Pour la préservation de la mémoire de la Résistance en Basse-Silésie

Lettre-pétition aux représentants de la République de Pologne en France

Signer cette pétition

Le gouvernement polonais prétend revisiter l’Histoire du pays dans un sens ultranationaliste et clérical. Entrée en application en septembre 2016, une loi vise ainsi à interdire dans l’espace public toute référence à des idéaux progressistes. En vertu de cette disposition, la ville de Walbrzych pourrait débaptiser les rues « Burczykowski » et « Rabiega ».Originaire de Sallaumines (Pas-de-Calais), la famille Burczykowski a combattu l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Joseph Burczykowski, le père, est mort en déportation à Sachsenhausen. Trois de ses fils, membres des Francs-tireurs et partisans (FTP), ont été assassinés par les Allemands. Dans l’entre-deux-guerres, le syndicaliste Thomas Rabiega de Montigny-en-Ostrevent (Nord), soucieux d’améliorer les conditions de travail et d’existence des mineurs de charbon, s’est élevé contre les pratiques rétrogrades du patronat des Mines. Un engagement salué à la Libération par les mineurs polonais rapatriés de France afin de contribuer à la renaissance de cette ville industrielle de Basse-Silésie. Dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, ces noms symbolisent la résistance à toutes les oppressions et la vaillance de l’amitié franco-polonaise « pour votre et notre liberté », selon un slogan en vogue à l’époque. Prétendre débaptiser ces rues, c’est faire offense à cette mémoire commune. Aussi nous vous saurions reconnaissants de bien vouloir signifier aux autorités compétentes notre volonté de conserver intacts ces témoignages de la France combattante au cœur des Sudètes.

Les premiers signataires :
- Christian Pedowski, maire PCF de Sallaumines, (62)
- Léon Landini, retraité, président du PRCF, président de l’Amicale des anciens FTP-MOI de la région Rhône-Alpes (Bataillons Carmagnole-Liberté), grand mutilé de guerre suite aux tortures endurées pendant son internement par la Gestapo, décoré pour faits de résistance par l’Union Soviétique, Bagneux, (92)
- Jean-Jacques Candelier, député du Nord, Maire de Bruille-lez-Marchiennes, Vice-président de la commission Défense nationale et Forces armées de l’Assemblée nationale, (59)
- Jacques Kmieciak, journaliste, SNJ-CGT / Les Amis d’Edward Gierek, (62)
- Georges Gastaud, secrétaire départemental du PRCF, fils de feu Raymond Gastaud, décoré par la République populaire de Pologne pour avoir aidé des soldats polonais à déserter la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale, (62)
- Hervé Poly, secrétaire de la Fédération du PCF du Pas-de-Calais, (62)
- André Démarez, journaliste honoraire, correspondant de l’Humanité à Varsovie de 1976 à 1979, (62)
- Bruno Drweski, enseignant-chercheur, militant de l’ARAC, (92)
- Jean Ooghe, retraité, ancien sénateur de l’Essonne, ancien maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, président départemental de l’Association des anciens combattants et amis de la résistance, directeur de la Revue de la Résistance, (40)
- Edmond Szarzynski, retraité de l’Education nationale, conseiller municipal de la vraie gauche à Houdain, (59)
- Dominique Watrin, sénateur PCF du Pas-de-Calais, (62)
- Raymond Frackowiak, retraité mineur, Syndicat des mineurs CGT, (62)
- Arlette Alban, retraitée, Syndicat des mineurs CGT, (62)
- Mathieu Bayart, fonctionnaire territorial, PCF, Auby (59)
- Jacques Lacaze, médecin, Lieu auto-géré (LAG), (62) Association d’Éducation Populaire
- Michèle Belot, professeur de langue, (62)
- Daniel Rougerie, retraité de l’Éducation nationale, ancien adjoint au maire à Lille, directeur de publication du site Résistance-Politique, Lille (59)
- Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, Paris 7, chercheuse, SneSup / PRCF, (78)
- Jean-Michel Canlers, enseignant, (62)
- Frédéric Naveteur, informaticien, citoyen communiste, (62)
- Jean-Claude Dengremont, anarcho-syndicaliste, libre penseur, (62)
- Thierry Milhomme, éducateur, (62)
- Odile Hage, retraitée de l’Education nationale, PCF / SNEP-FSU, (59)
- Antoine Manessis, responsable PRCF, fils de Résistants (père EAM-ELAS / mère FFI), (38)
- José Minard, maçon, retraité des BTP, ex-syndicaliste CGT, syndicaliste FSC (Front syndical de classe) / PRCF, Outreau (62)
- Geneviève Pourcelle, enseignante retraitée, militante de gauche, (62)
- Alain Pourcelle, médecin du travail retraité, militant de gauche, (62)
- Nadia Majdzerczak, enseignante retraitée, PRCF, (62)
- Jacques Kleinpeter, retraité, Mazingarbe (62)
- Jean-Pierre Page, Paris, ancien dirigeant national de la CGT, Paris (75)
- Francis Arzalier, historien, président du Collectif communiste Polex, (95)
- Joël Vuylsteker, enseignant à Hénin-Beaumont, syndicaliste communiste, (62)
- Hermine Pulvermacher, retraitée, ancienne FTP-MOI, Nanterre (92)
- Colette Becquet, enseignante retraitée, CGT, (59)
- Jean-Louis Fossier, retraité de la Fonction publique territoriale, élu PCF de Courrières, (62)
- Liliane Mortier, enseignante retraitée, CGT Educ’Action, (59)
- Pierre Charret, ancien résistant FTP Creuse et Indre, combattant volontaire « 1939-45 », Wasquehal (59)
- Monique Heddebaut, enseignante, (59)
- Martine Barbieux, professeur, CGT Educ’Action, (59)
- Marina Chauvac, professeur, CGT Educ’Action, (59)
- Daniel Dewalle, retraité du ministère de la Justice, PCF, (62)
- Jean-Claude Naveteur, professeur d’histoire retraité, maire d’Avesnes-les-Aubert de 1995 à 2008, PCF, (59)
- Ben, président de l’Institut d’histoire sociale CGT du Douaisis et Environs, (59)
- Kaczmarek, maire d’Auby, PCF, (59)
- Patrick Mania, agent Enedis, PCF / CGT des Mineurs de la Gohelle, Grenay, (62)
- Nivet, retraitée de l’Education nationale, PRCF, (59)
- Portaux, Les Amis d’Edward Gierek, (62)
- Lescureux, retraité PCF /FSU, (62)
- Dunlop, retraitée, Mouvement de la Paix, (62)
- Jean-Pierre Bouzin, Wasquehal (59)
- Christian Delépine, chauffeur poids lourd CGT Xpologistics, Arras, Collectif « Bassin minier » Abdallah, (62)
- Monique Delépine, agent d’entretien, Collectif « Bassin minier » Abdallah, (62)
- Louis Bembenek, mineur retraité, CGT, (59)
- Marie-Paule Baude, (62)
- Szewczyk, sculpteur, (62)
- Patrice Bardet, informaticien, CGT, (59)
- Beauchamp, président du Groupe communiste, républicain, citoyen et apparentés au conseil départemental du Nord, (59)
- Gabriel Krause, éducateur, éco-socialiste libertaire, (69)
- Jean Delépine, préparateur de commandes, (62)
- Thibaut Delépine, plombier chauffagiste, (62)
- Stéphane Hernu, retraité de l’Education nationale, (62)
- Hamel, (62)
- Coffre, maire PCF de Marles-les-Mines, (62)
- Pierre Carette, imprimeur, FGTB, (Belgique)
- René Vandenkoornhuyse, professeur retraité, SNES-FSU/ PCF Audomarois, (62)
- Philippe Boulfroy, chanteur picard, membre de l’association Achteure, académicien de l’académie des « Lafleur » Amiens, (60)
- Vincent Flament, PRCF, rédacteur en chef d’Initiative Communiste, (59)
- Alexandre Ruiz, retraité du BTP , Parti de la démondialisation PARDEM 62, (62)
- Joël Copin, retraité PCF, Rouvroy, (62)
- Bruno Mattei, professeur de philosophie honoraire, Université citoyenne et populaire de Roubaix, (59)
- Marcel Debauche, retraite 62710
- Frédéric Mustar, informaticien, JazzSurLesTerrils, (62)
- Yves Mascorte, retraité du Bâtiment, PCF, Hénin-Beaumont (62)
- Dimitri Larivière, demandeur d’emploi, PCF, Hénin-Beaumont (62)
- Edith Chevalier, citoyenne de Torcy (62)
- Emmanuel Vire, Journaliste, syndicaliste
- David Noël, enseignant, conseiller municipal PCF Hénin-Beaumont, (62)
- Françoise Dellac, professeur retraité de l’Education nationale, PCF
- Yves Salingue, retraité de la FPT, adjoint au maire de Libercourt, (62)
- Christophe Dero, artisan, (62)
- Alcide Carton, inspecteur de l’Education Nationale honoraire, (62)
- Michel Royer, membre de l’association française Buchenwald Dora et kommandos et de Territoire de la mémoire
- Richard Marcziniak, artiste peintre, (23)
- Claude Lucantis, enseignant retraité, Comité « Libérez-les ! » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59-62), Collectif de Soutien à la Résistance Palestinienne (CSRP 59), (59)
- Franck Dupont, syndicaliste, (62)
- Guy Beauchamp, fils de déporté, Marcq-en-Baroeul, (59)
- Leïla Dutailly, éducatrice spécialisé, PCF Arras, (62)
- Maryse Massart, aide à domicile, PCF Arras, (62)
- Chantal Fossier, professeure retraitée, PCF Courrières, (62)
- Kamel Ben Azzouz, PCF Pas-de-Calais, (62)
- Daniel Dupont, retraité de l’Education nationale, (62)
- Dufossé, éditeur, Editions Nord Avril, (59)
- Olivier Averlant, journaliste, (62)

 

Les colombes armées de l’Europe

Manlio Dinucci

Edition de mardi 21 février 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/le-colombe-armate-delleuropa/


De nouveaux pas dans le « renforcement de l’Alliance » ont été décidés par les ministres de la Défense de l’Otan, réunis à Bruxelles dans le Conseil Atlantique Nord. Avant tout sur le front oriental, avec le déploiement de nouvelles « forces de dissuasion » en Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne, conjoint à une présence de l’Otan accrue dans toute l’Europe orientale avec exercices terrestres et navals. En juin seront pleinement opérationnels quatre bataillons multinationaux à déployer dans la région.

En même temps sera accrue la présence navale de l’Otan en Mer Noire. En outre est lancée la création d’un commandement multinational des forces spéciales, formé au départ de forces belges, danoises et hollandaises. Enfin, le Conseil Atlantique Nord félicite la Georgie pour ses progrès dans le parcours qui la fera entrer dans l’Alliance, devenant le troisième pays Otan (avec l’Estonie et la Lettonie) directement frontalier avec la Russie.

Sur le front méridional, directement lié à l’oriental en particulier à travers la confrontation Russie-Otan en Syrie, le Conseil Atlantique Nord annonce une série de mesures pour « contrecarrer les menaces provenant du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord et pour projeter une stabilité au-delà de nos frontières ».

Auprès du Commandement de la force conjointe alliée à Naples, est constitué le Hub pour le Sud, avec un personnel d’environ 100 militaires. Il aura la mission d’ « évaluer les menaces provenant de la région et de les affronter ensemble avec des nations et organisations partenaires ». Il disposera d’avions-espions Awacs et de drones qui deviendront rapidement opérationnels à Sigonella (Sicile).

Pour les opérations militaires est déjà prête la « Force de riposte » Otan de 40 mille soldats, en particulier sa « Force de pointe à très haute rapidité opérationnelle ».

Le Hub pour le Sud -explique le secrétaire général Stoltenberg- accroîtra la capacité de l’Otan à « prévoir et prévenir les crises ». En d’autres termes, dès que le Hub aura « prévu » une crise au Moyen-Orient, en Afrique du Nord ou ailleurs, l’Otan pourra effectuer une intervention militaire « préventive ». L’Alliance Atlantique au complet adopte, de cette façon, la doctrine du « faucon » Bush sur la guerre préventive.

Les premiers à vouloir un renforcement de l’Otan, avant tout en fonction anti-russe, sont en ce moment les gouvernements européens de l’Alliance, ceux qui en général se présentent en habit de « colombes ». Ils redoutent en fait d’être dépassés ou marginalisés si l’administration Trump ouvrait des négociations directes avec Moscou.

Les gouvernements de l’Est sont particulièrement actifs. Varsovie, ne se contentant pas de la 3ème Brigade blindée envoyée en Pologne par l’administration Obama, demande maintenant à Washington, par la bouche de l’influent Kaczynski, d’être couverte par le « parapluie nucléaire » étasunien, c’est-à-dire d’avoir sur son sol des armes nucléaires étasuniennes pointées sur la Russie.

Kiev a relancé l’offensive dans le Donbass contre les Russes d’Ukraine, soit à travers de lourds bombardements, soit à travers l’assassinat systématique de chefs de la résistance dans des attentats derrière lesquels se trouvent aussi des services secrets occidentaux. En même temps, le président Porochenko a annoncé un référendum pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan.

Et c’est le premier ministre grec Alexis Tsipras qui est allé lui prêter main forte : en visite officielle à Kiev les 8-9 février, il a exprimé au président Porochenko « le ferme appui de la Grèce à la souveraineté, intégrité territoriale et indépendance de l’Ukraine » et, en conséquence, la non-reconnaissance de ce que Kiev appelle « l’illégale annexion russe de la Crimée ». La rencontre, a déclaré Tsipras, jetant les bases pour « des années d’étroite collaboration entre Grèce et Ukraine », contribuera à « atteindre la paix dans la région ».

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio 

 

Décodex: le vieux Monde se meurt

Grégoire LALIEU, Investig’action, 6 février 2017

http://www.investigaction.net/decodex-le-vieux-monde-se-meurt/


Le vieux Monde se meurt, le nouveau Monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgit le Décodex. Cet outil du quotidien de révérence est censé labelliser les sites d’information fiables. Tentative de sauvetage désespérée d’une presse aux abois ? Michel Collon et Investig’Action en font les frais, ils se prennent un carton rouge. Mais les fact-checkeurs du Monde justifient cette décision en citant un article erroné.

Ça y est, le Décodex est en ligne ! L’outil pensé par les Décodeurs du Monde est censé faire le ménage sur la Toile en aidant les internautes à trier les vraies des fausses informations. Concrètement, le Décodex se présente comme un moteur de recherche. On y entre l’adresse d’un site d’info et l’outil nous dit s’il est fiable ou pas. Une extension est même disponible pour les navigateurs Chrome et Firefox, ainsi que pour les réseaux sociaux Facebook et Twitter. « L’idée pour caricaturer, c’est de mettre en rouge les reptiliens et les illuminati, et en vert les médias plutôt fiables, qui vérifient la plupart du temps ce qu’ils publient », confie à Arrêt sur Images Samuel Laurent, le responsable de la rubrique[1].

Surprise ou pas, Michel Collon et le site Investig’Action sont repris dans le Décodex du Monde. Et c’est un carton rouge ! « Ce site diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs ». Des exemples ? Hélas, non[2]. Mais deux références pour appuyer la décision. Un article du Monde daté du 5 juin 2012, « Le petit monde composite des soutiens au régime syrien »[3]. Sur Michel Collon, le texte indique : « Antiaméricain et antisioniste, il a beaucoup milité contre l’opération de l’OTAN en Libye. Il s’est d’ailleurs rendu à Tripoli en juillet 2011, à l’invitation du régime Kadhafi. Michel Collon, que Pierre Piccinin revendique comme un ami, s’était déjà élevé contre l’intervention de l’OTAN au Kosovo, en 1999. » C’est tout ? Oui. Passons l’épithète « antiaméricain »,   la critique de la politique étrangère des Etats-Unis ne se résume pas à une forme de racisme primaire. Que reproche Le Monde finalement ? De s’opposer à la colonisation de la Palestine et de dénoncer les interventions de l’Otan ?

L’auteur de cette pièce justificative est Christophe Ayad. Invité sur le plateau de Ce Soir ou Jamais à débattre de la guerre en Libye avec Bernard-Henri Lévy, le journaliste lancera au philosophe : « Sans vous il y aurait malgré tout eu une intervention en Libye, mais tant mieux, vous avez joué un rôle. »[4] Envoyé spécial à Benghazi, Ayad a couvert l’intervention de l’Otan en Libye pour Libération. Un copié-collé de la version de l’alliance atlantique, agrémenté de quelques témoignages de rebelles. Son article du 21 mars 2011, « Sous le feu à Benghazi »[5], est ainsi résumé : « Le contexte. Une série de frappes de la coalition internationale a permis d’instaurer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de Benghazi. L’enjeu. Faire cesser la répression sanglante d’une révolte contre le régime Kadhafi. » En réalité, les frappes de l’Otan n’étaient pas seulement destinées à instaurer une zone d’exclusion aérienne. L’alliance a pilonné les positions de l’armée libyenne pour permettre aux rebelles de renverser le gouvernement. Ensuite, l’enjeu sur la protection des civils pose sérieusement question. Confirmant les rapports de plusieurs observateurs internationaux, le Parlement britannique a sèchement condamné l’engagement de David Cameron dans la guerre libyenne, indiquant notamment que son gouvernement n’avait « pas pu vérifier la menace réelle que le régime de Kadhafi faisait peser sur les civils »[6]. Les parlementaires ajoutent que Cameron n’a pas exploité les solutions politiques, préférant se « focaliser exclusivement sur le changement de régime par des moyens militaires ». « Tant mieux », dirait Christophe Ayad. Pendant que l’ex-journaliste de Libé jouait les attachés de presse de l’Otan à Benghazi, Michel Collon a commis le crime d’aller voir, de l’autre côté, les dégâts infligés par nos bombes[7]. Ayad était du côté Bien, Collon aura donné la parole aux mauvaises victimes. Impardonnable !

La deuxième pièce justificative du Décodex est particulièrement éloquente. Il s’agit d’un article de Libération, daté du 9 février 2012. « Des réseaux français au service de la Syrie »[8] cite brièvement Michel Collon. Il aurait participé à un voyage de presse en Syrie aux côtés de sympathisants du Front National. Le hic ? Collon n’a jamais fait partie de cette expédition. Il n’a même jamais mis un pied en Syrie. Ainsi, le Décodex, spécialiste du fact-cheking qui invite à « vérifier une information avant de la partager », relaie un article erroné pour justifier la mise au  ban d’Investig’Action. Les braconniers ne font pas les meilleurs gardes-chasse !

L’autre Monde

Nous ne sommes pas seuls. Nos amis du Grand Soir, « site peu fiable qui relaie des théories conspirationnistes » ont l’illustre honneur de partager le rouge reptilien du Décodex. Fakir hérite d’un orange qui invite à la prudence. Mise en garde du Décodex: « Un journal indépendant de gauche […] avec une ligne éditoriale militante et un parti pris clairement revendiqué ». Réponse des principaux intéressés : « Tout le monde sait que les ouvriers, les employés, les syndicalistes, les économistes hétérodoxes, les chômeurs, les agriculteurs sont des sources “peu fiables” avec lesquelles il faut être “prudent”. Un bon lobbyiste à Bruxelles, hein, c’est toujours plus sérieux ! » La gauche, ce terrain miné sur lequel l’internaute doit s’engager avec prudence. Le Monde Diplomatique est ainsi considéré comme une source fiable par le Décodex. Mais l’outil juge utile de préciser que le Diplo est un « mensuel français d’information et d’opinion, marqué à gauche ». Taquin le Décodex: au lieu de placer ouvertement le Monde à droite, il précise avec subtilité que le quotidien est « détenu depuis 2010 par les hommes d’affaires Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse ».

Cela ne prive pas le Monde d’une bonne note. À croire que certains égarements du quotidien de révérence auront échappé à la vigilance des décodeurs du Décodex. C’est Le Monde qui avait découvert en 1991 des charniers sandinistes qui n’existaient que dans l’imagination de son envoyé spécial[9]. C’est Le Monde encore qui avait authentifié le plan « Fer-à-cheval » de Milosevic ; ce plan avait été inventé par le gouvernement allemand pour justifier les bombardements au Kosovo[10]. C’est Le Monde toujours qui annonçait la fausse démission de Chavez lors de la tentative de putsch en 2002[11]. C’est Le Monde que quitte Hervé Kempf en 2013, alors que la direction du journal l’empêche de couvrir la mobilisation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes[12]. C’est Le Monde aussi qui reproduit un décompte farfelu des victimes syriennes, à partir des statistiques d’une obscure ONG proche du Quai d’Orsay[13]. C’est le même Monde qui avait en un temps record attribué à l’armée syrienne l’attaque chimique de la Ghouta en 2013[14]; par contre un expert du Massachusetts Institute of Technology et un ancien inspecteur de l’ONU imputeront la faute aux rebelles[15] tandis que les Nations Unies confirmeront l’usage d’armes chimiques sans établir de responsabilités.

Ces quelques exemples de dérives journalistiques ne sont pas l’apanage du Monde. En fait, à chaque guerre de l’Otan, les mensonges de l’alliance atlantique sont relayés dans la presse mainstream. L’ensemble de cette presse est pourtant considéré comme fiable par le Décodex. À l’inverse, un coup d’œil sur la base de données de l’outil nous montre que les sites d’info alternative dénonçant les interventions de l’Otan doivent être considérés comme suspects. C’est à se demander comment l’équipe du Décodex a procédé pour classer les quelque 600 sites référencés. « Il n’y avait pas de critères pointus », indique Samuel Laurent, responsable de la rubrique. « C’est simplement une grille qui nous a guidés dans notre choix. On ne l’a pas utilisée de manière scientifique. »[16]

L’anti-critique des médias 2.0

La grille du Décodex blanchit la presse mainstream. Elle s’assied sur une riche et abondante littérature d’analyse critique des médias, au profit du fact-checking. C’est plus tendance. Mais c’est boiteux dans le cas du Décodex. Aux oubliettes donc l’étude empirique d’Herman et Chomsky ainsi que leur modèle des filtres de l’information[17]. À la trappe, la collusion entre les pouvoirs médiatique, politique et économique, illustrée par Geuens[18]. Oubliée, la marchandisation de l’information dénoncée par Ramonet[19]. Pardonnée, l’inquiétante concentration des médias entre les mains d’une poignée de riches industriels, comme l’a notamment illustré Halimi[20]. Ignoré, le poids de l’habitus social théorisé par Bourdieu, ces lunettes particulières « à partir desquelles [les journalistes] voient certaines choses et pas d’autres ; et voient d’une certaine manière les choses qu’ils voient [21]». Absentes, les conditions de travail des journalistes dont Accardo a mis en lumière l’impact sur la qualité de l’info[22]. Tous les travers de l’industrie médiatique sont passés entre les mailles du Décodex. Agitant l’épouvantail reptilien, Le Monde tente d’offrir une nouvelle virginité à la presse mainstream. Le Décodex, c’est l’anti-critique des médias 2.0. Un moteur de recherche et une extension Facebook pour ramener les internautes sur le droit chemin de l’idéologie dominante. Y arriveront-ils ?

La presse traditionnelle est en crise. Avec Internet, elle ne bute pas seulement sur la concurrence d’un nouveau support où elle peine à trouver sa place et un modèle économique adapté. Elle voit surtout sa crédibilité affectée par l’apparition de nouveaux acteurs. C’était impensable il y a quelques années encore, alors que le paysage de l’information avait été laminé par l’industrialisation des médias, au détriment de la pluralité des opinions. En 2003 par exemple, lorsque George W. Bush envahissait l’Irak, 69 % des Américains pensaient que Saddam Hussein était impliqué dans les attentats du 11 septembre[23]. Cette guerre aurait-elle été possible si les citoyens des Etats-Unis avaient été mieux informés ? Quatorze ans plus tard, l’opération visant à renverser le gouvernement syrien semble conduire l’Otan et ses alliés dans l’impasse. De nombreux facteurs expliquent cet échec. Mais on remarquera que sur ce dossier, les tambours de guerre de la presse traditionnelle ont perdu ce qui leur restait de crédibilité. En décembre 2016, alors que Le Monde et cie s’alarmait sur le sort d’Alep, une courte vidéo d’Eva Bartlett dénonçant la propagande occidentale faisait le buzz[24]. Engrangeant des centaines de milliers de vues en quelques jours, l’intervention de la journaliste se classait dans le top 10 de YouTube. Si bien que la presse traditionnelle se voyait contrainte d’aborder le sujet pour dénoncer le « conspirationnisme » de la propagande russo-syrienne[25]. Sans même juger du fond du dossier, il est intéressant de noter que les commentaires de nombreux internautes ont révélé une certaine frilosité aux accusations des médias traditionnels. De toute évidence, le Web n’est pas acquis à la propagande de l’Otan. Dans ce contexte, l’étrange classement du Décodex apparait comme l’ultime tentative de sauvetage d’une presse aux abois.

De Gutenberg à WikiLeaks

La militante pacifiste Sara Flounders a établi un parallèle intéressant entre l’invention de la presse à imprimer d’une part, et le développement d’Internet et de WikiLeaks d’autre part[26]. Au 16e siècle, l’Église catholique romaine était une institution toute puissante. Elle avait la mainmise sur d’énormes quantités de propriétés, sur les privilèges, les titres, les héritages et, plus particulièrement, les idées. Mais la presse de Gutenberg et sa capacité à diffuser largement des informations vont briser non seulement l’autorité de l’Église, mais aussi les rapports de classes féodaux. « Fondamentalement, les nouvelles formes de technologie ont un effet déstabilisateur, pour l’ordre établi », analyse Flounders. « Ceci constitue toute la base de la compréhension matérialiste de l’histoire. » En 2006, WikiLeaks publiait des révélations fracassantes sur la guerre d’Irak. Dans la foulée, son fondateur Julian Assange faisait l’objet d’un mandat d’arrêt. Certains ont même lancé des appels au meurtre. Amazon, PayPal, American Express, Master Card ainsi que des banques américaines et suisses annulaient leurs services à WikiLeaks. Mais Sara Flounders remarque que ces tentatives de bâillonnement ont contribué à radicaliser partout dans le monde de nombreux jeunes hautement qualifiés: « Chaque effort pour fermer [WikiLeaks] n’a servi qu’à le populariser plus encore et à le rendre encore bien plus accessible. Des milliers de sites miroirs ont été installés dans les jours qui ont suivi la tentative de fermer WikiLeaks. » Ajouté à la débâcle irakienne, tout ceci rompait « l’image sans cesse peaufinée de l’impérialisme US en tant que puissance invincible disposant des technologies les plus sophistiquées. »

L’hégémonie occidentale a vécu. Les cures d’austérité sont administrées en guise de soins palliatifs à un modèle économique à bout de souffle. La démocratie spectacle ne fait plus illusion. Et comme l’orchestre du Titanic, la presse traditionnelle et son quotidien de révérence accompagnent le naufrage d’un système condamné. Le vieux Monde se meurt, le nouveau Monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgit le Décodex. Aux cartons rouges de ce vil détecteur d’infaux, nous préfèrerons les cellules grises de nos lecteurs. Internet a permis à l’information de retrouver une certaine diversité. On trouve bien sûr des révélations douteuses sur le Web. Tout comme des journalistes travaillant correctement dans la presse traditionnelle. Évidemment, Russia Today ou Sputnik peuvent défendre une vision intéressée de l’actualité. Tout comme CNN, la BBC ou France 24. Il revient donc au lecteur de profiter de la multiplicité des sources pour confronter les faits et se forger sa propre opinion. Bref, soyez votre propre Décodex !

 

Source: Investig’Action

Notes:

[1] Robin Andraca, « Comment le “Décodex” du Monde va labelliser l’info en ligne, 25 janvier 2017, Arrêt sur Images.

[2] Voir notre dossier sur les méthodes de diabolisation. Le Décodex symbolise une méthode habituelle: discréditer par des étiquettes, sans apporter d’exemples, puis fuir le débat. Ainsi, le Décodex avance vaguement que Michel Collon est « proche des positions du conspirationniste Thierry Meyssan ». Ce dernier s’est fait connaitre pour ses thèses sur les attentats du 11 septembre. Michel Collon et Investig’Action n’en ont pas fait leur cheval de bataille, bien au contraire. Quant aux sempiternelles accusations de complotisme, voir notre mise au point.

[3] Christophe Ayad, “Le petit monde composite des soutiens au régime syrien”, 05 juin 2012, Le Monde.

[4] Ce Soir ou Jamais, 29 mai 2012.

[5] Christophe Ayad, “Sous le feu à Benghazi”, 21 mars 2011, Libération.

[6] Le Monde.fr avec AFP et Reuters, “Royaume-Uni : des parlementaires mettent en cause la décision de Londres d’intervenir en Libye”, 14 septembre 2016, Le Monde

[7] Michel Collon, “Sarkozy, combien d’enfants as-tu tué cette nuit ?”, 28 juillet 2011, Investig’Action, vidéo en ligne.

[8] Hala Kodmani, “Des réseaux français au service de la Syrie”, 9 février 2012, Libération.

[9] Voir Maurice Lemoine, “Au Salvador, 25e anniversaire des Accords de paix”, 16 janvier 2017, Mémoire des Luttes.

[10] Voir Michel Collon, Monopoly. L’Otan à la conquête du monde, EPO, Bruxelles, 2000

[11] Voir “Le Monde ou la voix de l’Amérique Latine ?”, 20 août 2002, Acrimed.

[12] Voir Hervé Kempf, “Adieu Le Monde, vive Reporterre”, 2 septembre 2013, Reporterre.

[13] Voir Bahar Kimyongur,  » Syrie : le révisionnisme du Monde a une odeur de camembert”, 17 septembre 2015, Investig’Action. Voir également Emmanuel Wathelet, « Qui se cache derrière le «Réseau Syrien des Droits de l’Homme» ? », 17 septembre 2015, Investig’Action.

[14] Le Monde.fr avec AFP et Reuters, “Syrie : l’armée accusée de bombardements massifs et d’attaques chimiques”, 21 août 2013, Le Monde.

[15] Richard Lloyd et Theodore A. Postol, Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013, 14 janvier 2014, consultable en ligne.

[16] Robin Andraca, op.cit.

[17] Noam Chomsky et Edward S. Herman, La fabrique de l’opinion publique, Paris, Le serpent à plumes, 2003

[18] Geoffrey Geuens, Tous pouvoirs confondus, Belgique, Ed. EPO, 2003

[19] Ignacio Ramonet, La tyrannie de la communication, France, Ed. Gallimard, 2004

[20] Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Paris, Ed. Raisons d’agir, 2005

[21] Pierre Bourdieu, Sur la télévision, Paris, Ed. Raisons d’agir, 1996

[22] Alain Accardo, Journalistes précaires, journalistes au quotidien, Ed. Agone, 2007

[23] Olfa Lamloum, “Médiatisation de la guerre en Irak”, 24 novembre 2003, l’Humanité

[24] ONU : une journaliste démonte en deux minutes la rhétorique des médias traditionnels sur la Syrie, vidéo en ligne.

[25] Voir notamment Mathieu Dejean, Comment une vidéo conspirationniste sur la Syrie est devenue la deuxième la plus vue sur YouTube, 15 février 2016, Les Inrocks

[26] Sara Flouders, “WikiLeaks, la presse à imprimer et la Bible”, 14 janvier 2011, Investig’Action

– See more at: http://www.investigaction.net/decodex-le-vieux-monde-se-meurt/#sthash.kyYkAV0u.dpuf

 

Deux minutes et demi avant Minuit

Manlio Dinucci

Edition de mardi 7 février 2017 de il manifesto


Enfin le téléphone a sonné et Gentiloni (président du Conseil italien, ndt), après une longue et nerveuse attente, a pu écouter la voix du nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump. Au centre de l’appel téléphonique -informe Palazzo Chigi (siège de la présidence du Conseil, ndt)- l’« historique amitié et collaboration entre Italie et USA », dans le cadre de la « fondamentale importance de l’Otan ». Dans le communiqué italien on omet cependant un détail qu’a fait connaître la Maison Blanche : dans son coup de fil à Gentiloni, Trump n’a pas seulement « rappelé l’engagement des USA dans l’Otan », mais il a « souligné l’importance que tous les alliés partageassent la charge monétaire de la dépense pour la défense », c’est-à-dire la portent à au moins 2% du PIL : ce qui signifie pour l’Italie passer des actuels 55 millions d’euros par jour (selon l’Otan, en réalité davantage) à 100 millions d’euros par jour. Gentiloni et Trump se sont donné rendez-vous en mai pour le G7 sous présidence italienne qui se déroulera à Taormina, à un peu plus de 50km de la base USA/Otan de Sigonella et à 100km du Muos de Niscemi. Points fondamentaux de ce qui, dans l’appel téléphonique, est défini comme « collaboration entre Europe et Etats-Unis pour la paix et la stabilité ».
Le résultat en est confirmé par les Scientifiques atomiques étasuniens : l’aiguille de l’ «Horloge de l’apocalypse », le pointeur symbolique qui sur leur bulletin indique à combien de minutes nous sommes du minuit de la guerre nucléaire, a été avancée : de 3 minutes avant minuit en 2015 à 2 minutes et demi avant minuit en 2017. Un niveau d’alarme plus haut que celui des années 80, au sommet de la tension entre USA et URSS.

Cela est en réalité le résultat de la stratégie de l’administration Obama qui, avec le putsch de Place Maïdan, a lancé la réaction en chaîne qui a provoqué la confrontation, y compris nucléaire, avec la Russie, transformant l’Europe en première ligne d’une nouvelle guerre froide par certains aspects plus dangereuse que la précédente.
Que fera Trump ? Dans son appel téléphonique au président ukrainien Porochenko -communique la Maison Blanche- il a dit que « nous travaillerons avec l’Ukraine, la Russie et d’autres parties intéressées pour les aider à rétablir la paix le long des frontières ». Il ne clarifie pas cependant si entre les frontières de l’Ukraine est comprise ou pas la Crimée, qui s’est désormais détachée pour revenir faire partie de la Russie. L’ambassadrice étasunienne à l’Onu, Haley, a déclaré que les sanctions USA envers la Russie restent en vigueur et a condamné les « actions agressives russes » en Ukraine orientale. Où en réalité a repris l’offensive des forces de Kiev, comprenant les bataillons néo-nazis, entraînées et armées par USA et Otan. En même temps le président Porochenko a annoncé vouloir lancer un référendum pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan. Même si de fait elle en fait déjà partie, l’entrée officielle de l’Ukraine dans l’Alliance aurait un effet explosif envers la Russie.
Pendant ce temps la Grande-Bretagne se met en marche : alors qu’elle intensifie la coopération de ses forces aéronavales avec celles des USA, elle envoie en Mer Noire au bord de la Russie, pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, une de ses unités navales les plus avancées, le destroyer (ou escorteur d’escadre, ndt) Diamond (coût supérieur à 1 milliard de livres sterling), à la tête d’une task force Otan et en appui à 650 soldats britanniques engagés dans un non mieux précisé « exercice » en Ukraine. Simultanément la Grande-Bretagne envoie en Pologne et Estonie 1000 soldats d’unités d’assaut et en Roumanie des chasseurs bombardiers Typhoon à double capacité conventionnelle et nucléaire.
Ainsi, alors que Gentiloni parle avec Trump de collaboration entre Europe et Etats-Unis pour la paix et la stabilité, l’aiguille de l’Horloge se rapproche du minuit nucléaire.

 

 

https://ilmanifesto.it/due-minuti-e-mezzo-alla-mezzanotte/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Résister à l’offensive réactionnaire mémorielle en Pologne (PCF)

Le PCF dénonce l’offensive lancée par le gouvernement réactionnaire et autoritaire polonais pour détruire la mémoire d’une Pologne progressiste, usant de son bras armé, l’institut de la Mémoire nationale. C’est ainsi que ce gouvernement cherche à effacer le souvenir de ces milliers d’ouvriers polonais qui ont participé à la Résistance française.

A Wałbrzych, dans le bassin minier de Basse-Silésie, il menace de débaptiser la rue qui porte le nom d’une famille de résistants communistes, la famille Burczykowki. Les membres de cette famille ont combattu pour la liberté dans les rangs des FTP en France, à Sallaumines (Pas-de-Calais) ; ils ont participé à la grande grève des mineurs du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais en 1941 contre l’occupant nazi avant d’être déportés ou exécutés par la Gestapo. Le gouvernement polonais attaque également la mémoire des ouvriers rentrés en Pologne après la guerre pour participer au gigantesque effort de reconstruction dans l’espoir de bâtir un pays meilleur, qui avaient tenu baptiser cette rue de leur nom.

Le PCF participe activement au mouvement de protestation qui se développe à Sallaumines et dans la région contre cette insulte à la mémoire de la résistance communiste. Il est pleinement solidaire des initiatives prises en Pologne pour résister à cette offensive mémorielle qui attaque l’histoire de l’ensemble de la Pologne progressiste. Elle est un élément de l’attaque tous azimuts que lance le gouvernement du PiS contre les droits, le pluralisme et l’état de droit. Le PCF appelle l’ambassade de France en Pologne et le réseau des Alliances françaises à protester contre cette négation des liens de solidarité entre les peuples français et polonais.

Parti communiste français,

liberte-hebdo-du-3-au-9-fevrier-2017Paris, le 10 février 2017.

la-voix-du-nord-edition-de-lens-4-fevrier-2017

Le Pentagone fait le tour du monde

suivi de

Petit tour en Turquie de trois parlementaires français

Manlio Dinucci


Aujourd’hui arrive en Italie le chef du Pentagone Ash Carter qui, au nom de l’administration sortante Obama, est en train de faire « le tour du monde pour remercier les troupes USA déployées en Asie, Moyen-Orient et Europe et rencontrer d’important partenaires et alliés ».
Le tour a commencé le 3 décembre en Californie, où Carter a tenu le discours de clôture au « Forum Reagan », qui lui a remis le prix « La paix à travers la force ».
  Carter s’est ensuite rendu au Japon, où il a passé en revue les troupes USA et rencontré le ministre de la défense Inada. Le Japon, qui contribue avec 1,6 milliards de dollars annuels à la permanence de 50 mille soldats étasuniens sur son territoire, est particulièrement important comme base avancée des systèmes de missiles USA dirigés contre la Chine dans un «but défensif » et, précise le Pentagone, est un allié « en mesure de défendre d’autres pays qui puissent être attaqués ».
Du Japon Carter s’est envolé pour l’Inde, devenue le second acquéreur mondial d’armes étasuniennes après l’Arabie Saoudite : un résultat de la stratégie de Washington qui vise à affaiblir les rapports de l’Inde avec la Russie, minant le groupe Brics attaqué en même temps par le putsch « institutionnel » au Brésil.
  Le chef du Pentagone est ensuite allé au Bahrein, où il a participé au « Dialogue de Manama » organisé par l’Institut international d’études stratégiques, influent think tank britannique financé par l’émirat avec plus de 38 millions de dollars. Intervenant sur la « logique de la stratégie américaine au Moyen-Orient », Carter a précisé que dans cette région sont basés plus de 58 mille militaires USA, dont plus de 5 mille sur le terrain en Irak et Syrie : « pas seulement pour se battre contre des terroristes comme ceux de l’Isis (Etat islamique), mais aussi pour protéger nos intérêts et ceux de nos alliés » (raison pour laquelle les USA et les monarchies du Golfe, comme il a été amplement documenté, ont secrètement soutenu l’Isis, fonctionnel à leur stratégie en Syrie et Irak). Carter a accusé la Russie de ne pas combattre l’Isis en Syrie, mais de n’avoir qu’ « enflammé la guerre civile et prolongé les souffrances du peuple syrien ». Il a ensuite ajouté que, comme « l’Iran continue à déployer des missiles », les USA sont en train de réaliser avec leurs alliés « une défense de missiles régionale », comprenant un puissant radar au Qatar, des missiles Thaad aux Emirats et d’autres systèmes de missiles (en réalité non pas de défense mais d’attaque, étant donné que les mêmes tubes de lancement peuvent être utilisés pour des missiles d’attaque y compris nucléaire).
Du Bahrein Caret est allé en Israël, où hier il a participé avec le ministre de la défense Lieberman à la cérémonie de l’arrivée des deux premiers chasseurs F-35 pour l’aéronautique israélienne, symbole du partenariat militaire de plus en plus étroit avec les USA, « porté à des niveaux sans précédents par l’accord décennal d’assistance signé en septembre dernier ».
D’Israël le chef du Pentagone arrive aujourd’hui en Italie, pour une visite de deux jours aux troupes USA stationnées ici dans le but -déclare un document officiel- de « soutenir les opérations des USA et de leur coalition à échelle mondiale, dont la dissuasion à l’agression russe en Europe orientale et le renforcement du flanc sud de l’Otan ».
Le tour mondial, qui se confluera à Londres le 15 décembre par une réunion de la « coalition anti-Isis », a un but politique bien précis : réaffirmer à la veille de le remise du pouvoir la stratégie de l’administration Obama, qu’aurait dû poursuivre la démocrate Clinton, pour que restent ouverts les fronts de tension et de guerre au Sud et à l’Est que le démocrate Obama laisse en héritage au républicain Trump.
Qui a au moins le mérite de ne pas être Prix Nobel de la paix.
Edition de mardi 13 décembre 2016 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

 
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Unis et à l’offensive pour une bataille communiste !

Jeudi 1er décembre 2016

46,5 % pour l’option 2, celle de la candidature communiste, 53,50 % pour l’option 1 visant à soutenir Jean Luc Mélenchon, jamais une décision stratégique ne se sera prise à une aussi courte majorité dans le PCF, alors que nous continuons de nous affaiblir puisque nous avons perdu depuis 2012 plus de 12000 cotisants.

C’est une victoire à la Pyrrhus pour Pierre Laurent et son équipe car elle s’est faite très largement sur la pédagogie de la peur, de l’affaiblissement de notre parti et de l’hésitation : recherche d’une hypothétique primaire de la gauche pour un candidat commun, refus de mettre la candidature communiste en débat au 37éme congrès, absence d’appel explicite à candidature, menaces d’un score catastrophique… l’exécutif national a tout fait pour rendre une candidature issue du PCF impossible. Jusqu’à la menace entretenue au coeur même du vote d’un possible retour vers un candidature issue de la primaire socialiste.Des camarades ont cru l’éviter en votant pour l’option 1, alors qu’elle reste présente dans les déclarations et décisions de la direction et de Pierre Laurent.

Nous apprécions donc très positivement le résultat de l’option 2 qui démontre l’attachement des communistes à leur parti, leur opposition aux tentatives liquidatrices et leur exigence croissante d’une bataille communiste. Il témoigne de capacités à se rassembler pour l’existence et l’avenir du PCF qu’il faut encore élargir.

Nous avons combattu le choix de soutenir Jean-Luc Mélenchon parce que ce choix accélère l’effacement du PCF de la vie politique nationale et internationale et ferme donc la perspective d’une alternative durable face aux forces du capital, au risque de l’extrême droite. Ce choix ne sera pas un point d’appui pour l’élection de députés communistes.

Cependant le vote sur l’option 1 est divers dans ses motivations. De nombreux camarades l’ont fait par défaut, insistant pour que soit développée une bataille communiste autonome de la France insoumise, pour l’élection présidentielle comme pour les législatives.

Engagé pour une candidature communiste dès le congrès, nous avons porté notre position jusqu’au bout du débat :

« Loin des présidentiables éphémères, notre parti peut porter un candidat et un programme communistes, se renforcer en influence idéologique et forces organisées, contribuer à ce que les forces populaires gagnent en conscience et en force face aux combats qui s’annoncent. Le PCF peut porter un candidat représentatif de ces millions de travailleurs qui ont combattu la Loi El Khomri et ne veulent pas baisser les bras. Cette candidature sera un point d’appui pour nos 577 candidats aux législatives, qu’il nous faut désigner rapidement, et affirmera notre volonté de continuer le PCF. »

Notre engagement pour l’avenir du PCF a irrigué le rassemblement autour de la candidature communiste. Nous avons contribué à ce que les communistes affirment fortement au travers de leur vote, leur détermination à continuer leur combat dans une forme d’organisation qui leur est propre et qui ne saurait être sacrifiée à l’air du temps en même temps que progresse l’exigence d’une bataille communiste offensive.

Pour conforter et étendre leur domination sur toute l’activité humaine et les richesses de la planète, la bourgeoisie et le capital s’apprêtent à verrouiller toute alternative à la présidentielle. Les renoncements de la gauche, de la soumission à l’Union européenne jusqu’à l’enfermement dans les institutions et le système électoral, nourrissent les surenchères réactionnaires, fascistes et racistes de la droite et du Front National.

Le combat pour la rupture avec le capitalisme ne peut se déléguer ni se réduire à un bulletin de vote : luttes, unité de la classe ouvrière, rassemblement populaire, programme. Nous avons besoin d’un véritable parti communiste. Oui, nous voulons relever défi d’un parti communiste moteur de la transformation révolutionnaire dans un grand pays capitaliste développé.

Nous n’aurons pas de candidat à la présidentielle mais des milliers de communistes peuvent être les candidats de leur parti et d’un programme communiste.

Nous prendrons toute notre place dans cette bataille et porterons un programme autour de cinq grands chantiers communistes pour une assemblée nationale
constituante, ouvrant la perspective d’une nouvelle république, la première république socialiste, autogestionnaire et internationaliste :
- Pour un emploi digne et utile pour tous, conquérir la souveraineté populaire sur l’économie
- Pour le droit au logement et à une santé de qualité pour tous, sortir de la marchandisation
- Pour la paix, le développement humain, la planète, sortir du néocolonialisme et des affrontements impérialistes.
- Pour une démocratie autogestionnaire, sortir du rôle répressif de l’état par une autre organisation des pouvoirs.
- Pour le développement des individus, sortir de la violence par la culture et la démocratie

Nous sommes déterminés à travailler pour que le peuple se renforce en organisation, en conscience et action pour affronter les durs combats qui s’annoncent. Avec la montée de l’extrême droite et d’une droite bien décidée à liquider ce qui reste des acquis sociaux, nous avons plus que jamais besoin d’une force révolutionnaire, pas d’un rassemblement hétéroclite qui se reconstitue à chaque échéance électorale pour se dissoudre entre deux élections. Notre parti doit redevenir l’outil indispensable aux combats à venir.

Vive le Parti Communiste Français !