Les massacres continuent dans le Donbass

Déclaration du Parti communiste russe

L’Ukraine continue de s’enfoncer dans une guerre fratricide et meurtrière. L’opération punitive contre la population de Novorossia est entrée dans une nouvelle phase. La junte de Kiev agit en parfait accord avec ses protecteurs occidentaux. Des jardins d’enfants, des écoles, des infrastructures sont frappés par des tirs à l’arme lourde. Des hélicoptères de combat et des avions d’attaque au sol tirent sur les habitants des villes paisibles, ce qui enfreint toutes les règles de la guerre.

La spirale de la violence se déroule avec une nouvelle force. Le 26 mai à Donetsk, les forces irrégulières de l’Ukraine ont pilonné un camion circulant avec un drapeau des services de secours qui évacuait les blessés du champ de bataille à proximité de l’aéroport. D’après les medias, le véhicule transportant les gens a été attaqué à bout portant au lance-grenade. Et les blessés encore vivants ont été achevés par les activistes de « Pravy Sektor ». Aucun des passagers n’a survécu. Ce crime abominable des Bandéristes est une injure criante à la Convention de Genève qui interdit de faire usage des armes contre les blessés, de tirer sur les hôpitaux, des trains sanitaires et les colonnes de camions transportant des blessés.

On ne peut qu’être frappé encore une fois de l’hypocrisie des USA et de ses satellites européens qui n’ont aucunement réagi à ce crime odieux de leurs hommes de paille. De plus, il existe un certain nombre de preuves que dans cette expédition punitive en Ukraine sont directement impliqués des mercenaires de compagnies privées. Rappelons que ces compagnies sont l’émanation de l’impérialisme américain, et qu’elles ont déjà laissé leurs traces sanglantes en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Lybie et en Syrie.

Le Parti Communiste condamne résolument cette boucherie orchestrée par le régime oligarchique nazi dans le Donetsk. Nous appelons toute la communauté internationale à resserrer les rangs contre la résurgence du fascisme, et à exercer une pression indispensable sur les forces qui favorise son implantation en Ukraine. Il est urgent en particulier de protester contre toute tentative d’organiser sur le territoire ukrainien des manœuvres militaires avec la participation des troupes des pays de l’OTAN.

Le Parti Communiste insiste sur la convocation en urgence du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie. Nous exigeons une réaction immédiate et vigoureuse de notre pays face aux crimes militaires de masse dans les Républiques populaires de Donetsk et Lougansk. Nous sommes convaincus que la Russie doit apporter toute l’aide nécessaire à leurs populations, fournir une assistance aux groupes d’autodéfense, soutenir l’envoi de bénévoles en Nouvelle Russie et lui garantir les ressources dont elle a un besoin vital.
Les habitants du Donbass doivent être sauvés ! C’est notre devoir de faire cesser le génocide d’un peuple qui s’est soulevé pour défendre son droit à l’existence !

http://kprf.ru/party-live/cknews/131705.html

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Victoire des Fralib après 1336 jours de lutte

Après 1.336 jours de lutte, la SCOP T.I c’est parti ! Fralib : une victoire syndicale de grande portée

Dans notre assemblée générale du dimanche 25 mai, les Fralibs ont décidé à l’unanimité d’approuver la signature d’un protocole d’accord avec le groupe UNILEVER.

Cet accord a été signé hier en fin d’après-midi à l’issu d’une ultime réunion de négociation à Paris.

Il permet d’ouvrir de réelles perspectives de construction de notre SCOP.

Le ministère du Travail et la Présidence de la République se sont investis dans la dernière ligne droite et ont participé à la réalisation de ce protocole d’accord par leur engagement.

Cet accord s’inscrit dans un processus de lutte puissant et organisé par les salariés et l’ensemble de la CGT qui a recueilli une solidarité populaire massive développée par leur Comité national de soutien.

Solidarité dans laquelle de nombreuses personnalités, organisations politiques et associatives se sont retrouvées.

Cet accord consolide les acquis arrachés au cours des 1.336 jours de lutte et en engrange de nouveaux.

Les trop nombreuses tergiversations et l’acceptation explicite de quelques dogmes patronaux affichées par certains, n’ont pas toujours contribué à faire avancer nos revendications et nos propositions.

Il aura fallu de la persévérance et de l’opiniâtreté de la part des salariés en lutte pour agir pour le maintien de l’emploi, le maintien et le développement de l’outil industriel et de l’économie de nos territoires.

Le bilan de cette phase du combat de plus de 3 ans et demi confirme que seule l’action paie.

Pour rappel :

- Appropriation publique des terrains et bâtiments,
- Appropriation publique à l’euro symbolique des installations administratives et industrielles du site pour transfert à la SCOP des salariés,
- Soutien financier au démarrage et au développement du plan alternatif des salariés en sécurisant les acquis obtenus et en ouvrant des perspectives sérieuses notamment par :

  • Diverses mesures contribuant au développement commercial. Il s’agit notamment de la recherche de débouchés de production, la construction d’une marque, le renforcement de l’appareil commercial et administratif, une étude de marché.
  • Une contribution conséquente au fonds de roulement.
  • Le financement d’une formation pour les salariés de la SCOP.
  • La participation à la remise en état, au développement, à la modernisation et à la diversification de l’outil de travail.
    - Maintien des institutions représentatives du personnel pendant une période suffisante permettant la maîtrise du dossier jusqu’à la création officielle de la SCOP,
    - Obtention d’une prime substantielle de préjudice pour chaque salarié en lutte venant s’ajouter aux indemnités légales.

Ces acquis ont été obtenus par une lutte efficace et courageuse des Fralibs, un soutien sans faille de toute la CGT et une solidarité populaire et militante large.

Les résultats concrets de cette victoire syndicale sont des points d’appui solides et encourageants à la constitution et au développement de notre SCOP.

Une nouvelle étape de la bataille s’ouvre. Nous nous y engageons avec détermination, comme nous l’avons fait depuis le début du conflit pour gagner les moyens nécessaires au démarrage, au développement et à la pérennité de SCOP TI.

Les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les structures de l’économie sociale et solidaire ont des moyens conséquents. Les Fralibs et toute la CGT ne manqueront pas de leur rappeler leurs engagements et leurs responsabilités dans le respect des prérogatives de chacun.

Alors que les conflits se multiplient, que les fermetures et les licenciements s’accélèrent, notre lutte exemplaire est un succès pour tous les travailleurs de notre pays et démontre que rien n’est jamais joué d’avance. La lutte continue.

Amicalement,

Les ex-salariés de FRALIB et futur SCOPTISTES


pour mémoire, histoire d’une lutte
 

L’histoire commence en 1892 avec la création d’une maison de commerce Petrus et Lazare Digonnet au 25 rue de Curiol à Marseille.

A cette époque, le thé est vendu en vrac. C’est du thé de Chine et aussi du thé d’Assam de fabrication indigène et de qualité fort médiocre.

La marque éléphant, vient des Dockers qui reconnaissaient les sacs de thé, des sacs de cafés grâce à l’éléphant dessiné dessus.

La marque Eléphant est déposée en 1896 et portée sur des boites rondes en fer contenant du thé de Chine.

En 1897, la maison Petrus et Lazare Digonnet fusionne avec la maison D. Thiel du Havre et devient la Maison D. Thiel et P. et L. Digonnet.

En 1901, c’est la séparation. Le 1er juillet 1902 correspond à l’absorption de Rauque et Lambert (également maison de thé.)

Le 1er mars 1909 c’est l’absorption de Smith.

La même année le Thé de l’Eléphant dépose un modèle de paquet fait au moule avec une feuille d’aluminium et commence à vendre ainsi les thés de Ceylan. Cette présentation était inspirée par ce qui se faisait à Ceylan à partir des feuilles de plomb ou d’étain.

Le 27 décembre 1926 la société anonyme Lazare Digonnet est créee.

L’usine de Marseille démarre en 1927 au 97 bd Camille Flammarion.

1932 est l’année du lancement des sachets-doses appelés Tibolls, confectionnés en gaze mousseline que l’on connaît encore aujourd’hui.

En 1937 ce furent les cello-Tibolls sachets faits avec un papier filtre absolument neutre. Le succès des sachets doses de Thé a engagé le Thé de l’éléphant à les adopter pour les infusions.

Dès 1933 les Tibolls d’infusions (tilleul, verveine, menthe, camomille, oranger) puis en 1937, les Cello-Tibolls d’infusions sont lancés avec un succès considérable.

1951 est l’année de l’arrivée de la première machine Teepack ; c’est la machine numéro 7 qui est d’ailleurs toujours en fonctionnement à Gémenos.

A cette époque, la machine garantie par le constructeur pour produire 135 sachets/minute occupe 6 personnes (alimentation manuelle en produit, formation manuelle des boîtes, mise en boites manuelle des sachets). Nous sommes encore loin de notre usine de Gémenos.

D’autres départements s’ajoutent à ces différents productions et notamment celui des plantes en boîte 25 grammes sous la marque « Plantes d’Or » (plantes coupées, calibrées, dépoussiérées) et 20 grammes sous la marque « Mon jardin » (plantes entières.)

Dans les années 60, le thé de l’Eléphant vend déjà plus de 100 millions de sachets de thé et d’infusions et lance le thé déthéiné appelé Infre-Eléphant qui est pratiquement dépourvu de Théine, mais conserve toute la saveur et l’arôme du thé naturel.

La cie Coloniale entre dans le giron de l’éléphant en 1967.

En 1969 Mocarex appartenant au groupe Ricard prend une participation majoritaire dans la société.

1972 est l’année où Unilever achète le Thé de L’Eléphant.

En même temps l’usine Lipton voit le jour au Havre.

Enfin 1977 est la grande année où Fralib est crée et la société du thé de l’éléphant apparraît en tant que telle.

L’activité de production reste cependant toujours à Marseille.

L’activité ne fait que croître, notamment avec l’arrivée des saveurs du soir et la décision est prise de transférer l’usine à Gémenos ;

L’usine de Gémenos démarre le 23 octobre 1989.

En février 1990, la première machine IMA C 2000 arrive à Gémenos. Cette machine produit 450 sachets/minute.

Que de chemin parcouru et que d’énergie dépensée entre la mise en paquet manuelle du thé et notre époque, quelle belle évolution pour notre marque Eléphant.

En 1997, UNILEVER décidé de fermer l’usine du Havre et propose la mutation aux salariés vers Gémenos (1000kms), argumentant que l’usine de Gémenos devenait l’usine Européenne d’infusions et de Thé parfumé pour toute l’Europe de l’ouest et Celle de Bruxelles devenait l’usine Européenne pour le Thé noir.

La direction d’UNILEVER à l’époque vante les atouts majeurs du site de Gémenos pour convaincre les salariés du Havre de descendre dans le Sud.

Notamment les 2 spécificités uniques dans les sites mondiaux d’UNILEVER qu’étaient la ligne de coupe des plantes récoltées dans la région provençale (Tilleul, Verveine, camomille , menthe , etc…). Et l’atelier d’aromatisation humide avec des arômes naturels venant principalement de la région à Grâce .

54 familles descendront du Havre en 1998 .

À peine arrivé, fin 1998 UNILEVER abandonne une des 2 spécificités du site, la ligne de coupe et l’approvisionnement régional, pour se fournir via un sous traitant « Martin Bauer » , les plantes viennent maintenant d’Europe de l’est, du Nicaragua, etc…

En 2003, UNILEVER décide afin d’accroître ses marges de mettre fin à la 2ème spécificité du site et de remplacer l’aromatisation naturelle par des billes d’arômes chimiques. Cependant les salariés s’opposent à ce que l’atelier d’aromatisation et les machines soient complètement démantelés afin de ne pas empêcher un retour aux arômes naturels. Ce qui peut permettre aujourd’hui avec un minimum d’investissement de revenir à ce procédé d’aromatisation.

Le 28 septembre 2010 la direction d’ UNILEVER présente son projet de fermeture de l’usine historique de Gémenos, et de faire partir les productions en Pologne et en Belgique.

Le 3 janvier 2011 les représentants salariés présentent à la direction une solution alternative à la fermeture.

Le 20 janvier 2011 les salariés attaquent en justice le 1er plan social

le 3 février la justice annule le Plan social.

La direction reprend une 2ème procédure en mars 2011.

À nouveau les salariés iront devant les tribunaux le 15 juin 2011 pour en demander l’annulation. Le juge suspendra le PSE et revoit les parties devant le juge du fond.

Le 20 juillet 2011 le juge de fond déboute les salariés de leurs demandes.

Le 22 juillet 2011 , les machines sont arrêtées. L’usine est placée sous surveillance par les salariés et des tours de garde sont organisés.

Le 30 août 2011 les salariés sont licenciés.

Le 2 septembre 2011, l’usine est occupée.

Le 3 octobre 2011, une grande journée de mobilisation nationale est organisée à l’usine et une grande banderole est déployée sur la façade de Notre Dame de la Garde.

Le 17 novembre 2011, la cour d’appel d’Aix en Provence annule le 2ème plan social d’Unilever et oblige la société à réintégrer les salariés.

Le 20 novembre la direction propose 90 000 euros aux salariés en plus des dispositions du plan social pourtant annulé par la justice si ils renoncent à la lutte.

103 personnes sur 182 resteront à l’effectif.

Le 25 janvier 2012, après 500 Jours de lutte la direction d’UNILEVER entame une 3ème procédure de PSE.

Elle prend fin le 7 mars 2012.

Le 4 avril 2012 les salariés demandent pour la 3ème fois l’annulation du PSE devant les tribunaux.

Le 20 avril le tribunal déboute les salariés de leurs demandes.

Le 3 mai 2012 ils font appel de cette décision.

Le 4 mai 2012 les salariés sont licenciés pour la 2ème fois.

Le 11 mai 2012 l’usine est à nouveau occupée .

Le 13 août 2012 l’Inspecteur du Travail refuse le licenciement des représentants du personnel, sur tous les motifs, procédure irrégulière et non validité du motif économique .

Une nouvelle gifle à UNILEVER, qui contraint le Président Monde Paul Polman de sortir de sa réserve.

Le 28 août 2012, la communauté urbaine de Marseille rachète le terrain et les locaux, les machines sont cédées aux salariés pour un euro symbolique.

L’ U.E. DU CAPITAL NE S’AMENDE PAS, ELLE SE COMBAT !

Une déclaration des organisations constituant les Assises du communisme

  • Pôle de Renaissance Communiste en France
  • Rouges Vifs Ile de France
  • Rouges Vifs Midi
  • Rassemblement des cercles communistes
  • Action Communiste
  • Réseau Faire Vivre le PCF
  • Collectif Communiste Polex
  • Cercle communiste d’Alsace
  • Coordination Communiste 59/62
  • Gauche communiste

Souvenons-nous : lors du vote sur le funeste Traité de Maastricht (1992), Chirac et Mitterrand, la droite et le PS rabattaient ensemble pour le Oui. Ensemble, ils assuraient qu’avec la mise en place de l’U.E. et de l’euro, une ère de progrès social, de prospérité économique, de démocratie, de paix et de respect des peuples s’ouvrirait en France et en Europe.

A l’époque, le P.C.F. – dont les dirigeants n’avaient pas encore pris leur virage « euro-constructif » – avaient avec raison appelé à voter Non. La C.G.T.,  et le P.C.F. démontraient que l’U.E. du capital n’apporterait que la concurrence déchaînée entre les peuples, la fin des souverainetés nationales et la mort des conquêtes sociales et démocratiques..

Aujourd’hui les peuples d’Europe, et spécialement la classe ouvrière et le monde du travail, tirent le bilan amer de leur expérience :

L’euro, c’est l’effondrement du pouvoir d’achat populaire, c’est la concurrence entre les travailleurs dans chaque pays comme entre les pays, c’est la guerre économique contre les coopérations mutuellement avantageuses, c’est aussi l’austérité sans fin pour la Sécu, les retraites et les services publics, c’est la mise en tutelle du budget de la Nation par la Commission de Bruxelles et par la Banque de Francfort.

L’ UE, c’est la récession, les délocalisations, les privatisations, le chômage de masse, la précarité, le moins-disant social et salarial imposé aux travailleurs de tout le continent. Et pendant ce temps, les milliardaires et les banquiers remplissent les paradis fiscaux des milliards prélevés sur le travail. En France, l’U.E. c’est le Pacte Valls-MEDEF, avec 50 milliards pris aux revenus du travail et aux services publics pour les donner aux banques et au MEDEF.

L’ UE, c’est la dictature de la finance, et c’est le viol des référendums – notamment du Non émis par le peuple français contre la constitution européenne, revenue sous la forme aggravée du Traité de Lisbonne et du Traité de gouvernance budgétaire exigé par Berlin. Pire, l’U.E. favorise la montée de l’extrême droite fasciste; à l’est, c’est la répression anticommuniste et le soutien scandaleux aux fascistes : on le voit en Ukraine où le gouvernement Hollande et l’UE appuient les nazis des partis Svoboda et Pravi Sektor qui ont pris le pouvoir à Kiev à l’issue d’un putsch favorisé par la CIA.

L’ UE, c’est le viol permanent des nations souveraines ; c’est la tutelle de fer sur la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie. C’est l’éclatement des Etats constitués, Belgique, Espagne, Italie, et prochainement, France avec l’engagement de Hollande de supprimer les départements au profit de dix grandes régions, sur le modèle des Länder. Que restera-t-il de la République française une et indivisible héritée de la Révolution française dans ce territoire où la loi et les acquis sociaux varieront d’un territoire à l’autre au seul bénéfice du grand patronat ?

Non l’UE, ce n’est pas l’ouverture sur le monde dans sa diversité. En fait, l’UE est soumise aux U.S.A. et au bloc agressif de l’OTAN. Au service des sociétés transnationales, l’UE atlantique est une source permanente d’agression : elle appuie des djihadistes en Syrie et s’ingère de cent façons en Afrique, au mépris du droit des peuples à décider de leur avenir. A ce propos notre impérialisme Français se révèle comme un des principaux fauteurs de guerre au profit des actionnaires de Total, Areva, etc..

Et les choses s’aggravent : secrètement et sans mandat du peuple, l’UE et Hollande ont lancé les négociations pour instaurer, sous la tutelle des U.S.A. un Pacte transatlantique qui porterait le coup de grâce aux productions industrielles nationales, aux cultures et aux langues nationales d’Europe, y compris le français, au profit d’une américanisation pire encore que celle que nous subissons déjà.

Dans ces conditions, opposons-nous sans concession au PS et à l’UMP, qui sous le masque de l’alternance, sont les deux piliers de la casse européenne de la France et des acquis sociaux et démocratiques.

Dénonçons le « rassemblement bleu marine » qui en bon serviteur des intérêts de classe bourgeois, dévoie l’attachement légitime du peuple français à sa souveraineté violée vers la xénophobie pour diviser les travailleurs et épargner le capital.

Refusons le mensonge de l’Europe sociale qui dissimule la nature de classe réactionnaire de l’ U.E. du capital. Non l’ U.E., non l’euro, non l’ O.T.A.N. ne se « réorientent » pas de l’intérieur. On n’amende pas une dictature supranationale, fascisante, anticommuniste, belliqueuse, qui mène une guerre sociale contre ses propres travailleurs et qui prépare la guerre contre la Russie, contre les peuples du Proche-Orient et la Chine! !

C’est pourquoi, dans l’esprit des Assises du communisme tenues en juin 2013, nous appelons les travailleurs des entreprises et des quartiers populaires, et plus généralement tous les citoyens attachés à l’idéal d’une République sociale, souveraine et fraternelle à

  • Refuser le Pacte d’austérité Merkel-Valls-MEDEF, faire grandir l’action et l’opposition populaire contre Hollande et la droite !
  •  Sortir la France des broyeurs mortels que sont L’EURO, l’UE, l’ OT.A.N.. et le capitalisme fauteur decrises, de guerre, de fascisme et d’injustices.
  • Rejeter le piège mortifère des mensonges médiatiques qui présentent la démagogie de l’extrême droite comme une opposition à l’euro et à l’UE !
  • Agir avec les communistes franchement opposés à l’euro, l’ U.E. et l’OTAN pour faire renaître en France la lutte de classe pour la transformation révolutionnaire de la société !

Partout, les militants communistes que nous sommes s’engagent à aider par leur unité d’action les travailleurs et la jeunesse populaire à construire la résistance !

 

Ukraine : les Etats-Unis nous entraînent dans une guerre contre la Russie

John PILGER, The Guardian, 15 mai 2014

Traduction : Le Grand Soir

Pourquoi tolérons-nous la menace d’une nouvelle guerre mondiale qui se mène en notre nom ? Pourquoi tolérons-nous les mensonges qui justifient ce risque ? L’état de notre endoctrinement, comme l’a écrit Harold Pinter, est « un tour d’hypnose brillant, et couronné de succès », comme si la vérité « ne s’était jamais déroulée, même au moment où elle se déroulait ».

Chaque année l’historien américain William Blum publie son « archive actualisée du résumé de la politique étrangère des Etats-Unis » qui montre que, depuis 1945, les Etats-Unis ont tenté de renversé plus de 50 gouvernements, la plupart démocratiquement élus ; ont grossièrement interféré dans les élections de 30 pays ; bombardé la population civile de 30 pays ; utilisé des armes chimiques et biologiques ; et tenté d’assassiner des dirigeants étrangers.

Dans bien des cas, la Grande-Bretagne était complice. Le degré de souffrance humaine, et encore moins la criminalité, n’est jamais reconnu en Occident, malgré la soi-disant présence des technologies de communication les plus avancées, et du journalisme le plus libre du monde. Que les victimes les plus nombreuses du terrorisme – de notre terrorisme – soient des musulmans, est imprononçable. Que le djihadisme extrémiste, à l’origine du 11 septembre, ait été créé comme arme de la politique étrangère britannique (Opération Cyclone en Afghanistan) est occulté. En avril, le département d’État américain remarquait que, à la suite de la campagne de l’OTAN de 2011, « la Libye est devenue un paradis pour les terroristes ».

Le nom de “notre” ennemi a évolué au fil des années, du communisme à l’islamisme, mais il s’agit généralement de n’importe quelle société indépendante du pouvoir de l’Occident et occupant des territoires stratégiques ou riches en ressources. Les leaders de ces nations gênantes sont généralement violemment mis à l’écart, comme les démocrates Muhammad Mossadegh en Iran et Salvador Allende au Chili, ou ils sont assassinés comme Patrice Lumumba au Congo. Ils font tous l’objet d’une campagne médiatique de caricature et de diabolisation – pensez à Fidel Castro, Hugo Chavez, et maintenant Vladimir Poutine.

Le rôle de Washington en Ukraine est différent seulement parce que ses implications nous concernent tous. Pour la première fois depuis l’ère Reagan, les USA menacent d’entraîner le monde dans une guerre. Avec l’Europe de l’est et les Balkans devenus des bases militaires de l’OTAN, le dernier « état-tampon » frontalier de la Russie est dévasté. Nous, les Occidentaux, soutenons des néo-nazis dans un pays où les Ukrainiens nazis ont soutenu Hitler. Ayant dirigé le coup d’Etat de Février contre le gouvernement démocratiquement élu à Kiev, la tentative de Washington de récupérer la base navale historiquement russe de Crimée a échoué. Les Russes se sont défendus, comme ils l’ont toujours fait contre chaque invasion occidentale depuis presque un siècle.

Mais l’encerclement militaire de l’OTAN s’est accéléré, en même temps que des attaques orchestrées par les USA sur les ethnies russes d’Ukraine. Si Poutine peut être poussé à aller les aider, son rôle préétabli de paria justifiera une guerre menée par l’OTAN qui se propagera sans doute à l’intérieur du territoire russe.

A la place, Poutine a embrouillé ses adversaires en cherchant un terrain d’entente avec Washington et l’Europe, en retirant ses troupes de la frontière ukrainienne et en incitant les ethnies russes d’Ukraine de l’est à abandonner le référendum provocateur du week-end. Ces gens, russophones, bilingues – un tiers de la population de l’Ukraine – ont longtemps souhaité l’avènement d’une fédération qui reflète la diversité ethnique du pays et qui soit à la fois autonome et indépendante vis-à-vis de Moscou. La plupart ne sont ni des « séparatistes » ni des « rebelles » mais simplement des citoyens souhaitant vivre en sécurité dans leur pays.

Comme les ruines d’Irak et d’Afghanistan, l’Ukraine a été transformée en un camp d’entrainement pour la CIA – dirigé par le directeur de la CIA John Brennan à Kiev, avec des “unités spéciales” de la CIA et du FBI qui mettent en place une “structure de sécurité” afin de superviser les attaques sauvages de ceux qui se sont opposé au coup d’Etat de février. Regardez les vidéos, lisez les rapports des témoins du massacre d’Odessa. Des bandits fascistes amenés par bus ont brulé les sièges des syndicats, tuant 41 personnes bloquées à l’intérieur. Regardez la police laisser faire. Un docteur a décrit sa tentative d’aller aider les gens, « mais j’ai étais stoppé par des nazis pro-Ukrainiens. L’un deux m’a violemment poussé, en me promettant que bientôt ce serait mon tour à moi et aux autres Juifs d’Odessa… Je me demande pourquoi le monde entier reste silencieux. »

Les Ukrainiens russophones se battent pour leur survie. Quand Poutine a annoncé le retrait des troupes russes de la frontière, le secrétaire à la défense de la junte, à Kiev – un des membres fondateurs du parti fasciste « Svoboda », a déclaré que les attaques sur « les insurgés » allaient continuer. Dans un style orwellien, la propagande occidentale a rejeté la faute sur Moscou « qui orchestre le conflit et la provocation », selon William Hague. Son cynisme peut être comparé à la grotesque félicitation d’Obama à la junte pour sa « retenue remarquable » à la suite du massacre d’Odessa. Illégal et fasciste, la junte est décrite par Obama comme « légalement élue ». Ce qui importe ce n’est pas la vérité, a un jour dit Henry Kissinger, mais « ce qui est perçu comme vrai ».

Dans les medias états-uniens, les atrocités d’Odessa ont été minimisées ; une affaire « louche » et une « tragédie » dans laquelle des « nationalistes » (néo-nazis) ont attaqué des « séparatistes » (des gens en train de collecter des signatures pour un référendum sur une Ukraine fédéral). Le Wall Street Journal de Rupert Murdoch a maudit les victimes – « Un incendie meurtrier en Ukraine probablement allumé par les rebelles, selon le gouvernement ». La propagande en Allemagne est digne de la guerre froide, avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung (littéralement, « Journal général de Francfort ») qui met en garde ses lecteurs contre la Russie et sa « guerre non déclarée ». Pour les Allemands, le fait que Poutine soit le seul leader à condamner la montée du fascisme au 21ème siècle relève de l’ironie.

Un truisme populaire dit que “le monde a changé” à la suite du 11 septembre. Mais qu’est ce qui a changé ? Selon le fameux lanceur d’alerte Daniel Ellsberg, un coup d’Etat silencieux a eu lieu à Washington et un militarisme rampant dirige maintenant. Le Pentagone dirige en ce moment des « opérations spéciales » – des guerres secrètes – dans 124 pays. Aux Etats-Unis, une pauvreté en augmentation et des libertés hémorragiques sont les corollaires historiques d’un état de guerre perpétuel. Ajoutez à cela le risque de guerre nucléaire, et la question qui reste est : « Pourquoi tolérons-nous cela ? »

John Pilger

13 mai 2014

Traduction Nicolas CASAUX du Collectif 4ème singe http://4emesinge.com/

Emmanuel Todd : « Non, je n’irai pas voter ! »

Hérodote, 12 mai 2014

Dans un entretien exclusif avec Herodote.net, l’historien Emmanuel Todd analyse l’évolution de l’Union européenne et dit son intention de ne pas aller voter le 25 mai, pour la première fois de sa vie. Un choix raisonné et, de son point de vue, civique…

Par ses travaux sur les structures familiales, Emmanuel Todd est l’un des principaux historiens de sa génération. C’est aussi un témoin engagé de son époque qui peut se flatter de n’avoir jamais été pris en défaut dans ses nombreux essais. Volontiers provocateur, il s’est attiré quelques inimitiés par ses interventions dans la presse et à la télévision mais rares sont les contradicteurs qui s’estiment assez armés pour lui faire front.

Herodote.net : À vous lire, on peut se demander si vous avez le don de prophétie. En 1976, à 25 ans, votre coup d’essai fut un coup de maître car vous avez annoncé dans La Chute finale l’effondrement à moyen terme du système soviétique sans connaître pour autant l’URSS.

Emmanuel Todd : Je vais vous l’avouer, il n’y a rien de miraculeux là-dedans ! Je fais simplement un peu plus attention que d’autres aux chiffres qui traînent partout. Par exemple, mon intuition sur La Chute finale est venue de ce que la mortalité infantile en URSS était en train de fortement remonter. C’est un phénomène exceptionnel et j’y ai vu l’effritement du système. J’en ai conclu que le pouvoir soviétique était condamné à brève échéance.

Plus récemment, en pleine guerre froide irano-américaine, j’ai pronostiqué avec mon ami Youssef Courbage l’entrée dans la modernité de l’Iran et de plusieurs pays arabes (Le Rendez-vous des civilisations, 2007). Ce n’était pas difficile, il suffisait de regarder le nombre d’enfants par femme et le pourcentage d’étudiantes à l’université. En adoptant une rationalité familiale proche des standards occidentaux, ces peuples étaient prêts à se convertir aussi à une nouvelle rationalité démocratique et politique.

En ce qui nous concerne, c’est différent. En écrivant L’invention de l’Europe, en 1990, j’ai pris conscience de l’extrême diversité anthropologique de notre continent et j’y ai vu l’illusion de réduire l’Europe à une construction étatique. Gardons-nous de sacrifier notre diversité car elle est la clé de notre dynamisme.

Pour cette raison, bien que partisan de l’Union européenne, j’ai voté Non au traité de Maastricht qui lançait la monnaie unique et, en 1995, quand mon livre a été réédité, je me suis hasardé à écrire dans la préface : « Soit la monnaie unique ne se fait pas, et L’Invention de l’Europe apparaîtra comme une contribution à la compréhension de certaines impossibilités historiques.
Soit la monnaie unique est réalisée, et ce livre permettra de comprendre dans vingt ans pourquoi une unification étatique imposée en l’absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu’une société.  »

Herodote.net : Nous y voilà ! Vous avez donc aussi voté Non au référendum sur le Traité constitutionnel en 2005 ?

Emmanuel Todd : Eh bien, pas du tout ! Quand la monnaie unique est arrivée, j’ai voulu faire preuve d’optimisme en bon citoyen européen et j’ai voté Oui au référendum. Mais la réalité nous a tous rattrapés…

Cela dit, j’ai été scandalisé par le viol du suffrage universel qu’a représenté le passage en force du traité constitutionnel sous le nom de Traité de Lisbonne. J’y vois un tournant historique avec le basculement dans une forme de post-démocratie. L’oligarchie s’assoit sur le suffrage universel… comme en Afghanistan où l’on affecte de prendre au sérieux des scrutins dont on sait pertinemment qu’ils sont massivement truqués. Nos parlementaires sont certes mieux élus mais ils n’ont pas plus de respect pour leurs électeurs et n’ont rien à faire de leur avis. Quand la révolte des Bonnets rouges a éclaté en Bretagne, les élus locaux n’ont rien vu venir et ils ont choisi de détourner les yeux ou de condamner les manifestants. Les discours sur la « fracture sociale » ou le « monde de la finance » ne servent que le temps d’une campagne. Rien à voir par exemple avec les débuts de la IIIe République en France.

Ce fossé entre les élus et les électeurs est bien plus grand encore au Parlement européen en raison du scrutin de liste à la proportionnelle, qui fait qu’on ne choisit pas une personne mais une étiquette, et plus encore parce que ce Parlement ne sert à rien !

Herodote.net : Le Parlement européen ne sert à rien ? Vous exagérez ?

Emmanuel Todd : Pas du tout. Voyez donc. Qu’il s’agisse de la crise financière ou des enjeux géopolitiques en Ukraine ou en Afrique, c’est au Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement, à la Banque Centrale Européenne et à la Commission européenne que se prennent toutes les décisions. Et c’est la Commission européenne qui détient le droit d’initiative alors que, dans toute véritable démocratie, il revient au Parlement.

Nous avons affaire à un « Parlement Potemkine », un vernis démocratique pour un système qui ne l’est pas. En toute confidence, les députés eux-mêmes ne se font pas beaucoup d’illusions. En réunion autour d’un verre avec d’anciens députés, ceux-ci ne m’ont parlé que de la maison qu’ils avaient pu acheter grâce à leurs indemnités !

Je constate que la Nation demeure le seul lieu au sein duquel nous pouvons faire valoir nos opinions par le vote. Et c’est le seul lieu où nos votes peuvent encore peser sur les choix de société.

Participer aux élections européennes n’a pas plus de sens pour moi que de voter aux États-Unis… quoique, si l’on me permettait d’échanger mon droit de vote au Parlement de Strasbourg contre un droit de vote aux présidentielles américaines, je choisirai ce dernier car, par son pouvoir de décision, le président américain a plus d’influence sur ma vie que les députés européens !

En conséquence, j’ai choisi de ne pas aller voter le dimanche 25 mai. Je ne veux pas apporter ma caution à une institution non démocratique et proprement illégitime.

Herodote.net : Comment ? Mais s’abstenir, ce n’est pas un comportement civique ! Et ce n’est pas comme ça que vous ferez bouger les choses ! Au moins, vous pourriez choisir de voter avec un bulletin blanc.

Emmanuel Todd : Voter blanc, c’est signifier que l’on croit en ce système et qu’il suffirait de changer le personnel pour l’améliorer et le démocratiser. Mais c’est une illusion. Même Le Monde, porte-parole des européistes, l’admet : tout ce qu’on peut attendre des élections, c’est de passer d’une orientation de centre droit à une orientation de centre gauche ! Que l’on vote ou non, cela ne changera rien au fonctionnement des institutions européennes, de la BCE comme de la Commission. Celles-ci continueront de tourner au-dessus nos têtes en ignorant le Parlement, ses députés et ses électeurs, de quelque parti qu’ils soient.

Ces institutions n’empêchent d’ailleurs pas les nations et les égoïsmes nationaux de s’exprimer. Quand le britannique BAE et le franco-allemand EADS ont voulu se rapprocher pour créer un géant européen de l’aéronautique, Angela Merkel y a mis son veto pour préserver les emplois allemands… En géopolitique, c’est encore plus net : chaque gouvernement agit selon ses intérêts en habillant ceux-ci d’une vague résolution européenne. La France agit seule en Afrique tandis que l’Allemagne mène la danse en Russie. Ce n’est pas un hasard si quatre des sept observateurs européens retenus en otage en Ukraine étaient Allemands.

S’abstenir, c’est signifier que l’on n’est pas dupe de la mascarade. C’est dénoncer l’européisme béat des partis classiques. C’est aussi dénoncer le Front National en mettant en évidence son appartenance au système. L’abstention massive aux élections européennes, si elle se vérifie, aura une conséquence pour le moins positive : elle témoignera de ce que la nation demeure le seul échelon démocratique au sein duquel peuvent s’affirmer les solidarités.

Propos recueillis par André Larané pour Herodote.net, le 12 mai 2014

Alep : cachez-moi cette ville martyre que nous ne saurions voir

Michel RAIMBAUD, ancien mabassadeur de France, GlobalResearch, 13 mai 2014

La Syrie est confrontée à une guerre sauvage, cruelle, impitoyable : 150 000 morts, des centaines de milliers de blessés, des millions de déplacés et de réfugiés (un habitant sur trois), la destruction des habitations, des écoles, des hôpitaux, des usines, des infrastructures, le pillage du patrimoine archéologique et culturel.

L’opposition prétendument pacifique que soutiennent nos dirigeants et leurs amis islamistes de Turquie, d’Arabie et du Qatar a longtemps réussi à faire illusion et à escamoter son écrasante responsabilité dans ce bilan. Maintenant que les langues se délient, nul ne peut plus ignorer que la dite opposition n’a pas attendu d’être submergée par les djihadistes sauvages que nous voyons à l’oeuvre depuis deux ans pour prendre les armes, ayant eu recours dès les premiers jours de la crise à la provocation, à la violence et au terrorisme. On ne perçoit donc pas ce qui la prédestinait à devenir la représentante légitime du peuple syrien, mais les subtils personnages qui nous gouvernent, se prenant pour les petits maîtres du monde, en ont décidé ainsi. Ils vont d’ailleurs plus loin dans le cynisme en gardant le silence sur les horreurs commises par les djihadistes modérés et les terroristes démocrates et en attribuant au « régime » la responsabilité du calvaire que vivent les Syriens.

Or ceux-ci, dans leur grande majorité – il suffit d’écouter les innombrables témoignages pour s’en convaincre – ne voient qu’une issue pour sortir de l’enfer : l’armée nationale, dont l’intervention – n’en déplaise aux tricheurs qui camouflent les réalités dérangeantes – est souhaitée et non pas redoutée, représente seule le salut. Recrutée par conscription, elle est le symbole de l’unité du pays. Avec le Président Bachar al Assad, elle est la garante de la pérennité de l’Etat et de ses institutions. Les habitants des quartiers touchés par la disgrâce de la « révolution » font spontanément la différence entre l’armée régulière et les mercenaires sauvages qui prétendent leur imposer un ordre d’un autre âge, et il n’y a pas photo. Ou, si photo il y a, c’est pour immortaliser l’accueil fait aux soldats venus les délivrer de leurs soi-disant « libérateurs », comme dernièrement à Homs. La mystification n’a que trop duré. Il faut arrêter de mentir aux Français et de s’enliser dans la défense d’une cause pourrie. La France, déjà partie prenante au démantèlement de la Libye, ne peut rester complice de la destruction de la Syrie en y soutenant les terroristes d’Al Qaida qu’elle prétend combattre en Afrique, traquer Boko Aram au Nigéria et fermer les yeux sur le martyre infligé à la ville d’Alep par ses amis djihadistes. Cette schizophrénie est indécente.

Alep est un cas d’école. Voilà deux ans déjà que la capitale économique de la Syrie est assiégée et en partie occupée par une « opposition armée » infréquentable, sa population étant punie de ne pas avoir adhéré à la « révolution » islamiste. Vigoureusement et ouvertement aidés par un régime turc qui a levé le masque et perdu toute raison, djihadistes, terroristes, mercenaires (souvent venus du Caucase et de l’Asie Centrale) s’efforcent de briser la résistance des Alépins. On le sait maintenant, les « grandes démocraties » ne sont pas très chatouilleuses sur le choix de leurs alliés et l’on constate qu’elles assimilent volontiers le djihad à une guerre pour la liberté et les droits de l’homme (et/ou de la femme). « Les gars du « Jabhat al Nosra » », succursale d’al Qaida dans la région, « font du bon boulot », a osé dire un ministre qui restera dans les annales. Cette fine remarque, que l’on excuserait à la grande rigueur dans la bouche d’un pilier de café du commerce, ne serait-elle pas déplacée dans celle du chef de la diplomatie d’une « grande démocratie » donneuse de leçons ?

« Nous ne savions pas », diront tous ceux qui n’ont pas voulu savoir. L’expression rappelle des souvenirs. Savoir quoi ? Que les habitants d’Alep sont systématiquement affamés et assoiffés par les rebelles qui les ont pris en otages ainsi que par leurs parrains turcs, déjà instigateurs du pillage et du démontage de leurs usines ? Qu’ils sont privés d’eau potable, d’électricité, de ravitaillement, de médicaments, au gré des caprices de leurs « libérateurs », sans que la fameuse « communauté internationale » (qui rassemble les Européens et les Américains de l’Axe du Bien) ne pipe mot, toute à sa fébrilité dans la recherche de lycéennes enlevées au Nigeria. Pas un mot des ONG, de la Croix-Rouge, du HCR, de Navy Pillay (l’ineffable du Conseil des Nations Unies pour les Droits de l’Homme), du placide M. Ban, des caciques de l’humanitaire méchant, pour dénoncer ce blocus couvert par des Etats qui se disent grands. Nous ne savions pas ? Pas besoin d’être président, ministre, responsable politique, intellectuel, journaliste, pour se renseigner et percer le mur de béton de l’indifférence sélective, de la désinformation massive, du mensonge collectif. Il suffit d’être raisonnablement honnête. L’espèce serait-elle en voie de disparition dans nos pays si contents d’eux-mêmes et si confits en dévotion s’agissant des droits et libertés chez les autres ?

Les victimes de la guerre universelle menée en Syrie (la moitié d’entre elles appartenant d’ailleurs à l’armée, aux forces de sécurité et aux comités de défense) seront mortes victimes de la barbarie, du mensonge, de l’indifférence. Nous ne savions pas, diront-ils. Eh bien si, ils savaient. Ils savaient même si bien qu’ils ont sciemment, systématiquement, enfumé leurs concitoyens dans un nuage opaque de fausses affirmations, de contrevérités, de valeurs factices, de tromperies. Qui osera donc leur demander des comptes ? Resteront-ils impunis comme c’est souvent le cas, tant il est vrai qu’ils sont si puissants et si nombreux ? Si un seul d’entre eux dans le vaste monde était pris pour cible par la Cour Pénale Internationale, comme un africain ou un arabe du commun, cela nous redonnerait espoir dans les valeurs que nous voyons chaque jour bafouées, bafouées par ceux-là mêmes qui les brandissent afin de mieux cacher leurs turpitudes.

Michel Raimbaud

 

Ukraine : vers la guerre civile?

Jacques SAPIR, RussEurop, 2 mai 2014

Les événements dramatiques qui se sont produits dans l’Est de l’Ukraine aujourd’hui, vendredi 2 mai, constituent une accélération indiscutable du processus conduisant à la guerre civile, et à terme à la partition du pays. Comme on le présageait, l’accord de Genève est en train de sombrer, et avec lui le futur d’une Ukraine indépendante[1].

À côté du « front » de Slaviansk, où les forces du gouvernement provisoire ont tenté de réduire les insurgés, non sans pertes de part et d’autre (2 hélicoptères des forces de Kiev détruits, et un total de 5 morts), c’est vers Odessa que tous les regards se tournent. Dans cette ville des affrontements entre partisans du gouvernement provisoire et insurgés pro-Russes ont fait au moins 3 morts, tandis qu’un meurtrier incendie, dont on ne sait encore qui l’a provoqué, aurait tué près d’une quarantaine de personnes[2]. D’ores et déjà chacun des deux camps rejette sur l’autre la responsabilité des victimes.

Il y a cependant des faits indiscutables, et qui sont reconnus par la plupart des observateurs :

  1. L’Est de l’Ukraine est bien en état d’insurrection. Aux militants partisans d’un rattachement à la Russie se joignent des Ukrainiens qui expriment leur profonde défiance envers le gouvernement de Kiev et ses soutiens. Une partie importante de la population a pris la défense des partisans d’un rattachement à la Russie, tandis qu’une fraction plus ou moins importante selon les endroits des forces de l’ordre (police et armée) a basculé en faveur de ces militants ou se refuse à intervenir contre eux. Le discours officiel que l’on entend que ce soit à Kiev ou dans les capitales européennes selon lequel il ne s’agirait que de quelques dizaines d’agitateurs payés par Moscou devient intenable. Il est moralement indigne.
  2. Dans ces conditions, la volonté du gouvernement provisoire de continuer ce qu’il appelle une « opération anti-terroriste » est devenue la cause principale des violences meurtrières. Il est urgent que ce gouvernement rappelle ses forces car la violence non seulement ne règlera rien, mais elle fait empirer d’heure en heure la situation. Seul un retrait immédiat des forces du gouvernement provisoire est à même de ramener le calme.
  3. Ce gouvernement de fait s’entête dans une attitude suicidaire : il prétend être le seul à pouvoir décider du compromis constitutionnel indispensable à un retour à la stabilité, mais se comporte de telle manière qu’il perd désormais rapidement son autorité et sa légitimité dans les régions de l’Est de l’Ukraine. Qui voudra et acceptera de négocier avec un gouvernement qui a désormais du sang sur les mains ? Cela n’est possible que si le gouvernement provisoire change d’attitude. Mais, il sera contraint de faire des concessions importantes après ce qui s’est passé aujourd’hui.
  4. Les gouvernements des pays de l’Union Européenne, mais aussi les États-Unis et le FMI, sont enfermés dans un déni de réalité qui devient de plus en plus préoccupant. Ils concentrent leur attention sur la Russie, ce qui ne correspond pas à la situation. Redisons-le : on n’est pas en présence de « quelques agitateurs » mais d’un mouvement insurrectionnel. Cette réalité doit être acceptée. Par ailleurs, on tire des plans sur la comète avec un plan de stabilisation financière, alors que le pays est en train de glisser de plus en plus rapidement vers la guerre civile.

Il importe donc, si l’on veut éviter le pire, et en admettant qu’il en soit encore temps, ce dont on peut douter après les événements d’aujourd’hui, de comprendre qu’il n’y a de solution à la situation dramatique de l’Ukraine qu’à trois conditions :

  1. Une déclaration commune des États-Unis, des principaux pays de l’Union Européenne et de la Russie sur une future Ukraine indépendante doit stipuler que ce pays n’a pas vocation à rejoindre, ni de près ni de loin l’UE ou l’OTAN. Le corollaire d’une telle déclaration est qu’il convient de cesser le plus rapidement possible la parade des sanctions prises contre la Russie.
  2. Le futur institutionnel de l’Ukraine doit reconnaître la dualité entre Ouest et Est du pays. La forme précise, fédéralisme ou confédération, doit être décidée par les seuls Ukrainiens, dans le cadre d’une assemblée constituante ou d’une commission de réconciliation nationale.
  3. Mais, avant tout, il importe de faire cesser les violences et pour cela il faut impérativement que le gouvernement provisoire rappelle toutes les forces, armée et garde nationale, qui sont pour l’heure déployées dans l’est du pays. De son côté, la Russie doit s’engager à ne pas intervenir, directement ou indirectement.

Il est peut être possible d’arrêter l’engrenage infernal de la guerre civile. C’est désormais la responsabilité des pays de l’Union Européenne, que d’agir pour qu’il en soit ainsi. La responsabilité devant l’Histoire de l’UE et de certains des pays qui en sont membres dans la déstabilisation de l’Ukraine leur impose moralement d’agir pour éviter la catastrophe. Mais, il faut agir vite. Il est peut être déjà trop tard.

1] Sapir J., « Ukraine, après Genève », note publiée sur Russeurope, le 19 avril 2014, URL :http://russeurope.hypotheses.org/2199