SNCM : « TOUCHÉS, PAS COULÉS » assure Frédéric Alpozzo, secrétaire du syndicat CGT des marins

Frédéric Alpozzo , le secrétaire du syndicat CGT des marins confirme sa détermination à sauver une SNCM battant pavillon français. Et faire plier un gouvernement « acquis au monde de la finance ».

Ce conflit, Frédéric Alpozzo, aux côtés des officiers de la CFE-CGC, le conduit de main de maître. Pour lui, il n’est pas en passe de se terminer avec l’audience qui a lieu aujourd’hui au tribunal de commerce de Marseille.

Comment appréciez-vous cet épisode juridique ?

Nous n’aurions jamais dû en arriver là. Nous avions des engagements de l’État. Si celui-ci avait respecté le jeu, n’avait pas contribué à financer Corsica Ferries, à hauteur de 180 millions d’euros, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Ces dotations d’argent public servies sur un plateau par l’État à une compagnie low-cost, tout comme l’abandon de l’accord conclu sur l’obligation d’imposer le pavillon de premier registre à tout navire cabotant en eaux nationales sont au centre d’un conflit qui nous oppose au gouvernement actuel comme aux actionnaires de la SNCM. En ce qui nous concerne, nous avons consenti de grands efforts pour contribuer au redressement de la compagnie, accepté un plan social de suppression de près de 500 emplois. Que leur faut-il encore ? Cet épisode juridique est une épreuve de force voulue par Transdev, Veolia et le gouvernement actuel.

Quelles formes envisagez-vous de donner désormais à votre combat, à l’issue de cette audience ?

Il est clair que la volonté des actionnaires comme du gouvernement est de faire exploser la délégation de service public au profit de Corsica Ferries, prétendant ainsi échapper aux procédures européennes. Pas d’autre solution pour eux que d’accélérer le démantèlement de la SNCM.

Pour notre part, nous allons continuer à défendre la notion de continuité territoriale. Avec le comité d’entreprise, nous poursuivons notre travail autour d’un schéma d’exploitation qui maintient le périmètre actuel : c’est-à-dire un service public entre Marseille, Toulon, Nice et la Corse, ainsi que des liaisons avec les pays du Maghreb. Sur les sept navires, quatre seraient affectés à la continuité territoriale, renforcés par deux autres bateaux en période estivale et un navire assurant les liaisons vers l’Algérie et la Tunisie, avec des fréquences plus importantes et des services supplémentaires, en tout cas un schéma qui préserve les emplois sur l’avenir. Cela nécessite qu’à l’issue du contentieux d’aujourd’hui, Transdev, Veolia et l’État s’engagent à garantir le passif de la compagnie. Si tel n’était pas le cas, les portes seraient définitivement ouvertes aux compagnies low-cost. Nous ne manquerons pas de rappeler au tribunal de commerce que c’est consécutivement à la gestion désastreuse des actionnaires et des décideurs successifs que nous en sommes arrivés à une telle situation. Ce que nous attendons de cette juridiction, dans la situation impossible dans laquelle nous sommes aujourd’hui de trouver un repreneur, c’est d’imposer aux actionnaires actuels de s’engager pour une période d’observation qui soit la plus longue possible. Par exemple douze mois pour que nous puissions continuer à travailler et étudier un projet qui s’inscrive dans la continuité territoriale.

Selon vous, comment les marins appréhendent-ils cette situation ?

Vous savez, on parle toujours des inquiétudes autour de l’argent, du chômage, mais nous avons un véritable attachement à notre métier. Nous avons été à l’école pour exercer nos métiers. Je vois aujourd’hui de plus en plus de femmes et d’hommes qui craignent de se trouver en grande difficulté, mais pour qui le plus douloureux est d’abandonner leur profession. Car ils en sont fiers.

Mais je voudrais dire que pour ma part, je n’accorde plus aucun crédit à un gouvernement qui a renié tous ses engagements de période électorale des municipales et des européennes. N’ayez pas peur d’écrire, dans vos colonnes, que les représentants de ce gouvernement sont en totale collusion avec le monde de la finance contre lequel il prétendait lutter.

Propos recueillis par Gérard Lanux

Mercredi, 12 novembre 2014

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