Brignoles mérite mieux que des légendes urbaines !

Une déclaration de Pascal SALVODELLI, responsable élections du Pcf

Les résultats du 1er tour de l’élection cantonale partielle de Brignoles fait l’objet d’une débauche de commentaires intempestifs et contradictoires qui frisent un exploit : en faire une généralité sans mise en perspective avec la série d’élections partielles depuis juin 2012, et sans prendre en compte ni le contexte, ni l’histoire électorale de ce canton.

Il est en effet contradictoire d’expliquer que le PCF/FdG a perdu ce canton à cause de sa critique des choix d’austérité du gouvernement et du soutien du PS au plan national. La palme de la mauvaise foi revient à certains responsables locaux d’EELV qui reprochent au candidat du Front de gauche, arrivé devant eux, de les avoir empêchés d’accéder au 2e tour, tout en souhaitant que le gouvernement mène une politique de gauche…. pour que la gauche redevienne majoritaire. Comment être aussi peu clair sur le rassemblement à gauche qui a pourtant permis l’élection de François Hollande ? Comment faire l’impasse sur cette mobilisation de 4,5 millions de citoyens, cette majorité populaire ignorée par le gouvernement actuel après avoir été humiliée et divisée par la droite pendant 10 ans ?

On tripatouille l’abstention. On découvre l’efficacité de la tromperie « UMPS », slogan de l’extrême-droite… Comble du ridicule : des responsables du PS interdisent toute critique de l’action gouvernementale et toute idée qui refuse le fatalisme face aux dégâts de l’austérité au nom d’un « Front républicain »….

Le canton de Brignoles n’a jamais été un bastion du PCF. Claude Gilardo candidat du PCF depuis 1985 et maire de Brignoles depuis 2008, a gagné ce canton lors d’une triangulaire en 1998 et l’a conservé en 2004 lors d’une autre triangulaire. En mars 2011, le candidat du FN de l’époque l’a emporté avec cinq voix d’avance au 2e tour. Après annulation de l’élection, en juillet 2012, contre toute attente Claude Gilardo, alors candidat unique de toute la gauche dès le 1er tour, a repris avec treize voix d’avance sur le FN ce canton au 2e tour.

Pourquoi oublier que la situation du canton de Brignoles était très fragile avec un FN constamment présent au 2e tour depuis 1985*? Pourquoi EELV a décidé de se maintenir avec le soutien des socialistes locaux, décision politiquement irresponsable et dangereuse, si ce n’est pour porter un coup à la capacité reconnue du PCF de rassembler localement la gauche en comptant sur la moindre notoriété de Laurent Carratala par rapport au maire de Brignoles ?

Ce type de comportement contribue au discrédit de la politique auprès des citoyens.

Il est intellectuellement malhonnête d’attribuer l’élimination au 1er tour du candidat du Front de gauche à une critique outrancière anti gouvernementale. La vérité est que Laurent Carratala a mené une campagne cantonale contre la majorité de droite du Conseil général du Var et pour une alternative à toutes les politiques d’austérité.

Malgré une situation politique locale et nationale particulièrement dégradée, notre camarade Laurent Carratala a rassemblé 14,58% des suffrages exprimés, soit 3,67% de plus que le score de Jean Luc Mélenchon à l’élection présidentielle sur ce canton. Brignoles est ainsi le seul territoire lors d’une partielle où le Front de gauche progresse en pourcentage par rapport à la présidentielle. Se rassurer ? Se suffire ? Sous-estimer la droite et le résultat du FN ? Evidemment non ! Mais dire une vérité qui appartient aux électeurs, naturellement oui !

Contre l’engouement des média pour les idées du FN et envers Marine Le Pen, il y a beaucoup à dire et à faire pour ne pas laisser le poison se répandre.

La vie de notre peuple est trop dure et l’avenir bien imprévisible pour se laisser aller à des commentaires électoraux superficiels. La gauche dans son ensemble ferait mieux de prendre conscience de l’extrême dangerosité de la situation politique et de se retrousser les manches pour reconstruire vite la perspective réelle de changement qu’attendent nos concitoyens, de la commune jusqu’au plan national.

Quant à la palme de l’horreur, elle revient au FN, à Marine Le Pen et à leurs idées nauséabondes d’extrême droite. C’est pourquoi le PCF maintient son appel à ne plus s’abstenir dimanche prochain pour leur faire barrage.

Ce n’est en rien politicien. C’est fondamentalement être politiquement humain.

*En 1985 la gauche avait été éliminée du 2e tour

Pascal Savoldelli, Responsable aux élections au PCF,

Paris, le 9 octobre 2013.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s