Le BRICS, l’UNASUR et la CELAC dessinent une nouvelle carte du monde multipolaire

Venezuela infos

¨L'axe du mal¨pour les grands médias occidentaux tend à s'étoffer puisqu'il représente à présent près de la moitié de la population mondiale. De Cristina Fernandez à Evo Morales (premier rang) et de José ¨Pepe¨Mujica à Nicolas Maduro (second rang), l'Amérique Latine a rencontré les BRICS * à Fortaleza, du 14 au 16 juillet 2014. * (Brésil, Russie, Inde, Chine et  Afrique du Sud). ¨L’axe du mal¨ tend à s’étoffer puisqu’il représente déjà près de la moitié de la population mondiale… De Cristina Fernandez à Evo Morales (premier rang) et de José ¨Pepe¨ Mujica à Nicolas Maduro (second rang), l’Amérique Latine a rencontré les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Fortaleza (Brésil) du 15 au 16 juillet 2014.

¨On nous en parle depuis si longtemps, de la nécessité d’une ¨nouvelle architecture financière¨. Nous y voilà, enfin !¨ s’est exclamé Nicolas Maduro lors de la rencontre des chefs d’État latino-américains avec ceux du BRICS. ¨Avec notre Banque du Sud et celle du BRICS, nous pouvons enfin nouer des alliances pour nous développer et pour lutter contre la pauvreté, libérés du chantage du FMI, du dollar et des spéculateurs internationaux qui ont fait des dettes extérieures un mécanisme de domination. C’est pourquoi la lutte actuelle de l’Argentine est notre lutte…

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Ukraine : le Parti communiste exclu du Parlement

Solidaire, 23 juillet 2014

Le Parti communiste ukrainien (PCU) a été exclu du Parlement national. Il risque même une interdiction pure et simple, comme le réclame le ministre de la Justice. Un spécialiste de la région, le journaliste et essayiste Jean-Marie Chauvier, livre son analyse.

Jean-Marie Chauvier

232 députés sur 250 ont voté « pour », ce qui signifie que les représentants du « Parti des Régions » de l’ancien président Yanoukovitch se sont ralliés à cette mesure liberticide. Les députés du parti gouvernemental néonazi « Svoboda » ont acclamé la décision et entonné l’hymne national. Leur victoire est en effet digne d’être proclamée « historique » : c’est une revanche sur 1945 !

Le président de la Rada (Conseil) suprême Tourchinov a qualifié le parti communiste de « force politique haïe par le peuple » et justifié la décision par le fait que le groupe parlementaire du PCU avait fortement diminué. Les milieux officiels dénoncent également le fait que les communistes soutiennent les « terroristes prorusses ». L’interdiction du PC est revendiquée de longue date par les milieux nationalistes, qui détiennent la majorité au gouvernement de coalition entre nationaux-libéraux de « Baktivschina » (Patrie, de Youlia Timochenko et du premier ministre Arseni Iatseniouk) et fascistes de « Svoboda », ainsi qu’au sein des formations militaires liées aux ultras de « Pravy Sektor ». Le PC est à leurs yeux une survivance intolérable de « l’Empire du Mal », de l’URSS dissoute en 1991.

Le Parti Communiste Ukrainien avait obtenu 13 % des suffrages aux législatives de 2012 – essentiellement à l’Est et au Sud, où son score dans plusieurs régions ouvrières atteignait les 20-25 %. Il est vrai que, dans les circonstances de la terreur d’extrême-droite (de nombreux locaux incendiés et des militants violentés par les milices néonazies) et de la guerre de répression à l’Est, le PC s’est gravement affaibli et divisé entre partisans et adversaires du séparatisme, pris entre les deux feux des nationalismes ouest-ukrainien et russe. Il est également la cible des attaques de « gauchistes » antistaliniens et antirusses, qui souhaitent également la disparition de ce parti « honteux » et se retrouvent de fait dans le camp gouvernemental, à l’inverse d’autres forces de gauche et antifascistes qui lui sont opposés.

LE PC s’est donc retrouvé très isolé et sans plus de prise sur les événements.

Son renvoi dans une probable clandestinité, et la répression qui désormais vise non seulement les « prorusses » mais toutes les forces contestataires de gauche intervient alors que le gouvernement intensifie les opérations militaires à l’Est. Plus important à long terme : il vient d’annoncer un programme de privatisations dénoncé par les communistes selon lesquels ces privatisations vont profiter aux oligarques au pouvoir et aux multinationales occidentales. Et les mesures d’austérité se multiplient à l’encontre des salariés et des retraités.

Les risques de tensions sociales sont là, l’interdiction du PC tombe à pic.

L’évolution du régime de Kiev – légitimé en Occident, y compris à gauche – rappelle l’expérience chilienne sous Pinochet : un mélange d’ultralibéralisme et de méthodes dictatoriales, sous la conduite des instructeurs de la CIA.  Mais à la différence du Chili des années 1970, l’ aventure ukrainienne en cours bénéficie d’un large consensus au sein des opinions publiques (et des gouvernements) de l’Union Européenne et du fait que toute opposition à ce régime libéral-fasciste est associée à l’ennemi du jour n°1 : la Russie. Le climat de nouvelle « de guerre froide » induit en outre une mobilisation médiatique ad hoc et en conséquence une information « en uniforme ».

Liste des produits d’Israël à boycotter

Liste des produits israéliens à boycotter

Médiapart, 21 juillet 2014

Face au drame des Palestiniens, nous ne pouvons pas faire grande chose, à part relayer les informations qui nous parviennent. Hors cela, il y a tout de même une arme en notre pouvoir, le boycott. En effet de nombreuses entreprises, israéliennes ou non, soutiennent la politique sioniste d’occupation. En voici une liste, à vous de faire le reste :

Parmi les produits israéliens :

Carmel (fruits et légumes) – Jaffa (fruits et légumes) – Kedem(avocats) – Coral (Cerises) – Top (fruits et légumes) – Beigel(biscuits apéritifs) – Hasat (agrumes) – Sabra (repas complets) –Osem (soupes, snacks, biscuits, repas complets préparés) – Dagir(conserves de poissons) – Holyland (miel, herbes) – Amba(conserves) – Green Valley (vin) – Tivall (produits végétariens) –Agrofresh (concombres) – Jordan Valley (dattes) – Dana (tomates cerises) – Epilady (appareils d’épilation) – Ahava (cosmétiques de la Mer morte)

Le code barre sur la plupart des produits israéliens commence par : 729

Les produits des entreprises qui soutiennent l’État d’Israël (américaines ou européennes) :

COCA-COLA – Marques du groupe : Aquarius, Cherry Coke, Fanta, Nestea, Sprite, Minute Maid, Tropical. Cette entreprise soutient l’Etat d’Israël depuis 1966.

DANONE – Marques du groupe : Arvie, Badoit, Belin, Blédina, Phosphatine, Chipster, Evian, Galbani, Gervais, Heudebert, Lu, Taillefine, Volvic. Danone vient d’investir dans le Golan, territoire syrien occupé depuis 1967 par Israël.

NESTLÉ – Marques du groupe : Aquarel, Cheerios, Crunch, Frigor, Friskies, Galak, Golden Grahams, Kit Kat, Maggi, Mousline, Nescafé, Ricoré, Quality Street, Vittel, Perrier, Buitoni. La société suisse possède 50,1 % des capitaux de la chaîne alimentaire israélienne Osem. La firme est accusée depuis les années 50 de détruire l’économie et la santé des peuples du Tiers-Monde, notamment par l’imposition de ses laits en poudre pour bébés en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

INTEL – Cette grosse entreprise produit la plus grande partie des puces électroniques PENTIUM 4 utilisées par les ordinateurs PC dans son usine de Kyriat Gat, installée sur le site de Iraq Al-Manshiya, un village palestinien rasé après son évacuation en 1949 par les soldats égyptiens. 2 000 habitants furent chassés de leur terre, malgré un engagement écrit, supervisé par les Nations unies, des sionistes à ne pas toucher à la population. Une campagne de leurs descendants aux USA en 2003 a amené INTEL à suspendre un projet d’investissements de 2 milliards de dollars pour une extension de l’usine Fab 18 de Kyriat Gat.

L’ORÉAL – Marques du groupe : Biotherm, Cacharel, Giorgio Armani Parfums, Lancôme, Vichy, La Roche-Posay, Garnier, Héléna Rubinstein, Gemey-Maybelline, Jean-Louis David Shampooings, Le Club des créateurs de beauté (vente de produits cosmétiques par correspondance), Redken 5th Avenue, Ralph Lauren parfums, Ushuaïa.

L’Oréal a ainsi investi des millions en créant une unité de production à Migdal Haemeck, à tel point que le Congrès juif américain a exprimé sa satisfaction de voir l’Oréal « devenir un ami chaleureux de l’État d’Israël ».

ESTÉE LAUDER – Marques du groupe : Aramis, Clinique, la Mer, DKNY, Tommy Hilfiger
Outre ses investissements, le directeur est le président d’une des plus puissantes organisations sionistes US, le Fonds National juif.

DELTA GALIL – Cette entreprise israélienne est spécialisée dans la sous-traitance de produits textiles notamment dans celui des sous-vêtements. De nombreux sous-vêtements de marques étrangères proviennent ainsi directement des usines de Delta Galil. C’est le cas pour Marks & Spencers, Carrefour (Tex), Auchan, Gap, Hugo Boss, Playtex, Calvin Klein, Victoria’s Secret, DKNY, Ralph Lauren.

LEVI STRAUSS JEANS et CELIO ( magasins spécialisés dans les vêtements pour hommes)
Ces entreprises fort bien implantées en France financent les nouvelles colonies en Palestine mais également les écoles des religieux extrémistes dans le monde.

TIMBERLAND (Vêtements, chaussures, chaussettes) – Tout comme son homologue Ronald Lauder, le PDG de Timberland Jeffrey Swartz est un membre actif du lobby sioniste US. Il a conseillé ainsi d’encourager la communauté juive US à se rendre en Israël mais également d’envoyer des soldats israéliens pour mener la propagande pro-israélienne aux USA.

DISNEYLAND – L’entreprise Disney n’a rien d’idyllique et contribue par son soutien à Israël à semer la mort en Palestine. Elle approuve ainsi tacitement l’occupation illégale de Jérusalem-Est en faisant de Jérusalem lors d’une exposition au Centre Epcot en Floride la capitale d’Israël, cela en violation des résolutions internationales de l’ONU.

NOKIA – Le géant finlandais de la téléphonie commerce activement avec l’Etat d’Israël. Dans une interview au Jérusalem Post, le manager du groupe déclarait : qu’ Israël faisait partie des priorités de l’entreprise. Un centre de recherche Nokia a ainsi vu le jour en Israël.

MC DONALD’S – Entreprise emblématique de l’impérialisme culturel US, la célèbre chaîne de restaurants fast-food apporte un soutien non négligeable à l’Etat israélien. McDonald’s dispose de 80 restaurants en Israël et y emploie près de 3000 personnes. Elle y interdit à son personnel de parler arabe. Aux USA, l’entreprise figure parmi les heureux partenaires de l’organisation sioniste «Jewish Community » basée à Chicago. Cette organisation travaille en effet pour le maintien de l’aide militaire, économique et diplomatique apportée par les USA à Israël.

CATERPILLAR (Equipement pour bâtiment mais également, vêtements, chaussures) – Une large campagne doit être menée en France pour dénoncer la participation criminelle de Caterpillar aux destructions des maisons en Palestine par ses bulldozers géants. C’est avec un Caterpillar que la pacifiste américaine juive Rachel Corrie a été tuée par un soldat israélien en 2003.

La chaîne hôtelière ACCORHOTEL (Etap, Ibis, Mercure, Novotel, Sofitel) – Cette chaîne a plusieurs hôtels en Israël, et récemment, elle a ouvert une succursale dans les territoires syriens occupés, dans le Golan.

Les chaînes alimentaires présentes dans les colonies israéliennes : Domino Pizza, Pizza Hut, Häagen Daaz, Burger King

Autres produits :

Cigarettes Morris (dont Marlboro), Produits Kimberly Clarck(Kleenex, Kotex, Huggies), SanDisk (informatique), Toys RUs(jouets)

Communiqué des intermittents du spectacle d’Avignon

24 juillet 2014

Nous venons de nous faire sortir très violemment de L’Hôtel de Ville d’Avignon par la Police Municipale sur ordre de la maire socialiste d’Avignon, Cécile Helle.

Nous, membres de la Coordination des Intermittents et Précaires, étions venus, ce jeudi 24 juillet, dès 10H30, pour obtenir un rendez-vous lui demandant d’affirmer et d’afficher clairement sa position quant à son soutien au mouvement de lutte unitaire.

Après une attente de 4 heures, nous avons décidé de bloquer l’entrée de la mairie, pour enfin obtenir cet entretien.

La seule réponse a été l’arrivée de policiers municipaux qui nous ont enfermés dans la mairie et expulsés manu militari avec une violence incontrôlée.

La façon dont elle nous a été renvoyée est à la hauteur du mépris et du dédain avec lequel ce gouvernement et les partenaires sociaux signataires de l’accord d’assurance chômage nous traite depuis ces 4 derniers mois.

Nous allons autour des tables, nous rencontrons les politiques, nous proposons, nous patientons. Au final, nous recevons des coups.

Il n’y a qu’en haussant le ton et les actions que nous serons entendus.

Aujourd’hui, en Avignon des compagnies sont en grève, à Chalon dans la rue 2000 personnes manifestent, bloquent le Medef, les Pôle Emploi, la préfecture, et 50% des compagnies sont en grève ce soir.

Il y a des actions sur tout le territoire, l’été est loin d’être fini.

Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités car ce dialogue de sourd, ne fait qu’accroître notre colère.

La réaction de la mairie d’Avignon en ce 24 juillet est une grave erreur et une rupture

Aujourd’hui, en Avignon, ce « festival militant »a un goût amer et exaspéré.

Nous demandons à toutes et tous, ici et ailleurs, de relayer ce grave événement.

Nous demandons à toutes et tous, de ne pas se satisfaire de « soutiens » qui n’en sont pas.

Nous demandons à toutes, tous d’être plus forts, plus nombreux, plus déterminés encore et de réagir fermement à ce nouvel acte de trahison.

Coordination des Intermittents et Précaires

Le retour de la guerre de George Orwell et Big Brother en Palestine, l’Ukraine et la Vérité

John PILGER, Le Grand Soir, 17 juillet 2014

L’autre soir, je suis allé voir une interprétation de 1984, de George Orwell, dans un théâtre de Londres. Bien qu’une mise à jour contemporaine eut été intéressante, l’avertissement d’Orwell n’y fut présent que sous la forme d’un exercice de style : distant, pas le moins du monde menaçant, quasiment rassurant. Comme si Edward Snowden n’avait rien révélé, que « Big Brother » n’était pas devenu un espion numérique, et qu’Orwell lui-même n’avait jamais dit : « Pour être corrompu par le totalitarisme, nul besoin de vivre dans un pays totalitaire ».

Encensé par les critiques, cette production talentueuse était à la mesure culturelle et politique de notre époque. Quand les lumières se sont rallumées, les gens étaient déjà en train de sortir. Ils ne semblaient pas avoir été touchés, ou peut-être que d’autres distractions les attendaient. « Quelle prise de tête ! », s’est exclamée une jeune demoiselle, en allumant son téléphone.

A mesure que les sociétés avancées se dépolitisent, les changements sont à la fois subtils et spectaculaires. Dans les discours quotidiens, le langage politique est une inversion, comme Orwell l’avait prédit dans 1984. « Démocratie » n’est plus qu’un outil de rhétorique. « La Paix » c’est en réalité un état de guerre perpétuelle. « Global » signifie impérialiste. Le concept de « réforme », autrefois porteur d’espoir, signifie aujourd’hui régression, voire destruction. « Austérité » signifie le passage au capitalisme extrême pour les pauvres et au socialisme pour les riches : un système ingénieux où la majorité travaille à rembourser des dettes, au profit de la minorité.

Dans les arts, l’hostilité vis-à-vis des vérités politiques est un article de la foi bourgeoise. « La période rouge de Picasso », titrait un journal, « et pourquoi la politique et l’art ne font pas bon ménage ». Imaginez cela dans un journal qui aurait fait la promotion du bain de sang de l’Irak en tant que croisade libérale. L’opposition au fascisme qui a marqué la vie de Picasso n’est plus qu’un détail, comme le radicalisme d’Orwell qui s’est détaché de son nom.

Il y a quelques années, Terry Eagleton, alors professeur de littérature anglaise à l’université de Manchester, admit que « pour la première fois depuis deux siècles, il n’y a pas d’éminent poète britannique, de metteur en scène, ou de romancier prêt à remettre en cause les fondamentaux du style de vie occidental ». Aucun Shelley ne parle pour les pauvres, pas de Blake pour défendre les rêves des utopistes, ni de Byron pour maudire la corruption et la classe dominante, et pas de Thomas Carlyle ni de John Ruskin pour révéler le désastre moral qu’est le capitalisme. William Morris, Oscar Wilde, HG Wells, George Bernard Shaw n’ont aucun équivalent aujourd’hui. Harold Pinter fut le dernier à s’insurger. Parmi les voix du “consumé-féminisme”, aucune ne fait écho à celle de Virginia Woolf, qui décrivait “les arts de domination des autres peuples… de régner, de tuer, d’acquérir la terre et le capital”.

Au théâtre national, une nouvelle pièce, « Grande-Bretagne », satirise le scandale des écoutes téléphoniques, qui aura fait juger et condamner des journalistes, dont un ancien éditeur du « News of the World » de Rupert Murdoch. Décrite comme une « farce avec des crocs qui soumet l’ensemble de la culture médiatique incestueuse au ridicule impitoyable », les cibles de la pièce sont les personnalités « heureusement très drôles » de la presse tabloïd britannique. C’est bien bon, et si familier. Mais qu’en est-il des médias non-tabloïd qui se considèrent eux-mêmes comme crédibles et réputés, et pourtant jouent le rôle parallèle de bras armé du pouvoir de l’état et du capital, en promouvant et en soutenant les guerres illégales ?

L’enquête Leveson sur les écoutes téléphoniques a légèrement laissé entrevoir ce phénomène. Tony Blair énonçait des preuves, se plaignant auprès de monsieur le juge du harcèlement des tabloïds sur sa femme, quand il fut interrompu par une voix qui s’éleva du public. David Lawley-Wakelin, un réalisateur, demandait l’arrestation de Blair et son jugement pour crimes de guerre. Il y eut un long silence : le choc de la vérité. Lord Leveson se leva, ordonna l’expulsion de celui qui osait dire la vérité, et s’excusa auprès du criminel de guerre. Lawley-Wakelin fut condamné, pas Tony Blair.

Les complices aguerris de Tony Blair sont plus respectables que les hackers de téléphone. Quand le présentateur de la BBC, Kirsty Wark, le reçu pour le 10ème anniversaire de l’invasion de l’Irak, elle lui offrit un moment dont il ne pouvait que rêver ; elle lui permit d’agoniser sur sa décision “difficile” sur l’Irak au lieu de lui rappeler ses crimes. Ceci rappelle la procession de journalistes de la BBC qui en 2003 déclaraient tous que Blair pouvait se sentir “justifié”, et la série qui s’ensuivit sur la BBC, “Les années Blair”, pour laquelle David Aaronovitch fut choisi comme écrivain, présentateur, et interviewer. Un serviteur de Murdoch qui fit campagne pour la guerre en Irak, en Libye, et en Syrie.

Depuis l’invasion de l’Irak – l’exemple d’un acte d’agression non-provoquée, ce que le procureur de Nuremberg Jackson qualifiait de “crime international suprême qui diffère des autres crimes de guerre en ce qu’il les contient tous” – Blair et son porte-parole et principal complice, Alastair Campbell, ont eu droit à pas mal de place dans le Guardian afin de réhabiliter leurs réputations. Décrit comme une étoile du Labour Party, Campbell a voulu s’attirer la sympathie des lecteurs en prétextant une dépression, et a montré son intérêt, à l’instar de Blair, bien que cela ne soit pas sa mission actuelle comme conseiller, pour la tyrannie militaire égyptienne.

Alors que l’Irak est démembré suite à l’invasion de Blair et Bush, un titre du Guardian énonce : « Renverser Saddam était juste, mais nous nous sommes retirés trop tôt« . Ceci dans un article phare du 13 juin écrit par un ancien fonctionnaire de Blair, John McTernan, qui a aussi travaillé pour le dictateur Irakien installé par la CIA, Iyad Allawi. En appelant à répétition à l’invasion d’un pays que son ancien maître avait aidé à détruire, il ne fit jamais référence aux 700 000 morts, ni aux 4 millions de réfugiés et au tournant sectaire qui avait eu lieu dans une nation autrefois fière de sa tolérance.

Blair personnifie la corruption et la guerre”, a écrit le journaliste radical du Guardian Seumas Milne dans un article très inspiré en date du 3 juillet. Dans le milieu on appelle cela « la balance ». Le lendemain, le journal publia une pleine page de publicité pour un bombardier américain. Sur la photo menaçante du bombardier était écrit : « Le F-35, génial pour l’Angleterre ». Cette autre personnification de « corruption et de guerre » va coûter aux contribuables britanniques 1,3 milliards de £, les précédents modèles de la gamme F ayant déjà servi à massacrer des gens un peu partout dans le monde en développement.

Dans un village d’Afghanistan, où vivent les plus pauvres des pauvres, j’ai filmé Orifa, s’agenouillant devant les tombes de son mari, Gual Ahmed, un tisserand, et de 7 autres membres de sa famille, dont 6 enfants, et de deux enfants qui furent tués dans la maison d’à côté. Une bombe « de précision » de 500 livres est directement venue s’exploser sur leur petite maison de boue, de pierre et de paille, laissant à la place un cratère de 50 pieds de long. Lockheed Martin, le fabricant de l’avion a le privilège de bénéficier de pages publicitaires dans le Guardian.

L’ancienne secrétaire des affaires étrangères des USA et aspirant présidente, Hillary Clinton, est récemment passé à la BBC, à l’émission « Women’s Hour », la quintessence de la respectabilité médiatique. La présentatrice, Jenni Murray, présenta Mme Clinton comme l’exemple même de la réussite féminine. Elle ne rappela pas à l’audience les propos déplacés de Mme Clinton qui prétendait que l’Afghanistan était envahi afin de libérer les femmes comme Orifa. Elle ne posa aucune question à Mme Clinton sur la campagne de terreur de son administration qui utilise des drones pour tuer femmes, hommes et enfants. Elle ne fit pas non plus mention de la menace de Mme Clinton, durant sa campagne présidentielle, d’« éliminer » l’Iran, et rien non plus sur son soutien aux surveillances illégales, et son acharnement contre les lanceurs d’alertes.

Murray posa une question « osée ». Mme Clinton avait-elle pardonné à Monica Lewinsky d’avoir eu une affaire avec son mari ? « Le pardon est un choix », répondit Mme Clinton, « pour moi ce fut le bon choix ». Cela nous rappelle que dans les années 90 et pendant la période secouée par le scandale « Lewinsky », le président Bill Clinton envahissait Haïti et bombardait les Balkans, l’Afrique et l’Irak. Il détruisait aussi les vies d’innombrables enfants Irakiens. L’Unicef rapporte la mort d’un demi-million d’enfants Irakiens de moins de 5 ans, en conséquence de l’embargo mis en place par les USA et la Grande-Bretagne.

Ces enfants furent ignorés par les médias, tout comme les victimes des invasions soutenues par Hillary Clinton – l’Afghanistan, L’Irak, le Yémen, la Somalie – sont ignorées par les médias. Murray n’y fit jamais allusion. Une photo d’elle et de son invité de marque fut mise en avant sur le site de la BBC.

En politique, comme dans le journalisme et dans les arts, il semblerait que la contestation autrefois tolérée dans les médias mainstream se soit abaissée à un simple désaccord : un sous-sol métaphorique. Quand j’ai commencé ma carrière à Fleet Street en Angleterre dans les années 60, il était acceptable de critiquer fortement le pouvoir occidental. Il suffit de lire le rapport de James Cameron sur les explosions des bombes à hydrogène à l’atoll Bikini, ou celui sur la guerre de Corée et sur le bombardement américain du Nord-Viêtnam. La grande illusion de notre époque est ce mythe de l’ère de l’information, alors qu’en vérité nous vivons à une époque où la propagande des multinationales et du monde de l’entreprise est insidieuse, contagieuse, efficace et libérale.

Dans son essai de 1859 De la liberté, auxquels les libéraux modernes rendent hommage, John Stuart Mill écrivait : « Le despotisme est un mode de gouvernement légitime si l’on a affaire à des barbares, à condition que le but soit leur amélioration, et les moyens sont justifiés par l’accomplissement effectif de ce programme. »

Les « barbares » étaient de larges sections de l’humanité dont « l’obéissance implicite » était exigée.

« C’est un mythe utile et commode de croire que les libéraux sont pacifistes et les conservateurs belliqueux », écrivait l’historien Hywel Wiliams en 2001, « mais il est possible que l’impérialisme du libéralisme soit plus dangereux de par sa nature explicite : sa conviction qu’il représente une forme supérieure de vie ». Il avait en tête un discours de Tony Blair dans lequel l’ex-Premier ministre promettait de « remettre de l’ordre dans le monde autour de nous » selon ses propres « valeurs morales ».

Richard Falk, autorité reconnue sur la loi internationale et rapporteur spécial de l’ONU sur la Palestine, a décrit une « bien-pensance, unilatérale, un écran légal/moral avec des images positives des valeurs occidentales et de l’innocence dépeinte comme menacée, justifiant une campagne de violence politique sans restriction ». Et «  largement acceptée au point d’en devenir virtuellement incontestable. »

Favoritisme et mandature récompensent les gardiens. Sur la Radio 4 de la BBC, Razia Iqbal reçut Toni Morrison, la lauréate Afro-Américaine du prix Nobel. Morrison se demandait pourquoi les gens étaient « si énervés » contre Barack Obama, qui était pourtant « cool » et souhaitait seulement construire une « économie et un système de sécurité sociale solide ». Morrison était fière d’avoir parlé au téléphone avec son héros, qui se trouvait avoir lu un de ses livres et l’avait invité lors de sa prise de fonction.

Ni elle ni la présentatrice n’évoquèrent les sept guerres d’Obama, dont sa campagne de terreur par drones, à cause de laquelle des familles entières, leurs secouristes et leurs proches furent assassinés. La seule chose qui semblait avoir de l’importance était qu’un homme de couleur « qui s’exprime bien » s’était élevé au plus haut échelon de l’échelle du pouvoir. Dans Les damnés de la terre, Frantz Fanon écrivait que « la mission historique » des colonisés était de servir de « ligne de transmission » aux dirigeants et autres oppresseurs. A notre époque, l’utilisation des différences ethniques par le pouvoir occidental et ses systèmes de propagandes est perçue comme essentielle. Obama incarne parfaitement cette idée, bien que le cabinet présidentiel de George W. Bush – sa clique belliciste – ait été le cabinet le plus multiracial de l’histoire présidentielle.

Alors que la cité Irakienne de Mossoul tombait aux mains des djihadistes d’ISIS, Obama fit la déclaration suivante : « Le peuple américain a beaucoup investi et s’est sacrifié afin que les Irakiens aient l’opportunité de se choisir une meilleure destinée ». À quel point ce mensonge est-il « cool » ? À quel point s’est-il « bien exprimé » lors de son discours à l’académie militaire de West Point le 28 mai ? Lors de son discours sur « l’Etat du monde » à la cérémonie de remise des diplômes de ceux qui « vont prendre la direction des Etats-Unis » à travers le monde, Obama déclara : « Les Etats-Unis utiliseront la force militaire, unilatéralement s’il le faut, quand nos intérêts seront menacés. L’opinion internationale compte, mais l’Amérique ne demandera jamais la permission… »

En répudiant la loi internationale et le droit de souveraineté des nations, le Président américain s’octroie un droit divin basé sur la puissance de son « indispensable nation ». C’est un message d’impunité impériale familier, bien que toujours étonnant à entendre. Évoquant la montée du fascisme des années 30, Obama a dit « Je crois en l’exceptionnalité Américaine de tout mon être ». L’historien Norman Pollack écrivait : « Au lieu de ceux qui marchent au pas, on substitue l’apparemment inoffensive militarisation de la culture. Et au lieu du leader grandiloquent, nous avons le réformateur manqué, qui travaille allègrement, planifie et exécute des assassinats, tout en souriant ».

En février, les USA préparaient un de leurs coups d’Etats contre le gouvernement élu d’Ukraine, en exploitant de véritables protestations contre la corruption à Kiev. La conseillère nationale à la sécurité d’Obama, Victoria Nuland, sélectionna personnellement le leader d’un « gouvernement d’intérim ». Elle le surnomma « Yats ». Le Vice-Président Joe Biden se rendit à Kiev, tout comme le directeur de la CIA John Brennan. Les troupes de choc de leur putsch étaient des fascistes ukrainiens.

Pour la première fois depuis 1945, un parti néo-nazi ouvertement antisémite contrôle des secteurs clés du pouvoir étatique d’une capitale européenne. Aucun leader européen n’a condamné cette résurgence fasciste près de la frontière où l’invasion des nazis d’Hitler coûta la vie à plusieurs millions de Russes. Ils étaient soutenus par l’UPA, une armée d’insurgés ukrainiens, responsable de massacres de juifs et de Russes qu’ils appelaient « la vermine ». L’UPA est l’inspiration historique du parti actuel Svoboda et de leurs compagnons de droite. Oleh Tyahnybok, leader de Svoboda a appelé à une purge de « la mafia mosco-juive » et des « autres vermines », dont les gays, les féministes et tous ceux de gauche.

Depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, les USA ont entouré la Russie de bases militaires, d’avions de guerre et de missiles nucléaires, suivant le projet d’élargissement de l’OTAN. Reniant la promesse faite au président soviétique Mikhail Gorbatchev en 1990 de ne pas étendre l’OTAN « d’un centimètre vers l’Est », l’OTAN occupe militairement l’Europe de l’Est. Dans l’ancien Caucase soviétique, l’expansion de l’OTAN est le plus important chantier militaire depuis la seconde Guerre Mondiale.

Le cadeau de Washington au régime issu du coup d’Etat à Kiev est un plan d’action pour l’adhésion à l’OTAN. En août, l’opération « Rapid Trident » placera les troupes américaines et britanniques à la frontière entre la Russie et l’Ukraine et l’opération « Sea Breeze » placera des navires de guerre américains en vue de ports russes. Imaginez les conséquences si ces actes de provocations ou d’intimidation s’effectuaient contre les Etats-Unis.

En récupérant la Crimée – que Nikita Khrouchtchev avait illégalement détachée de la Russie en 1954 – les Russes se défendent comme ils l’ont fait depuis presque un siècle. Plus de 90% de la population de la Crimée a voté pour le rattachement à la Russie. La Crimée, c’est aussi la base navale de la Mer Noire, et sa perte signifierait la mort de la flotte russe et un trésor pour l’OTAN. Semant la confusion au sein des partis belliqueux de Kiev et de Washington, Vladimir Poutine retira les troupes russes de la frontière ukrainienne et demanda aux ethnies russes de l’est de l’Ukraine d’abandonner le séparatisme.

Suivant une logique orwellienne, cela a été traduit à l’Ouest par « la menace russe ». Hillary Clinton compara Poutine à Hitler. Sans ironie aucune, les commentateurs d’extrême-droite allemands firent de même. Dans les médias, les néo-nazis ukrainiens ne sont plus que des « nationalistes » ou « ultra-nationalistes ». Ils ont peur que Poutine soit habilement en quête d’une solution diplomatique, et qu’il réussisse. Le 27 juin, en réponse au compromis de Poutine– sa requête devant le parlement Russe de révoquer la législation qui lui avait octroyé le pouvoir d’intervenir en faveur des ethnies russes d’Ukraine – le secrétaire d’Etat John Kerry publia un autre de ses ultimatums. La Russie doit « agir dans les prochaines heures, littéralement » pour mettre un terme à la révolte en Ukraine de l’Est. Nonobstant le fait que Kerry soit largement considéré comme un guignol, le propos sérieux de ces « avertissements » est de conférer le statut de paria à la Russie et de faire écran de fumée aux nouvelles de Kiev et de la guerre que mène le régime intérimaire contre son propre peuple.

Un tiers de la population ukrainienne est russophone et bilingue. Ils souhaitent depuis longtemps la naissance d’une fédération démocratique qui refléterait la diversité ethnique ukrainienne et qui serait autonome et indépendante de Moscou. La plupart ne sont ni « séparatistes » ni « rebelles » mais des citoyens qui veulent vivre en paix sur leur terre natale. Le séparatisme est une réaction à l’attaque la junte de Kiev sur ces mêmes citoyens, causant l’exode de plus de 110 000 d’entre eux (estimation de l’ONU) vers la Russie. Pour la plupart, des femmes et des enfants traumatisés.

Comme les enfants de l’embargo irakien, et les femmes et les jeunes filles « libérées » d’Afghanistan, terrorisés par les seigneurs de guerre de la CIA, ces ethnies d’Ukraine ne sont pas les bienvenues dans les médias occidentaux, leurs souffrances et les atrocités auxquelles elles sont soumises sont minimisées, ou passées sous silence. L’intensité de l’assaut mené par le régime n’est pas retransmise par les médias occidentaux mainstream. Ce n’est pas une première. En relisant le chef d’œuvre de Phillip Knightley « Première victime : le correspondant de guerre comme héros, propagandiste et faiseur de mythes », je renouvelle mon admiration pour le journaliste du Guardian Philips Price, le seul reporter occidental à être resté en Russie pendant la révolution de 1917 et à avoir rapporté la vérité sur les invasions désastreuses des alliés occidentaux. Objectif et courageux, Philips Price à lui seul dérange ce que Knightley appelle un « silence sombre » anti-russe en occident.

Le 2 mai, à Odessa, 41 Ukrainiens d’origine russe furent brûlés vifs dans le QG des syndicats, sous les yeux de la police qui regardait sans rien faire. Il y a de nombreuses preuves vidéo sans équivoque. Le dirigeant de droite Dmytro Yarosh a dit de ce massacre qu’il était « un jour glorieux pour l’histoire de la nation ». Dans les médias américains et britanniques, ceci fut présenté comme une « sombre tragédie » résultant d’affrontements entre « nationalistes » (néo-nazis) et « séparatistes » (des gens collectant des signatures pour un référendum pour une Ukraine fédérale). Le New York Times passa cela sous silence, ayant classé comme propagande russe les avertissements sur les politiques fascistes et antisémites des nouveaux clients de Washington. Le Wall Street journal a maudit les victimes – « Un incendie ukrainien mortel probablement l’œuvre des rebelles, selon le gouvernement ». Obama félicita la junte pour sa « retenue ».

Le 28 juin, le Guardian dévoua une quasi pleine-page aux déclarations du « président » du régime de Kiev, l’oligarque Petro Poroshenko. Encore une fois, la règle orwellienne d’inversion s’appliqua. Il n’y avait pas eu de putsch ; pas de guerre contre les minorités ethniques ; les Russes étaient à blâmer pour tout. « Nous voulons moderniser mon pays » écrivit Poroshenko. « Nous voulons introduire la liberté, la démocratie et les valeurs européennes. Quelqu’un n’aime pas ça. Quelqu’un ne nous aime pas pour cela. »

A la lecture de son article, le reporter du Guardian, Luke Harding, n’a jamais questionné ces affirmations, ou mentionné les atrocités d’Odessa, les attaques aériennes et de l’artillerie du régime sur des zones résidentielles, le meurtre et le kidnapping de journalistes, les incendies des journaux d’opposition, et la menace de « libérer l’Ukraine des poussières et des parasites ». Les ennemis sont des « rebelles », des « militants », des « insurgés », des « terroristes » et des larbins du Kremlin. Allez chercher dans les archives de l’histoire les fantômes du Vietnam, du Chili, du Timor Oriental, d’Afrique du Sud, d’Irak, vous remarquerez les mêmes qualificatifs. La Palestine est la pierre angulaire de cette escroquerie sans fin. Le 11 juillet, à la suite des derniers massacres à Gaza commis par les Israéliens, équipés par les Américains – 80 personnes dont 6 enfants de la même famille – un général Israélien écrivait dans le Guardian, le titre de son article : « Une démonstration de force nécessaire ».

Dans les années 70, j’ai rencontré Leni Riefenstahl et je lui ai posé des questions sur ses films qui glorifiaient les nazis. À l’aide de caméras révolutionnaires et de techniques d’éclairage, elle a produit une sorte de documentaire qui hypnotisa les Allemands. Son film « Le triomphe de la volonté » est réputé avoir scellé le destin d’Hitler. Je lui ai posé des questions sur la propagande des sociétés qui s’estimaient supérieures. Elle répliqua que « les messages » dans ses films ne dépendaient pas « d’ordres venant d’en haut » mais d’un « vide de soumission » au sein de la population germanique. « Cela inclut-il la bourgeoisie libérale et éduquée ? » ai-je demandé, « Tout le monde » m’a-t-elle répondu, « et bien sur l’intelligentsia ».

John Pilger

http://johnpilger.com/articles/the-return-of-george-orwell-and-big-brothers-war-on-palestine-ukraine-and-truth

traduction Nicolas CASAUX du 4eme Singe

URL de cet article 26272
http://www.legrandsoir.info/le-retour-de-la-guerre-de-george-orwell-et-big-brother-en-palestine-l-ukraine-et-la-verite.html

 

A Barbès, manifestation interdite et souricière policière

Médiapart, Stéphane Alliès, 20 juillet 2014

La manifestation de soutien à la Palestine samedi, interdite par la préfecture avec l’accord du gouvernement, a dégénéré au bout de deux heures. Les manifestants étaient trop nombreux pour rester en place et canaliser ceux qui voulaient à tout prix en découdre. Les premières lacrymos ont dispersé l’essentiel d’une foule nombreuse, mais ont aussi transformé le quartier en théâtre de guérilla urbaine, entre CRS et jets de pierre.

« Ça aurait été plus simple de l’autoriser ». Ce soupir d’un CRS, au coin du boulevard et de la rue de Rochechouart, a dû rôder dans bien des têtes parmi ses collègues. Ce samedi après-midi à Paris, dans le quartier populaire de Barbès, la manifestation de soutien à la Palestine a réuni entre 5 000 et 10 000 manifestants selon les moments et les lieux. En dépit de l’interdiction prononcée la veille par la préfecture de police, avec l’accord de l’exécutif. Ceci pour empêcher d’éventuels « troubles à l’ordre public », au terme d’une semaine mouvementée. In fine, et sans conteste, la stratégie gouvernementale s’est avérée un fiasco.

Prévenues par le maintien de l’appel à manifester annoncé par les organisateurs la veille, les forces de l’ordre mettront en œuvre un quadrillage policier progressif, mais vaste. Entre 14 et 15h, au carrefour des boulevards Barbès, Rochechouart et Magenta, la circulation est peu à peu bloquée par des cordons de CRS. Parmi les premiers arrivés, on compte beaucoup de jeunes et de femmes, pour partie venus de banlieue, qui arborent pour certains des tenues vestimentaires religieuses. Les slogans restent à tout moment politique. « Résistance, de Paris à Gaza ! », « Nous sommes tous des Palestiniens », « Palestine vivra, Palestine vaincra ! » Seuls quelques « Allah Akbar » retentissent parfois, mais sporadiquement et du fait d’un ou deux individus.

La tension est relative, les jeunes se rapprochent des barrages policiers, et les dernières voitures circulent au compte goutte. Puis quelques jeunes montent sur un échaffaudage pour brûler un drapeau israélien (deux autres le seront peu avant les échauffourées), avant d’en brandir un du Djihad islamique.

L’arrivée d’un cortège du NPA peu avant 15h, permet de canaliser la foule. Il a été retardé par les multiples barrages tout autour du quartier, et sera rejoint ensuite par des militants d’Ensemble! (anticapitalistes du Front de gauche). Après discussion avec les policiers, ils organisent une marche sur le boulevard Barbès, malgré quelques mécontentements des premiers arrivés, plus ardents que la moyenne d’un rassemblement qui grossit considérablement.

Dans le cortège, qui s’étend sur près de 500 mètres, on retrouve, comme dimanche dernier, l’Union des juifs pour la paix (UJFP), on aperçoit le chercheur Julien Salingue (spécialiste du Proche-Orient) en pleines négociation avec les CRS, Sandra Demarcq, dirigeante du NPA, Youssef Boussoumah des Indigènes de la République, ou Clémentine Autain du Front de gauche.

On aperçoit aussi plusieurs drapeaux français, agités ou portés sur les épaules, au côté d’un drapeau palestinien ou d’un keffieh. « C’est nécessaire qu’on le montre nous aussi, ce drapeau », explique une étudiante, avant de lancer dans la foulée un slogan immédiatement repris par un bout de foule : « On est Français, on a le droit de manifester ! » On croise aussi de jeunes couples avec enfant, de jeunes militants anarchistes, ou des retraités.

La foule est bigarrée et se répartit assez équitablement entre blancs, arabes et noirs, les voiles et les foulards de différentes tailles cohabitent avec entrain avec les masques d’anonymous et les distributions d’autocollants des militants de la campagne BDS (Boycot-Désinvestissement-Sanction), appelant au boycot économique d’Israël. Les discussions sont multiples entre ceux qui ne veulent pas être récupéré par des partis, et d’autres qui regrettent qu’ils ne soient pas plus présent, pour grossir et « respectabiliser » la mobilisation.

A Barbès, il n’y avait aucun drapeaux communistes ou écologistes, en tout cas pas visibles. Un militant du NPA reconnaît que « la situation est freestyle, mais comme les CRS ne veulent pas nous laisser passer, on ne peut que rester ici, on ne va pas aller dans les petites rues… » Pour lui, « il est impensable de laisser la rue. C’est comme pour les “Bonnets rouges”, ce sont avant tout des classes populaires qui se mobilisent ».

Lacrymos avant dispersion

Vers 15h15, l’arrivée d’un cortège d’environ deux cent hommes en t-shirt noirs, et pour certains d’entre eux gantés et casqués, a un temps inquiété les manifestants déjà présents. En mode « club de supporters », ils tapent dans leur main sur l’air de chant de football (« La LDJ, la LDJ, la LDJ est une salope ! », en référence à la Ligue de défense juive). Puis entonnent une puissante Marseillaise. Avant de faire passer dans la foule des répliques de linceuls victimaires, comme on en voit beaucoup ces temps-ci à Gaza.

Incrédules, certains se demandant s’il s’agissait de « Dieudonnistes » ou de « Soraliens », les manifestants plus « traditionnels » prennent davantage de distance et se regroupent à une station de métro et quelques centaine mètres de là, à Chateau Rouge (à côté du quartier populaire de la Goutte-d’Or). Ce sont les mêmes qui, une demi-heure plus tard seront à l’origine des débordements.

Beaucoup sont aussi remontés par l’interdiction de manifester, vécue comme une humiliation, et qu’ils raccrochent à un changement de politique internationale opéré par François Hollande, un alignement sur les positions de l’état hébreux. « Israël assassin, Hollande complice ! » aura été de loin le slogan le plus entonné, avant que n’éclatent les premières bombes lacrymogènes. Bloqués par un nouveau cordon de policiers, plusieurs militants de la cause palestinienne, ainsi que le service d’ordre du NPA, discutent avec les CRS pour essayer de négocier une sortie de cette souricière policière que n’aurait pas reniée le Jules Moch de la grande époque. Mais aux alentours de 16h, en quelques minutes, la situation a dégénérée.

La tension monte rapidement devant le barrage de CRS. Ceux-ci subissent immobiles les premiers jets de pétards, dans l’impossibilité légale de transformer un rassemblement statique en manifestation, puisqu’interdite. Alors en milieu de cortège, l’auteur de ses lignes n’a pas assisté à la scène, ainsi racontée par Willy Le Devin, pour Libération :

« Vers 15h40, et c’est le début de la troisième mi-temps (…) Soudain, des groupes extrêmement équipés et organisés ont commencé à fendre la foule pour monter au contact des CRS. Ils avançaient en ligne, le visage couvert. A l’évidence, ils n’avaient rien de militants venus défendre la cause palestinienne. Certains arboraient des tee-shirts du virage Auteuil, une tribune du Parc des Princes. Un étrange service d’ordre s’est alors déployé pour empêcher que ces groupes n’en viennent aux mains avec les policiers. Au départ, il fut efficace. Mais quelques jeunes, montés sur un conteneur, commencèrent à jeter de gros pétards sur les forces de l’ordre. Un, puis deux, puis trois. Les CRS ont répliqué par de premières capsules de gaz peu avant 16 heures. Dès lors, c’en était fini de toute manifestation et le XVIIIe arrondissement s’est transformé en vaste champ de bataille ».

Les premières grenades lacrymogènes sont lancées, et le gaz se propagent à l’ensemble du rassemblement. Méthode classique de post-manif dispersée sur grande place. A la légère différence que la manif n’était pas dispersée (elle était même assise en sit-in). Quant aux voies d’évacuation, alors que le métro était fermé, elles prenaient la forme de petites rues commerçantes, souvent barrés par d’autres filtrages policiers. Les ruelles de la Goutte-d’Or auront même été le cadre d’affrontements.

La très grande majorité des manifestants aura continué sa route, certains marchant pacifiquement à quelques centaines vers Châtelet (au centre de Paris). D’autres rejoignant le parvis de la Gare du Nord, où un gros millier de personnes n’ayant pu accéder à la manif s’est rassemblé ; d’autres se repliant près du pont des voies-ferrées, dans la Goutte-d’Or ; d’autres enfin errant par poignées dans Montmartre, seule échappatoire possible vers le nord-ouest de la capitale.

Manifestation nationale samedi prochain ?

Comme pour rappeler un bien plus ténébreux et sinistre décompte à l’origine de la mobilsation parisienne, la soirée aura été rythmée sur les chaînes infos par l’évolution du bilan de la manifestation interdite. A 21h, il était de 38 interpellations, et de 14 policiers blessés. Plusieurs affrontements « jets de pierre contre lacrymos » se sont éternisés jusqu’en fin de journée, autour du carrefour de Barbès. Quelques poubelles et deux voitures ont été vues brûler sur les boulevards.

Dans un communiqué, les organisateurs de la manifestation parisienne dénombrent aussi « au moins 20 manifestants blessés et souffrant de troubles respiratoires, notamment des femmes et des enfants ». Et accusent la stratégie de maintien de l’ordre de la police : « A Gare du Nord, le rassemblement s’est déroulé de façon plus calme. Sans surprise, la police a réservé un traitement plus violent aux habitants du quartier populaire de Barbès, alors que la présence de nombreux touristes à Gare du Nord semble avoir favorisé une relative retenue ; cela rappelle les plus sombres heures de l’ère coloniale ». Avant de conclure : « C’est la décision politique, pour ne pas dire idéologique, du gouvernement usant d’une violence disproportionnée qui a créé les conditions des troubles à l’ordre public, dont le gouvernement porte donc la totale responsabilité ».

Dans le reste de la France, hormis Sarcelles, toutes les manifestations ont été autorisées. Ils ont été plus de 4 000 à Lyon et Marseille, plus de 1 500 à Saint-Etienne, Lille, Montpellier, Nantes ou Strasbourg. En tout, une quinzaine de villes de province. Sans aucun heurt.

Dans leur communiqué, les organisateurs interpellent l’Elysée : « Le président Hollande a déclaré aujourd’hui : “Ceux qui veulent à tout prix manifester en assumeront la responsabilité”. En nous mobilisant massivement, nous lui avons répondu : “Ceux qui veulent à tout prix user d’un droit démocratique fondamental ne céderont pas à vos menaces” ».

Ils appellent d’ores et déja à « une manifestation nationale samedi 15h place de la République à Paris ». De son côté, le NPA appelle « l’ensemble des forces de gauche et démocratiques, syndicales, associatives et politiques, à exprimer leur refus de la répression et leur solidarité active avec la lutte du peuple palestinien ».

Pendant ce temps-là, entre Grenoble et Risoul, Manuel Valls était « un peu » en « vacances » au tour de France. Il a pu parler à un cycliste et à Gérard Holtz, pour dire qu’avec le tour, il « retrouve de la confiance et de l’opimisme » et vante « la beauté de ces paysages », qui lui «  donne envie de continuer ». Puis, il s’est fait davantage martial, les orteils droits dans ses tongs : « L’ordre et la règle doivent s’imposer dans notre pays. Nous ne laisserons en aucun cas dire des slogans antisémites, des slogans contre les juifs de France, car ce n’est pas ça la France. Je veux dire à nos compatriotes que nous serons, le Président de la République, le Premier ministre et moi-même, extrêmement déterminés à faire respecter l’ordre républicain ».

Pied de nez à l’inconséquence primo-ministérielle ayant bien choisi son jour pour venir sur le tour, son homonyme dans le peloton, l’Espagnol Rafael Valls, a choisi d’abandonner la course. Cela pourrait faire sourire à Risoul, si, en voyant la réussite de la manifestation pacifique à Londres, ce n’était pas à pleurer à Paris.

 

 

L’enquête n’est pas commencée mais les coupables sont déjà nommésa

La Voix de la Russie, 20 juillet 2014

 L’enquête officielle sur la catastrophe du Boeing-77 en Ukraine peine à commencer mais ce terrible accident est déjà servi à toutes les sauces à des fins de propagande.

La plupart des médias américains et européens se sont empressés de mettre en cause des miliciens à l’est de l’Ukraine et, par la même occasion, la Russie et ses dirigeants. Moins d’un jour après la catastrophe, les canards de Londres paraissaient avec des manchettes ouvertement accusatrices dans le genre « Poutine a tué mon fils ». Pourtant, il existe une longue pratique internationale s’agissant des accidents d’avions : éviter de nommer les coupables et les versions fantaisistes. Par quoi s’explique donc une telle hâte? La catastrophe actuelle est d’un genre particulier parce que le malheur s’est produit dans la zone de combats. Et comme les sympathies de l’Occident sont incontestablement du côté de l’armée ukrainienne, la tentation était trop grande de faire porter le chapeau aux soi-disant séparatistes et du même coup à la Russie. En outre, les nouveaux gouvernants de l’Ukraine ont immédiatement submergés la presse nationale et occidentale d’accusations mélodramatiques adressées à Moscou qui se laissent facilement citer. Il suffit de se rappeler la déclaration du président Porochenko : « Aujourd’hui le monde entier a vu la face véritable de l’agresseur parce que la destruction de l’avion civil est un acte de terrorisme international ». Il est évident que Porochenko colle l’épithète d’agresseur non pas à sa propre armée qui se bat à des centaines de kilomètres de Kiev dans les régions ukrainiennes de préférence russophones, mais justement aux miliciens qui lui font face.

Les autorités ukrainiennes sont visiblement en manque de preuves réelles. Elles se résument en tout et pour aux entretiens téléphoniques des miliciens qui seraient captés sur Internet par les services spéciaux ukrainiens et qui parlent des tirs sur tels ou tels avion. Mais il y a un hic, parce que c’est depuis plus de deux mois que l’aviation ukrainienne est engagée contre les régions de Louhansk et de Donetsk. Les insurgés avait depuis ce temps réussi à abattre plus de 10 avions de combats ukrainiens dont des avions de transport, la raison pour laquelle on peut légitimement douter qu’il s’agit bien du Boeing et non pas d’autres avions, militaires cette fois. En outre, comme le fait remarquer dans son interview German Zoubov, directeur général du centre d’études phonoscopiques, les fragments d’enregistrements mis en ligne sur Internet, ne constituent pas une preuve juridique. La preuve juridiquement recevable serait le cas échéant l’enregistrement intégral que n’a pas encore été fourni par la partie ukrainienne. Les fragments publiés ne sont sans doute pas truqués mais sont bien loin de ce critère.

Ils ont coupé les fragments les plus significatifs du point de vue de la partie ukrainienne, alors que les dialogues étaient probablement beaucoup plus longs. Par exemple, les enregistrements publiés ne comportent pas de formules comme « salut », « à bientôt », « au-revoir ». Il fait absolument disposer d’un phonogramme intégral qui faciliterait le travail des experts et lèverait ou confirmerait les doutes sur l’authenticité de l’enregistrement.

Par ailleurs, ni les politiciens occidentaux, ni, à plus forte raison, la presse occidentale, n’ont aucune intention d’attendre l’enregistrement intégral ou les conclusions des experts. La président Obama s’est déjà empressé de déclarer que le missile fatal avait été tiré d’une zone contrôlée par les miliciens bien que les meilleurs experts américain en photos satellitaires eussent affirmé le contraire littéralement quelques heures auparavant. Ils disaient être certains que l’avion avait été abattu par un missile « sol-air » mais qu’il était impossible d’en situer la provenance exacte. Si Obama avait des preuves comme des photos montrant le tir de missile, pourquoi ne les avait-il pas soumis à la réunion d’hier du CS de l’ONU qui est une ambiance idéale pour ce genre de révélations? Au lieu de cela, l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU Samantha Power connue pour ses prises de position antirusses se bornait à dire qu’il serait horrible si l’implication de la Russie dans la destruction du Boeing se confirmait.

Les journaux britanniques et américains se font entre-temps un plaisir de publier les enregistrements des conversations téléphoniques mis à disposition par le renseignement ukrainien mais, curieusement, personne ne s’intéresse aux enregistrements analogues fournis par la partie russes qui avait à son tour réussi à se procurer les propos échangés par les militaires ukrainiens au sujet de l’avion qu’ils venaient d’abattre. Toute la question est de savoir comment les miliciens qui ne disposent que de lance-roquettes portables destinés à tirer sur les hélicoptères, ont-ils pu d’abattre un avion volant 10 000 d’altitude. Mikhail Khodarionok, ancien décéiste et actuellement rédacteur en chef du journal « Courrier militaro-industriel » s’en tient à la version sur la trace ukrainienne dans cette tragédie pour la bonne raison que l’avion volant à cette altitude ne pouvait être abattu que par la batterie de missiles DCA « Buk », matériel très encombrant en dotation de l’armée ukrainienne que les miliciens ne possèdent pas :

« Il faut une brigade de DCA pour mettre cette batterie en position de tir et au moins 50 à 60 militaires très qualifé pour réaliser cette performance. »

D’ailleurs, les Américains se fichent pas mal de la complexité technique de la tâche résolue par les destructeurs du Boeing et continuent à accabler la Russie. Le New York Times a déjà publié un article en citant des sources anonymes prétendant que le missile aurait pu être tiré depuis l’Ukraine mais était guidé par un radar situé en Russie. Ce faisant, le journal fait usage d’un procédé de propagande qui marche avec le public dilettante occidental. Il fait ressortir que les missiles « Buk » sont de fabrication russe et que, par conséquent, ce sont les Russes qui ont tiré. Les lecteurs occidentaux ignorent tout simplement qu’à l’époque soviétique la Russie et l’Ukraine avaient les mêmes armements «fabriqués de Russie ». Les médias occidentaux se posent rarement la question de savoir pourquoi les contrôleurs aériens ukrainiens n’ont pas éloigné le Boeing malaisien de la zone de combats.

Bien au contraire, ils sont prompts à mettre en parallèle l’histoire du Boeing sud-coréen que les contrôleurs aériens américains avaient pour son malheur amené dans l’espace aérien de l’Extrême-Orient russe. On rappelle à la Russie qu’il y a plus de 30 ans, cet avion avait été abattu par un chasseur russe juste au-dessus de l’île de Sakhaline truffée de sites militaires. Il existe pourtant des exemples historiques plus récents comme le Tu-154 russe abattu accidentellement par la DCA ukrainienne au-dessus de la mer Noire ou l’Airbus iranien abattu en 1988 au-dessus du Golfe Persique par un missile tiré d’un navire américain que avait pris cet avion de transport pour un chasseur. Le président Reagan avait alors d’abord qualifié cet incident d’acte de défense légitime. Il est facile d’imaginer la colère « de l’opinion internationale » si une phrase pareille était sortie de la bouche des miliciens de Donetsk qui, à la différence de Reagan dans les années 1980, sont réellement exposés aux bombardements.