LES BANQUES EUROPEENNES RATTRAPEES PAR LA FAILLITE DE DETROIT

Frédéric THERIN, Les Echos, 23 juillet 2013

billetsLes établissements du Vieux Continent ont acquis 1 milliard de dollars de dette de Detroit. Ils relativisent l’impact sur leurs comptes du défaut de la ville.

Un problème chasse l’autre chez UBS. Le jour même de l’annonce d’un « accord de principe » avec l’Agence fédérale américaine de financement immobilier (FHFA) pour le règlement du litige concernant les actifs douteux vendus aux organismes de crédit hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, la banque suisse se retrouvait embourbée hier dans la faillite de Detroit.

Selon le « Wall Street Journal », UBS s’est chargé en 2005 de vendre pour la ville déjà très endettée plus de 1,4 milliard de dollars d’obligations municipales afin de lui permettre de financer son fonds de pension. Plusieurs autres banques européennes, notamment les plus fragilisées déjà, auraient souscrit l’équivalent de 1 milliard de dollars de ces « certificats de participation » susceptibles de perdre toute valeur.

Une souscription qui promettait d’être lucrative

En Allemagne, la « bad bank » de Hypo Real Estate, répondant du nom de FMS Wertmanagement, est ainsi la plus exposée. Celle-ci reste en effet assise sur une obligation de 200 millions de dollars émise par la ville américaine. Mais les titres ont déjà été dépréciés dans les comptes, a tempéré un porte-parole. Il s’agit en outre d’une infime portion d’un total de 176 milliards d’euros d’actifs toxiques hérités en 2010, dont la banque bavaroise se débarrasse au fil de l’eau. Commerzbank quant à elle détient un total de 4,5 milliards d’euros en créances publiques aux USA, mais ne dit pas si la ville de Detroit en fait partie. Selon le site d’informations Quartz, la banque aurait souscrit à un produit structuré à partir d’engagements de retraites. Enfin, Deutsche Bank serait aussi exposée mais d’une manière négligeable, indiquent des sources financières alors que la banque n’a pas souhaité faire de commentaires.

En France, la plupart des banques se disent épargnées, à l’exception de Dexia. Le groupe franco-belge aurait en effet acheté plusieurs centaines de millions d’euros de certificats de participation de Detroit mais l’impact de la faillite de la ville américaine sur ses comptes ne dépasserait pas 59 millions d’euros au deuxième trimestre. Son exposition totale s’élève à 305 millions de dollars selon le groupe. « A l’échelle de Dexia, il n’y a pas d’enjeu matériel, il n’y a pas de sujet de solvabilité », confirme un connaisseur du dossier.

La souscription de certificats de participation promettait pourtant d’être lucrative puisque Detroit aurait dû payer 827 millions de dollars (627,2 millions d’euros) d’intérêts durant 20 ans au pool de banques européennes réuni par UBS. L’opération leur avait d’ailleurs déjà permis de toucher 46,4 millions de dollars (35,2 millions d’euros) de commissions. Pour tenter d’éviter que le berceau américain de l’automobile se déclare en faillite, les banques avaient accepté, le 15 juillet dernier, que la municipalité ne leur rembourse que 75 % du montant total de ses dettes mais cette concession n’a pas suffi à éviter que le piège ne se referme sur elles.

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