« L’abstention n’intéresse pas les élus »

Céline Braconnier, politiste, La Gazette des communes, 23 mars 2015

Professeure de science politique et directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, Céline Braconnier alerte sur l’abstention – alors que près d’un électeur sur deux a boudé les urnes dimanche 22 mars – et tous les problèmes démocratiques que le non-vote génère. Co-auteure de « Les inaudibles, sociologie politique des précaires » et de « La démocratie de l’abstention », cette universitaire souhaite une réforme de la procédure d’inscription sur les listes électorales mais demeure sceptique quant à l’instauration du vote obligatoire.

Au-delà de la vague bleue et de la confirmation de la percée de l’extrême-droite, vous estimez que le fait politique majeur de ce 1er tour des élections départementales demeure surtout et avant tout l’abstention. Pourquoi insister sur ce phénomène, en légère baisse par rapport aux prévisions des sondages, qui n’a rien de nouveau ?

Même si cela fait bien longtemps que les départementales ne déplacent plus les foules, elles alimentent la dynamique de démobilisation électorale qu’on observe depuis le milieu des années 80 et qui affecte l’ensemble des scrutins à l’exception de la présidentielle. Si on a un peu plus voté le 22 mars qu’aux cantonales de 2011, la moitié des inscrits ne s’est tout de même pas déplacé dimanche, auxquels il faut ajouter les 7% de non-inscrits pour évaluer l’ampleur véritable du non-vote.

C’est plus que problématique. La participation électorale est à un niveau si faible qu’elle produit à elle seule le résultat de l’élection ! La démobilisation électorale des moins diplômés – qui affecte avant tout les partis de gauche – se double effectivement aujourd’hui d’une « abstention différentielle » : du fait des déceptions qu’il génère au sein même du peuple de gauche, le parti de gouvernement (PS) peine à remobiliser son électorat de la présidentielle 2012 pour les scrutins intermédiaires. Cela contribue à brouiller les rapports de forces politiques.

Quels effets cette faible participation a-t-elle sur la représentativité du corps électoral ?

Comme ce sont toujours les mêmes catégories de la population qui s’abstiennent le plus – les plus jeunes, les moins diplômés, les plus fragiles professionnellement –, l’abstention est systématiquement porteuse de fortes inégalités sociales de représentation. Dit autrement, l’abstention massive des milieux populaires fait que ce sont les fonctionnaires, les cadres les plus riches ainsi que les personnes âgées qui font le résultats des élections.

Ce n’est certes pas nouveau, mais cela pose un vrai problème démocratique. Mis à part une petite complainte sur l’abstention le soir du scrutin, cela n’intéresse pas les politiques. Ils n’ont pas vraiment intérêt à communiquer sur le fait qu’ils n’ont été élus que par une petite partie du corps électoral, pas forcément représentative socialement et politiquement de la population.

Du fait de ces distorsions, l’abstention favorise-t-elle des partis politiques plus que d’autres ?

La droite modérée dispose d’un électorat sociologiquement plus participationniste – mieux inséré, plus âgé, plus diplômé, plus favorisé – donc plus facile à mobiliser et qui de surcroît était motivé dans son vote par l’espoir d’une nouvelle alternance. Les bons résultats de la droite en pourcentage – qui sont toutefois à relativiser si l’on observe les chiffres absolus – doivent néanmoins beaucoup à la très forte démobilisation de la gauche.

Depuis l’alternance de 2012, le Parti Socialiste ne parvient plus à mobiliser son électorat aussi facilement que lorsqu’il était dans l’opposition. Cette « abstention différentielle » le pénalise : des bastions de gauche basculent, notamment du fait de la très forte abstention, dans un autre camp.

La stratégie de Manuel Valls qui est descendu dans l’arène pour politiser l’élection, cliver, en essayant de mobiliser sur la peur du FN a sans doute limité la débâcle, moins importante qu’annoncée par les sondages. Pour autant, il est difficile de soutenir que le premier ministre a su convaincre de la pertinence de cette stratégie dans un contexte de premier tour où les listes uniques de la gauche étaient rares…

Surtout, l’abstention des plus précaires et le volontarisme de Manuel Valls n’empêchent aucunement le Front national de poursuivre sa stratégie d’implantation territoriale débutée aux municipales 2014…

Vous avez raison. La prouesse de l’extrême-droite est bien de parvenir une nouvelle fois, comme pour les européennes de 2014, à mobiliser une large partie de ses électeurs – pourtant plus jeunes, moins diplômés, plus précarisés que ceux de la droite modérée – pour un scrutin de ce type, alors qu’ils sont plutôt sociologiquement prédisposés à s’abstenir en dehors du scrutin présidentiel.
La gauche en sait quelque chose, ce n’est pas tâche aisée que de faire venir aux urnes un ouvrier au chômage.

Mais là où le PS a déçu les espoirs de changements qu’elle portait en 2012, le FN redonne espoir en promettant la mise en œuvre de solutions faciles qui n’ont jamais été expérimentées. Il politise l’élection et redonne du sens au vote, pour des électeurs qui ont en commun certaines attitudes – le rejet de l’immigration notamment – et sont disposés à porter le FN au pouvoir. Il s’agit donc d’un vote politiquement investi, qui n’a rien d’un acte de colère sans lendemain.
Le FN va ainsi pourvoir tisser un réseau d’élus locaux qui pourront travailler à la conquête d’un nouvel électorat : aux 1500 conseillers municipaux élus en 2014 vont s’ajouter, désormais, des élus départementaux.

Pour autant, la confirmation de la bonne performance du Front national, qui fait son meilleur score pour une élection locale, ne permet pas d’anticiper sur la prochaine présidentielle. Attention aux résultats des départementales affichés en pourcentage, qui peuvent laisser penser à une diffusion du vote FN alors qu’en nombre de voix on reste bien loin de celles rassemblées par Marine Le Pen à la présidentielle de 2012.
Ce que ces élections manifeste n’est pas la conquête de nouveaux électeurs par rapport à ceux de 2012 mais bien la capacité du FN à remobiliser ceux qui avaient déjà sauté le pas à l’occasion cette fois-ci d’élections intermédiaires.

L’abstention trouve-t-elle également des prolongements territoriaux ?

Oui, tout à fait, les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville – qui rassemblent des populations plus jeunes et plus pauvres que le reste du pays– cumulent les prédispositions sociologiques conduisant nombre de citoyens à s’abstenir, et c’est systématiquement dans ce type d’environnements que l’on enregistre les records du non-vote. La Seine-Saint-Denis en est un bel exemple.

A contrario, les territoires ruraux concentrent les facteurs favorables à une  participation électorale plus forte et plus constante : population plus âgée, sens du devoir civique plus marqué chez les seniors qui les conduit à voter même quand ils n’y croient plus, stabilité résidentielle qui limite les problèmes d’inscription sur les listes électorales, pression sociale due aux relations interpersonnelles.
Il est effectivement plus difficile de ne pas aller voter dans un village où vous êtes immédiatement identifié que dans une grande ville où personne ne remarquera votre comportement.

Comment lutter contre ce poison de la démocratie – la démobilisation électorale – générateur selon vous de fortes inégalités ?

A long-terme, seule l’efficacité des politiques publiques permettra de faire revenir durablement les Français démobilisés vers les urnes ! En effet, il ne faut pas espérer que les citoyens aillent voter et légitiment des candidats dans lesquels ils ne croient plus si ceux-là ne parviennent même pas à redonner un minimum de sens à la politique.

De façon plus prosaïque, le président de la République a fait l’automne dernier des annonces de réforme concernant le calendrier de l’inscription notamment. Mais pour l’heure, à ma connaissance, aucune suite concrète n’a prolongé ces déclarations. C’est dommage car rien ne va dans cette procédure d’inscription reposant, sauf pour les jeunes l’année de leur dix-huitième anniversaire, sur une déclaration volontaire à la mairie après chaque déménagement.

Justement, le nombre d’inscrits sur les listes électorales a encore diminué en 2015…

Il n’y a rien de surprenant à cela ! Nombre de citoyens ne connaissent pas ni ne comprennent cette procédure qui est automatique chez la plupart de nos voisins européens. Son calendrier, qui implique de s’inscrire plusieurs mois avant un scrutin alors que les campagnes électorales ne sont pas commencées, laisse de côté tous ceux qui ne sont pas passionnés de politique au quotidien, soit la majorité des électeurs potentiels !
Trois millions de citoyens  – soit 7% des Français –  ne sont pas inscrits sur les listes électorales, tandis que 6,5 millions (soit 15% des inscrits) le sont ailleurs que dans leur lieu de résidence et votent donc beaucoup moins que ceux qui peuvent voter à proximité immédiate de leur domicile.

Si la mal-inscription – surtout liée à la mobilité résidentielle – prive les candidats des voix de nombre de cadres supérieurs politisés et d’une partie des étudiants qui voteraient certainement s’ils pouvaient le faire à côté de chez eux, la non-inscription affecte en premier lieu les catégories les plus fragiles économiquement, et surtout les Français par acquisition – dont un tiers demeure exclus du vote du fait de cette étape préalable de l’inscription…

L’organisation un temps envisagé des élections départementales et régionales le même jour aurait-elle eu un effet sur le taux de participation ?

Si l’on prend appui sur les expériences du passé, la réponse est positive. Les taux d’abstention enregistrés ces dernières années s’expliquent aussi sans doute par le trop grand nombre de consultations électorales, qui gagneraient à être organisées ensemble, ce qui permettraient aussi sans doute de faire des économies.

Ce choix de dissocier les départementales des régionales paraît aussi, au regard du contexte politique défavorable au gouvernement, difficilement compréhensible d’un point de vue stratégique.
En multipliant les scrutins peu mobilisateurs à quelques mois d’intervalle en 2014 comme en 2015, le gouvernement victime de l’abstention différentielle organise en quelque sorte la mise en scène de ses échecs prévisibles. Il offre à ses concurrents autant d’occasions de constater sa faible popularité en prenant appui sur des résultats électoraux à la valeur démocratique évidemment bien plus forte que les enquêtes d’opinion.

Autre moyen d’influer sur la participation : l’instauration du vote obligatoire, soutenue notamment par EE-LV et la Fondation Jean Jaurès. Ce système ne donne-t-il pas raison à Bertolt Brecht qui proposait ironiquement à son gouvernement de « dissoudre le peuple et d’en élire un autre » ?

Face à l’inégalité de la représentation électorale qu’engendre l’abstention, je comprends bien que certains politiques regardent avec insistance du côté du vote obligatoire qui présenterait l’avantage d’obliger également les candidats à s’adresser à toutes les catégories d’électeurs… et donc peut-être également à davantage penser à eux dans leurs projets politiques, je pense par exemple aux jeunes et aux populations précaires.

Mais recourir au vote obligatoire, c’est aussi ne pas poser la question de la responsabilité des partis et des professionnels de la politique dans cette évolution. Il faut s’interroger sur la coupure entre les milieux populaires et les élites politiques, poser aussi la question du rôle social des partis, qui sont devenus des machines électorales alors qu’ils peuvent assumer d’autres fonctions.

Les quartiers populaires sont devenus des déserts militants où se cumulent les records d’abstention alors qu’ils ont été jusqu’aux années 1970 des espaces d’intégration politique qui explique que les milieux ouvriers aient longtemps beaucoup voté. Les dispositifs de porte à porte partisans effectués la veille des scrutins par des inconnus font figure de pale substitut aujourd’hui : ils ne peuvent qu’à la marge produire de la participation, sans régler la question pourtant cruciale du sens politique qui fait aujourd’hui défaut.

Héritage de l’Otan: la Serbie première en Europe pour le nombre de cancéreux

Sputnik, 25 mars 2015

Avec 5.500 cas de cancer enregistrés pour un million d’habitants, la Serbie arrive en première position en Europe pour le nombre de décès dus au cancer.

L’opération militaire de l’Otan contre la Yougoslavie a fait jusqu’à 2.500 morts. Mais il ne s’agit là que d’un préjudice direct. Les avions de l’Otan ont largué près de 15 tonnes d’uranium appauvri sur le territoire serbe. La période radioactive de l’uranium est de 4,5 milliards d’années. Depuis les bombardements otaniens, les experts ont également découvert en Serbie des traces de plutonium dont la « longévité » atteint 24.000 ans.

Deux mois et demi après les bombardements, des spécialistes grecs ont constaté une augmentation de la radioactivité en Grèce en moyenne de 20% à 30%.

Les spécialistes serbes rappellent pour leur part que même une faible dose de radiation suffit à déclencher la transformation de cellules saines en cellules cancéreuses. Un autre risque consiste dans la mutation génétique qui entraîne la naissance d’enfants présentant des incapacités mentales et physiques.

« L’utilisation de munitions contenant de l’uranium appauvri pour bombarder la province méridionale serbe du Kosovo et les régions adjacentes a provoqué une véritable «épidémie» de lymphome et de leucémie dans la partie centrale de la Serbie. Le rapport de 2014 montrera que le nombre de malades atteints de tumeurs solides a également augmenté », a déclaré à l’agence Sputnik le professeur Slobodan Cikaric, président de l’Association serbe de lutte contre le cancer.

Selon l’Institut de santé publique de Serbie, pendant la période d’avant 2012, le nombre de malades atteints de lymphome et de leucémie a augmenté de 80% dans le pays.

En 1999, les forces de l'Alliance ont procédé à des bombardements de la Yougoslavie, prenant la défense des Albanais du Kosovo.
« Si cette tendance se maintient, la Serbie comptera 5.500 cas de cancer enregistrés pour un million d’habitants. Par rapport à l’indice moyen (2.000 malades pour un million de personnes), ce chiffre ne manque pas d’inquiéter », a souligné le professeur Cikaric.

« La Serbie occupe actuellement la première place en Europe pour le nombre de décès dus au cancer », a conclu le spécialiste serbe.

Lettre ouverte aux auditeurs de Radio France: «Cette grève est pour vous»

25 mars 2015

Depuis huit jours, les antennes de Radio France sont paralysées par une grève illimitée d’une partie du personnel, lancée à l’appel de cinq syndicats qui dénoncent les mesures d’économies annoncées par le PDG, Mathieu Gallet. Mardi, ce dernier a dit envisager un plan de départs volontaires qui pourrait concerner 200 à 300 salariés. Dans la journée, des producteurs de France Inter, France Culture et France Musique se sont retrouvés pour rédiger, en soutien au mouvement de grève, une «lettre ouverte aux auditeurs», afin de les «informer des risques qui pèsent sur la radio publique française».«C’est la première fois depuis au moins quinze ans qu’il y a une initiative commune entre des producteurs de différentes antennes autour de la même question», explique Aude Lavigne, productrice à France Culture. Les signataires espèrent désormais que les producteurs des autres antennes se joindront à leur démarche. Voilà leur texte.

CETTE GRÈVE EST POUR VOUS

«Lettre ouverte aux auditeurs de Radio France,

«Nous sommes les voix qui, chaque jour, s’adressent à vos oreilles. A travers nos émissions, nos interviews, chroniques, reportages, documentaires, nous tentons au mieux de faire vivre les missions de la radio publique : « informer, éduquer, divertir ». Nous, équipes de production des émissions de Radio France (animateurs, reporters, collaborateurs, chroniqueurs…) partageons les inquiétudes de l’ensemble des personnels de Radio France mobilisés depuis le 19 mars.

«Ce mouvement de grève a pour objet de défendre les radios de service public, et non des intérêts particuliers ou corporatistes. L’engagement budgétaire non tenu par l’Etat entraîne aujourd’hui un déficit grave qui menace l’existence de la radio telle que vous l’aimez et que vous la financez à travers la redevance audiovisuelle.

«Nous sommes consternés de voir les travaux de rénovation de la Maison de la radio si mal encadrés et si mal gérés, occasionnant le surcoût exorbitant que vous connaissez. Vos impôts, vos programmes et vos oreilles, doivent-ils payer pour cette incompétence? Le service public n’a ni la vocation, ni la possibilité d’être rentable. Or, cela semble être aujourd’hui la logique insidieuse de la présidence de Radio France et, au-delà, celle de sa tutelle, le ministère de la Culture.

«Conscients du contexte de crise économique et des efforts nécessaires, nous soulignons que de lourds sacrifices ont déjà été réalisés (en témoigne la baisse de 87,5 millions d’euros du budget entre 2010 et 2014).Une idée fausse voudrait que Radio France soit un lieu de gabegie, de privilèges et d’intérêts corporatistes. Savez-vous pourtant que la majorité des voix que vous entendez quotidiennement travaille dans le cadre de contrats saisonniers et précaires?

«Comment continuer à produire de la radio de qualité quand les moyens matériels (studios, salles de montage, camions-régie…) sont constamment rognés? Comment faire entendre les réalités d’un pays quand la plupart des émissions ne peuvent plus, faute de budget, envoyer de reporters au-delà du périphérique parisien?

«Comment conserver notre indépendance –celle à laquelle vous avez droit– quand se multiplient sur les antennes des partenariats ou des publicités plus ou moins déguisées? Si l’on suit la logique actuelle, la radio de demain ce sera: moins de reportages, moins de documentaires, moins de débats vraiment critiques, moins de concerts… Bref, une radio standardisée, calquée sur l’actualité ou sur les goûts majoritaires, une radio au rabais.

«Nous aimons passionnément nos métiers et, au nom de la confiance que vous nous témoignez, nous nous efforçons de travailler avec le plus de sérieux et d’esprit de responsabilité. Toutefois, dans ce climat de travail en constante détérioration, nous estimons de notre devoir de vous informer des risques qui pèsent sur la radio publique française.»

Les sociétés de producteurs de France Culture, France Inter et France Musique

L’échec du Front de Gauche

Raoul Marc Jennar, 25 mars 2015

On ne peut que malheureusement partager l’analyse de Raoul-Marc JENNAR, en rajoutant que le Parti communiste français, qui n’hésite pas à passer des alliances scandaleuses avec le PS pour sauver des positions électives, contribue plus encore que les autres, au discrédit de la pratique polique. Caroline ANDREANI

Ne nous leurrons pas : ce ne sont pas quelques succès d’estime ici ou là qui font une tendance générale. Force est de le constater, le Front de gauche est un échec. C’est un échec, puisqu’il a été incapable d’offrir une alternative à gauche aux politiques de recul démocratique, de destruction sociale et de dégradation écologique des libéraux de droite comme des libéraux qui osent encore se prétendre de gauche.

Alors que, comme jamais dans son histoire, le PS s’affirme comme le parti du monde des affaires et de la finance ! Alors que comme jamais, un gouvernement issu et soutenu par le PS pratique une politique de droite, une politique qui répond même aux attentes de l’extrême-droite lorsqu’il s’agit de stigmatiser une population Rom pour ce qu’elle est – comme d’autres stigmatisent les Juifs ou les Arabes pour ce qu’ils sont !

Dans un tel contexte où dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement soutenu par le PS a accumulé les raisons de désespérer (adoption du TSCG/ pacte budgétaire, ANI, cadeaux somptueux aux banques et au MEDEF au travers de pactes de ceci ou de cela, loi Macron, privatisations, obéissance aveugle aux logiques antidémocratiques et ultralibérales de l’UE, soutien au gouvernement grec de droite avant qu’il perde les élections, asservissement à l’OTAN, soutien aux violations du droit international par Israël, soutien aux accords UE-pays d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique, UE-Canada et à la négociation du traité transatlantique, …), le désespoir ne se traduit pas par un vote positif pour les formations à la gauche du PS, mais par l’abstention ou le vote FN.

Cet échec a une explication : ces partis à la gauche du PS sont autant coupés du peuple que les partis dits de gouvernement. Ils font partie du système autant que ces derniers. Alors que c’est le système politique et économique qui doit être remis en question.

Par leur mode d’organisation et de fonctionnement, par le fossé qu’ils incarnent eux aussi entre leur discours et leurs pratiques, par leur manque total de crédibilité lorsqu’ils s’affichent aux côtés de ceux qui souffrent et qui luttent, que ce soit sur le terrain social ou écologique, les partis à la gauche du PS sont à l’image du système dominant.

Lors d’une de mes conférences contre le traité transatlantique, au moment du débat, une jeune intervenante m’a remercié pour les informations fournies et le décodage des enjeux en cause, mais ce qui m’a frappé, c’est ce qu’elle a ajouté ensuite, s’adressant aux organisateurs (le Front de Gauche). En substance, elle a déclaré « c’est bien, mais la solution ne viendra pas de vous ; vous n’êtes pas l’avenir, vous les partis ; le changement viendra de ceux qui ne se laissent pas récupérer. » Cette jeune femme qu’on retrouvera sans doute à Notre-Dame des Landes, sur les ZAD, devant des centrales nucléaires ou aux côtés des précaires et des discriminés victimes du système, cette jeune femme a raison.

Qui peut prendre au sérieux un député qui vient, une heure ou deux, s’afficher au premier rang d’une manif pour faire croitre qu’il est solidaire de ceux qui luttent dans des combats difficiles et de longue haleine ? C’est aussi risible et pitoyable que Sarkozy tentant de rejoindre le premier rang du cortège de dirigeants venus à Paris défendre une liberté d’expression qu’ils répriment violemment chez eux.

Alors que la fin se trouve déjà dans les moyens utilisés pour y parvenir, les partis à la gauche du PS en sont toujours à pratiquer l’adage selon lequel « la fin justifie les moyens » et agissent en interne à l’inverse du discours et des propositions qu’ils avancent. Ils prônent un sursaut démocratique, une 6e République même, mais en interne, c’est toujours une oligarchie qui décide. Ils en appellent au peuple, mais rien, dans leurs pratiques, ne témoigne d’une confiance dans le peuple. Ils prétendent donner le pouvoir au peuple, mais c’est pour eux-mêmes qu’ils réclament le pouvoir. Leur autisme n’a d’égal que celui des partis dits de gouvernement.

Ils suscitent l’espoir (le NPA, le PG, et d’autres comme les Verts), et ils créent, par leurs pratiques, la déception. Or, pour la vie démocratique, rien n’est pire que l’espoir déçu. En décevant, les uns après les autres, les partis à la gauche du PS ont autant contribué au succès de l’abstention et du FN que l’UMP ou le PS

Les partis à la gauche du PS ne font pas partie de la solution ; ils font partie du problème. C’est la leçon que je tire d’une séquence de ma vie qui a commencé il y a dix ans, lorsque, dans la foulée de rassemblements citoyens comme ceux du Larzac (2000 et 2003), comme les forums sociaux, je combattais le TCE (Traité Constitutionnel Européen). Cette séquence se termine aujourd’hui.

Bourdieu avait raison.

Raoul M. Jennar

Banque mondiale : Cuba est le pays au monde qui investit le plus dans l’éducation

Salim Lamrani, mondialisation.ca, 15 mars 2015

Selon l’institution internationale, aucun pays, y compris les plus riches, ne dédie une part aussi élevée de son budget national à l’éducation que Cuba. Les résultats sont exceptionnels.

Cuba est une référence mondiale pour l’éducation. C’est ce que vient de rappeler un rapport de la Banque mondiale qui classe Cuba au premier rang en ce qui concerne l’investissement dans le système éducatif pour la période 2009-2013. Avec près de 13% (12,8%) du PIB investi dans ce secteur, aucun autre pays au monde, y compris les plus développés, n’égale l’île de la Caraïbe, qui a fait de sa politique sociale un modèle pour les nations en voie de développement[1].

Le Timor Oriental et le Danemark complètent le podium mondial, avec respectivement 11,3% et 8,7% du PIB dédiés à l’éducation. En guise de comparaison, les Etats-Unis investissent à peine 5,4%, soit deux fois moins que Cuba, et le Canada 5,5%. En Europe, la France consacre 5,9% de son budget national à l’éducation, l’Allemagne – 5,1%, le Royaume-Uni- 6,2%, l’Italie – 4,5% et l’Espagne – 5%. Pour ce qui est du continent latino-américain, la Bolivie occupe le second rang derrière Cuba avec 7,6%. Le Brésil attribue 5,8% de son PIB à ce secteur alors que le Mexique et l’Argentine lui destinent respectivement 5,2% et 5,8%[2].

Ce n’est pas la première fois que la Banque mondiale fait l’éloge de Cuba dans ce domaine. Dans un autre rapport publié en 2014, l’organisme international rappelle que l’île dispose du meilleur système éducatif d’Amérique latine et de la Caraïbe, la seule ayant « des paramètres élevés, du fort talent académique, des rémunérations élevées ou du moins adéquates et de l’autonomie professionnelle élevée qui caractérisent les systèmes éducatifs les plus efficaces au monde, comme ceux de Finlande, de Singapour, de Shanghai (Chine), de la République de Corée, de la Suisse, des Pays-Bas et du Canada[3] ».

L’éducation – comme la santé, la culture ou le sport – a toujours été une priorité à Cuba et les résultats sont exceptionnels. Avec un taux d’alphabétisation de 99,8%, l’île dispose du taux d’illettrisme le plus bas du continent latino-américain, selon l’UNESCO, qui rappelle également que Cuba a le taux de scolarisation le plus élevé de l’Amérique latine avec 99,7% des enfants disposant d’une éducation gratuite. Un autre rapport de l’UNESCO portant sur l’éducation dans 13 pays d’Amérique latine classe Cuba en tête dans toutes les matières d’enseignement et note qu’un élève cubain dispose en moyenne de deux fois plus de connaissances et de compétences qu’un élève latino-américain[4].

La Banque mondiale, en faisant l’éloge du système éducatif cubain, rappelle d’une certaine manière que les politiques d’austérité et de démantèlement de l’Etat-providence qu’elle préconise sont en réalité préjudiciables à l’intérêt général. En faisant de l’éducation nationale une priorité, Cuba démontre aux yeux du monde qu’il est possible d’offrir à tous les citoyens un accès de haut niveau à la connaissance et à la formation. Les ressources limitées inhérentes à une nation du Tiers-monde et les sanctions économiques extrêmement sévères imposées par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle n’ont pas empêché l’île de la Caraïbe de se doter d’un système éducatif performant, rappelant ainsi que l’humain doit être placé au centre du projet sociétal.

Salim Lamrani

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

http://www.amazon.fr/Cuba-m%C3%A9dias-face-d%C3%A9fi-limpartialit%C3%A9/dp/2953128433/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1376731937&sr=1-1

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; Salim.Lamrani@univ-reunion.fr

Page Facebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel


[1] World Bank, « Public Spending on Education, Total (% of GDP)”, 2014.http://data.worldbank.org/indicator/SE.XPD.TOTL.GD.ZS (site consulté le 31 décembre 2014).

[2] Ibid.

[3] Barbara Bruns & Javier Luque, Profesores excelentes. Cómo mejorar el aprendizaje en América Latina y el Caribe, Washington, Banco Mundial, 2014.http://www.bancomundial.org/content/dam/Worldbank/Highlights%20&%20Features/lac/LC5/Spanish-excellent-teachers-report.pdf (site consulté le 30 août 2014).

[4] Salim Lamrani, Cuba : les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Estrella, 2013, p. 38.

Réacteur EPR/travail au noir: rôle central de Bouygues TP, selon le parquet

Romandie.com, 13 mars 2015

Cherbourg – Des amendes ont été requises vendredi notamment contre Bouygues TP qui a selon le parquet joué un rôle central dans une affaire de travail dissimulé de centaines d’étrangers sur le gigantesque chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche).

Le recours à (l’agence d’intérim international) Atlanco n’a qu’un seul objectif, violer les règles de cotisations sociales et trouver une main-d’oeuvre la plus malléable possible, a tonné le procureur de la République de Cherbourg Éric Bouillard, avant de requérir 150.000 euros d’amende contre Bouygues Travaux publics.

Bouygues TP et Quille, deux filiales de Bouygues Construction, et l’entreprise nantaise Welbond armatures, sont poursuivies notamment pour recours aux services d’entreprises pratiquant le travail dissimulé: Atlanco et la société roumaine de BTP Elco.

La peine maximale a été requise contre la nébuleuse Atlanco, 225.000 euros d’amende, ainsi que l’interdiction d’exercer en France. Le parquet a requis 80.000 euros d’amende contre chacune des autres sociétés.

Ces amendes sont bien inférieures aux bénéfices réalisés, a souligné M. Bouillard, soit plusieurs millions d’euros de cotisations non payées.

De 460 salariés – 163 Polonais, 297 Roumains – à plus de 500 sont concernés, selon le parquet.

Je ne peux pas croire qu’on puisse condamner à mort une société pour des dysfonctionnements administratifs, a plaidé Philippe Goossens avant de demander la relaxe de Bouygues TP. Car une condamnation à une amende de plus de 30.000 euros inscrite au casier revient selon lui à priver la société de tout marché publique.

Surtout Bouygues TP estime ne pouvoir être condamné car c’est, selon ses avocats, Welbond qui a signé le contrat poursuivi avec Atlanco et un groupement d’entreprises (Bouygues TP/Welbond Quille) qui a signé celui avec Elco.

J’étais dans le brouillard (…) Vous n’imaginez pas le nombre de problèmes techniques que nous avons eu à résoudre sur ce chantier, s’est défendu à la barre le directeur de projet de l’époque de Bouygues TP, Michel Bonnet, à qui le tribunal demandait pourquoi il n’avait pas rompu avant juin 2011 avec Atlanco, malgré de premières alertes en 2009. Des propos atterrants selon le procureur.

Maître-d’oeuvre de ce chantier qui cumule retards et déboires, EDF, qui n’est pas poursuivi, a en juin 2011 demandé à Bouygues de mettre fin à la situation irrégulière de dizaines de Polonais après une verbalisation de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Dans les jours suivants, les Polonais ont été ramenés manu militari dans leur pays, selon l’ASN, dans des bus de la honte selon l’avocat de la CGT Flavien Jorquera.

– Bras de fer –

Derrière des dossiers il y a des hommes. Les conséquences (sur la santé, la retraite), pour eux et leurs familles sont terribles, a plaidé vendredi Wladislaw Lis, avocat révolté d’une cinquantaine de Polonais.

Face aux témoignages d’ouvriers roumains, lus par le tribunal, sur des paiements en liquide, des congés non payés, des frais non remboursés, un responsable d’Elco a répondu qu’il avait été induit en erreur par un cabinet d’experts comptables.

Quant à Atlanco, la justice n’a pas réussi à retrouver cette société un peu fantôme selon le tribunal, dont le siège serait à Dublin ou à Chypre.

Le procès, entamé mardi, a donné lieu à un long bras de fer entre l’inspecteur de l’ASN, Jean Fresneda, sept ans d’expérience à l’ASN dont quatre comme inspecteur du travail, et les six avocats de Bouygues.

Selon le fonctionnaire, des problèmes similaires ont eu lieu sur le chantier de l’EPR de Finlande, qui a démarré avant Flamanville, où sont intervenus également Bouygues TP et Atlanco. Quatre EPR sont en construction dans le monde dont deux en Chine.

Ce procès est celui du décalage entre le niveau de cotisations sociales patronales en France (51,7%) et leur niveau dans d’autres pays européen (12,1% à Chypre), selon le président du tribunal Nicolas Houx, malgré les dénégations de Bouygues.

A l’époque des faits (2008-2012), le chantier employait environ 3.000 personnes, dont environ un tiers d’étrangers selon l’ASN.

Le Venezuela, An II après Chavez

Venezuela Infos, 14 mars 2015

Article original publié sur aporrea.org

L’auteur : Alejandro Fierro est un journaliste espagnol résidant au Venezuela. Membre de la Fondation d’Études Politiques et Sociales CEPS (Espagne).

Deux ans après la disparition de Hugo Chavez survenue le 5 mars 2013, il est encore bien difficile de procéder à une analyse sereine du Venezuela, tant le traitement médiatique de cette question – placée sous le signe de la partialité et de la manipulation des informations – relève de luttes politiques, idéologiques et économiques camouflées en « journalisme » (1). Le simple fait que la presse mette en permanence l’accent sur ce pays de la zone caraïbe, trahit une intention qui excède les motivations journalistiques proprement dites.

La loupe ne se pose pas sur le Mexique, un pays où toutes les 90 minutes, une personne disparaît. Ni sur le Honduras, où depuis le coup d’État survenu en 2009, l’assassinat d’opposants politiques, de syndicalistes et de journalistes, est monnaie courante. Ni sur le Paraguay, devenu après le renversement du président élu Fernando Lugo, la nation la plus pauvre d’Amérique du sud, supplantant ainsi la très misérable Bolivie dont le niveau de vie a considérablement augmenté ces dernières années. Dans cette liste comparée de l’indifférence médiatique on pourrait encore mentionner des États proches de la banqueroute – Guatemala, Salvador, Belize ou encore Colombie.

Le thème du « Venezuela au bord de l’abîme » est à usage externe. Le vénézuélien moyen, par-delà sa sensibilité politique, et sans nier l’existence de problèmes, ne se reconnaît pas dans cette approche caricaturale. Il ne perçoit pas son pays sous les traits d’une dictature féroce réprimant toute velléité de dissidence politique; et où de soi-disant majorités appauvries erreraient à la recherche d’aliments, harcelées par la police, l’armée et les paramilitaires chavistes. Ce scénario le ramène au contraire au passé : à ce Venezuela des 3000 disparus et des 5000 assassinés de l’explosion populaire de 1989 contre la faim et l’exclusion. Un pays dont 85% de la population vivait dans la pauvreté et dont les médias ne parlaient pas.

L’opposition vénézuelienne n’arrive toujours pas à formuler une grille de lecture correcte de son propre pays, d’où ses défaites électorales à répétition. Elle agite la bannière d’une « lutte contre la dictature » que ses sympathisants eux-mêmes ne suivent plus. Ses derniers appels à descendre dans la rue ont été des échecs (2). Alors que le Grand Caracas compte 6 millions d’habitants, quelques centaines de personnes seulement ont répondu à l’appel pour le premier anniversaire de la mise en détention du leader d’extrême droite Leopoldo Lopez, accusé dans le cadre de l’organisation de violences meurtrières. Même indifférence en ce qui concerne l’arrestation du maire de Caracas Antonio Ledezma pour les mêmes motifs. La société vénézuelienne semble approuver le fait que l’État dispose de mécanismes légaux pour faire face à ceux qui cherchent à renverser l’ordre constitutionnel légitimement établi, comme c’est le cas dans tous les systèmes démocratiques de par le monde. L’Espagne et les États-Unis, fers de lance des attaques médiatiques contre le Venezuela, usent à profusion de cette figure légale pour justifier l’emprisonnement de personnes appartenant aux mouvances de gauche – particulièrement en ces temps de Guerre Froide – ou appartenant aux sphères islamiste ou indépendantiste.

L’opposition échoue à comprendre que le message qui peut marcher pour une opinion publique internationale ignorant la réalité vénézuelienne et dans l’impossibilité d’en juger sur le terrain, est inefficace à l’intérieur des frontières du pays. Après tout, ce sont les vénézueliens qui votent, pas les étrangers.

Aujourd’hui, les préoccupations du peuple vénézuelien se centrent sur l’économie. Selon le baromètre de février 2015 réalisé par la http://www.gisxxi.org/, 45% des personnes interrogées considèrent que les pénuries et l’inflation représentent les principaux problèmes, bien loin devant d’autres questions telles que l’insécurité, le chômage ou la corruption (3).GIS XXI graphique 1

Face à cette situation, l’opposition de droite n’a avancé aucune proposition, au-delà de l’exercice futile de signaler l’existence de ces problèmes. Or, une part non négligeable de la population considère que ce silence dissimule la volonté d’appliquer un programme néo-libéral en cas de retour au pouvoir (4). Le capitalisme extrême ne découvre jamais ses cartes avant d’accéder au pouvoir. Le non respect systématique des promesses qui ont permis à Mariano Rajoy de remporter les élections en Espagne en est un bon exemple.

Mais la pire des nouvelles pour l’opposition est peut-être le fait que l’opinion publique ne considère pas Nicolas Maduro et son gouvernement comme les seuls responsables. L’étude de GIS XXI révèle que la responsabilité est également attribuée aux grandes entreprises et aux réseaux de distribution commerciale en connivence avec l’opposition, les milieux de la spéculation financière et les organisations politiques internes et externes qui opèrent en vue de la destitution du président de la République par des voies non électorales. 55% des personnes interrogées considèrent qu’il existe bien une stratégie de déstabilisation économique à des fins politiques, contre 34% qui ne partagent pas ce point de vue. Le fait que des agences internationales de notation qualifient la dette vénézuelienne de pire que celle d’une Ukraine brisée et en pleine guerre civile, est une de ces absurdités qui alimentent la conviction d’une guerre économique contre le Venezuela.Gis XXI graphique 2

Toutes ces raisons expliquent pourquoi les opinions favorables à l’opposition ont chuté à un niveau historiquement bas (10%). A contrario, selon les sondages émanant de diverses firmes privées telles queDatanalisis, Hinterlaces ou l’étude la Fondation GIS XXI, Maduro est le dirigeant politique national le mieux perçu. Les personnes interrogées reconnaissent que les mesures prises pour relancer l’économie partent exclusivement du président et de son équipe gouvernementale, au-delà du fait qu’elles soient efficaces ou non.

Ces données ne sont jamais diffusées à l’extérieur du Venezuela. Il faut cependant en tenir compte dans l’hypothèse d’une victoire chaviste lors des prochaines élections législatives. L’opinion publique internationale – à qui ces informations ne sont pas communiquées – se demandera comment cette victoire a été possible alors que le pays est au bord du gouffre. Les terminaux médiatiques de la droite sèmeront sur ce terreau fertile le doute sur la validité de ces élections. Et la roue médiatique de la manipulation recommencera à tourner, infatigable, bien que la réalité s’entête à la démentir.

Alejandro Fierro

Source : Tercera Información,http://www.tercerainformacion.es/spip.php?article82647

Traduction : Jean-Marc del Percio

Notes :

  1. Lire « Thomas Cluzel : interdit d’informer sur France-Culture », http://wp.me/p2ahp2-1M7 et « Courrier International, le média off-shore du « Monde », http://wp.me/p2ahp2-1JS

  2. Lire « Qui a gagné la rue ? »,https://venezuelainfos.wordpress.com/2015/03/05/qui-a-perdu-la-rue/

  3. Site de la Fondation GISXXI : http://www.gisxxi.org/

  4. Lire « L’«accord de transition » Machado-Ledezma-Lopez : ce que révèle et ce qu’occulte le programme de la droite vénézuélienne en cas de succès d’un coup d’Etat« , http://wp.me/p2ahp2-1Kc

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