Place nette pour les enseignes à bas prix

Conséquences de la généralisation du travail du dimanche au Danemark…

Antoine Jacob, La Croix, 2 décembre 2014

Deux ans après la loi autorisant l’ouverture le dimanche, les petits magasins ont perdu du terrain, tandis que le travail à temps partiel et les enseignes à bas prix en ont gagné.

Juste avant Noël, Jan Kristensen fermera la boutique qu’il tient à côté d’une stationservice, à Logstor, commune de 4 000 habitants dans l’ouest du Danemark. « Depuis le changement de la loi, nous vendons nettement moins de cigarettes, de chips, de boissons gazeuses, etc. Il est temps de fermer » , a déclaré le propriétaire à un journal local. Dans d’autres communes du royaume, petites ou grandes, bon nombre de boulangeries, épiceries, magasins de vêtements, d’électronique mettent la clé sous la porte. La concurrence est devenue trop rude face aux grandes structures qui, elles, peuvent se permettre d’embaucher du personnel pour profiter des possibilités données par la loi depuis le 1er octobre 2012.

Auparavant, tous les magasins, hormis les boulangeries, devaient être fermés à la clientèle entre le samedi à 17 heures et le lundi matin à 6 heures. Cette limitation a désormais disparu. Seules exceptions : une bonne douzaine de jours fériés, y compris Noël, le 31 décembre (à partir de 15 heures) et le jour de l’An. Les principaux gagnants sont les chaînes de supermarché et les grands magasins discount. Le leader du secteur dans le pays, Dansk Supermarked, a rapidement vu sa part de marché augmenter (à plus de 35 %), grâce au succès de sa chaîne discount Netto : les magasins à l’enseigne jaune sont ouverts tous les jours de la semaine de 8 à 22 heures. Difficile de rivaliser pour les commerces de petite taille, qui avaient déjà fort à faire pour résister à la vente en ligne et à la crise, depuis 2008. Un an après l’entrée en vigueur de la loi, les boutiques et supérettes de Copenhague et sa banlieue avaient déjà enregistré « une baisse de 30 % à 50 % de leurs chiffres d’affaires » , selon Torben Hansen, un courtier en emplacements de magasins.

Pour servir la clientèle le dimanche, mais aussi en soirée, les employeurs ont de plus en plus recours au temps partiel. Celui-ci représente 70 % des emplois du secteur, selon le syndicat HK Handel. « On ne pourra bientôt plus vivre de son travail dans cette branche, ce ne sera plus qu’un complément à autre chose » , regrettait le président du syndicat, Per Tonnesen, dans le journal Berlingske du 28 novembre. D’autant qu’en 2007, neuf jeunes sur dix ayant choisi une formation aux métiers du commerce trouvaient un emploi dans les deux mois qui suivaient leur entrée sur le marché du travail. Désormais, ils ne sont que deux sur trois.

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