DISTINGUER LES VRAIS DES FAUX AMIS DE L’ « ESPRIT DE 45 »

27 mai 2013 : 70ème anniversaire du Conseil National de la Résistance (CNR)

Par les Clubs Penser la France, le M’PEP et le Pôle de Renaissance Communiste en France.

Le 27 mai 2013.

Il y a 70 ans jour pour jour, la Résistance se regroupait au sein du Conseil National de la Résistance (CNR) présidé par Jean Moulin et tenait sa première réunion rue du Four à Paris.

Un an plus tard émergeait le programme du CNR. Il unissait les communistes, les gaullistes et des républicains de toutes sensibilités, de droite et de gauche, des royalistes, des syndicalistes, pour reconquérir l’indépendance nationale, rétablir la République et reconstruire la France dans une perspective d’émancipation nationale, de progrès social, d’éradication du fascisme et du racisme, de nationalisation démocratique des banques et des grandes industries, de coopération pacifique entre les nations libérées du nazisme.

C’est la mise en œuvre de ce programme qui a abouti notamment à la création de la Sécurité sociale, à l’instauration de la retraite par répartition que nous envient tant de malheureuses victimes des crises financières, et aux nationalisations qui ont permis de préserver le potentiel de notre pays et son redémarrage économique.

C’est ce programme qui subit depuis quarante ans de toutes parts une attaque subreptice et sans relâche, abusant les esprits et bafouant les espoirs.

Aujourd’hui, notre pays, ayant renoncé à son indépendance nationale pour les promesses illusoires d’un meilleur monde européen, s’enfonce dans une grave crise économique, politique et morale. Le président Hollande, dans la continuité de l’action de son prédécesseur, n’offre pour toute perspective que le chômage, la précarité et l’euro-austérité à perpétuité, le rabotage sans fin des acquis sociaux, l’extinction rapide du « produire en France », la marginalisation du français au profit du tout-anglais dans nos universités et la mise en place d’un « gouvernement européen » piloté par Berlin sur le déni du vote au référendum de 2005. Dans ce contexte, le programme du CNR est plus actuel et plus révolutionnaire que jamais dans sa détermination de lutte et de renaissance.

C’est pourquoi le M’PEP, les Clubs « Penser la France » et le PRCF, convaincus de l’urgence de faire vivre au présent les valeurs et le programme du CNR, déclarent solennellement que :

Les deux piliers du fédéralisme européen, le PS et l’UMP, qui, ensemble ou en alternance, démontent méthodiquement le programme du CNR et les conquêtes de la Libération en faisant allégeance à une Union européenne supranationale et néolibérale, en cédant à toutes les exigences du MEDEF et des PDG du CAC 40, n’ont aucune légitimité à célébrer le CNR. Ils asservissent notre pays aux guerres de l’OTAN et préparent l’euro-régionalisation de la République une et indivisible héritée de la Révolution. Plus que jamais, comme l’affirme Léon Landini, figure de proue des anciens Francs-Tireurs et Partisans Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) et personnage central du film récent de Gilles Perret Les Jours heureux, le programme du CNR est antinomique de la monnaie unique européenne et de l’Union européenne, ces machines de guerre du capital financier contre les acquis sociaux, la souveraineté des nations et l’amitié entre les peuples !

Ne sauraient non plus se réclamer du CNR Marine Le Pen, le Front national et tous ceux qui les courtisent en usurpant odieusement « l’esprit de 1945 ». Ce n’est pas avec, mais contre l’extrême droite – massivement compromise avec Pétain et Hitler – que s’est construite toute l’action du CNR. Non seulement le CNR n’a rien à voir avec un parti dont le président d’honneur tient les chambres à gaz pour un « point de détail de la Seconde Guerre mondiale » (sic), mais les attaques incessantes des Le Pen contre les travailleurs immigrés et contre le mouvement syndical sont aux antipodes de l’esprit du CNR, dont le programme revendiquait le « rôle central du monde du travail » dans la reconstruction d’une France libre et fraternelle.

En conséquence, le peuple français ne doit pas tomber dans le piège d’une illusoire « union nationale » entre les naufrageurs de la France qui, du PS à l’UMP en passant par le « Centre » et par « Europe-Écologie », se conduisent en proconsuls de Bruxelles et de Francfort. Notre peuple ne doit pas non plus s’abandonner au déferlement réactionnaire que préparent ensemble des éléments de l’UMP et le rassemblement « bleu marine ». Au contraire, l’heure est à la contre-offensive du monde du travail face aux attaques en cours ou en préparation. Elle est aussi à l’émergence d’une alternative franchement républicaine portée par un Front populaire, patriotique et progressiste visant à :

·    actualiser le programme du CNR sur la base de ses grandes orientations humanistes ;

·    sortir la France de l’étau fatal de l’euro, de l’OTAN et de l’UE sans crainte d’affronter une oligarchie financière qui préfère la mondialisation de ses profits au développement de notre pays.

Dans cet esprit nos organisations publieront le 18 juin un appel à tous ceux qui veulent faire vivre au présent les avancées démocratiques des Lumières, de la Révolution française, des luttes du mouvement ouvrier et populaire, des combats laïques et républicains, du Front populaire et du Conseil national de la Résistance.

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