Les communistes dénoncent le «scandale» du terminal méthanier

Voix du Nord, 8 mars 2014

Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Pierre Laurent, était jeudi, à Dunkerque pour parler emploi avec des élus locaux du parti et des représentants syndicaux. Une journée de rencontres au cours de laquelle il a principalement été question de l’avenir de la sidérurgie et du statut des travailleurs détachés.

Ce dernier sujet a le plus marqué le responsable politique. «C’est un véritable scandale ce qui se passe au terminal méthanier, s’est-il ému. Du début à la fin, ce chantier a été confié à des entreprises qui usent et abusent des travailleurs détachés dans une totale opacité

Selon les chiffres fournis par les représentants syndicaux, environ 60% des quelque 1300 salariés employés sur le site seraient des travailleurs détachés. Ce statut a été adopté par une directive de 1996 et permet à une entreprise européenne d’envoyer ses salariés travailler provisoirement dans un autre État membre.

Un exemple symbolique

Les élus communistes ont affirmé leur détermination à «dénoncer» l’utilisation parfois abusive de cette forme de main-d’œuvre. «De plus en plus d’entreprises utilisent ce statut pour sous-payer les salariés et les exploiter. Le terminal méthanier en est un exemple symbolique mais le nombre de travailleurs détachés est en augmentation dans beaucoup de secteurs comme l’agriculture, le transport ou l’agroalimentaire.» À l’autre bout de l’échiquier politique, le Front national dénonce régulièrement le statut de travailleur détaché. Un point de convergence que Pierre Laurent rejette vivement. «À la différence du FN, nous ne stigmatisons pas l’ouvrier bulgare ou polonais. Pour nous, les responsables sont ceux qui exploitent, pas les travailleurs étrangers. Cette situation tire les conditions de tout le monde vers le bas.» Et d’expliquer le cas de Français employés par des sociétés d’intérim au Luxembourg pour effectuer des missions en France.

Habitué aux sorties remarquées, Jacky Hénin, ancien maire de Calais et député européen, parle d’un détournement de la loi et n’hésite pas à qualifier la situation d’«esclavage des temps modernes. Les salariés sont payés le SMIC mais on leur retire des frais de transport ou de logement. Ils touchent moins de 700€ par mois, et les entreprises ne paient de cotisations sociales ni en France ni à l’étranger.» L’élu va même plus loin en posant la «question de la complicité. Les élus locaux voient ce qui se passe et ils laissent faire sans rien dire. Ils consentent l’esclavage, ni plus ni moins.» Pour faire évoluer cette situation et mettre un terme à ce qu’ils estiment être «une zone de non-droit dans le plus grand chantier de France», les élus ont affirmé leur volonté d’amener la question au cœur du débat public.

L’intention est à la hauteur de l’indignation, mais les responsables communistes le savent, leur champ d’action est limité dans la mesure où cette pratique est légale. Restent alors des actions publiques pour «alerter la population» et des amendements pour rendre la loi plus acceptable à leurs yeux. Maxime Pedrero

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