NON A L’INTERVENTION MILITAIRE IMPERIALISTE EN SYRIE

NON AUX INGERENCES IMPERIALISTES DANS LES AFFAIRES INTERIEURES DES PEUPLES!

NON A LA GUERRE ENTRE LES PEUPLES!

Une déclaration du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS), 27 août 2013

Les chefs des Etats impérialistes français, anglais et américains annoncent désormais publiquement qu’ils vont bombarder incessamment la Syrie. Ils pensent que leurs puissants moyens de désinformation et de mensonge ont préparé le terrain dans l’opinion pour qu’ils puissent se livrer en toute impunité, sans passer par une décision du Conseil de Sécurité de l’ONU, à une intervention militaire directe contre un pays et un Etat souverains. Le but déclaré est d’abattre le régime syrien, imposer au peuple syrien leurs volontés après avoir été mis en échec depuis plus de deux ans dans leurs tentatives de mettre en place un régime à leurs bottes.

Comme à chaque fois que les Etats impérialistes se préparent à une guerre, ils fabriquent les prétextes justifiant leurs agressions criminelles.

Les va-t-en guerre ont orchestré depuis le 21 août une campagne sans précédent en prétendant que les « lignes rouges » fixées par Obama ont été franchies avec l’usage d’armes chimiques par l’armée syrienne contre les populations civiles dans les faubourgs de Damas.

La ficelle est grosse. La campagne médiatique mondiale des cercles au service des intérêts impérialistes s’est amplifiée et accélérée au moment précis où arrivait en Syrie, après accord de son gouvernement légitime reconnu des instances internationales, une délégation onusienne chargée d’une enquête aux fins de vérification de l’utilisation des armes chimiques. Il faut rappeler que c’est le gouvernement syrien qui a réclamé cette enquête depuis mars dernier lorsque les rebelles ont attaqué par des armes chimiques et tué des dizaines de citoyens qui leur résistaient à Khan al-Assal, dans la région d’Alep. Des images, de toute évidence fabriquées de toutes pièces par les courants bellicistes, ont abreuvé depuis le 21 août les téléspectateurs accusant le gouvernement syrien d’être à l’origine de l’usage d’armes chimiques. Des chiffres invérifiables sur le nombre de victimes de cette attaque ont été répandus par les médias et des ministres comme Fabius dont le soutien inconditionnel à Israël est notoire.

Le gouvernement syrien a démenti catégoriquement ses responsabilités dans cette attaque et fourni les preuves indiquant la fabrication de gaz mortel par les rebelles. Il  a également  accepté que la délégation onusienne présente à Damas se rende sur les lieux pour enquêter et faire éclater la vérité sur le fondement de ces accusations. Il l’a autorisée à mener cette enquête malgré le fait que son mandat devait se limiter à enquêter sur les attaques chimiques opérées par les rebelles à Khan El Assal.  Le bon sens et la situation militaire réelle sur le terrain indiquent au contraire que les accusations portées contre le gouvernement syrien, qui n’a rien d’un gouvernement suicidaire, ne reposent sur aucun fondement. Craignant d’être pris la main dans le sac, les dirigeants français, anglais et américains, soutiennent maintenant que cette enquête ne présenterait plus aucun intérêt. Ils prétendent, au mépris de toute logique scientifique élémentaire, que l’armée syrienne aurait réussi par ses bombardements à effacer les traces de sa prétendue attaque chimique

Les hésitations du gouvernement Obama pour intervenir militairement, comme le désirent certains dirigeants des pays impérialistes et notamment les sociaux démocrates français Hollande et Fabius, traduisent simplement son souci tactique d’éviter de s’embourber dans un nouveau front dont il serait incapable de contrôler l’évolution. Il se peut également qu’il craigne d’être désigné un jour comme l’auteur de ces mensonges flagrants, lorsque la vérité finira par éclater comme elle avait éclaté en Irak, au Kosovo ou dans d’autres pays. Car nul ne peut oublier que c’est sur la base de mensonges, aujourd’hui reconnus, autour d’une prétendue détention d’armes de destruction massive déversés par Bush et ses acolytes néo- conservateurs alors au pouvoir à la Maison Blanche que la guerre a été déclenchée en Irak en 2003. Nul n’oublie les faux charniers de Timisouara en Roumanie qui avaient servi à légitimer l’exécution du chef de l’Etat Céausescou devenu gênant pour les impérialistes.

Les aventures guerrières des impérialistes américains en Irak ou en Afghanistan tout comme celle qui a suivie en Libye n’ont pas apporté la démocratie dans ces pays, prétexte invoqué pour justifier les ingérences dans les affaires intérieures de ces peuples. Elles se sont soldées par des millions de morts et de blessés, la destruction des infrastructures  économiques et  la division des populations de ces pays sur une base ethnique ou religieuse. Les gouvernements portés au pouvoir dans ces pays, à la suite de ces interventions, n’ont rien de démocratique, ni ne sont à l’écoute des aspirations sociales de leurs peuples. Ce sont des pantins des puissances impérialistes.

En vérité, ce que les puissances impérialistes redoutent le plus c’est que le peuple syrien à la lumière de ces deux années de conflit qui déchire son pays et le divise, les souffrances qu’il a subies – des  dizaines milliers de civils et militaires syriens tués, blessés, des centaines de milliers de réfugiés – trouve le chemin susceptible de le conduire au rétablissement de la paix dans le cadre de la sauvegarde de sa souveraineté et de son unité territoriale. Le gouvernement légitime et son armée, qui jouissent de l’appui de la majorité du peuple syrien, étaient en train d’infliger une défaite à la stratégie d’ingérences des impérialistes et des monarques.

Cela ne pouvait évidemment par réjouir les va-t-en guerre impérialistes qui veulent contrôler les ressources énergétiques et les voies de leur acheminement de la région du proche et du Moyen-Orient.

C’est pourquoi ils menacent de recourir au pire pour abuser et  intimider les peuples de la région et du monde quand leurs plans machiavéliques ne réussissent pas. L’intervention impérialiste en Syrie aura pour conséquences de semer le chaos et des malheurs décuplés dans ce pays et, par effet de dominos, dans l’ensemble des pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. Une déflagration à grande échelle n’est pas à exclure.

Les communistes algériens appellent leur peuple et tous les peuples du monde à ne pas se laisser intimider et tromper. Ils les appellent à organiser une riposte de masse contre les menaces et les préparatifs bellicistes impérialistes. Ils doivent exiger et oeuvrer pour qu’un terme soit mis aux ingérences impérialistes criminelles dans les affaires internes des peuples, à leurs interventions militaires destinées à dicter leurs volontés aux peuples en proie à des conflits internes.

Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme

« Il y a une cécité sur la question de l’islam en France »

 Une interview de Gilles Képel, Le Nouvel Observateur, 30 août 2013

Le spécialiste du monde arabe revient sur les incidents de cet été liés au voile et sur les déclarations de Manuel Valls qui ont fait polémique.

Le Nouvel Observateur En s’interrogeant sur la compatibilité de l’islam et de la démocratie, Manuel Valls a divisé la gauche lors de cette rentrée gouvernementale. Comment interprétez-vous ses propos?

Gilles Kepel Cette déclaration reprenait en réalité la phrase de François Hollande prononcée à Tunis devant l’Assemblée constituante début juillet : « La France sait que l’islam et la démocratie sont compatibles. » Or, au-delà des bons sentiments dont elle était porteuse, cette proposition n’a pas de sens, car ce sont les musulmans qui peuvent en décider pour eux-mêmes. C’est donc une mauvaise manière de poser le problème, et elle est d’autant plus inquiétante que la France républicaine et laïque n’a rien à « savoir » dans ce domaine.

En jugeant « digne d’intérêt » l’idée d’une loi contre le voile à l’université, Manuel Valls avait déjà récemment irrité dans son propre camp. Quel est votre regard sur la politique menée par le ministre de l’Intérieur et des Cultes?

Je ne suis pas sûr qu’il y ait derrière tout cela une vraie politique. C’est le président qui doit définir la vision de la nation, et pour le moment je n’en vois pas. Il y a même aujourd’hui au sommet de l’Etat une cécité sur les questions arabes et l’islam en France – qui accompagne du reste la déréliction des études en ce domaine. Quant à la question du voile à l’université, la commission Stasi dont j’étais membre en 2004 l’avait exclue puisque, dans notre esprit, la recommandation de ne pas porter de signes religieux ostentatoires valait seulement pour les établissements qui étaient destinés aux mineurs. J’ai des étudiantes qui sont voilées. C’est mon métier de professeur de débattre avec elles. L’été a été émaillé d’incidents liés au voile. Il y a eu, d’une part, des agressions de femmes voilées, comme à Argenteuil et, d’autre part, les émeutes de Trappes nées après le contrôle d’une femme en niqab, le voile intégral… Il faut comprendre la montée en vrille de ces débats dans un contexte de pro vocation réciproque. La loi de 2010 sur l’interdiction de dissimuler son visage est aujourd’hui mise à l’épreuve par certains groupes salafistes. Ce sont des stratégies destinées à tester la réactivité des pouvoirs publics, voire à créer délibérément des incidents. Bien sûr, les agressions d’individus à partir de leur appartenance réelle ou supposée à un groupe religieux sont des crimes qu’il faut punir avec toute la sévérité requise et n’ont rien à voir avec une contravention à la loi, comme le fait de se couvrir le visage. Le problème, c’est qu’aujourd’hui les comités de lutte contre l’islamophobie font intentionnellement l’amalgame entre ces deux types d’affaires. La construction de l’islamophobie comme un stigmate est devenue un enjeu politique pour de nouveaux entrepreneurs électoraux qui cherchent, par le biais de la victimisation, à cristalliser une identité communautaire et à la transformer en un bloc de voix – en particulier pour les prochaines municipales. L’objectif est, au passage, de prendre le pouvoir sur l’islam en France, à un moment où le Conseil français du Culte musulman (CFCM) a montré son obsolescence. Le signe le plus flagrant en a été sa reculade à propos de la date qu’il avait fixée pour le début du ramadan cette année. L’offensive pour retarder le jeûne d’une journée a été menée par l’Union des Organisations musulmanes de Seine-Saint-Denis, l’UAM93, qui se détermine de façon explicite comme un lobby électoral islamique. Ce dont on paie finalement le prix aujourd’hui, c’est de n’avoir pas tiré des conclusions de la déliquescence du CFCM et réfléchi à une gestion du culte plus en phase avec une population de confession musulmane qui est maintenant majoritairement citoyenne française et qui, pour la première fois, depuis les émeutes de 2005, est déterminée à exprimer ses revendications dans le cadre électoral. Au lieu de cela, on a laissé s’effilocher cette institution et prospérer des acteurs imprévisibles, qui brouillent le paysage.

Pourquoi voit-on, depuis quelques années, davantage de jeunes musulmanes voilées en France?

Dans les quartiers populaires, le port du voile n’est certes pas majoritaire mais il a sensiblement progressé chez les jeunes nées et éduquées en France (filles de parents immigrés et converties), pour qui il correspond à l’intériorisation d’un habitus social. Il est une forme d’affichage de sa foi et de sa confession, ce qui se traduit par des voiles à géométrie variable, qui vont du jilbab salafiste au simple accessoire de mode. La fashion islamique, comme le halal, est du reste devenue un marché.

Sont-elles contraintes de porter le voile?

Autant que vous l’êtes de vous habiller de telle ou telle manière. Comme vous, elles vivent la pression de leurs pairs. Dans une cité où les islamistes ont conquis l’hégémonie culturelle, il est plus risqué de se singulariser. En même temps, il ne faut pas oublier qu’il n’y a jamais eu non plus autant de jeunes femmes d’origine musulmane – et c’est la grande majorité qui se sont émancipées de la norme religieuse et familiale traditionnelle et qui ont complètement entériné la notion de laïcité.

Choisir le voile est-il le signe d’une radicalisation religieuse?

En fait, le voile est polysémique. Pour les islamistes, il est l’occasion de se féliciter de la réislamisation, mais pour celles qui le portent, il peut avoir des significations beaucoup plus anodines. Paradoxalement, en se généralisant, il s’est aussi banalisé, il s’est graduellement départi de sa signification politique militante. Ça pouvait être le cas entre les années 1980 et les années 2000, lorsque la génération des blédards, dont l’axe principal était l’UOIF (la branche française des Frères musulmans), a tenté de prendre le contrôle de la jeunesse musulmane en créant un point de fixation autour du voile à l’école. C’est ce qui nous a conduits à créer la commission Stasi et la loi de 2004. En ne gardant que l’aspect répressif de nos propositions, le gouvernement de l’époque a cependant commis une erreur. C’est d’ailleurs là qu’est née la récupération de la laïcité par une partie de l’extrême droite, de Marine Le Pen à Riposte laïque.

Les défenseurs de la laïcité ont-ils finalement raison de prendre le voile comme symbole de leur lutte?

Ce contre quoi il faut lutter, c’est plutôt l’instrumentalisation de la religion comme refuge identitaire, qui crée des ruptures et des barrières avec la conception française de la laïcité. Et cela passe à mon sens par la prise en compte du problème plus général de l’exclusion sociale. Le paradoxe, c’est que la manière qu’a une certaine forme d’islam de s’afficher aujourd’hui par le port du voile ou la survalorisation du halal, ou même de se constituer en lobbies, est en fait un phénomène de « judaïsation de l’islam ».

Une judaïsation de l’islam?

Oui, tout cela s’inscrit dans un contexte de fascination-répulsion pour le modèle juif, qui s’exprime dans les quartiers populaires par la pratique ostensible des Loubavitch par exemple, qui vivent une exacerbation du kasher et un rejet de l’assimilation, qui a pourtant été la tradition dominante du judaïsme français. Certains jeunes des milieux musulmans s’imaginent donc que c’est parce que les juifs ont refusé l’assimilation qu’ils sont respectés voire « craints » de l’Etat français. Tandis qu’eux, en jouant le jeu de l’assimilation républicaine, sont dissous comme communauté et méprisés. Du coup, au modèle du « Super-Kasher » répond le « SuperHalal ». Aujourd’hui, en banlieue, on va ainsi manger un kebab halal turc en buvant de l’eau gazeuse sursaturée de sucre venant d’Algérie et on regarde le PSG sur la chaîne Beïn, tous deux achetés par le Qatar. L’horizon de la réussite identitaire ne passe donc plus par la France où l’avenir semble bloqué par le chômage mais par l’exaltation de la rente pétrolière et gazière du Golfe. Or cette logique consiste d’abord à se protéger de toute adultération par la société ambiante. La laïcité est dès lors perçue comme un danger pour ceux qui pensent qu’elle pourrait corroder l’islam comme elle a corrodé le christianisme, en voie de disparition dans les banlieues… Mais ce moment halal est aussi, simultanément, celui de l’émergence d’une petite bourgeoisie, d’une classe d’intellectuels, d’enseignants et d’entrepreneurs, français et de confession musulmane, et qui en tant que citoyens souhaitent manifester leur identité dans le cadre républicain. On en a vu un exemple avec les barbus et voilées qui ont rejoint les cathos de la Manif pour tous contre le mariage homosexuel.

A en croire les récents sondages, de plus en plus de Français ressentent un danger vis-à-vis de l’islam. Une peur dont le voile est l’objet de cristallisation.

Il y a une résistance culturelle forte, c’est certain. Elle est en plus renforcée par le fait que certains acteurs de l’islamisme militant se sont faits les chantres de l’islamisation de l’Europe et alimentent l’idée d’un double discours des musulmans. Quand le cheikh Qaradawi prêche, en glosant une prophétie de Mahomet, que l’islam, chassé par deux fois, reviendra en Europe pour la conquérir par la prédication et l’immigration (1) , évidemment, ce n’est pas fait pour rassurer… Mais je crois que ces sondages expriment aussi l’angoisse que la société et la culture françaises aient perdu leur capacité d’intégration et leur dimension de modèle. Si le voile inquiète, c’est qu’à travers lui nos concitoyens intériorisent un certain déclin français.

(1) La traduction est dans « passion arabe », page 394.

 

Les employés de fast-foods américains réclament un doublement de leurs salaires

La Croix, Julien DURIEZ, 29 août 2013

Des milliers d’employés de McDonald’s et d’autres chaînes de restauration rapide comme Burger King, KFC et Wendy’s, organisent jeudi 29 août une nouvelle journée de grève aux États-Unis.

Le mouvement avait démarré en novembre 2012 à New York avec 200 grévistes. Il s’est depuis élargi. Le 30 juillet, sept villes y ont participé, dont New York, Chicago et Detroit. Jeudi 29 août, les organisateurs du mouvement prévoyaient des grévistes dans une cinquantaine de villes, dont New York, Boston, Chicago, Denver, Detroit, Hartford, Houston, Los Angeles, Memphis, Milwaukee, Oakland, Raleigh ou Tampa.

Les grévistes réclament un salaire minimum de 15 dollars (11,30 €) de l’heure, soit plus du double de l’actuel salaire minimum de 7,25 dollars (5,67 €) payé par de nombreux fastfoods, et la possibilité de se syndiquer.

« La plupart de ces employés ont des enfants et essayent de faire vivre leur famille (…) et leur salaire médian (y compris dans des positions d’encadrement) est de 9,08 dollars de l’heure, soit bien en dessous du seuil de pauvreté pour un employé qui a la chance de travailler 40 heures hebdomadaires« , a souligné Mary Kay Henry, présidente internationale de la SEIU, syndicat d’employés qui a apporté son soutien aux protestataires. Ce ne sont plus, comme dans le passé, des adolescents, a-t-elle souligné.

LE RISQUE DE PERDRE SON EMPLOI

En outre, beaucoup de ces salariés ne travaillent pas à plein temps. Et ils ne peuvent pas compter sur les pourboires, contrairement à ceux des bars et restaurants. Si le salaire minimum avait suivi l’inflation ou la moyenne des salaires ces 50 dernières années, il serait d’environ 10 dollars de l’heure, faisait récemment remarquer le New York Times dans un éditorial consacré à ce mouvement.

Pour toutes ces raisons, Devonte Yates, qui travaille dans un McDonald’s de Milwaukee (Wisconsin, nord), a décidé de faire grève jeudi pour la troisième fois, ainsi, dit-il, que les sept collègues de son McDo. À 21 ans, il est père d’un enfant, travaille de 9 à 15 heures par semaine, même s’il aimerait travailler plus. « Je travaille dur, et je dois être traité comme quelqu’un qui travaille dur. Je ne suis pas apprécié« , explique-t-il.

Sa durée de travail varie d’un jour à l’autre. Il sait qu’une grève ne suffira pas, mais espère qu’à terme, les employés des fastfoods, qui sont plus de trois millions aux États-Unis, seront augmentés. Il risque de perdre son emploi mais n’a pas peur. « Je défends mes droits« , « c’est une bonne cause« , ajoute-t-il. « Nous allons devoir nous battre, mais au final, je pense que nous obtiendrons quelque chose. Ils ont les moyens de nous payer plus« .

DES SALAIRES JUGÉS « COMPÉTITIFS » POUR MCDONALD’S

En France, près de 80% des salariés de Mc Donald’s sont des étudiants, payés au Smic horaire (9,43 euros) avec des revalorisations selon l’ancienneté. « Il y a un fort turn-over, peu sont syndiqués », explique Nabil Azzouz, secrétaire général Force ouvrière pour l’Île-de-France. Si plusieurs mouvements de contestation ont été menés en 2007 dans des restaurants franchisés, le syndicaliste ne pense pas que le mouvement de grève pourrait s’élargir à la France.

Aux États-Unis, le secteur de la restauration rapide a jusqu’à présent fait la sourde oreille aux revendications des salariés grévistes. McDonald’s avait souligné lors du précédent mouvement en juillet que les contrats des employés dépendent des franchises, qui gèrent plus de 80 % de ses restaurants dans le monde. Les employés « reçoivent des salaires compétitifs et ont accès à toute une série d’avantages pour leurs besoins personnels« , avait ajouté la chaîne.

La mise en ligne par McDonalds au mois de juillet d’un outil conçu en partenariat avec Visa et permettant à ses employés américains de mieux gérer leur budget avait déjà fait polémique au début de l’été. Le site prend l’exemple d’un employé gagnant chaque mois 1 105 dollars grâce à un temps plein au célèbre fast-food et 955 dollars… d’un second travail ! Une journaliste américaine a calculé que l’employé devait, si ce deuxième job était payé au salaire minimum, travailler 74 heures par semaine.

SYRIE/ATTAQUE CHIMIQUE : L’OTAN N’A PAS FOURNI DE PREUVES

Ria Novosti, 28 août 2013

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France n’ont toujours fourni aucune preuve de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, a indiqué mercredi l’émissaire spécial de l’ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi.

« Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres pays ont déclaré que des armes chimiques avaient été utilisées », a déclaré M. Brahimi lors d’une conférence de presse à Genève.

Selon le diplomate, les Américains, les Britanniques et les Français affirment disposer des preuves « indéniables ».

« Ils nous ont dit qu’ils allaient les présenter. Or, ils n’ont rien présenté pour le moment », a constaté M. Brahimi.

« Il nous serait très intéressant de les voir fournir les preuves qui sont en leur possession », a conclu l’émissaire spécial de l’ONU.

Le 21 août dernier, plusieurs médias ont rapporté que les forces gouvernementales syriennes avaient lancé une vaste attaque chimique dans une banlieue de Damas faisant, selon diverses estimations, entre 350 et 1.300 morts. Cette information a provoqué en Occident une nouvelle vague d’appels à une intervention militaire en Syrie.

Damas a rejeté cette accusation. Le ministre syrien de l’Information Omran al-Zoubi a déclaré mardi que l’armée syrienne n’avait jamais recouru aux gaz de combat.

Les conséquences imprévisibles d’une intervention en Syrie

Ria Novosti, 27 août 2013

Les exercices antiterroristes russo-américains Vigilant Eagle-2013 ont commencé hier, écrit mardi 27 août le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Cela fait quatre ans que l’armée de l’air russe et le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord organisent ce genre de manœuvres, depuis le redémarrage des relations entre Moscou et Washington. Cette année, les exercices se déroulent dans un contexte de détérioration des contacts entre les deux pays et de complications éventuelles en raison de la préparation du Pentagone pour une guerre contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie.

En cas d’intervention armée contre Damas, les militaires russes et américains pourraient être entraînés dans une confrontation au Moyen-Orient. Mais l’affaire n’ira probablement pas jusqu’à une confrontation armée. Coïncidence ou pas, Moscou a retiré son groupe naval de la Méditerranée.

Il y a seulement six mois, la Russie avait pourtant annoncé que les navires russes resteraient en permanence dans cette région afin de protéger les intérêts géopolitiques du pays. En juillet 2013, des navires russes avaient rejoint leur base dans la flotte du Nord et de la mer Baltique.

Et le vaisseau amiral de la flotte de la mer Noire, le croiseur Moscou et ses navires logistiques est actuellement aux larges de l’Amérique latine.

Pendant ce temps les Etats-Unis augmentent significativement leur présence navale dans l’éventuelle zone de conflit. Le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, qui a annoncé que le Pentagone était prêt à intervenir en Syrie, a refusé d’entrer dans le détail des scénarios envisageables. Le groupe aéronaval sous le commandement du porte-avions Nimitz, stationné à proximité de l’éventuel théâtre des opérations, sera prochainement rejoint par le porte-avions Harry S. Truman accompagné de deux croiseurs lance-missiles et deux destroyers. Le destroyer Mahan, dont le mandat dans la région a pris fin, ne rentrera pas à sa base et restera dans la zone.

La concentration des forces navales américaines en Méditerranée et l’éventuel renfort des navires français et britanniques montrent qu’un scénario militaire « lybien » se prépare. L’instauration d’une zone d’exclusion aérienne dans la zone de conflit, exigée par l’Onu, s’était transformée en bombardements des sites où le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi était susceptible de se cacher. Et l’aide humanitaire au profit de l’opposition était en réalité une fourniture d’armes aux rebelles. Le président Barack Obama semble être prêt à lancer une opération en Syrie après une simple approbation formelle de l’Onu.

Il se pourrait que la marine russe apporte son soutien à la Syrie. Evidemment, elle ne s’impliquera pas dans les opérations militaires mais un soutien militaro-technique et moral est probable. Il est à espérer que l’absence de navires russes en Méditerranée soit un phénomène temporaire.

Selon les informations officielles, Moscou a réussi à armer les forces syriennes de systèmes modernes de défense antiaérienne à courte et moyenne portée. Leur utilisation provoquerait des pertes dans le camp des Américains et leurs alliés en cas d’attaque aérienne contre la Syrie.

Les activités militaires pourraient également se propager dans les pays voisins, y compris Israël. « Les conséquences des attaques seraient imprévisibles », avertit le ministère russe des Affaires étrangères. Evidemment, cela aurait un impact négatif sur les relations militaires entre la Russie et les USA et d’autres pays de l’Otan.

S’OPPOSER A LA GUERRE CRIMINELLE DU GOUVERNEMENT CONTRE LA SYRIE

Un communiqué du collectif communiste Polex, 27 août 2013

Le gouvernement français et ses médias préparent l’opinion à une intervention militaire occidentale contre l’Etat souverain de Syrie. Celui-ci est accusé d’avoir utilisé des gaz toxiques dans sa lutte contre les forces rebelles. Le prétexte invoqué, nié farouchement par les autorités de Damas, rappelle les « armes de destruction massive » inventées par les États-Unis pour justifier leur intervention en Irak il y a dix ans.

Depuis deux jours, le discours officiel des gouvernements français, étatsunien et britannique annonce, en représailles, des mesures de guerre à l’encontre de la Syrie, avant même que les experts de l’ONU aient commencé sur le terrain leur travail de vérification. Sans attendre, précisent les États-Majors, « toutes les options [militaires] sont sur la table », y compris une intervention sans feu vert du Conseil de Sécurité, autrement dit en pleine illégalité sur le plan du droit international ! Et de se référer au précédent des bombardements occidentaux en Serbie en 1999.

Le Collectif communiste Polex met en garde l’opinion française contre l’éventualité d’une nouvelle guerre déclenchée entre autres par la France (après les aventures de Libye, de Côte d’Ivoire et du Mali), dans les tous prochains jours, pour des visées impérialistes au Moyen-Orient.

Le Collectif communiste Polex en appelle à une réaction populaire de toutes les forces progressistes de notre pays pour interdire une telle entreprise criminelle.

Syrie : un deuxième Iraq ?

Natalia KOVALENKO, La Voix de la Russie, 26 août 2013

La Russie a appelé les États unis à s’abstenir de faire pression sur Damas en utilisant la force. Lors d’un appel téléphonique avec le secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a prévenu des conséquences particulièrement dangereuses qu’une intervention militaire pourrait entrainer pour toute la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord. L’Iraq et la Libye en sont un bon exemple.

Le ministère de la Défense américain a préparé un plan d’opération militaire contre Damas. Chuck Hagel, chef du Pentagone, s’est dit être prêt à le lancer dès que Barack Obama l’ordonnera. Les militaires britanniques pourraient rejoindre les Américains. Pourtant, David Cameron, le premier ministre britannique, ne cache pas qu’il ne serait pas possible d’avoir l’accord du Conseil de sécurité de l’ONU pour mener une action militaire : la Russie ne le permettra pas.

Il reste à savoir si l’Occident acceptera dans cette situation un deuxième Iraq.

« Les Américains se sont trompés à ce moment-là et ils étaient contraints d’admettre qu’aucune arme chimique n’a été trouvée en Iraq. C’était un énorme coup pour George W. Bush et pour l’image des États-Unis. À mon avis, cette fois-ci les Américains feront plus attention », a déclaré le politologue Léonide Issaïev.

Les États-Unis devront, tout au moins, obtenir des preuves « anti-Assad » des experts de l’ONU, qui sont en train de mener une investigation sur le déploiement d’armes chimiques dans la banlieue de Damas le 21 août. Selon diverses données, de 300 à 1300 personnes auraient perdu la vie à la suite de cette attaque. Les deux parties rejettent la responsabilité sur les autres.

Après quelques hésitations, le gouvernement syrien a accepté la venue d’une commission de l’ONU dans la région. Contre toute attente, ceci n’a pas réjoui l’administration américaine qui a qualifié la décision syrienne de tardive. De cette manière, d’un côté, la Maison-Blanche a joué la sécurité en ayant discrédité d’avance la décision de la commission. D’un autre côté, en ayant mentionné son plan militaire, elle a fait comprendre à la commission de l’ONU à quel résultat elle s’attendait de sa mission en Syrie.

« Pour que les Américains soient tranquilles en envahissant la Syrie, ils doivent avoir une approbation unanime de la commission de l’ONU sur les armes chimiques. Je ne pense pas qu’il serait simple de l’obtenir. Il faut dire que c’est la commission la plus impartiale qui existe dans le monde, même si l’ONU a des côtés positifs et négatifs », explique Léonide Issaïev.

Barack Obama se trouve pour le moment dans une situation assez complexe. Auparavant, il avait déclaré que « la ligne rouge » pour lancer une attaque militaire en Syrie serait l’utilisation d’armes de destruction massive par le régime de Bachar el-Assad. Et c’est à ce moment-là que les informations se sont répandues. Et même s’il n’y pas de preuves d’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement, les opposants au régime de Bachar el-Assad rappellent sans cesse à Barack Obama ce qu’il avait dit.

Les États-Unis n’ont actuellement aucun intérêt objectif d’envahir la Syrie. Même s’ils veulent éliminer le récalcitrant Bachar el-Assad, il n’y personne pour le remplacer. Priver simplement le pays de son leader et le faire plonger dans un chaos signifie ajouter des problèmes au voisin israélien. De plus, les Américains ne possèdent pas de fonds superflus pour ce faire d’autant plus que l’issue de cette opération militaire reste inconnue. Ainsi, selon Sergueï Demidenko, expert orientaliste de l’Institut russe d’études stratégiques et d’analyse, le Pentagone a beau avoir élaboré un plan militaire, Barack Obama ne se hâte pas d’ordonner sa réalisation.

« J’aimerais attirer votre attention sur le fait que, le 28 août, a été prévue une rencontre entre les diplomates russes et américains qui porte sur l’organisation d’une conférence sur le règlement pacifique syrien. Jusqu’à présent, cette rencontre n’est pas encore annulée. Donc, il ne faut pas du tout penser que la question d’attaquer la Syrie est déjà décidée », explique Sergueï Demidenko.

Moscou met en garde Washington d’effectuer des actions militaires en Syrie. Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que toutes actions militaires unilatérales contre la Syrie effectuées sans l’accord de l’ONU vont saper les efforts de la communauté internationale et vont provoquer une escalade du conflit au Proche-Orient.

Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2013_08_26/Syrie-un-deuxieme-Iraq-3937/

La nouvelle confrontation militaire Ouest-Est

Manlio DINUCCI, Il Manifesto, 13 août 2013

traduction : Marie-Ange Patrizio, publication : Le Grand Soir

Depuis que Poutine est revenu à la présidence, la « rhétorique anti-américaine » s’est renforcée de la part de la Russie, en se servant de « vieux stéréotypes de la guerre froide » : c’est ce qu’a déclaré le président Obama après avoir effacé la rencontre prévue pour septembre. La goutte qui a fait déborder le vase a été l’asile concédé par la Russie à Edward Snowden, coupable d’avoir mis en lumière les preuves que les services secrets étasuniens espionnent tout et tout le monde. Mais il y a bien autre chose.

Moscou s’oppose au « bouclier anti-missile », qui permettrait aux États-Unis de lancer un first strike (première frappe) nucléaire en sachant qu’ils peuvent neutraliser la rétorsion. Moscou est opposée à l’expansion ultérieure de l’OTAN à l’est et au plan EU/OTAN de démolir la Syrie et l’Iran dans le cadre d’une stratégie qui cible la région Asie/Pacifique. Tout ceci est perçu à Moscou comme une tentative d’acquérir un net avantage stratégique sur la Russie (et, en outre, sur la Chine). Ne s’agit-il que de « vieux stéréotypes de la guerre froide » ?

On ne le dirait pas, vu le programme annoncé par l’OTAN le 8 août. Il prévoit « des manœuvres militaires plus ambitieuses et fréquentes » surtout dans les régions adossées à la Russie. Du 25 août au 5 septembre des chasseurs-bombardiers OTAN (y compris italiens) (et français, NdT), à double capacité conventionnelle et nucléaire, participeront en Norvège à la manœuvre « Brilliant Arrow » du Commandement aérien allié, à la tête duquel vient d’être nommé le général Frank Gorenc, qui commande aussi les Forces aériennes étasuniennes en Europe. Puis aura lieu en novembre la manœuvre aérienne « Steadfast Jazz », qui verra le déploiement de chasseurs-bombardiers OTAN en Pologne, Lituanie et Lettonie, à la frontière russe. En septembre-octobre des navires de guerre OTAN participeront à la grande manœuvre « Brilliant Mariner » en Mer du Nord et en mer Baltique. Est aussi prévu l’envoi d’autres navires de guerre OTAN en Mer Noire, où s’est déroulée en juillet la manœuvre « Sea Breeze 2013 » à laquelle ont participé les marines de dix paysii (Italie comprise) (la France y était présente au titre d’observateur avec le Qatar, les Emirats arabes unis, et la Libye, NdT) aux ordres du Commandant des Forces navales USA en Europe, qui commande en même temps la Force conjointe alliée à Naples.

Les États-Unis et les alliés OTAN sont donc en train d’accroître la pression militaire sur la Russie, laquelle, évidemment, ne se limite pas à ce qu’Obama appelle une « rhétorique anti-américaine ». Après que les USA ont décidé d’installer un « bouclier » de missiles même sur l’île de Guam dans le Pacifique occidental, le Commandement des forces stratégiques russes a annoncé être en train de construire un nouveau missile de 100 tonnes « en mesure de dépasser n’importe quel système de défense de missiles ». D’ici la fin de cette année le Commandement effectuera 16 lancements expérimentaux de missiles balistiques intercontinentaux de divers types. Et le premier sous-marin nucléaire de la nouvelle classe Borey est déjà en navigation : long de 170 mètres, capable de descendre à 450 mètres de profondeur, armé de 16 missiles Bulava d’un rayon de 9mille Kms et 10 têtes nucléaires multiples indépendantes, pouvant manœuvrer pour éviter les missiles intercepteurs. Le nouveau sous-marin fait partie des huit que la marine russe recevra d’ici 2020 (pour remplacer les précédents), avec 16 sous-marins multi-rôle et 54 unités de superficie.

Là-dessus et pas seulement, les médias européens, en particulier les médias italiens champions de désinformation (en compétition serrée avec les français, NdT), pratiquement se taisent. Ainsi la très grande majorité des gens a-t-elle l’impression que la guerre ne menace que des régions « turbulentes », comme le Moyen-Orient et l’Afrique du nord, sans s’apercevoir que la « pacifique » Europe est en train, à nouveau, de devenir, dans le sillon des Etats-Unis, la première ligne d’une confrontation militaire non moins dangereuse que celle de la guerre froide.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 13 août 2013 d’il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Traductions possibles des noms des manœuvres Otan dont on trouve très peu de traces dans les sites officiels de la marine nationale et du ministère dit de la défense français : Brilliant Arrow, Brilliant Mariner, Steadfast Jazz, Sea Breeze : Flèche brillante, Brillant Marin, Jazz inébranlable, Brise de mer… ?

Notes

http://www.baw13.hq-aircom.de/ (NdT)

ii Azerbaïdjan, Bulgarie, Canada, Georgie, Allemagne, Italie, Roumanie, Turquie, Ukraine et USAhttp://www.navy.mil/submit/display.asp?story_id=75504 (NdT)

Hezbollah, Hamas, PKK, vous avez dit terrorisme ?

Alain GRESH, Blog du Diplo, mercredi 24 juillet 2013

Ainsi l’Union européenne a-t-elle décidé de placer « l’aile militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes » (LeMonde.fr, 22 juillet).

« La décision — un accord politique qui doit être transcrit juridiquement pour entrer en application — a suscité de vifs débats. L’Irlande et Malte ont multiplié les réserves jusqu’au bout. D’autres, comme l’Autriche, craignaient les conséquences d’une telle sanction sur la sécurité des forces de l’ONU implantées au Liban, dans une zone sous contrôle du Hezbollah. Ces derniers jours, le gouvernement libanais a lui-même appelé officiellement à renoncer à une telle décision, en expliquant que l’organisation représentait une “composante essentielle de la société” libanaise.

Pour convaincre leurs collègues les plus réticents, les ministres des affaires étrangères ont convenu de “poursuivre le dialogue” avec tous les partis politiques libanais, y compris le Hezbollah. Ils entendent aussi maintenir leur aide humanitaire à l’ensemble du territoire libanais. L’implication croissante du Hezbollah dans le conflit syrien, aux côtés de l’armée du régime, n’est pas citée par l’Union européenne. » [1]

C’est pourtant bien l’implication du Hezbollah dans le conflit syrien qui avait, après l’attentat de Burgas en Bulgarie, conduit les américains et les israéliens à accentuer les pressions sur l’Union européenne.

Quoiqu’il en soit, la décision est marquée par une forme d’hypocrisie car elle ne précise pas ce qu’est l’aile militaire du Hezbollah, bien difficile à différencier de la politique.

Notons aussi, sur l’attentat de Burgas, que, malgré les allégations, aucune preuve sérieuse n’indique l’implication du Hezbollah dans cette action [2].

Mais, au-delà des difficultés à déterminer les responsables de telle ou telle action, on peut s’interroger sur cet usage du terme terrorisme qui permet de boycotter le Hamas tout en maintenant d’excellentes relations avec Israël, dont l’usage du terrorisme d’Etat est patent.

Nous le savons, le terrorisme est une accusation facile qui permet aux Etats de criminaliser des groupes qui luttent contre une occupation étrangère ou contre un agresseur. Cette accusation est principalement proférée contre des organisations au Proche-Orient, notamment le Hezbollah et le Hamas, mais pas seulement.

Il n’y a pas si longtemps, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le gouvernement blanc d’Afrique du Sud qualifiaient le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela d’organisation terroriste. Et pourtant, Mandela est devenu aujourd’hui l’un des hommes les plus vénérés de la planète (au risque, souvent, de déformer l’histoire de sa vie [3].

François Hollande peut prétendre vouloir le détruire au Mali, mais, dans la plupart des cas, c’est la négociation qui permet de faire reculer la violence.

La Turquie constitue un exemple important de la manière dont on peut traiter du problème du terrorisme.

« Le chef rebelle kurde Abdullah Ocalan a appelé, jeudi 21 mars, les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à déposer les armes et à quitter la Turquie, affirmant que le temps était venu de “faire prévaloir la politique” », écrivait LeMonde.fr le 21 mars [4].

Le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) poursuit : « “Nous sommes arrivés à une phase dans laquelle les armes doivent se taire (…)et les éléments armés doivent se retirer en dehors des frontières de la Turquie”, a indiqué M. Ocalan dans une lettre lue à Diyarbakir (sud-est) devant des centaines de milliers de personnes par un député du Parti pour la paix et la démocratie (BDP). “Je le dis devant les millions de personnes qui écoutent mon appel, une nouvelle ère se lève où la politique doit prévaloir, pas les armes” (…).

“La période de la résistance armée a ouvert une porte à un processus de politique démocratique. Les sacrifices n’ont pas été faits en vain, les Kurdes y ont gagné leur véritable identité”, a ajouté le chef kurde, actuellement emprisonné, en faisant référence aux quelques 45 000 morts causées depuis 1984 par le conflit kurde. “Ce n’est pas la fin, c’est un nouveau départ, ce n’est pas la fin du combat, c’est le début d’un nouveau combat”. »

Il est difficile de savoir si cette lettre lue devant des centaines de milliers de Kurdes à Diyarbakir ouvrira la voie à la paix. Interrogé par Hélène Sallon pour savoir si cet appel peut déboucher sur un processus de paix [5], Jean Marcou, professeur à l’Institut d’études politiques de Grenoble et spécialiste de la Turquie répond :

« Oui, car il n’y a pas qu’un cessez-le-feu, il y a également la demande aux combattants du PKK de quitter le territoire. C’est un engagement pour lancer un processus d’abandon de la lutte armée. Les autres cessez-le-feu avaient été déclarés hors de toutes négociations et contacts avec le gouvernement turc. Celui-ci intervient dans le cadre du processus dit d’Imrali, du nom de l’île où est emprisonné Abdullah Öcalan, lancé fin 2012. Ce processus a débuté par des contacts entre Öcalan et des membres des services de renseignement, mais s’est surtout traduit, entre janvier et mars, par la visite de députés du Parti pour la paix et la démocratie — BDP (kurde). Ils ont transmis des lettres du chef du PKK aux commandements kurdes, en Irak et en Europe, qui dressent une feuille de route qui tient lieu de cadre pour un accord de paix. »

S’il débouchait sur la paix, cet accord pourrait avoir des conséquences géopolitiques importantes. La Turquie, qui a renforcé ses relations avec le gouvernement du Kurdistan d’Irak pourrait acquérir un statut de protecteur des Kurdes, et renforcer son influence dans toute la région.

En conclusion, penser régler le problème d’organisations représentatives (hier le Front de libération nationale algérien ou l’ANC, aujourd’hui le Hezbollah, le PKK ou le Hamas) par ce type d’accusation est futile et contre-productif.

Encore une fois, l’Union européenne s’est alignée sur Washington et Tel-Aviv, se privant ainsi de tout rôle réel au Proche-Orient.

Notes

[1] Lire sur le blog du Monde Diplo « Syrie, l’entrée en guerre du Hezbollah », 23 mai 2013.

[2] Lire Gareth Porter, « Inside the Hezbollah Bombing “Hypothesis” of an Israeli Tour Bus », Counterpunch, 18 février 2003.

[3] Lire « L’évangile selon Mandela », Le Monde diplomatique, juillet 2010) et dans le numéro d’août 2013, à paraître, « Nelson Mandela, les chemins inattendus ».

[4] « Le chef du PKK appelle à une trêve, la Turquie ouverte au dialogue », LeMonde.fr, 21 mars 2013.

[5] « « L’appel du PKK à la fin de la lutte armée n’est qu’une première étape », LeMonde.fr, 22 mars 2013.

Attaque chimique en Syrie: Moscou n’exclut pas une provocation

Ria Novosti, 21 août 2013

Moscou n’exclut pas que les informations sur l’emploi d’armes chimiques en Syrie, diffusées au moment où des experts de l’ONU entament leur mission dans le pays, puissent constituer une provocation préméditée et insiste sur une enquête objective, indique le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch dans son communiqué diffusé mercredi.

« Ce qui retient l’attention, c’est que les médias régionaux engagés ont immédiatement lancé une attaque informationnelle agressive en rejetant la responsabilité sur le gouvernement syrien », lit-on dans le communiqué.

« Tout cela nous amène à penser qu’il s’agit, cette fois encore, d’une provocation planifiée à l’avance », souligne le diplomate.

A l’appui de cette thèse, il cite le fait que cette nouvelle attaque chimique a eu lieu au moment où une mission d’experts de l’ONU vient d’entamer son enquête sur l’utilisation présumée de sarin dans les environs d’Alep le 19 mars dernier.

Selon le diplomate, tout cela fait penser à une tentative visant à « trouver un prétexte pour demander au Conseil de sécurité de l’ONU d’intervenir en faveur des opposants au régime de Damas et de torpiller par là même les chances de convocation de la deuxième conférence de Genève sur la Syrie ».

« Moscou estime qu’il est très important de procéder à une enquête objective et compétente de cet événement », a conclu le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Des médias ont rapporté mercredi, citant des défenseurs des droits de l’Homme, que les forces gouvernementales syriennes ont lancé une attaque chimique d’envergure dans une banlieue de Damas, qui aurait fait plus de 600 morts. Les autorités syriennes démentent cette information.