titre que la France, ce qui n’est visiblement pas le cas. Enfin, on peut noter qu’il y a trois ans, des millions de catholiques intégristes ont défilé dans notre pays contre nos libertés sexuelles sans que cela ne suscite la moindre velléité de riposte.

Ce type de discours ouvre en plus la voie à tous les amalgames faciles entre le terroriste qui s’attaquent à un bar et le collègue musulman qui refuse de boire de l’alcool. En qualifiant « d’actes de résistance » le fait de boire de l’alcool, on exclut de facto de la possibilité de résister ceux dont en même temps on exige qu’ils soient les premier à le faire : les musulmans pratiquants.

Etre ému sans être bleu-blanc-rouge

C’est aussi pour toutes ces raisons que je n’ai pas teinté ma photo de profil du drapeau tricolore, que je n’ai pas écrit ma colère ou ma peur sur les réseaux sociaux, et que je ne me suis pas déplacé à un rassemblement d’hommage. Dire simplement cela, en ce moment, c’est s’exposer à la suspicion d’être incapable d’être ému dans le meilleur des cas, ou de faire le jeu du terrorisme dans le pire. Choqué par ce qui s’est passé je l’ai pourtant été, évidemment. J’ai déjà assisté à un concert au Bataclan, et j’ai des amis à Paris, dans le onzième arrondissement, donc bien-sûr que j’ai eu peur. Comme tout un chacun, et c’est-là la raison principale du choc que ces évènements ont pu susciter, je me reconnais dans les victimes : boire un verre, aller voir un concert ou un match…

Si je n’ai pas peint la photo de ma tronche en bleu-blanc-rouge ou chanté la Marseillaise sur une place publique, c’est qu’à ma toute petite échelle d’anonyme dans la masse, j’ai voulu le moins possible contribuer à l’émotion collective déjà considérable. Ce n’est évidemment pas l’émotion en elle même qui me gêne, ni le fait de la partager. Ce sont plutôt les conséquences qu’autorisent cette émotion collective élevée à l’ensemble d’un pays : nous n’en avons ici qu’un petit aperçu, et elles risquent de se prolonger longtemps si l’on ne fait pas l’effort de mettre à distance cette légitime émotion.

J’ai peur pour ce gosse qui pleurait au lycée. Je n’ai pas peur que des islamistes débarquent, kalachnikovs à la main, pour le tuer. Mais j’ai peur de ce que nos réactions peuvent engendrer en conséquence concrètes dans sa vie.

Notes

[1] Une femme qui au demeurant n’était pas voilée mais voulait protéger son anonymat.

Avion abattu: un acte de vengeance d’Ankara pour les frappes russes contre l’EI?

Sputnik, 24 novembre 2015

http://fr.sputniknews.com/international/20151124/1019785722/avion-russie-turquie-vengeance-ei.html


Certains experts supposent qu’un bombardier russe Su-24 a été abattu par l’aviation turque à titre de vengeance pour les frappes aériennes portées par la Russie contre les positions des djihadistes de l’Etat islamique en Syrie.

Pour comprendre les raisons de la destruction de l’avion russe par la Turquie, il faut examiner la politique syrienne d’Ankara qui accorde toujours une assistance aux djihadistes de l’Etat islamiques (EI), a déclaré à Sputnik le vice-président du Parti démocratique des peuples (HDP), Nazmi Gür.

« Il faut tout d’abord évaluer le rôle qu’Ankara a joué et joue toujours dans la crise syrienne ces cinq dernières années. Ensuite, on ne doit pas non plus oublier que les Turkmènes syriens n’étaient au début ni bien armés ni organisés et n’aspiraient pas trop à faire la guerre contre Assad », a relevé l’expert.

Selon M.Gür, c’est la Turquie qui les a entraînés, armés et soutenus face à Damas.

« Et finalement, cette région de la Syrie (à la frontière avec la Turquie, ndlr) n’est actuellement plus uniquement peuplée par des Turkmènes. Différents groupes d’extrémistes radicaux s’y sont également installés. Tout le monde le sait, comme le fait que ces derniers bénéficient toujours d’un soutien de la Turquie », a indiqué le vice-président du parti pro-kurde.

Et de rappeler que l’aviation russe s’était mise à liquider les terroristes qui se livraient entre autres à la contrebande du pétrole.

« On comprend bien que certains milieux influents en Turquie en tiraient de gros bénéfices, en s’enrichissant pratiquement sur la guerre. Tous ces facteurs cumulés expliquent les raisons du comportement des militaires turcs », a conclu M.Gül.

Installés de longue date à Alep, Homs, Raqqa et au nord de Lattaquié, les Turkmènes syriens ont toujours vécu en bonne entente avec les populations arabes et kurdes. Mal aimés du régime de Hafez Al-Assad, le défunt père de l’actuel président syrien Bachar el-Assad, qui les stigmatisait pour leurs liens avec la Turquie, ils ont résisté des années durant à sa politique d’assimilation arabe. Quand les hostilités ont éclaté sur le sol syrien en 2011, les Turkmènes se sont ralliés aux forces anti-Damas. Ils se battent plutôt aux côtés de l’Armée syrienne libre (ASL), même si certains ont rallié l’EI, à Raqqa.

Un bombardier russe Sukhoi Su-24 engagé dans l’opération contre le groupe terroriste Etat islamique (EI) en Syrie s’est écrasé mardi sur le territoire syrien, à 4 km de la frontière turque. Selon le président russe Vladimir Poutine, le Su-24 a été abattu dans l’espace aérien syrien par un missile air-air tiré par un chasseur turc F-16.

La Turquie affirme que l’avion russe a violé son espace aérien. D’après le ministère russe de la Défense, l’avion se trouvait dans l’espace aérien syrien, à un kilomètre de la frontière turque.

La stratégie du chaos

Manlio DINUCCI, Il Manifesto, 17 novembre 2015

Drapeaux en berne dans les pays de l’Otan pour « le 11 septembre de la France », pendant que le président Obama annonce aux médias : « Nous vous fournirons des informations sérieuses sur ceux qui sont responsables». Pas besoin d’attendre, c’est déjà clair. L’énième massacre d’innocents a été provoqué par la série de bombes à fragmentation géopolitique, faite exploser selon une stratégie précise. Celle mise en acte depuis que les USA, après avoir gagné la confrontation avec l’URSS, se sont auto-nommés « le seul Etat avec une force, une portée et une influence en toute dimension -politique, économique, militaire- réellement globales », se proposant d’«empêcher que toute puissance hostile ne domine une région -l’Europe occidentale, l’Asie orientale, le territoire de l’ex Union soviétique et l’Asie sud-occidentale- dont les ressources seraient suffisantes pour générer une puissance globale ». Dans ce but les USA ont réorienté depuis 1991 leur propre stratégie et, en s’accordant avec les puissances européennes, celle de l’Otan. Depuis lors ont été fragmentés ou démolis avec la guerre (ouverte et couverte), un après l’autre, les Etats considérés comme un obstacle au plan de domination globale -Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Libye, Syrie, Ukraine et autres- alors que d’autres encore (dont l’Iran) sont dans le collimateur. Ces guerres, qui ont broyé des millions de victimes, ont désagrégé des sociétés entières, en créant un masse énorme de désespérés, dont la frustration et la rébellion débouchent d’une part dans une résistance réelle, mais de l’autre se trouvent exploitées par la Cia et autres services secrets (y compris français) pour séduire des combattants dans un « djihad » de fait fonctionnel à la stratégie USA/Otan.

Ainsi s’est formée une armée ombre, constituée de groupes islamistes (souvent concurrents) employés à miner de l’intérieur l’Etat libyen pendant que l’Otan l’attaquait, puis pour une opération analogue en Syrie et Irak. De cela est né l’Isis (EI), dans lequel ont conflué des « foreign fighters » parmi lesquels des agents de services secrets, qui a reçu des milliards de dollars et des armes modernes de l’Arabie saoudite et d’autres monarchies arabes, alliées des USA et en particulier de la France. Stratégie qui n’est pas nouvelle : il y a plus de 35 ans, pour faire tomber l’URSS dans le « piège afghan », furent recrutés par l’intermédiaire de la Cia des dizaines de milliers de moudjahiddines de plus de 40 pays. Parmi ceux-là le riche saoudien Ossama Ben Laden, arrivé en Afghanistan avec 4mille hommes, celui-là même qui allait ensuite fonder Al Qaeda en devenant « l’ennemi numéro un » des USA. Washington n’est pas l’apprenti sorcier incapable de contrôler les forces mises en marche. Il est le centre moteur d’une stratégie qui, en démolissant des Etats entiers, provoque une réaction en chaîne chaotique de divisions et conflits à utiliser selon l’antique méthode du « diviser pour régner ».

L’attaque terroriste à Paris, accomplie par une main d’oeuvre convaincue de frapper l’Occident, est arrivée avec une parfaite opportunité au moment où la Russie, en intervenant militairement, a bloqué le plan USA/Otan de démolition de l’Etat syrien et a annoncé des contre-mesures militaires à la croissante expansion de l’Otan à l’Est. L’attaque terroriste, en créant en Europe un climat de siège, « justifie » une montée en puissance militaire accélérée des pays européens de l’Otan, y compris l’augmentation de leur dépense militaire réclamée par les USA, et ouvre la voie à d’autres guerres sous commandement étasunien.

La France qui jusqu’à présent avait conduit « contre l’Etat islamique en Syrie seulement des attaques sporadiques » écrit le New York Times, a effectué dans la nuit de dimanche « en représailles, l’attaque aérienne la plus agressive contre la ville syrienne de Raqqa, en touchant des objectifs de l’EI indiqués par les Etats-Unis ». Parmi lesquels, précisent des fonctionnaires étasuniens, « quelques cliniques et un musée ».
Edition de mardi 17 novembre 2015 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/la-strategia-del-caos/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Qui sème l’impérialisme récolte le terrorisme

Jérôme HENRIQUES, Le Grand Soir, 20 novembre 2015

http://www.legrandsoir.info/qui-seme-l-imperialisme-recolte-le-terrorisme.html


Presque un an après les attentats de Charlie Hebdo, c’est reparti pour un tour d’hystérie collective. Entre les tartufferies médiatico-politiques (« on a atteint des sommets dans l’horreur », « une porte s’est ouverte sur l’enfer » …) et l’idiotie collective (« ca y est c’est la guerre », « même pas peur », « la France a été touchée parce que c’est le pays des droits de l’homme » …), beaucoup devraient redescendre sur terre et essayer de s’imposer un minimum de réflexion et d’honnêteté.

Oui, les attentats sont une horreur et les victimes méritent notre empathie ; mais non, la France n’a pas été touchée par hasard, ni même vraiment par surprise. Des victimes de Charlie Hebdo en Janvier dernier aux attentats déjoués depuis (dans le Thalys, contre les églises du Val de Marne), il est clair depuis un moment que la France est devenue l’une des cibles privilégiée du terrorisme islamique. Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de la question, le juge anti-terroriste Marc Trévidic déclarait d’ailleurs il y a peu que « le pire est devant nous » et que « les Français vont devoir s’habituer non à la menace des attentats, mais à la réalité des attentats ». Et pendant que le même juge dénonçait le manque criant de moyens alloué à la prévention de la menace terroriste en France (« On fait donc le strict minimum … au risque de passer à côté de graves menaces »), que faisaient nos gouvernants ? Ils Jouaient les gros bras face à Assad et son allié Poutine.

Alors que la politique d’ingérence occidentale s’est révélée mortifère en Afghanistan, en Irak ou encore en Libye (repli ethnique ou confessionnel, affrontements civils, règne des bandes armées, nouveaux foyers de terrorisme), la France est depuis 2011 le pays le plus va-t-en-guerre contre le régime Syrien. Bachar el Assad est certes un dictateur, mais depuis quand les dictateurs dérangent nos gouvernants ? La France n’a-t-elle pas soutenue Ben Ali lors de la révolution Tunisienne en 2010-2011 ? La France ne reçoit-elle pas régulièrement en grandes pompes tout un tas de dictateurs Africains (Idriss Deby, Denis Sassou N’Guesso, Paul Biya …). Difficile donc de mettre l’obsession de déboulonner Assad sur le compte de l’humanitaire ou de la liberté. Difficile d’accepter dans le même temps que notre pays s’acoquine avec les pires tyrannies du golfe (vente d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis, financements provenant du Qatar …) … tyrannies qui sont d’ailleurs beaucoup plus hostiles aux pays du croissant Chiite (Iran, Syrie, Hezbollah Libanais) qu’aux groupes djihadistes (Sunnites). Depuis peu, la France a fait de Daech son pire ennemi ; pourtant, il n’y a pas si longtemps, notre ministre des affaires étrangères se félicitait des progrès en Syrie d’un autre grand mouvement djihadiste : « Al Nosra (filiale d’Al Qaïda, ndr) fait du bon boulot ». N’est-ce pas le signe d’une politique étrangère absurde ? C’est ce que les récents attentats djihadistes (qui ont visé tour à tour la Russie, le Hezbollah Libanais et la France) semblent indiquer …

En Syrie comme en Libye, nos gouvernants n’ont pas seulement commis une faute morale, ils ont aussi fait preuve d’une grande incompétence. Dans les deux pays, il était largement prévisible que la déstabilisation des régimes en place cède la place au chaos. D’abord, il faut se rappeler que la plupart des frontières au Moyen-orient et en Afrique sont récentes et artificielles (conférence de Berlin pour le partage Européen de l’Afrique en 1884, accords de Sykes-Picot pour le partage Franco-Anglais du Moyen-orient en 1916) ; ces pays comptent de nombreuses minorités (ethniques et/ou confessionnelles) ce qui n’en fait pas le terreau idéal pour l’installation d’une démocratie (à fortiori à court terme et par la violence). Ensuite, force est de constater que nos dirigeants n’ont tiré aucune leçon des erreurs passées. Que s’est-il passé en Libye ? En voulant armer les rebelles, on a surtout armé les djihadistes et donc participé à l’essor du terrorisme international (c’est d’ailleurs pour cette raison qu’on est ensuite reparti en guerre au Mali). Et qu’a-t-on fait en Syrie ? La même chose. Si la France avait vraiment voulu débarrasser ces pays du joug de la dictature, elle aurait poussé à la négociation (mise en place d’élections, sortie/amnistie du pouvoir en place …) au lieu d’instrumentaliser le mécontentement populaire et d’attiser la guerre civile. En hurlant sur tous les toits que « le dictateur devra payer pour ses crimes », quel choix lui a-t-on laissé autre que celui de mener une guerre jusqu’au-boutiste ? Aucun. Dès lors, il ne nous restait plus qu’à choisir les groupes d’opposition à armer et espérer ainsi maîtriser l’issue du conflit (émergence d’un régime ami). Sauf que … raté, ce sont encore les djihadistes qui ont pris le dessus.

En partant en guerre contre Daech, la France a donc joué les pompiers pyromanes. Qu’il est drôle de voir l’exécutif Français réclamer aujourd’hui l’union nationale alors que les récents attentats ne sont que la conséquence de sa politique étrangère impérialiste. Hollande et Fabius se sont-ils souciés de l’opinion nationale avant de partir faire les cowboys en Syrie ? Bien évidemment, cette union nationale n’est rien d’autre qu’une tentative de mise au pas, une manière de dire : « si vous ne nous soutenez pas, c’est que vous êtes du côté des terroristes ». Personnellement, je ne signerai pas le chèque en blanc de cette politique étrangère belliciste, je ne me replierai pas dans un nationalisme rétrograde du style « mon dieu, on nous a attaqué, nous les Français » (les autres on s’en fout) et je ne me tapisserai pas la figure en bleu-blanc-rouge comme un petit soldat du système. Je suis du côté de toutes les victimes du monde, celles de Daech mais aussi celles (bien plus nombreuses) des EU, de la France et d’Israël. Qui pleure les centaines de milliers de civils tués en Irak, en Libye, en Syrie, etc. ces dernières années ? Pour terminer, voici l’extrait d’un texte d’Howard Zinn qui me semble particulièrement bien résumer l’origine du mal :

La désobéissance civile n’est pas notre problème. Notre problème c’est l’obéissance civile. Notre problème, ce sont les gens qui obéissent aux diktats imposés par les dirigeants de leurs gouvernements et qui ont donc soutenu des guerres. Des millions de personnes ont été tuées à cause de cette obéissance. Notre problème, c’est l’obéissance des gens quand la pauvreté, la famine, la stupidité, la guerre et la cruauté ravagent le monde. Notre problème, c’est que les gens soient obéissants alors que les prisons sont pleines de petits voleurs et que les plus grands bandits sont à la tête du pays. C’est ça notre problème.

Jérôme HENRIQUES

http://www.legrandsoir.info/qui-seme-l-imperialisme-recolte-le-terrorisme.html

Pourquoi l’état d’urgence et les mesures de haute sécurité ne réussiront pas à arrêter ISIS (Counterpunch)

Patrick COCKBURN, Counterpunch, 16 novembre 2015

http://www.counterpunch.org/2015/11/16/why-states-of-emergency-and-extreme-security-measures-wont-stop-isis/

traduction française : http://www.legrandsoir.info/pourquoi-l-etat-d-urgence-et-les-mesures-de-haute-securite-ne-reussiront-pas-a-arreter-isis-counterpunch.html


Nul doute que « l’Etat islamique », comme il se nomme lui-même, se félicitera du résultat de ses attaques à Paris. Il a montré qu’il pouvait se venger, avec sa sauvagerie habituelle, d’un pays qui bombarde son territoire, et qu’il faut le craindre même quand il est soumis à une dure pression militaire. Les faits et gestes de seulement huit kamikazes et hommes armés d’ISIS dominent l’agenda international, jour après jour.

Il n’y a pas grand-chose qu’on puisse y faire. Les gens sont naturellement anxieux de savoir quelle chance ils ont d’être attaqués à la mitrailleuse, la prochaine fois qu’ils s’assiéront dans un restaurant ou qu’ils assisteront à un concert, à Paris ou à Londres.

Mais le ton apocalyptique de la couverture médiatique est exagéré : la violence dont Paris a été l’objet jusqu’ici n’est pas comparable à ce que Belfast et Beyrouth ont subi dans les années 1970, ni à ce que Damas et Bagdad vivent aujourd’hui. Contrairement à ce que la couverture en continu de la télévision semble indiquer, le choc de s’apercevoir qu’on vit dans une ville où des bombes explosent s’émousse rapidement.

La rhétorique excessive qui entoure le massacre est aussi un problème : au lieu que les atrocités ne conduisent à agir concrètement et efficacement, les paroles de colère deviennent un substitut à une véritable politique. Après les meurtres de Charlie Hebdo en janvier, 40 dirigeants du monde entier ont défilé en se tenant par le bras dans les rues de Paris* proclamant, entre autres choses, qu’ils allaient faire leur priorité de la défaite de l’EI et ses collègues d’al-Qaïda.

Mais, dans la pratique, ils n’ont rien fait de tel. Lorsque les forces de l’EI ont attaqué Palmyre en Syrie orientale, en mai dernier, les Etats-Unis n’ont pas lancé de bombardements aériens contre le groupe parce que la ville était défendue par l’armée syrienne et que Washington avait peur d’être accusé de vouloir maintenir le président Bachar al-Assad au pouvoir.

De ce fait, les Etats-Unis ont donné à l’EI un avantage militaire, que le groupe a prestement mis à profit pour se saisir de Palmyre, décapiter les soldats syriens capturés et faire sauter les ruines antiques.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré lors de la réunion du G20 en Turquie que « le temps des discussions était terminé » et qu’il devait y avoir une action collective contre le « terrorisme ».

Cela sonne comme une prise de position turque de première importance contre l’EI, mais M. Erdogan a expliqué que sa définition des « terroristes » était vaste et englobait les Kurdes syriens et leur Unités paramilitaires de Protection du Peuple (UPP) que les États-Unis considèrent comme leurs meilleurs alliés militaires contre l’EI.

La détermination de M. Erdogan à attaquer les insurgés kurdes en Turquie et au nord de l’Irak s’est avérée beaucoup plus forte que son désir d’attaquer l’EI, Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham.

Il y a peu de signes que les dirigeants du G20 réunis en Turquie aient compris la nature du conflit dans lequel ils sont engagés. La stratégie militaire de l’EI est une combinaison unique de terrorisme urbain, de tactiques de guérilla et de guerre conventionnelle. Dans le passé, de nombreux États ont utilisé le terrorisme contre leurs adversaires, mais, dans le cas présent, les escadrons kamikazes qui ciblent des civils sans défense, dans leur pays et à l’étranger, font partie intégrante de la stratégie de guerre de l’EI.

Lorsque les UPP ont coupé la route transfrontalière qui allait de la Turquie vers l’EI, à Tal Abyad, en juin, le groupe terroriste a riposté en envoyant des combattants habillés en Kurdes dans la ville kurde de Kobani où ils ont massacré plus de 220 hommes, femmes et enfants.

Lorsque la Russie a commencé sa campagne aérienne contre l’EI et les djihadistes radicaux, le 30 septembre, l’EI a répondu en plaçant une bombe sur un avion russe en provenance de Charm el-Cheikh, faisant 224 victimes.

Une autre erreur que font les dirigeants du G20 est de persister à sous-estimer l’EI. David Cameron a déclaré que le groupe n’était pas digne d’être appelé « Etat islamique », mais malheureusement, c’est bien un Etat et, de surcroît, plus puissant que la moitié des membres de l’ONU, avec son armée expérimentée, sa conscription, ses impôts et son contrôle sur tous les aspects de la vie dans la vaste région qu’il gouverne.

Tant qu’il existe, il projettera sa puissance à travers des opérations-suicides comme celles que nous venons de voir à Paris. Parce que les cibles potentielles sont les populations civiles dans leur ensemble, on aura beau augmenter les contrôles de sécurité, cela ne changera pas grand-chose. Les kamikazes réussiront toujours à passer au travers.

La seule vraie solution est la destruction de l’EI : seule une campagne aérienne américaine et russe, coordonnée avec ceux qui combattent vraiment sur le terrain, peut y parvenir.

L’US Air Force l’a fait très efficacement avec les UPP, ce qui a permis à ces derniers de vaincre l’EI à Kobani, et avec les Peshmergas kurdes irakiens, qui ont réussi à prendre la ville de Sinjar, la semaine dernière. Mais les Etats-Unis répugnent à attaquer l’EI quand le groupe se bat contre l’armée syrienne ou les milices chiites en Irak. Étant donné que ce sont les deux plus fortes formations militaires combattant l’EI, la force militaire étasunienne est bridée là où elle serait la plus utile.

Compte tenu de la sympathie internationale pour les Français après le massacre à Paris, il est inévitable qu’il n’y ait presque pas de critiques de la politique brouillonne de la France dans le conflit syrien.

Plus tôt dans l’année, lors d’une interview avec Aron Lund de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un des principaux experts français sur la Syrie, Fabrice Balanche, qui est actuellement à l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, a déclaré : « Nous avons en 2011-12 été victimes d’une sorte de maccarthysme intellectuel sur la question syrienne : si vous disiez qu’Assad n’était pas sur le point de tomber dans les trois mois, vous pouviez être soupçonné d’être à la solde du régime syrien ».

Il a fait remarquer que le ministère français des Affaires étrangères avait pris fait et cause pour l’opposition syrienne, tandis que les médias refusaient de voir la révolte syrienne autrement que comme la poursuite des révolutions tunisienne et égyptienne. Ils refusaient de voir les divisions sectaires, politiques et sociales qui montraient que la guerre civile syrienne n’était pas aussi simple que cela.

Du fait que l’administration, l’état-major de l’armée, et les services de sécurité de l’Etat regorgent d’Alaouites, il est presque impossible de se débarrasser de M. Assad et de son régime dont les dirigeants sont issus de la communauté alaouite, sans que l’Etat ne s’effondre, laissant un vide qui sera comblé par l’EI et ses homologues d’Al-Qaïda.

Malgré les récentes attaques terroristes, il ne voit toujours pas s’élaborer de politique à long terme pour empêcher que cela ne se reproduise.

Patrick Cockburn est l’auteur de La montée de l’Etat islamique : ISIS et la nouvelle Révolution sunnite.

Note du traducteur :
* Il semble qu’ils se soient en réalité contentés de se faire photographier à l’extérieur de la marche.

Traduction : D.B.

Martinez (CGT): «L’union nationale, ce n’est jamais bon pour la démocratie»

Mathilde GOANEC, Médiapart, 19 novembre 2015

http://www.mediapart.fr/journal/france/191115/martinez-cgt-lunion-nationale-ce-n-est-jamais-bon-pour-la-democratie


Alors que l’union nationale voulue par François Hollande anesthésie les discours politiques à gauche, la CGT s’est fendue mercredi 18 novembre d’un communiqué critique sur la politique menée par le gouvernement depuis les attaques à Paris. Taxé d’angélisme, Philippe Martinez, premier secrétaire de la centrale cégétiste, s’explique.

Tout d’abord, comment comprenez-vous les très rares critiques entendues depuis l’instauration de l’état d’urgence et pourquoi est-ce la CGT, un syndicat, qui tient publiquement cette position en rédigeant un communiqué très critique ?

Philippe Martinez. Il y a eu une déclaration commune d’un certain nombre de syndicats, mais nous sommes allés, c’est vrai, un peu plus loin dans notre analyse. Pourquoi nous ? On s’appuie sur notre vécu au travail, sur notre expérience comme syndicalistes, et c’est peut-être ce qui manque à d’autres. Le lien que nous avons avec les salariés nous oblige à considérer les questions sociales autour de ce sujet.

Mais vous ne vous bornez pas aux questions sociales, vous prenez aussi position sur l’intérêt ou pas d’aller mener une guerre plus affirmée en Syrie ?

Nous avons une petite expérience en la matière depuis 150 ans et l’analyse que l’on en tire, c’est qu’à chaque fois qu’on nous a dit qu’il fallait faire la guerre pour régler le problème, le problème se développe. Car quand on bombarde, on ne fait pas de différences entre les gens, ce sont des bombes qui tombent sur des femmes, des enfants, des hommes… Et après on s’étonne qu’ils fuient et quittent leur pays ! Je le dis souvent aux militants : en France aussi, pendant la Seconde Guerre mondiale, un exode a eu lieu. Donc cette position pacifiste est dans les gènes de la CGT. Nous avons toujours porté ces valeurs-là, et même si les conditions sont un peu différentes aujourd’hui, on doit être là pour les porter.

Et vous ne vous sentez pas trop seuls ?

Vous savez, à la CGT, on est parfois seuls mais c’est pas pour ça qu’on ne dit que des bêtises… Pour avoir un vrai débat, il faut des avis contradictoires. Sous cette notion d’union nationale, on a peut-être tendance à vouloir lisser les commentaires et les arguments. Ce n’est jamais bon pour la démocratie.

Sur la question des libertés, êtes-vous inquiet en tant que membre du mouvement social des restrictions possibles ?

On peut être inquiet, oui, c’est pour ça qu’on interpelle tout de suite le gouvernement. Il faut veiller à plus de sécurité et d’ailleurs on pourrait certainement se donner les moyens d’en faire encore plus, en termes d’effectifs. Y compris, je pense, pour les soignants. On a vu l’engagement des personnels de santé, qui venaient de quitter le travail et qui y sont retournés sans se poser de question. C’est vraiment ça, à mon sens, le service public, et ça méritait sans doute plus que des remerciements au moment où il y a plein de conflits à l’hôpital… Mais oui, nous avons des craintes car une politique de sécurité et une politique sécuritaire, ce n’est pas tout à fait la même chose. Il y a le risque de pouvoir par là-même bâillonner toute forme d’expression. Or les problèmes sociaux restent entiers, et exigent des mobilisations.

Ce qui vous inquiète, c’est qu’on ne puisse plus se rassembler ou la mise sous surveillance du corps social ?

Les deux. Il y a la surveillance individuelle, on va pouvoir bientôt écouter tout le monde, et nous avions d’ailleurs déjà critiqué la loi sur le renseignement à ce sujet. Et puis nous avons peur aussi pour les libertés collectives, le droit de se rassembler, de contester. Est-ce que les salariés d’Air France, par exemple, doivent accepter les licenciements sans réagir ? Ce sont de vraies questions.

Vous estimez également que pour lutter contre la radicalisation, il faut plus de social, plus de justice, plus d’égalité. C’est selon vous la raison numéro un de la dérive de certains Français vers Daech ?

Non, c’est l’une des raisons, et malheureusement, elle n’est pas évoquée. Si on ne lutte pas contre le chômage, la précarité, l’isolement et notamment des plus jeunes, si on les maintient exclus du travail, on les rejette vers des solutions qui ne sont pas les bonnes. On sait bien que même s’il y a beaucoup de choses à faire pour améliorer les entreprises, rentrer dans un collectif de travail permet des échanges, une vie en société, un enrichissement collectif. Tout ça pousse à d’autres aspirations que celles d’aller se faire exploser dans une foule au nom d’une idéologie nauséabonde. L’intégration par le travail, c’est essentiel pour nous.

La CGT, comme le reste de la société, est traversée par des mouvements contradictoires. Comment la base militante perçoit-elle ce que vous venez de déclarer au sein du bureau confédéral ?

Je viens de faire une assemblée de militants ce matin dans le Doubs, on était une centaine, je n’ai pas entendu de réactions négatives à ce communiqué. Et en même temps, c’est notre rôle aussi, plutôt que de faire comme si le problème n’existait pas, de faire réagir, de planter le décor. La pire des choses, c’est que chacun reste dans son coin avec en tête quelque chose de si traumatisant. Il ne faut pas croire, même en province, même loin de Paris, c’est traumatisant. Donc il vaut mieux clairement dire ce que l’on pense et après on en discute. Ça suscite des questions, sur le racisme c’est clair qu’il y a des tensions. Mais ne pas en parler serait grave dans une organisation comme la nôtre, avec ce qu’elle pèse dans le pays.

Il y a eu aussi des victimes parmi la CGT ?

Oui, une responsable d’une union locale était avec sa fille au Bataclan, et donc deux militantes de la CGT ont été tuées. Un camarade de la métallurgie également. Nous sommes touchés directement, comme beaucoup de familles.

Enfin sur la journée du 2 décembre, cela reste une journée d’action sociale ou le mot d’ordre a-t-il changé ?

C’est une journée d’action sociale. Après Air France, nous avions dit non à la violence sociale. Autour de cette affaire, dans tout le pays, il s’agit de continuer à plaider pour le progrès social (les manifestations seront autorisées ou pas, selon les préfectures, précise le service de presse de la CGT, ndlr). Nous sommes contents de constater que le pacte de stabilité pouvait être contourné, ce dogme qui paraissait si inébranlable. Eh bien, c’est le moment ou jamais : allons-y, fixons-nous des priorités. Le social en est une.

Déclaration du Comité confédéral national de la CGT

mercredi 18 novembre 2015

http://www.cgt.fr/de-la-CGT.html


Le Comité confédéral national de la CGT réuni les 17 et 18 novembre 2015, tient à témoigner son soutien et sa solidarité à l’ensemble des familles touchées par la tragédie du vendredi 13 novembre. Elle salue à nouveau la mobilisation extraordinaire de l’ensemble des agents des services et entreprises publiques.

Ces attentats, perpétrés sur des lieux de culture et de vie, frappent et concernent chacune et chacun d’entre nous, toutes les populations de toutes religions, origines ou nationalités et particulièrement la jeunesse. Des salariés, des adhérents d’organisations syndicales, sont au nombre des victimes, dont plusieurs de la CGT.

Les attentats qui ont touché la France, frappent les populations partout dans le monde, comme à Beyrouth et en Turquie dernièrement, ou lors de l’explosion de l’avion Russe.

Notre solidarité s’adresse à toutes les victimes de ces assassinats. Derrière ces atrocités, des discours trop souvent entendus reviennent à grands pas. La guerre ne règle rien, au contraire. Les lieux de tensions et conflits se multiplient avec leurs cortèges de morts, de destruction, de désolation et de haine. Les multiples interventions militaires (en Irak, en Lybie, en Syrie, etc.), loin d’instaurer la démocratie ont généré un appauvrissement des populations avec des centaines de milliers de victimes et une impasse économique et sociale. C’est le terreau sur lequel le terrorisme se développe, poussant des populations entières sur le chemin de l’exil.

Avant la fin de la 2ème guerre mondiale, lors de la déclaration de l’OIT en 1944, l’ensemble des pays de la planète avait affirmé que seule la justice sociale serait facteur de paix.

Bon nombre de gouvernements l’ont oublié et font le contraire.

La CGT réaffirme ses valeurs de paix et de fraternité dans son combat pour le progrès social, la démocratie, la liberté, la laïcité, nécessaires au bien vivre ensemble. Elle s’insurge contre l’invitation du front national à l’Elysée. Elle refuse toute stigmatisation des étrangers et amalgame entre immigration et terrorisme.

Aujourd’hui, la CGT prend note que le Président annonce dans son discours, ne plus considérer le pacte de stabilité comme un horizon indépassable. Elle exige donc un pacte de progrès, de démocratie sociale, d’éducation, de sécurité et de paix pour toutes les populations.

Nous sommes favorables à un renforcement de la sécurité et des libertés des citoyens. Il ne faut pas confondre des moyens et des effectifs de police et gendarmerie supplémentaires avec une restriction des libertés individuelles et collectives. De même, combattre, écarter les formes de radicalisation passe avant tout par le respect des droits fondamentaux d’accès à l’éducation, à la culture, à la santé et à l’emploi.

Ce n’est pas une quelconque modification de la constitution qui permettra de tarir les sources de financement et d’armement des terroristes. Il faut d’ailleurs souligner que l’Etat français est le 2ème pays vendeur d’armes au monde, devant la Russie et la Chine. La CGT exige l’arrêt de tout commerce d’armes avec les Etats qui entretiennent des liens avec les terroristes. Elle demande que la priorité soit donnée à la recherche de solutions multilatérales dans le cadre de l’ONU.

Elle refuse que les salariés et la population française, à travers des modifications de la constitution, soient placés de fait dans un état d’urgence permanent.

Elle refuse que l’expression revendicative et le mouvement social soient muselés.

Cette situation douloureuse touche la conscience de chacun des citoyens, mais c’est bien le combat pour la justice sociale qui fera reculer les guerres, le terrorisme, le fondamentalisme, la xénophobie, le racisme, l’obscurantisme et la régression.

Plus que jamais, la CGT appelle les salariés à refuser les reculs sociaux et se mobiliser pour les salaires, l’emploi, la réduction du temps de travail et l’amélioration des conditions de travail, la protection sociale, les libertés syndicales.

La CGT engage une large consultation des salariés, afin d’être à l’écoute et de partager avec eux ses propositions pour sortir de cette crise. Elle débattra de la nécessaire mobilisation à mettre en œuvre pour y parvenir.

Pour cela, le Comité confédéral national, appelle à poursuivre et amplifier la rencontre de ses syndiqués dans leurs syndicats, sur leurs lieux de travail.

Après le temps du recueillement, les rendez-vous revendicatifs et mobilisations programmés doivent avoir lieu en travaillant des modalités permettant d’assurer la sécurité des salariés. Pas plus qu’il n’y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n’y aura de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social.

Notamment, le 2 décembre où la CGT appelle à une journée nationale d’action organisée en territoire, ayant pour thème « NON à la violence sociale, OUI à l’efficacité économique, sociale et environnementale ».

La CGT œuvre pour préserver les droits et la citoyenneté de tous. C’est en ce sens, qu’elle a sollicité une rencontre avec le Gouvernement, sur le contenu des futures modifications constitutionnelles envisagées et pour les mesures à prendre allant dans le sens des attentes des salariés, dans le cadre de l’état d’urgence.

Montreuil, le 18 novembre 2015

Le prix du chaos meurtrier: qui finance Daeсh?

Ksénia Lukyanova, Sputnik, 17 novembre 2015

http://fr.sputniknews.com/opinion/20151117/1019599790/daech-financement.html


129 innocents ont perdu la vie à Paris vendredi dernier. 129 raisons pour les dirigeants des pays d’agir ensemble en mettant de côté leurs égos et les compétitions politiques ou diplomatiques.

 La communauté internationale est consciente d’être en face d’un ennemi extrêmement organisé, intelligemment administré et fortement financé. Ce sont des personnes physiques venant de 40 pays qui financent l’Etat islamique. C’est ce que révélait Vladimir Poutine, lors du sommet du G20 en Turquie. Il n’a pas donné plus de détails ou de noms, mais la question soulevée est cruciale. Les forces de l’Occident et de la Russie réunies dans cette lutte pourraient manquer d’efficacité si le soutien financier qui nourrit le groupe terroriste augmente jour après jour. Pierre Berthelot, chercheur au Centre de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman nous expose sa supposition sur la provenance de l’argent de Daech:

« Il est toujours difficile de se prononcer sur ces questions assez sensibles. Quand il pense à un pays du G20, on peut penser à la Turquie par exemple, aujourd’hui je ne dis pas que le gouvernement turc lui-même finance, Poutine lui-même parle de personnes physiques. Mais la Turquie est un Etat qui a un rôle par rapport à cette question du financement, parce qu’il est frontalier des territoires contrôlés par Daech, et on peut imaginer que s’il mettait autant d’ardeur et d’efforts qu’il met contre les Kurdes pour lutter contre Daech, cela assècherait les finances de l’Etat islamique. Au G20, on peut penser à une autre puissance sunnite régionale, qui est l’Arabie saoudite. Mais là encore une fois, on ne peut pas dire que ce sont les autorités de ces pays, mais effectivement des personnes physiques. Mais est ce qu’on déploie tous les moyens pour empêcher ces personnes physiques de faire ces transferts de fonds? C’est une vraie question ».Quels sont les sources? En premier lieu c’est le trafic de pétrole. Selon le Financial Times le trafic d’hydrocarbures peut rapporter à l’Etat Islamique jusqu’à 1,5 million de dollars par jour, ce qui revient à 500 millions par an pour une production quotidienne d’entre 34.000 et 40.000 barils de brut. Le pétrole serait produit et vendu principalement en Irak et en Syrie, mais il est fort possible qu’une partie franchisse la frontière turque, et une fois que c’est le cas, il est impossible de tracer la provenance du pétrole:

« Les acheteurs finaux ne savent pas forcément que le pétrole vient de zones contrôlées par l’Etat islamique. Pourquoi? Parce que la principale porte de sortie pour le pétrole de Daech, c’est la Turquie, c’est la frontière principale. C’est du pétrole de contrebande qui va passer par des intermédiaires souvent situés en Turquie. Comment tracer l’argent du pétrole? Je ne pense pas que quelqu’un achète volontairement du pétrole en sachant que ça vient de Daech, même s’il peut y avoir des doutes ».

Hormis le trafic de pétrole, ce sont également les prises d’otages, les pillages et le trafic d’antiquités qui permettent à Daech de se développer, de rémunérer ses combattants et de verser de l’argent aux familles des djihadistes morts au combat. L’agriculture fait également partie des sources de financement du groupe terroriste. Notre expert revient sur l’affaire « made in Daech », parlant du coton syrien qui finit en T-shirts et en chemises portés par les Français:

« Récemment, il y a une étude qui a été faite qui estimé qu’en France peut être 1% des T-shirts et des vêtements de coton qui étaient achetés par la population, était à la base du coton syrien, mais qui était situé dans des zones sous le contrôle de Daech. Ce coton, comme le pétrole, passe en Turquie. Encore une fois, difficile de savoir si les industriels turcs sont au courant ou pas, mais du coton leur est livré à bon prix, comme pour le pétrole, bradé. Et ça leur permet de fabriquer des T-shirts ou des chemises et l’argent va dans les poches de Daech ».

 

Les populations vivant sur les territoires occupés par l’Etat islamique subissent une violence quotidienne mais se trouvent aussi obligées de participer au financement des barbaries. Pierre Berthelot explique comment fonctionne leur système d’impôts:
« Daech se veut être un Etat. On n’est pas dans un mouvement classique terroriste dont l’objectif est uniquement de commettre des attentats, leur objectif est de gérer un territoire, comme un Etat, et administrer ce territoire. Dans cette administration, il y a l’administration fiscale. Toutes les personnes qui vivent sur le territoire de Daech doivent payer l’impôt. Il y a aussi des impôts spéciaux pour les minorités qui ne sont pas musulmanes, notamment les chrétiens, qui ont parfois le choix, soit la conversion, soit un impôt spécifique qui concerne les minorités religieuses. Mais le plus souvent ils sont simplement pris en otages, et en échange de versement d’une somme, ils peuvent être rendus à leur famille et pas systématiquement exécutés ».

Après la tragédie du vendredi 13, le gouvernement français revient sur sa politique internationale. Des décisions plus concrètes sont attendues très prochainement.