REUNION DE VENISSIEUX, INTERVENTION DE CAROLINE ANDREANI

Je fais un constat terrible : le 36ème congrès du Parti communiste a été d’une platitude et d’une faiblesse intellectuelle insigne.

Deux moments m’ont frappé, l’intervention d’un universitaire malien, qui prenait à contre-pied la déclaration de la fédération de la Seine-Saint-Denis sur l’intervention française au Mali. Il la dénonçait pour ce qu’elle est, une intervention néo-coloniale, incapable de régler les problèmes d’instabilité chronique de la région sahélienne. Cette intervention a été longuement saluée, par ceux-là même qui la semaine précédente adoptaient une déclaration inverse ! Ce qui prouve l’absence de conscience politique et de connaissance des situations internationales. L’autre intervention frappante a été celle du camarade du Forum social du Brésil, qui se positionnait comme anti-impérialiste et qui faisait l’apologie des expériences progressistes d’Amérique latine, notamment du Venezuela.

Mais ce qui m’a surtout frappé, c’est le décalage total avec la vie réelle. Nos dirigeants vivent en vase clos. Ils prennent des positions de principe, qui ne sont pas toutes fausses. Mais ils n’arrivent pas à « mordre » sur le réel, parce que le lien avec la classe ouvrière est rompu. C’était flagrant au congrès : les PSA-Aulnay sont venus, avec d’autres ouvriers en lutte, mais il s’agissait d’un décorum. Quand nous avons été devant PSA à Aulnay avec nos élus en février, nous avons été bien reçus. Les élus communistes ont pris la parole. Mais le lien avec le monde du travail est disloqué. Nous venons soutenir, mais nous ne sommes plus en phase avec les luttes.

Une autre chose me frappe, c’est la modification du discours sur l’Union européenne. Le discours devient très dur, dénonciateur des méfaits de la politique de l’UE sur les peuples. C’est un discours qui avait totalement disparu et qui revient chez Pierre Laurent ou d’autres dirigeants nationaux. Mais l’atterrissage est toujours le même : « nous voulons construire une Europe sociale ». C’est un discours qui place le PCF en décalage total avec la réalité. Aujourd’hui, la réalité de l’oppression exercée par l’UE s’impose à tous : Chypre, la Grèce, l’Espagne… Mais le PCF, parce qu’il est tellement compromis avec le Parti de la gauche européenne, ne veut surtout pas lâcher sur cette question et s’accroche à l’illusion de la construction d’une Europe sociale, bloquant du même coup toute la discussion et toute perspective politique.

Je crois qu’en tant que militants du PCF, nous devons appuyer sur ces contradictions, qui nous permettent de marquer des points sans disperser notre action. L’Union européenne est une thématique sur laquelle nous devons constamment avancer, afin de briser le blocage intellectuel créé par des années de soumission au PGE. Bien entendu, ce n’est pas la seule question, mais dans les mois qui viennent, je pense que nous devons faire peser notre effort sur quelques questions-clés et que l’UE en est une.

Attention toutefois, nous avons besoin de travailler et d’approfondir nos analyses et nos argumentaires, car la faiblesse intellectuelle qui caractérise le Parti aujourd’hui nous atteint tout autant. Nous avons donc besoin de revenir sur les fondamentaux et de travailler en profondeur certaines questions complexes pour être en mesure de militer efficacement.

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