Henri Martin est décédé dans la nuit du 16 au 17 février

Pour toute une génération, le nom d’Henri Martin est associé à la lutte contre la guerre d’Indochine.

Âgé de 17 ans à la Libération, FTP dans les maquis du Cher, il s’engage dans l’armée française pour poursuivre le combat contre le fascisme.

Il est envoyé en Indochine en octobre 1945. L’encadrement militaire présente alors l’intervention de l’armée française comme une mission de rétablissement de l’ordre face à des soldats japonais démobilisés encadrant des pillards ! Henri Martin se retrouve à combattre aux côtés de soldats allemands enrôlés dans la Légion – ces soldats qu’il combattait quelques mois plus tôt lors de la Libération – et il comprend rapidement que l’armée française combat une révolte populaire.

Écœuré par les exactions commises contre les civils, notamment le bombardement de la ville d’Haiphong qui fit 20 000 morts en novembre 1946, il demande à être démobilisé.

Il obtient d’être renvoyé en France en décembre 1947. Il est affecté à l’arsenal de Toulon. Là, il prend discrètement contact avec la fédération du Pcf. Durant plus de deux ans, il effectue un travail de propagande en direction des marins envoyés en Indochine. Il diffuse la presse communiste et des tracts contre la guerre. Repéré, il est « piégé » par un certain Liebert, mécanicien, et surtout ancien engagé volontaire dans l’armée allemande durant la guerre, condamné pour indignité nationale !

En mars 1950, plusieurs marins sont arrêtés en possession de tracts. Certains désignent Henri Martin comme responsable. Il est immédiatement arrêté. En plus de l’accusation de participation à une tentative de démoralisation de l’armée française, l‘armée cherche à le faire condamner pour complicité de sabotage.

Le procès d’Henri Martin est l’occasion que saisit le Parti communiste pour organiser une vaste campagne de propagande contre la guerre d’Indochine. Dans toute la France, des inscriptions « Libérez Henri Martin » fleurissent sur les murs. Une pièce de théâtre, un livre écrit par Hélène Parmelin, Matricule 2078, contribuent à populariser l’affaire. Le comité de soutien à Henri Martin va bien au-delà des seuls cercles communistes : Jean-Paul Sartre, Jean-Marie Domenach, Michel Leiris, Vercors, Prévert notamment s’engagent pour sa défense.

Le procès d’Henri Martin, défendu par l’avocat communiste Maître Scarbonchi, est l’occasion de faire le procès de l’armée française et de la répression en Indochine. Conçu par les autorités françaises comme un moyen de discréditer l’action des communistes contre la guerre, le procès se retourne contre ses concepteurs. Condamné à cinq ans de prison, Henri Martin sera libéré après 41 mois d’emprisonnement en août 1953.

A sa sortie de prison, Henri Martin devient permanent. Il sera notamment dirigeant de l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF) et directeur de l’École centrale du Parti.

Il a eu toute sa vie des contacts étroits avec les dirigeants communistes vietnamiens.

Henri Martin était un militant communiste convaincu. Il a exprimé ses désaccords dès le congrès de Martigues. Il était de toutes les initiatives pour le maintien d’un parti véritablement communiste.

Très affaibli par la maladie les dernières années de sa vie, il a survécu quelques mois à son épouse Arlette.

Nous conserverons le souvenir d’un homme de convictions.

Caroline ANDREANI

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