Syrie : un deuxième Iraq ?

Natalia KOVALENKO, La Voix de la Russie, 26 août 2013

La Russie a appelé les États unis à s’abstenir de faire pression sur Damas en utilisant la force. Lors d’un appel téléphonique avec le secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a prévenu des conséquences particulièrement dangereuses qu’une intervention militaire pourrait entrainer pour toute la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord. L’Iraq et la Libye en sont un bon exemple.

Le ministère de la Défense américain a préparé un plan d’opération militaire contre Damas. Chuck Hagel, chef du Pentagone, s’est dit être prêt à le lancer dès que Barack Obama l’ordonnera. Les militaires britanniques pourraient rejoindre les Américains. Pourtant, David Cameron, le premier ministre britannique, ne cache pas qu’il ne serait pas possible d’avoir l’accord du Conseil de sécurité de l’ONU pour mener une action militaire : la Russie ne le permettra pas.

Il reste à savoir si l’Occident acceptera dans cette situation un deuxième Iraq.

« Les Américains se sont trompés à ce moment-là et ils étaient contraints d’admettre qu’aucune arme chimique n’a été trouvée en Iraq. C’était un énorme coup pour George W. Bush et pour l’image des États-Unis. À mon avis, cette fois-ci les Américains feront plus attention », a déclaré le politologue Léonide Issaïev.

Les États-Unis devront, tout au moins, obtenir des preuves « anti-Assad » des experts de l’ONU, qui sont en train de mener une investigation sur le déploiement d’armes chimiques dans la banlieue de Damas le 21 août. Selon diverses données, de 300 à 1300 personnes auraient perdu la vie à la suite de cette attaque. Les deux parties rejettent la responsabilité sur les autres.

Après quelques hésitations, le gouvernement syrien a accepté la venue d’une commission de l’ONU dans la région. Contre toute attente, ceci n’a pas réjoui l’administration américaine qui a qualifié la décision syrienne de tardive. De cette manière, d’un côté, la Maison-Blanche a joué la sécurité en ayant discrédité d’avance la décision de la commission. D’un autre côté, en ayant mentionné son plan militaire, elle a fait comprendre à la commission de l’ONU à quel résultat elle s’attendait de sa mission en Syrie.

« Pour que les Américains soient tranquilles en envahissant la Syrie, ils doivent avoir une approbation unanime de la commission de l’ONU sur les armes chimiques. Je ne pense pas qu’il serait simple de l’obtenir. Il faut dire que c’est la commission la plus impartiale qui existe dans le monde, même si l’ONU a des côtés positifs et négatifs », explique Léonide Issaïev.

Barack Obama se trouve pour le moment dans une situation assez complexe. Auparavant, il avait déclaré que « la ligne rouge » pour lancer une attaque militaire en Syrie serait l’utilisation d’armes de destruction massive par le régime de Bachar el-Assad. Et c’est à ce moment-là que les informations se sont répandues. Et même s’il n’y pas de preuves d’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement, les opposants au régime de Bachar el-Assad rappellent sans cesse à Barack Obama ce qu’il avait dit.

Les États-Unis n’ont actuellement aucun intérêt objectif d’envahir la Syrie. Même s’ils veulent éliminer le récalcitrant Bachar el-Assad, il n’y personne pour le remplacer. Priver simplement le pays de son leader et le faire plonger dans un chaos signifie ajouter des problèmes au voisin israélien. De plus, les Américains ne possèdent pas de fonds superflus pour ce faire d’autant plus que l’issue de cette opération militaire reste inconnue. Ainsi, selon Sergueï Demidenko, expert orientaliste de l’Institut russe d’études stratégiques et d’analyse, le Pentagone a beau avoir élaboré un plan militaire, Barack Obama ne se hâte pas d’ordonner sa réalisation.

« J’aimerais attirer votre attention sur le fait que, le 28 août, a été prévue une rencontre entre les diplomates russes et américains qui porte sur l’organisation d’une conférence sur le règlement pacifique syrien. Jusqu’à présent, cette rencontre n’est pas encore annulée. Donc, il ne faut pas du tout penser que la question d’attaquer la Syrie est déjà décidée », explique Sergueï Demidenko.

Moscou met en garde Washington d’effectuer des actions militaires en Syrie. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que toutes actions militaires unilatérales contre la Syrie effectuées sans l’accord de l’ONU vont saper les efforts de la communauté internationale et vont provoquer une escalade du conflit au Proche-Orient.

Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2013_08_26/Syrie-un-deuxieme-Iraq-3937/

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