La Fête de l’Huma choisit l’Union européenne contre la souveraineté du peuple grec

Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP), 9 septembre 2015

http://www.m-pep.org/La-Fete-de-l-Huma-choisit-l-Union-europeenne-contre-la-souverainete-du-peuple

Sans partager toutes les prises de position du M’PEP, nous publions cette analyse de la position du PCF vis-à-vis de la situation en Grèce. rappelons que dès août, Faire vivre et rassembler le PCF a lancé une pétition pour protester contre la position de la direction nationale et demander un débat entre communistes sur les véritables enjeux de l’Union européenne. Cette pétition, publiée par l’Huma, a d’ores et déjà rassemblé 400 signatures.

La revue « Unir les communistes », émanation de Faire vivre et renforcer le PCF, sera à la fête de l’Huma au village du livre.

Le programme de l’édition 2015 de la Fête de l’Huma confirme le soutien du PCF au Premier ministre grec Alexis Tsipras et à son parti, SYRIZA, qui a trahi son peuple. Affirmant, en France, qu’il lutte contre l’austérité, le PCF soutient l’austérité en Grèce. Condamné à l’austérité – c’est-à-dire à la pauvreté et au désespoir, au démantèlement complet des services publics, à la vente à vil prix de ses infrastructures publiques et entreprises et même d’une partie de son territoire (plusieurs îles ont déjà été acquises par des pays étrangers), à la démolition de la sécurité sociale, assurance maladie et retraite, à l’augmentation des prix via la TVA passée de 13% à 23% – le peuple grec est désormais totalement livré aux oligarques européens après la reddition d’Alexis Tsipras. Son parlement dépend directement de l’Union européenne. Sa souveraineté vient de passer à la trappe. La Grèce subit l’occupation d’une puissance étrangère qui ne dit pas son nom et agit au nom d’une organisation supranationale. Avec la complicité de tous les États membres de l’UE.

Cette capitulation du gouvernement grec, qui a permis le coup d’État de l’Union européenne, éclate à la face du monde. Il aurait, en d’autres temps, engendré des réactions de solidarité internationale, notamment menées par des partis communistes et donc par le PCF. Le coup d’État subi par le peuple grec aurait été au cœur même des débats de la Fête de l’Humanité et des actions du PCF. Mais les temps ont changé, depuis longtemps en réalité. La situation en Grèce est un sujet parmi d’autres. Mais pis encore, aucune lumière ne vient éclairer l’avenir. En condamnant le peuple grec au nom de la défense du mirage d’une Europe sociale, pouvant être transformée de l’intérieur, le Parti communiste français affiche son choix politique : il préfère se faire le complice de la mise à mort de la nation grecque plutôt que d’admettre que la seule solution est de de combattre pour la libération de la tutelle européenne et de l’euro. En condamnant ainsi les Grecs il affiche qu’il a définitivement rompu avec la défense des intérêts des peuples et en particulier des classes populaires. Il annonce clairement aux Français qu’il a choisi son camp : celui des classes dirigeantes, seules bénéficiaires de la création de l’Union européenne et de la monnaie unique. En invitant Syriza et Podemos à débattre à la Fête de l’Huma, partis favorables à l’UE et à l’euro, et en excluant l’Unité populaire qui vient de se créer en quittant Syriza, partisan de la sortie de l’euro, il démontre son soutien à l’Union européenne, quelles que soient ses gesticulations pour tenter de donner le change. Quelles que soient les circonstances politiques et historiques, c’est d’abord son appartenance au Parti de la gauche européenne, rouage du système de l’Union européenne et financé par elle, qui fonde les orientations du PCF.

Le peuple français – qui a largement perdu ses illusions sur la volonté du PCF d’être une organisation politique au service de la transformation sociale – constatera donc, une nouvelle fois, lors de la 80e édition de la Fête de l’Huma, qu’il s’agit d’un enterrement de première classe. Celui de la lutte pour l’émancipation des peuples, qui passe obligatoirement par la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Les croquemorts sont le PCF et la gauche radicale qui ont soutenu sans faillir Tsipras et son gouvernement. Le Parti socialiste, la droite, le Front national peuvent se frotter les mains, ce ne sont pas les communistes qui vont les faire trembler. Les participants à la Fête de l’Huma viendront à la messe de la bien-pensance européiste et surtout aux concerts pas chers. La fête populaire politique historique que fut la Fête de l’Huma offre désormais aux visiteurs une grande braderie : celle de leur souveraineté et du combat de classes.

Bien sûr, quelques voix dissidentes vont s’exprimer : celles de communistes, au sein du PCF ou à l’extérieur, conscients de la reddition de la direction du PCF, et qui s’époumonent depuis plusieurs années pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne sans que rien ne change dans les orientations de la direction du PCF. Celles de membres ou ex-membres du PG qui ont voté lors de leur congrès en juillet 2015 pour la motion qui a recueilli 45% des voix pour ouvrir un débat au sein de leur parti sur la sortie de l’euro. La direction du PG – sans doute inquiète de la démission de nombreux militants – fait mine d’ouvrir le débat pour un « plan B » au cas où l’UE ne changerait pas de l’intérieur… Nous lui reconnaissons au moins la capacité de donner le change, de faire mine d’être à l’écoute, en prise avec sa base. Mais qui peut être dupe ? Ce n’est pas un plan B dont nous avons besoin mais d’un plan A, le seul réaliste : la sortie de l’UE et de l’euro comme préalable à un programme politique favorable à la défense des intérêts populaires. La mascarade de la direction du PG est d’autant plus flagrante qu’elle passe des accords électoraux pour les régionales avec EELV. Le PG choisit donc de s’allier avec des fédéralistes convaincus dont la direction combat l’idée même de nation !

De surcroît nous attendons – mais cela sera sans surprise – de connaître les alliances du PCF, du PG et du Front de gauche au 2e tour des régionales avec le PS au pouvoir…
Alors que le chômage est supérieur à 10% en France, à 22% en Espagne, à 25% en Grèce, que le MEDEF mène ouvertement une guerre de classe sans merci, attaquant frontalement le Code du travail avec le soutien actif du gouvernement, que la Confédération européenne des syndicats (CES, équivalent syndical du PGE) tient son congrès à Paris fin septembre où elle invite à la fois Jean-Claude Juncker et François Hollande, quelles perspectives politiques s’offrent aux millions de Français ?

D’ici peu le Parti de l’émancipation du peuple (ex M’PEP), rendra public une partie de son programme politique qui contient une sortie de l’UE et de l’euro afin de s’engager hardiment dans un processus de démondialisation. Tous ceux qui attendent de voir comment c’est possible y trouveront des réponses précises, concrètes, détaillées.

Nous invitons les militants et les citoyens qui veulent agir, maintenant, pour ouvrir une nouvelle voie libératrice, à participer à notre Université d’automne à Nice du 7 au 9 novembre. Elle a pour titre « Du NON français de 2005 au NON grec de 2015, où en sont la résistance et la mobilisation pour reconquérir la souveraineté nationale ? ». Des militants grecs engagés pour la sortie de l’euro et de l’UE auront la parole et vous aussi !

Cette année le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP) ne participera pas à la Fête de l’Humanité.

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