L’ANGOISSE ET L’AVEU

Pierre LEVY, Bastille, République, Nation, n°25, février 2013

bastille-rep-natAhurissant. Surréaliste. Edifiant. Comment qualifier autrement le discours qu’a tenu François Hollande le 5 février à Strasbourg ? A Strasbourg, car où, ailleurs que dans la bulle autiste que constitue l’hémicycle européen, de tels propos seraient-ils encore recevables ? Imagine-t-on le président français aller à la rencontre des salariés de Mittal, de Renault, de PSA en leur déclarant : « l’Europe est une formidable idée, une immense aventure, une construction politique exceptionnelle » ? Ou bien rendre visite à ceux de Good Year, de Sanofi, de Petroplus pour leur assurer qu’« elle a produit un modèle envié sur tous les continents, elle a instauré la paix, les droits de l’Homme, la démocratie » ?

Les eurodéputés, eux, ont adoré. Car le maître de l’Elysée, rappelant qu’il a placé « la réorientation de l’Europe au cœur de son action », a cajolé ses auditeurs en annonçant que « le moment est venu de lancer le grand chantier de l’approfondissement de l’Union économique et monétaire », expression codée qui désigne le transfert des derniers leviers nationaux vers le futur « gouvernement économique » européen.

L’orateur a précisé que ledit « grand chantier » comprenait notamment la mise en commun des dettes nationales (« eurobonds »), une « union politique plus forte », de « nouveaux instruments financiers, et un budget (…) de la zone euro ». Il s’est cependant réjoui que beaucoup ait déjà été fait : « l’Europe a été capable de se doter de moyens indispensables pour garantir le sérieux budgétaire, les Etats eux-mêmes ont ratifié le traité budgétaire, et la France – sous mon autorité – en a pris la responsabilité ». Le président a également salué l’action de la Banque centrale européenne et le lancement du Mécanisme européen de stabilité.
A peu près au même moment, mais dans le monde réel – c’est-à-dire celui des peuples soumis aux conséquences de ces remarquables « avancées » – Caritas publiait une étude terrifiante décrivant l’extension de la misère dans les pays soumis à l’austérité la plus brutale. Au point que l’organisation caritative catholique, rarement considérée comme radicale ou subversive, concluait que cette situation est de nature à mettre en question « la légitimité même de l’Union européenne ».
Qu’à cela ne tienne : le mot d’ordre que François Hollande a fait ovationner à Strasbourg est bel et bien la rengaine que servent les dirigeants européens depuis le début de « l’immense aventure », en substance : ce qui n’a pas marché avec l’Europe… finira par marcher avec plus d’Europe encore. Au passage, le président n’a pas manqué pas de vanter l’Europe « continent de paix et de démocratie (…) qui apporte au reste du monde son héritage, ses valeurs, ses principes ». Son prédécesseur avait jadis fait montre de la même humilité en martelant que « l’Europe est aujourd’hui la seule force capable (…) de porter un projet de civilisation ».
Mais le plus remarquable de la prestation élyséenne est tout même cette angoisse qui forme le fil rouge du discours. Dès ses premiers mots, le chef de l’Etat s’interrogeait gravement : « comment faire pour retrouver l’adhésion, pour faire resurgir l’envie d’Europe ? ». Et concluait en s’inquiétant de l’état d’esprit populaire : « le risque n’est plus l’indifférence, mais le détachement, pour ne pas dire la rupture  ».
Notons l’extraordinaire aveu. Et, plus encore, la conception implicite qui prévaut désormais parmi les dirigeants européens : plutôt que d’appliquer, fût-ce imparfaitement, le programme que les citoyens ont choisi en les élisant, leur « mission » (confiée par qui ?) consiste à tenter de convertir le peuple à une « construction » dont ils reconnaissent eux-mêmes qu’elle est massivement rejetée. Cette inversion de la démocratie nous ramène plusieurs siècles en arrière.
François Hollande a d’ailleurs résumé avec une confondante ingénuité l’angoisse qui l’étreint, lui et ses pairs : « ce qui nous menace aujourd’hui n’est plus la défiance des marchés, c’est celle des peuples  ».
On ne saurait mieux dire.
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UNE DÉCISION GRAVE DU PARLEMENT EUROPEEN

LEHYARICpar Patrick Le Hyaric

Mardi 12 mars, le Parlement européen a adopté sans débat et en catimini deux rapports qui font entrer les pouvoirs de la Troïka dans le droit européen.

Les missions de le Troïka sont ces délégations d’experts de la Commission, du FMI et de la Banque Centrale Européenne qui s’assurent que les États en difficultés appliquent les politiques qui leurs sont demandées en échange d’une aide.

Sans revenir sur les conditions même de cette aide qui consiste le plus souvent à des prêts avec des taux d’intérêts plus élevés que ceux auxquels les États créditeurs empruntent – entraînant donc une plus value au passage –, il est important de revenir sur les buts et les conséquences de ces missions.

Elles s’inscrivent dans une politique de mise en place graduelle d’une supervision étroite des budgets des États européens. Le semestre européen qui ouvrait la possibilité de donner des recommandations et des orientations de politique économique avant l’adoption de budgets en fut la première étape. Elle fut suivie par le Six-Pack qui créé un cadre de supervisions et de sanctions. Le TSCG est venu renforcer l’édifice en imposant aux États l’inscription d’une règle d’or dans leur cadre budgétaire limitant tout déficit structurel à 0,5%.

Passons sur la définition du » déficit structurel » qui n’est toujours pas arrêtée bien qu’inscrit dans un Traité et désormais dans la Constitution de plusieurs États-membres. Le 2-Pack vient quant à lui clore cette construction avec deux textes législatifs :

– un premier règlement permettant à la Commission de surveiller tout au long de l’année les budgets des États : le « Règlement établissant des dispositions communes pour le suivi et l’évaluation des projets de plans budgétaires et pour la correction des déficits excessifs dans les États membres de la zone euro », le rapport Ferreira.

– un second règlement permettant à la Commission de superviser les budgets et de donner des orientations qui devront être suivies par les Parlements nationaux : le « Règlement relatif au renforcement de la surveillance économique et budgétaire des États membres connaissant ou risquant de connaître de sérieuses difficultés du point de vue de leur stabilité financière au sein de la zone euro », le rapport Gauzès.

Pour résumer : le TSCG demande aux États membres de la zone Euro de s’astreindre eux-mêmes à l’autodiscipline, ces deux règlements permettent de s’assurer au niveau européen que c’est bien le cas.

Bien que complémentaires du nouveau Traité sur l’austérité, ces deux textes, ont été adoptés à une large majorité grâce au soutien des verts et des socialistes. Ces deux groupes mettront en avant que le Parlement a obtenu les principes d’un contrôle plus démocratique sur les missions de la Troïka, que les investissements dits productifs pourront ne pas être comptabilisés comme de la dette, ou enfin qu’ils ont obtenu de la Commission une réflexion sur la faisabilité d’une mutualisation plus ou moins partielle de la dette des pays de la zone Euro.

Mais en accordant leur soutient, ces groupes pourtant proches de nos combats, ont surtout donné une large majorité à ces deux textes adoptés à 528 et 526 voix sur les 751 députés que compte le Parlement européen. De fait le Parlement valide à une écrasante majorité les logiques de confiscation des souverainetés populaires qui sous- tendent ces textes.

Demander un contrôle démocratique plus grand des missions de la Troïka reste une validation du principe même de ces missions qui mettent sous tutelle les politiques économiques des États. Exiger que la Commission procède à une réflexion à contrecœur sur la mise en place des Eurobonds d’ici mars 2014, c’est préparer les prochaines élections européennes avec une annonce pour la mutualisation de la dette, pour s’assoir dessus une fois les élections passées.

En favorisant ces tactiques politiciennes les groupes qui ont soutenu ce rapport jouent un jeu dangereux semblable à celui qui se dessine sur le budget européen : jouer la confrontation pour ensuite laisser faire.

Ces textes ne peuvent être améliorés, ou adoucis tout simplement, car ils cherchent fondamentalement à tuer la dépense publique en l’enfermant dans des normes budgétaires strictes dont seule la Commission aurait les clefs.

Pour cette raison je me suis opposé depuis le début à ces textes et je regrette que les autres groupes politiques n’aient pas su en faire de même pour bloquer ces logiques irrespectueuses des souverainetés des peuples européens.

Source : http://patricklehyaric.net/2013/03/13/une-decision-grave-au-parlement-europeen/

RÉUNION NATIONALE DU RÉSEAU « FAIRE VIVRE ET RENFORCER LE PCF » DU 23 MARS 2013

FVER-PCFIntroduction de Marie-Christine BURRICAND

La réunion que nous tenons aujourd’hui a été décidée à l’issue du dernier congrès du PCF.

Il nous a fallu six semaines pour trouver une date qui convienne à tous et nous retrouver.

Mais finalement, cette attente de quelques semaines va peut-être se révéler utile pour apprécier au mieux la situation et prendre des décisions efficaces.

Puisque cette réunion se passe dans le Rhône, je me permets quelques réflexions pour lancer la discussion.

Je rappelle le triple objectif de notre réunion : tirer le bilan du 36ème congrès, créer les conditions d’un PCF utile dans la situation présente, agir dans le PCF -et en dehors du PCF- pour rassembler largement les communistes.

Il faut sans doute faire un bref rappel des conditions de préparation de ce congrès et de l’historique.

Depuis le congrès de Martigues, soit plus de 12 ans, un certain nombre de communistes mènent bataille contre les renoncements idéologiques au sein du PCF, pour préserver et développer l’existence de ce parti.

Cela s’est traduit par différents appels, notamment « Nous assumons nos responsabilités » au début, ainsi que plusieurs textes alternatifs aux congrès, puisque les statuts de Martigues ouvraient cette possibilité : le texte du Pas-de-Calais au 32ème, « Fiers d’être communistes » au 33ème (auquel il faut ajouter les « Rails de la lutte des classes »), « Faire vivre et renforcer le PCF » au 34éme, « Unir les communistes pour un PCF de combat marxiste populaire et rassembleur » au 36ème.

Cette bataille qui a été identifiée par un très grand nombre de communistes a largement contribué à l’existence du PCF et au débat politique interne et externe, y compris dans la dernière période. Elle n’a cependant pas été suffisamment forte et large pour permettre un renversement de majorité, empêcher la stratégie FDG et la candidature de Mélenchon et tourner la page de Martigues.

L’unité de l’opposition ne s’est pas réalisée. D’une part, des camarades ont fait le choix de quitter le PCF et certains continuent de le faire. D’autre part, en interne, nous nous sommes heurtés au sectarisme du groupe du 15ème.

Au 36ème congrès, face à une base commune imprégnée des thèmes et du vocabulaire « Rallumer les étoiles » de Martigues, nous avons décidé collectivement et majoritairement de proposer au vote des communistes un texte alternatif avec l’objectif de créer les conditions d’un débat fraternel et constructif entre les communistes.

Nous disions que l’enjeu pour ce congrès était de tourner ensemble sur la base de notre expérience, la page de Martigues et d’affirmer au sein du PCF le choix de la révolution, de la lutte des classes et du marxisme.

Ce texte a recueilli dans des conditions difficiles (pas de débat, attaques et manque de démocratie) 11% des voix des communistes dans une situation de non participation au vote montrant que l’affaiblissement de l’organisation, les mises sur le côté et les départs se poursuivaient. La baisse régulière au fil des congrès du nombre de votants et de cotisants témoigne de l’affaiblissement de l’organisation.

Au total, les 3 textes alternatifs recueillaient plus de 25% des voix et nous étions le premier texte.

Un résultat insatisfaisant mais garantissant en même temps notre existence. D’autant qu’il faut prendre en compte au delà du résultat, le travail collectif qu’a représenté le texte, les plus de 600 signatures et le fait que bien des thèmes que nous abordions ont été au cœur des conférences de section et fédérales.

Sur la base de ce texte, la direction nous a proposé sur la liste unique 8 élus au CN.

Nous avons accepté cette proposition, car il nous paraissait difficile d’aller à une liste alternative dans les conditions de division de l’opposition et d’autre part nous voulions insister sur notre volonté de travailler à l’unité des communistes.

Dans les conférences départementales et de section, en fonction du rapport de force local, des débats positifs ont eu lieu et nous avons souvent fait passer des amendements (statuts et texte) modifiant sérieusement les projets de la direction.

Au niveau du congrès national, le verrou était trop fort (pour toute la diversité du parti d’ailleurs) et il faut bien dire que sur le texte comme sur les statuts la direction est arrivée à ses fins. Les textes s’oublient, les statuts restent.

Ceux là marquent une régression démocratique et l’abandon de l’organisation révolutionnaire, populaire et de masse au profit d’un parti de sommet, institutionnel, sacrifiant ces organisations de base (cotisations, cellules et sections).

L’abandon sur la carte de la faucille et du marteau au profit de l’étoile européenne en a fâché plus d’un (Pierre Laurent en a peut-être fait un peu trop sur ce point).

Cela témoigne surtout de la volonté de poursuivre dans la voie du PGE (intégration dans les forces réformistes européennes) et de construire l’avenir du parti en rupture, voire en opposition avec 1920, avec le communisme du 20ème siècle. C’est la source de l’oukase sur le socialisme et du communisme messianique porté par le texte « Rallumer les étoiles ».

Je souligne quelques enseignements de ce congrès, à valider ou pas :

- La direction est obligée de prendre en compte des éléments de notre bataille et l’approfondissement de la crise : existence du PCF, radicalité du discours, communisme, mais elle n’a pas renoncé à l’objectif de métamorphoser le PCF pour qu’il soit euro-réformiste compatible (Pierre Laurent président du PGE, une ligne qui s’élabore hors PCF).

- L’éloignement du PCF des milieux populaires se confirme dans la composition du congrès comme dans celle de la direction. Cela pèse dangereusement pour l’avenir. Quels intérêts défend le PCF ?

- La volonté d’autonomie des communistes par rapport au PS continue de s’affirmer. Pour l’instant, un très grand nombre de camarades ne voient pas d’autre issue à cette question que le FDG, porté comme le rassemblement de la gauche de la gauche. C’est une vision étriquée du rassemblement. Le risque d’une dérive gauchiste, nous éloignant du peuple, est fort.

L’autonomie du PCF n’est pas gagnée (PS, FDG, PGE). C’est une bataille essentielle qui conditionne l’avenir du parti, son existence même.

Pas mal d’entre nous sont partis en colère de ce congrès, avec le sentiment d’une direction triomphante.

Mais il faut y regarder de plus près, car au regard de la situation politique et sociale et des échéances électorales qui s’annoncent, municipales et législatives, les promoteurs de la ligne « Rallumer les étoiles » sont face à leur contradiction.

La situation sociale continue de se dégrader en France et en Europe, comme en témoigne la situation à Chypre.

Le mesures gouvernementales anti-populaires s’alignent et le mécontentement grandit. Hollande est au plus bas, les résultats des partielles dans l’Oise confirment la dégringolade du PS et la crise de la politique. Le PS chute, cela ne profite pas au Front de gauche mais à l’abstention, au FN et à la droite… rappelons nous de 2002.

Il faut soumettre la France aux intérêts du capital relayé par Bruxelles. Le gouvernement a deux fers au feu : L’ANI pour finir de casser ce qui reste de protection des salariés et l’acte 3 de décentralisation qui vise à charcuter les institutions et le territoire national pour en finir avec la nation et soumettre les élus et le peuple à l’obscure gouvernance (Alsace, eurométropoles).

Face à cela, le PCF adopte une posture d’opposition plus radicale : bataille au sénat, retour de la république et même de la nation, affirmation du soutien aux luttes. C’est mieux que 1997.

Mais il reste frileux sur les nationalisations, continue de défendre l’Europe sociale, est resté sur la réserve concernant un certain nombre de luttes.

Au final, beaucoup d’agitation et de discours mais peu d’actions réelles ; de l’avis de nombreux camarades, notre visibilité reste faible.

Mais à moins d’un an des municipales, avons nous notre liberté d’action ?

Après avoir beaucoup vendu le Front de gauche au regard de la nécessité de s’affranchir du parti socialiste, les directions fédérales tentent de calmer le jeu et de persuader les camarades qu’il faut renouer les accords avec le PS.

Le PG tire évidemment pour des listes FDG. Deux logiques s’affrontent : celles du PG qui n’a rien à perdre et tout à gagner… des élus et des scores permettant à Mélenchon de se poser en recours incontournable pour les prochaines présidentielles, celle du parti qui a des villes et des élus à garder au risque sinon de disparaître.

Au plan européen, le rejet de l’euro (euromark) et de l’UE est devenu majoritaire, au point que cette question est maintenant abordée dans les débats TV par des économistes patentés.

L’UE apparaît de plus en plus ouvertement pour ce qu’elle est : une dictature sur les peuples. Et ne pas appeler à s’en libérer, c’est comme ne pas appeler à la résistance en juin 1940.

Mais la direction s’accroche à l’euro, à la réforme de la BCE et des institutions européennes. Et la nation reste un gros mot.

Allons nous être les derniers des mohicans ?

La direction refuse tout débat avec la gauche qui porte la sortie de l’UE et de l’euro.

Quelles visibilités auront nos listes aux élections européennes qui risquent d’ailleurs d’être estampillées PGE ?

- Le PCF a-t-il la force d’affirmer pour les municipales une ligne de rassemblement populaire bien au delà du FDG et du PS, pour construire des listes de résistance à l’austérité, des listes point d’appui pour les milieux populaires autour de contrats qui font vivre la citoyenneté, la solidarité, la défense des intérêts populaires ?

- Ou va-t-il au contraire comme aux régionales adopter une ligne à géométrie variable, d’un côté mise en avant du Front de gauche avec double négociation quand cela est possible avec le PS et perte d’élus communistes, de l’autre accord direct avec le PS sans affirmation d’un projet politique avec pour seule volonté celle de sauver nos élus ?

Nous voulons peser pour le premier terme évidemment.

Concernant les élections européennes, va-t-on enfin s’émanciper de la ligne PGE ? Va-t-on dire qu’il faut que le peuple reprenne sa souveraineté nationale et populaire ? Ou va-t-on continuer à ouvrir un boulevard au FN et à creuser le fossé avec le monde populaire ?

Pour nous, autour de ces deux thèmes :

- poursuivre et développer notre effort pour faire vivre les organisations de base du PCF : cellules et sections. C’est notre terreau et c’est la garantie de l’existence du PCF. Nous voulons le faire en ayant le souci de regagner des militants ouvriers, des militants des quartiers populaires, des jeunes.

- Développer nos actions de formation, de débats et de confrontations idéologiques : les rencontres internationalistes, les assises du communisme… Faisons le avec esprit d’ouverture, d’autant qu’il y a une vraie écoute chez les communistes.

- Continuer à travailler pour l’unité d’analyse et d’action de tous les communistes dedans ou dehors. Des camarades peuvent être désespérés de la situation du PCF, ils n’en sont pas pour autant des ennemis. Les assises du communisme qui se tiendront les 28,29,30 juin seront un grand moment de rencontre de tous les communistes de France.

Il faut montrer à voir et à entendre que les communistes aujourd’hui, c’est beaucoup plus large et divers que ce que porte officiellement le PCF. En quelque sorte, nous voulons travailler à recentrer le PCF.

- Comment le réseau travaille-t-il ? Nous voulons être utiles au PCF et à l’unité des communistes, mais nous ne voulons surtout pas tirer les camarades en dehors de leurs organisations de base. Nous avions parlé d’un tour de France. Est-ce qu’on en est capable aujourd’hui ? Faut-il officialiser de manière plus claire un collectif de direction ? Faut-il se créer en association ? La question est posée.

- Plusieurs camarades ont évoqué un bulletin national ? C’est peut-être un premier objectif atteignable rapidement. Un collectif de travail pourrait se mettre en place à l’issue de cette réunion sur cette question.

 

L’IMPÉRIALISME NEO-COLONIAL FRANCAIS ACTUEL

Par Albano Nunes, membre du secrétariat du comité central du PCP

Jeudi 21 février 2013

Lorsque pour la première fois le PCP a utilisé le mot « re-colonisation » afin de caractériser la politique actuelle de l’impérialisme, beaucoup ont considéré ce terme comme excessif. A l’époque du puissant mouvement de libération nationale qui a pratiquement balayé le colonialisme de la terre, « néo-colonialisme » était pourtant le terme utilisé pour signifier que la construction formelle d’États indépendants ne représentait pas, en réalité, de mise en œuvre effective de la souveraineté. Car du fait des ex-puissances coloniales, en collaboration avec le FMI et avec le soutien de la Banque Mondiale, des mécanismes d’ »aide » et de « coopération » ont été créés précipitamment pour se dresser contre les nouveaux pays indépendants et saboter les tentatives courageuses de développement progressif et indépendant. La disparition du socialisme, comme système mondial, a ouvert la voie d’une contre offensive, qui a configuré un authentique retour aux heures sombres du colonialisme et fait naître une énorme aspiration à la libération des peuples opprimés.
A propos de l’ingérence militaire de la France au Mali, il importe de prendre en considération une fois de plus, non seulement ses graves conséquences sociales, politiques et militaires dans le pays et la région, mais aussi sa signification la plus profonde en ce qui concerne la stratégie de la classe dominante française.

 
Une première observation : il y a continuité sur ce qui est fondamental, entre les politiques de la droite et Sarkozy, et celle du gouvernement social-démocrate de Hollande, confirmant, malgré d’inévitables « nuances », que les deux servent le grand capital français et qu’actuellement, la social-démocratie est en fait devenu un pilier de l’impérialisme. Et ce que la France fait subir au Mali avec Hollande, vient dans la continuité, et porte les mêmes caractéristiques de classe que ce qui a été perpétré en Libye. Une seconde observation : l’intervention au Mali attire notre attention sur les projets ambitieux de la France en Afrique. L’influence politique et économique de nature néo-coloniale, dans des pays comme le Maroc ou le Sénégal, n’empêche pas les ingérences patentes, avec soutien éhonté aux coups d’Etat et dictatures qui, comme au Tchad ou en République Centrafricaine, servent de base d’intervention et d’agression, et qui ne concernent pas seulement « l’Afrique francophone », mais ont aussi lieu en Angola, avec la collaboration de l’UNITA. Actuellement, les troupes et bases militaires françaises sont stationnées à travers une vaste région, de l’Atlantique à la mer Rouge, qui couvre la majeure partie du Sahel. L’interventionnisme colonisateur de la France, particulièrement visible en Afrique, ne se circonscrit pas à ce seul continent, comme l’a démontré son action au Liban, son soutien aux sionistes d’Israël, son hostilité envers l’Iran, l’insistance du gouvernement Hollande poussant à l’agression contre la Syrie et exigeant le renversement du régime.

 
En analysant les perspectives d’évolution de la situation internationale, on ne doit pas sous-estimer l’impérialisme français et sa tentation de répondre à la crise du capitalisme par une poussée de force agressive. La France, tout en étant le berceau de grandes révolutions, de réalisations du mouvement des travailleurs et de grandes avancées de civilisation, est aussi à l’origine de la bourgeoisie profondément réactionnaire, encline aux pires des crimes, comme lors de la répression féroce de la Commune de Paris, de la trahison fasciste de Pétain, ou avec l’organisation de la terreur contre la révolution algérienne.
Cette réalité historique ne doit pas être oubliée. La France est une grande puissance économique, politique et militaire, et avec l’Allemagne, partage l’hégémonie du bloc impérialiste, l’Union européenne, est membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a regagné la structure militaire de l’OTAN et commande et dispose d’un puissant arsenal nucléaire.
Analyse parue dans Avante, l’organe central du PCP
Traduction PB pour lepcf.fr
Tiré du site du PCP

DÉCLARATION D’ALEXIS TSIPRAS (SYRIZA) FACE AU HOLD-UP DE L’UE A CHYPRE

alexis-tsiprasIl est totalement évident maintenant que les leaders de l’UE suivent une voie qui va ouvertement à l’encontre des peuples européens. La stratégie du gouvernement allemand, avec la bénédiction du capital financier spéculatif en Europe, est une stratégie de colonisation de tout le sud de l’Europe, en particulier de la Grèce et de Chypre.

Un instrument clé pour la mise en œuvre de cette stratégie est l’extorsion basée sur la dette, la même dette qui dévaste le sud du continent avec les politiques néolibérales d’austérité. Même si la dette n’aurait pas existé, ils l’auraient inventée dans le but de servir leurs objectifs. La décision de l’Euro Groupe de vendredi dernier met en péril la stabilité du système financier de toute la zone euro. Il s’agit d’une bombe placé dans les bases de la stabilité non seulement du système bancaire à Chypre, mais aussi dans toute l’Europe. Cette décision doit être annulée avant qu’elle ne provoque des dégâts irréversibles.

Le gouvernement grec, avec les déclarations des porte-paroles de Stournaras et Samaras, a apporté son soutien à ces décisions inacceptables. Le gouvernement grec n’a pas hésité à accepter la proposition de coupe dans les dépôts des citoyens chypriotes, créant ainsi un précédent inacceptable pour les pays en risque dans la zone euro. Avec cette décision, le gouvernement grec prend une responsabilité historique, sans même offrir la moindre information au peuple et au Parlement grec. Hier, j’ai demandé par lettre au président du Parlement une session urgente de l’assemblée nationale afin que l’on nous informe sur la position prise par le gouvernement grec vendredi dernier à la réunion de l’Euro Groupe. Malheureusement, cette demande a été refusée avec de fausses excuses.

Mais la question demeure. Le gouvernement grec n’a pas le droit de soutenir, sans l’approbation du Parlement, une décision qui dissous de facto le système financier chypriote et pose d’énormes risques au système financier grec. Je lance un appel urgent au Premier ministre pour qu’il convoque une session extraordinaire du Parlement. Il a non seulement le droit de le faire, mais c’est aussi son devoir.

Selon nos estimations, l’objectif ultime de la décision politique de l’Euro Groupe n’est pas le sauvetage de l’économie chypriote, mais bien d’imposer un régime de domination économique absolue sur Chypre, qui est une région géopolitique ayant une valeur particulière. Il semble évident que l’objectif consiste à garantir de manière anticipée l’accès aux ressources énergétiques du pays, y compris les hydrocarbures. Et le gouvernement grec a une grande responsabilité dans le fait que la décision a été acceptée dans l’Euro Groupe. Le Premier ministre grec a enchaîné le pays au char du mémorandum de madame Merkel, en ruinant tous les avantages obtenus dans les négociations qui ont suivies les élections grecques et en rompant toutes promesses faites de renégociation. Et maintenant, il accepte et se fait même le complice de la nouvelle colonisation de la république chypriote. Il ignore une fois de plus et dévalue la nécessaire politique étrangère multidimensionnelle et le rôle que doivent jouer l’intervention des organisations populaires et la population dans l’évolution de la Grèce et de Chypre.

Mais il existe des limites à la tolérance et à la patience des gens. Nous demandons au gouvernement, même si c’est de manière rétrospective, de ne pas valider la décision qui signifie la colonisation de Chypre et la dissolution de son économie. Et nous appelons à un sommet extraordinaire de l’UE afin d’indiquer clairement que la partie grecque n’accepte pas cette option.

La décision du Parlement chypriote ne détermine pas seulement l’avenir de Chypre, mais aussi, probablement, celui de la zone euro toute entière. Le NON fier adressé par le Parlement chypriote aux plans de dissolution du pays est, en même temps, le NON de tous les peuples européens adressé à la voie sans issue autodestructrice pour l’Europe. Il démontre en même temps que, même dans les moments les plus difficiles, il y a de l’espace pour la résistance et la négociation.

Ceux qui pensent que l’on peut exercer constamment un chantage et jouer avec le feu doivent maintenant considérer leurs responsabilités. Et surtout se rendre compte que, mis à part les gouvernements qu’ils contrôlent, comme le grec et les gouvernements pro-mémorandums, il y a des gens qui ne vont pas se rendre sans lutter. Les peuples d’Europe n’ont pas encore dit leur dernier mot. Les peuples grec et chypriote doivent commencer une contre-attaque totale des peuples d’Europe contre les plans destructeurs des leaders de l’UE, en ouvrant ainsi la voie à la construction d’une autre Europe, l’Europe de la solidarité, de la démocratie et de la cohésion sociale.

Alexis Tsipras

Traduction française réalisée pour Avanti4.be à partir des traductions en espagnol de Tomás Martínez pourIzquierda Anticapitalista

source : http://www.avanti4.be/actualite/article/declarations-d

ENSEMBLE, DES MILITANTS COMMUNISTES S’ADRESSENT AUX TRAVAILLEURS EN LUTTE

prcfFVER-PCF 

Appel de militants du PRCF et du PCF

Ripostant au MEDEF, au gouvernement, à l’Union européenne, la classe ouvrière de France est en ébullition  : chez Good Year, Renault, PSA, Arcelor-Mittal, Doux, Fralib, Sanofi, les travailleurs refusent d’être baladés par Montebourg pour finir sacrifiés sur l’autel des compromis à la Chérèque, de la désindustrialisation.

Les travailleurs les plus engagés nous montrent le chemin : ouvriers de Florange s’enchaînant aux grilles de Matignon et frappés par la police, travailleurs de PSA et de Renault faisant tomber les grilles qui les séparent, salariés de Good Year refusant le chantage aux salaires avec leur syndicat CGT et l’expérience des Conti dont la baisse des salaires a préparé la fermeture de l’usine Leur détermination « tous ensemble et en même temps » permet une contre-offensive des travailleurs face à la guerre de classe menée par le grand patronat contre l’emploi industriel, contre le pouvoir d’achat, contre les conditions de travail, pour le profit maximal des milliardaires qui pillent notre pays et déménagent ensuite à l’étranger avec leur pognon.

Face au ministre socialiste Manuel Valls, menaçant de répression policière non pas les actionnaires qui détruisent l’industrie française, mais les ouvriers qui défendent l’intérêt national, nous affirmons que la « violence » ne vient pas des salariés en état de légitime défense : elle vient des actionnaires-voyous, aidés par la droite, par l’U.E. et par le gouvernement PS à genoux devant les patrons  ; C’est le MEDEF qui, aidé par les gouvernements successifs depuis 40 ans a détruit les mines, la sidérurgie, le textile et maintenant l’automobile. C’est le patronat qui ruine la nation, plombe la balance commerciale de la France et prive de débouchés des millions de jeunes qui voudraient succéder à leurs parents comme ouvriers qualifiés, techniciens ou ingénieurs !

N’ayons pas peur ! Ce n’est pas le combat de classe qui nous fragilise, mais la politique du « moindre mal », le choix résigné de la mort lente rebaptisée « plans sociaux » par Chérèque et les dirigeants syndicaux jaunes, plus prompts à « casser » les syndicats de lutte qu’à affronter les patrons ! Depuis que les travailleurs négocient indemnités, plans sociaux, réformes décidées par les technocrates, les idées de collaboration avec le patronat et l’acceptation de l’Europe capitaliste avancent, tandis que la classe ouvrière et la nation ne cessent de reculer.

La classe ouvrière a le droit de prendre l’offensive. Elle doit tendre la main aux autres secteurs en lutte : enseignants, infirmières, cheminots écrasés par l’euro-austérité, retraités qui ne peuvent plus se soigner, chômeurs peu ou pas indemnisés, artisans et petits paysans écrasés par le libre-échange européen fait pour les « gros ». L’enjeu de l’affrontement entre tous les travailleurs et le patronat est l’avenir du pays et de nos enfants ; Notre pays a l’expérience de la difficulté des luttes, mais aussi des joies de nos victoires qui, à travers la Révolution française, la Commune, le Front populaire, la Résistance, Mai 68, Décembre 1995, etc., ont longtemps fait de la France « le pays classique des luttes de classes menées jusqu’au bout » (Marx) !

Pour produire en France, il faut sortir de l’Euro, de l’Union Européenne, nationaliser les banques et la grande industrie, imposer la réindustrialisation planifiée du pays !

Ceux qui nous parlent d’« Europe sociale », y compris à gauche, se trompent, voire nous mentent. L’euro n’a pas été fait pour la « paix » et la « prospérité des peuples » ; chacun voit au contraire que l’« euro fort », ce clone du Deutsche Mark, met tous les peuples d’Europe en concurrence, qu’il justifie l’austérité salariale sans fin et le démontage du secteur public, qu’il permet à l’Allemagne capitaliste, associée aux États-Unis et à la « City » de Londres, d’édifier un nouvel Empire européen qui viole la souveraineté de la France et des autres pays. Ce qui se met en place actuellement, c’est une dictature européenne pilotée par l’Axe Washington-Berlin : dans leur manifeste Besoin d’aire, les gros patrons « français » appellent, comme le faisait le Comité des Forges des années 30 et 40, à liquider la France, à mettre les régions françaises en concurrence, à créer les « États-Unis d’Europe », à promouvoir l’anglais comme la seule « langue de l’entreprise et des affaires » : le MEDEF veut mettre rapidement le point final à l’histoire de France !

Quand le patronat veut à ce point liquider la nation, c’est à la classe ouvrière, avec les travailleurs immigrés, nos frères de lutte, de prendre la tête de la lutte pour reconstruire la France, la réindustrialiser, bâtir une République sociale, souveraine et fraternelle marchant à la rupture avec le capitalisme pour la révolution sociale.

Des communistes membres ou non du PCF, tendent la main aux travailleurs en lutte !

Tant que la classe ouvrière a disposé d’un PCF actif dans les usines, se nourrissant des idées de Marx et de Lénine, le monde du travail s’est fait respecter en France. De 1945 à 1947, ce sont les ministres communistes Croizat, Thorez, Marcel Paul, Billoux, Tillon, Wallon, Joliot-Curie, portés par la victoire antifasciste de Stalingrad et par la création du Conseil National de la Résistance, qui ont mis en place la Sécu, les retraites par répartition, la nationalisation de Renault, de l’aviation, du Sous-sol et d’EDF, les comités d’entreprise, le statut des mineurs et de la fonction publique, le CNRS, le CEA, la reconstruction démocratique de l’école publique…

Mais la participation du PCF à un gouvernement de gauche menant surtout après 1983 une politique de plus en plus de droite dérégulant l’économie, battant des records de privatisation de 1997 à 2002, précarisant massivement le travail, accompagnant de mesures « sociales » la pauvreté créée par la désindustrialisation, a bousculé son enracinement populaire et ouvrier. Ensemble il nous faut retrouver l’esprit des campagnes menées contre l’Europe supranationale et le Traité de Maastricht, remettre au cœur de nos luttes l’objectif révolutionnaire du socialisme, refuser de nous situer dans le cadre piégé de la « construction » européenne pour retrouver le camp des travailleurs dans les luttes de classe, toujours symbolisé par la faucille et le marteau.

Alors que la politique euro-libérale du PS prépare le retour fascisant de l’UMP et du FN, la stratégie pro-européenne du « front de gauche » se limite à une pression inefficace sur le PS et Bruxelles, sans tenir compte de la nature impérialiste de l’UE et des choix patronaux du PS, comme le montrent l’accord sur le TSCG et celui honteux sur la flexibilité du travail. Les travailleurs ne peuvent croire que « l’Europe est à nous » – alors qu’Angela Merkel ridiculise quotidiennement Hollande – et que « l’euro est notre monnaie » – alors que la monnaie unique étrangle la Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Espagne et que l’euro-austérité plonge déjà des millions de Français dans la misère.

Une autre politique, révolutionnaire, est possible en France !

On nous fait croire qu’une France sortant de l’UE courrait à la catastrophe. C’est l’inverse ! Si nous restons dans l’euro, le peuple français « y restera ». Pour mettre les capitalistes sur la défensive, reprendre la marche en avant vers le socialisme, il faut au contraire sortir du broyeur européen PAR LA PORTE A GAUCHE, par celle du progrès social, de l’indépendance nationale, de la COOPERATION ENTRE PEUPLE.

Oui, il faut reconstruire notre souveraineté monétaire, politique, industrielle, non pour isoler la France, mais pour de nouveaux traités internationaux progressistes de coopération entre les peuples, libérée du jeu ruineux de la « concurrence libre et non faussée ». Un grand mouvement de lutte des travailleurs français serait soutenu par les travailleurs portugais, italiens, espagnols, grecs ou tunisiens, qui sont déjà entrés eux-mêmes en résistance .

Cette offensive du monde du travail implique de rejeter la diversion raciste du Front « national » et de l’UMP Copé, qui veulent diviser notre classe pour mieux casser notre pays. Serrant les coudes comme dans la Résistance antifasciste, les ouvriers français et immigrés doivent défendre ensemble le PRODUIRE EN FRANCE qui permettrait d’employer tous les travailleurs du pays. Les ennemis de notre pays ne sont pas les prolétaires étrangers qui triment à nos côtés, mais les Bernard Arnault, les grands actionnaires et les « peoples » égoïstes qui exportent à l’étranger les milliards qu’ils ont volés ICI.

Oui, il est possible de faire naître une convergence d’action communiste qui s’adressera régulièrement aux travailleurs pour dessiner avec eux, et dans l’action, une perspective révolutionnaire, patriotique et internationaliste.

Oui, il est possible, entre communistes et militants ouvriers ou patriotes non-communistes attachés à la coopération entre les peuples, de construire un Front Populaire pour une République Sociale, souveraine et fraternelle, reprenant le message du Conseil National de la Résistance dans le contexte actuel. Loin des politiques destructives de la droite et de la fausse gauche, loin des « solutions » fascisantes de Copé et du FN, ce Front doit s’affirmer pour sortir la France de l’Europe supranationale, élargir la démocratie et engager la rupture avec le grand capital. Cette alliance centrée sur le monde du travail peut réunir 90% du peuple français et rouvrir la voie d’une transformation révolutionnaire de la société !

Sans la classe ouvrière en lutte, les militants communistes que nous sommes ne peuvent rien. Mais pour s’unir, gagner et diriger à nouveau la lutte de tout le peuple pour le progrès, la classe ouvrière a besoin que s’unissent les communistes fidèles au drapeau tricolore de Robespierre et au drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau qui symbolisent le camp des travailleurs !

 Premiers signataires :
- Caroline Andréani (PCF 93)
- Marie-Christine Burricand (PCF 69)
- Annette Matteu-Cassado (PRCF )
- Jean-Pierre Djukic (PCF 67)
- Vincent Flament (PRCF 59)
- Georges Gastaud (PRCF 59)
- Jean-Jacques Karman (PCF 93)
- Annie Lacroix-Riz (PRCF 75)
- Léon Landini (PRCF )
- Antoine Manessis (PRCF )
- Jean-Pierre Meyer (PCF 04)
- Pasquale Noizet (PCF 75)
- Jean Michel Pascal (PRCF 75)
- Pierre Pranchère (PRCF 19)
- Gilles Questiaux (PCF 75)
- Fabrice Selingant (PCF 45)

Cet appel a été rejoint par :

- Gilbert Remond (69)
- Pierre-Alain Millet (69)
- Jean Lévy (75)
- Michel Dupuy (94)
- Guy Jacquin (01)
- Pascal Brula (69)
- Pierre Avinière (01)
- Marie-Christine Elgeidinger (69)

LE REFERENDUM EN ALSACE EST UNE NOUVELLE ETAPE POUR CONTOURNER L’ETAT-NATION

danglotUne lettre de Jean-Claude DANGLOT, ancien sénateur du Pas-de-Calais

Madame et Messieurs les Présidents des groupes politiques du Sénat, Palais du Luxembourg, 75291 Paris Madame la Présidente, Messieurs les Présidents, Je me permets de solliciter votre intervention sur le référendum local qui se déroulera en Alsace, le 7 avril prochain. Cette consultation électorale a pour objectif de faire approuver la création d’une Collectivité unique par la fusion des deux Départements de la Région en une collectivité territoriale d’Alsace (CTA). Sur le fond je considère qu’il s’agit d’une nouvelle étape pour contourner l’Etat-Nation, garant de la souveraineté populaire et de l’égalité des citoyens devant la Loi. Ce projet entre dans le cadre du démantèlement programmé de notre République « une et indivisible » pour la remplacer par une organisation territoriale éclatée et par conséquent plus conforme aux desseins de l’Union Européenne dont l’un des crédos est de favoriser la division et la concurrence entre les territoires. La marche vers la création d’« euro-régions » est engagée. Ainsi, contrairement à ce que voudraient faire croire les partisans du « oui » à l’autonomie de l’Alsace, il ne s’agit pas d’une question purement régionale. Il s’agit en fait d’une expérimentation qui aura nécessairement une valeur nationale. Ce laboratoire, discrètement orchestré, ne manquera pas de faire des émules dans d’autres Régions plus soucieuses de leur compétitivité que de l’intérêt de leur population et de l’intérêt général. Les sénateurs disposent de la compétence spécifique de représenter les collectivités locales. Ils connaissent les enjeux réels- et cachés- de ce référendum local. Ils ne peuvent donc, de mon point de vue, se soustraire à leur responsabilité politique : à savoir se positionner clairement sur ce référendum. La Loi de décembre 2010 portant sur la réforme des collectivités territoriales, dans son article 29 a prévu les modalités d’organisation de référendum pour la fusion de départements au sein d’une grande Région. Je rappelle qu’une motion référendaire avait été déposée à l’époque par les groupes socialiste et communiste afin d’organiser un débat national sur la réforme de nos institutions territoriales au sein de notre République. Il devait aboutir sur l’organisation d’un référendum national. Cette motion fut rejetée compte tenu du rapport des forces politiques. En septembre 2011 la gauche a conquis la majorité au Sénat et en 2012 la gauche devenait majoritaire à l’Assemblée Nationale. Certaines lois ont été abrogées par la nouvelle majorité parlementaire (ex : la loi TEPA, le bouclier fiscal etc.) mais force est de constater que la réforme sur les collectivités territoriales, défendue à l’époque par le Ministre Phillipe Richert – redevenu sénateur depuis – n’a pas été abrogée. Ainsi le gouvernement Ayrault a pu autoriser l’organisation de ce référendum en Alsace – en toute discrétion. Les Sénateurs savent pertinemment qu’une Loi devra ensuite être votée par le Parlement pour traduire le choix des électeurs alsaciens en cas de victoire du « oui ». En outre, ils savent également qu’une nouvelle loi cadre, relative à la décentralisation, dite « Acte 3 », est en cours de préparation. Le tout ne sera applicable qu’en 2015 – après les élections municipales et sénatoriales. Pourquoi donc précipiter les évènements en Alsace par ce référendum local ? Cela revient à laisser nos concitoyens alsaciens voter sur un projet flou sans connaître les conséquences et les débouchés de leur vote. Pourquoi donc ce silence de la Haute Assemblée alors que de nombreuses associations mènent un travail d’explication sur le terrain ? Cet élément me parait important au moment où l’on constate malheureusement un regain de l’antiparlementarisme et une forte démoralisation des électeurs tout aussi redoutables pour notre démocratie que l’abandon programmé de notre souveraineté nationale. Vous remerciant de votre attention et en l’attente de votre intervention, Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments républicains. Lens le 19 mars 2013 Jean-Claude Danglot
PS : copie transmise à M. le président du Sénat, aux collectifs citoyens en campagne pour refuser ce referendum local (M’pep, syndicats, associations républicaines, PRCF, DLR, Front de Gauche…).